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Résumé : Dans cet épisode, le frère Paul-Adrien commente le rituel de purification des lépreux décrit dans le Lévitique 14. Il montre comment la lèpre, figure visible de l’impureté, préfigure l’horreur du péché qui défigure l’homme intérieurement. Il souligne que le rite des deux oiseaux — l’un immolé, l’autre relâché — annonce déjà Yom Kippour et, à travers lui, le sacrifice du Christ sur la croix.
Introduction
Notre secours est dans le nom du Seigneur, qui a fait le ciel et la terre.
Nous avons parlé de la pureté et de l’impureté des animaux, de la pureté et de l’impureté de l’homme et de la femme. Et là maintenant, on arrive peut-être au centre de toute cette question, la manière de purifier les lépreux. Alors, pourquoi les lépreux et pourquoi cette purification ici ? Je ne sais pas exactement, je ne vais pas vous mentir, mais deux choses.
D’abord, ce dont il va être question ici, Jésus ne l’a pas aboli, et non seulement il ne l’a pas aboli, mais dans l’Évangile selon saint Matthieu, la purification du lépreux est le premier miracle qu’il fait pour réintroduire les marginaux dans la communauté. Et quand il dit à un lépreux « Va, ta foi t’a sauvé », il lui dit en même temps « Tu iras voir les prêtres, ce sera pour eux un témoignage ». Donc, ça veut dire que le chapitre dont il va être question ici, Jésus l’a lu, Jésus l’a accepté, il ne l’a pas aboli et il a dit « Ça, ça manifestera aux yeux du monde la puissance de Dieu ». Donc, le doigt de Dieu est sur ce chapitre.
Je vous laisse le découvrir et on en reparle après.
Lecture : Lévitique 14
Et quand il l’aura ainsi purifié, il relâchera l’oiseau vivant dans la campagne.
Celui qui aura été purifié lavera ses vêtements, se rasera tous les poils et se baignera dans l’eau, alors il sera pur.
Après cela, il rentrera au camp, mais il restera sept jours en dehors de la tente.
Le septième jour, il se rasera tous les poils, cheveux, barbe, sourcils, il se rasera entièrement. Après avoir lavé ses vêtements et s’être baigné dans l’eau, il sera pur.
Le huitième jour, il prendra deux agneaux sans défaut, une agnelle de l’année sans défaut, trois dixièmes de mesure de fleur de farine pétrie à l’huile en offrande et une mesure d’huile.
Le prêtre qui accomplit la purification placera l’homme à purifier, ainsi que ses offrandes, devant le Seigneur, à l’entrée de la tente de la rencontre.
Puis le prêtre prendra l’un des agneaux, il le présentera en sacrifice de réparation ainsi que la mesure d’huile. Il fera avec eux le geste d’élévation devant le Seigneur.
Il immolera l’agneau à l’endroit où l’on immole la victime du sacrifice pour la faute et la victime de l’holocauste, dans le lieu saint, car il en va du sacrifice de réparation comme du sacrifice pour la faute. La victime sera pour le prêtre, c’est une chose très sainte.
Le prêtre prendra du sang du sacrifice de réparation. Il en mettra sur le lobe de l’oreille droite, le pouce de la main droite et le gros orteil du pied droit de celui que l’on purifie.
Puis le prêtre prendra la mesure d’huile et en versera un peu dans le creux de sa main gauche. Il trempera un doigt de sa main droite dans l’huile qui est dans le creux de sa main gauche. Et de cette huile, il fera avec son doigt sept aspersions devant le Seigneur.
Puis il mettra un peu d’huile qui reste dans le creux de sa main sur le lobe de l’oreille droite, le pouce de la main droite et le gros orteil du pied droit de celui que l’on purifie, et cela par-dessus le sang du sacrifice de réparation.
Le reste d’huile qu’il a dans le creux de la main, il le mettra sur la tête de celui que l’on purifie. Le prêtre accomplira ainsi sur lui le rite d’expiation devant le Seigneur.
Le prêtre fera le sacrifice pour la faute et accomplira le rite d’expiation sur celui que l’on purifie à cause de son impureté. Après quoi, il immolera l’holocauste.
Il offrira l’holocauste et l’offrande de céréales sur l’autel. Quand le prêtre aura accompli le rite d’expiation sur cet homme, celui-ci sera pur.
Si l’homme est indigent, dépourvu des ressources suffisantes, il prendra un seul agneau pour le sacrifice de réparation et le geste d’élévation afin que soit accompli sur lui le rite d’expiation. Il ne prendra qu’un dixième de mesure de fleur de farine pétrie à l’huile pour l’offrande de céréales ainsi que la mesure d’huile.
Et s’il est en mesure de se les procurer, deux tourterelles ou deux jeunes pigeons, l’un destiné au sacrifice pour la faute et l’autre à l’holocauste.
Le huitième jour, il les apportera au prêtre pour sa purification, à l’entrée de la tente de la rencontre, devant le Seigneur.
Le prêtre prendra l’agneau du sacrifice de réparation et la mesure d’huile. Il fera avec eux le geste d’élévation devant le Seigneur.
Quand l’agneau du sacrifice de réparation aura été immolé, le prêtre prendra du sang du sacrifice de réparation. Il en mettra sur le lobe de l’oreille droite, le pouce de la main droite et le gros orteil du pied droit de celui que l’on purifie.
Puis le prêtre prendra la mesure d’huile et en versera un peu dans le creux de sa main gauche. Il trempera un doigt de sa main droite dans l’huile qui est dans le creux de sa main gauche et de cette huile fera avec son doigt sept fois l’aspersion devant le Seigneur.
Puis il mettra un peu de l’huile qui reste dans le creux de sa main sur le lobe de l’oreille droite, le pouce de la main droite et le gros orteil du pied droit de celui que l’on purifie, et cela par-dessus le sang du sacrifice de réparation.
Le reste qu’il a dans le creux de la main, il le mettra sur la tête de celui que l’on purifie. Le prêtre accomplira ainsi sur lui le rite d’expiation devant le Seigneur.
De l’une des tourterelles ou de l’un des jeunes pigeons, selon ce qu’il aura pu se procurer, il fera un sacrifice pour la faute et de l’autre, un holocauste accompagné de l’offrande de céréales.
Le prêtre accomplira ainsi sur celui que l’on purifie le rite d’expiation devant le Seigneur.
Telle est la loi concernant celui qui a une tache de lèpre et qui ne peut se procurer le nécessaire pour sa purification.
Commentaire
Vous avez dû sentir le poids du détail et comment on décrit en long, en large et en travers tout ce rite de purification du lépreux. D’après le Lévitique, l’expression la plus parfaite, là où vraiment l’impureté est la plus visible, le cas typique, c’est la lèpre. Et ça, vous le retrouverez dans le Nouveau Testament. On n’arrêtera pas de parler de lépreux.
Et c’est vrai que les lépreux frappent l’imagination, ça vous défigure le visage. Vous êtes un homme et en fait, vous faites tellement peur aux gens parce que votre peau a moisi et qu’elle a commencé par disparaître et qu’à la place d’avoir un nez, par exemple, vous avez un trou ou que vous perdez les moignons de vos bras. Excusez-moi d’être cru. Mais c’est ça la réalité. Vous faites tellement peur aux gens que vous avez attaché des clochettes pour que les gens puissent s’enfuir à votre approche. L’horreur était telle qu’il fallait un rite de purification pour que vous soyez réintroduit dans la communauté.
Et pour Jésus, cette horreur de la lèpre, ça deviendra l’horreur du péché. De la même manière que la lèpre vous défigure le visage, de la même manière le péché vous défigure de l’intérieur. Et c’est là que déjà dans le Lévitique commence à être préparée la pédagogie de Jésus qui vous parlera de la lèpre du péché. Vous croyez qu’on est en train de parler que de pureté rituelle, mais à travers l’horreur de la lèpre qui est au centre de tout ce passage, on est en train de parler de la mort et du péché.
Et cette mort et ce péché concernent l’homme et la femme, dont on avait parlé de la pureté et de l’impureté, mais ça concerne aussi toute la création. On a parlé des animaux purs et impurs. Et vous sentez aussi qu’il a été question, encore une fois, de pas mal d’éléments de la création. Du cosmos entier, à travers la purification du lépreux.
Regardez, pour la purification, on a utilisé un oiseau. Ça, c’est l’air. Il y avait de l’eau de purification dans laquelle on trempait l’oiseau. Ça, c’est l’élément aquatique. Et vous aviez un pot en argile qui permettait de contenir cette eau et cet oiseau. Et ça, c’était l’élément terreux. Et vous retrouvez là, comme à mot couvert, les trois ordres de la création : l’air, la terre et les eaux, dans lesquels on parlait des animaux purs et impurs.
Et ce que le Lévitique vous rappelle là, c’est que la pureté et l’impureté de l’homme, en fait, ça déborde en dehors de lui. Il y a quelque chose dans la nature qui ne va pas, qui fait écho à cette impureté de l’homme et qui explique pourquoi — toujours ma petite histoire avec les fils d’Aaron, Abihou et Nadab — pourquoi on ne peut pas rentrer comme ça dans la tente de la rencontre. Il y a quelque chose de pourri dans la création depuis le péché originel. Un déficit de vie, l’impureté. « Il y a quelque chose de pourri », dira Shakespeare, « dans le royaume du Danemark ». Et on ne peut pas faire comme si ça n’existait pas.
Ce qui explique pourquoi on est en train de refaire le tour du parvis extérieur pour voir ce déficit de vie dans la création. On pourrait se dire : encore, encore une fois. Mais quand on regarde bien, cette apparente répétition, c’est ce qui permet aussi à Dieu d’introduire un nouveau thème de manière totalement subreptice, un nouveau thème qui va prendre de plus en plus d’ampleur.
Ce nouveau thème, d’ailleurs, il a été introduit de manière si pittoresque que je suis sûr que vous vous en souvenez. Deux oiseaux, l’un relâché, l’autre sacrifié. Mes notes de bas de page disent : « Les deux oiseaux, dont on précise qu’ils doivent être vivants et purs, serviront l’un pour un rite de purification, l’autre pour un rite d’élimination. » L’oiseau immolé sert à la purification, à réintégrer l’homme dans la communauté. Et l’autre oiseau vivant, qui lui est plongé dans le sang et qui donc absorbe toute l’impureté, est relâché et lui, il sert à éliminer l’impureté, en la mettant loin, loin, loin, loin du camp.
Alors pourquoi est-ce que maintenant je vous dis que c’est un thème nouveau ? Eh bien parce que derrière cette idée des deux oiseaux relâchés et immolés, commence à poindre Yom Kippour. Yom Kippour, la grande fête, la grande fête des expiations, où cette fois-ci il ne sera plus question de deux oiseaux, mais de deux boucs. Un bouc immolé, l’autre relâché dans le désert.
Et si vous avez un peu de culture juive, vous savez que Yom Kippour, ça pèse dans l’imaginaire collectif. Et si vous me disiez : « Peut-être, mais moi je ne suis pas juif, je suis chrétien, donc Yom Kippour ne m’intéresse pas. » Mais derrière ce rite du bouc et de l’oiseau qui prend l’impureté et qu’on chasse dans le désert, c’est le sacrifice d’expiation qui un jour vous amènera à la croix. Où est-ce que Jésus a eu l’idée de verser son sang pour nous sauver ? C’est précisément dans le chapitre que vous venez d’entendre.
Psaume 13
Dans son cœur, le fou déclare : « Pas de Dieu ! »
Tout est corrompu, abominable. Pas un homme de bien.
Des cieux, le Seigneur se penche vers les fils d’Adam pour voir s’il en est un de sensé, un qui cherche Dieu.
Tous ils sont dévoyés, tous ensemble pervertis. Pas un homme de bien, pas même un seul.
N’ont-ils donc pas compris, ces gens qui font le mal ? Quand ils mangent leur pain, ils mangent mon peuple. Jamais ils n’invoquent le Seigneur.
Et voilà qu’ils se sont mis à trembler, car Dieu accompagne les justes.
Vous riez des projets du malheureux ? Mais le Seigneur est son refuge.
Qui fera venir de Sion la délivrance d’Israël ? Quand le Seigneur ramènera les déportés de son peuple, quelle fête en Jacob ! En Israël, quelle joie !
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