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Résumé : Dans cet épisode consacré au Lévitique 21-22, le frère Paul-Adrien explore les règles de sainteté imposées aux prêtres d’Israël — pureté rituelle, mariage, aptitude physique au service de l’autel — et montre comment ces prescriptions de séparation préfigurent la véritable consécration par l’amour oblatif, pleinement révélée en Jésus. L’épisode se conclut avec le Psaume 16, prière de confiance du juste qui s’en remet à la justice de Dieu.
Introduction
Notre secours est dans le nom du Seigneur qui a fait le ciel et la terre.
Aujourd’hui, Lévitique, chapitres 21 et 22. Il est à nouveau question des prêtres qui font leur retour dans le livre du Lévitique. On va parler de leur manière de vivre, de leur vêtement, de leur manière de se comporter. Et on va montrer l’idéal qu’il y a derrière, un idéal qui va s’exprimer en termes de séparation, ce que le livre du Lévitique appelle la sainteté, cet excès de vie qui fait que Dieu est transcendant et qu’il y a quelque chose de la transcendance qui doit aussi s’exprimer dans son clergé, qui doit être séparé pour exprimer la transcendance de celui qu’il sert.
Derrière le mot de séparation, vous avez la consécration, être consacré à Dieu. Cette consécration s’exprime à travers des ordonnances qui, pour nous, peuvent nous paraître bizarres. Ne pas se raser la tête, ne pas sortir du sanctuaire. Mais vous savez, c’est toujours la même chose. C’est à défaut d’arriver à faire comprendre aux hommes que la véritable consécration, c’est la pureté de l’intention. Bon bah Dieu, par une lente pédagogie, commence par prendre l’humanité là où elle en est. Et on va essayer déjà d’exprimer cet idéal de consécration à travers des rites et des vêtements. Et puis un jour, on va essayer de faire le lien entre le décalogue, les rites que pour l’instant le peuple n’arrive pas à faire, pour leur montrer la véritable consécration qui est dans l’amour oblatif, l’amour de Dieu et du prochain jusqu’au don de soi.
Mais qu’est-ce que vous voulez que je vous dise ? Pour nous, c’est facile parce qu’on a l’exemple de Jésus. Mais manifestement, il a fallu de longs siècles pour arriver à faire comprendre ça à tout le monde. Ben, les choses se mettent en place tranquillement. C’est à vous de les deviner derrière. Elles sont déjà présentes dans le texte, si jamais vous regardez bien. À travers ce refrain qui revient tout le temps : « Tu observeras mes décrets, mes commandements. » Parce que les décrets et les commandements dont il s’agit, c’est pas simplement se raser ou ne pas se raser la tête. C’est aussi aimer Dieu, aimer son prochain.
L’équivalent du discours que vous allez entendre dans le Nouveau Testament, c’est le discours apostolique chez Matthieu, quand Jésus envoie les apôtres en mission et qui leur dit de ne rien emporter, ni sac, ni bâton, ni vêtements de rechange, de mériter leur salaire, et puis aussi d’être entièrement consacré à l’annonce du Royaume de Dieu. Et ben, c’est dans ces passages-là que ça commence.
Lecture : Lévitique 21-22
Le Seigneur dit à Moïse : « Parle aux prêtres, fils d’Aaron. Tu leur diras : Aucun de vous ne se rendra impur pour un mort de sa parenté, sauf pour son parent le plus proche : sa mère, son père, son fils, sa fille ou son frère, pour sa sœur vierge qui habitait auprès de lui, puisqu’elle n’appartenait pas à un homme. Pour elle, il pourra se rendre impur. Lui qui est un chef dans sa parenté, il ne se rendra pas impur, sinon il se profanerait.
Les prêtres ne se raseront pas la tête, ils ne se raseront pas les côtés de la barbe et ne se feront pas d’incisions sur le corps. Ils seront saints pour leur Dieu et ne profaneront pas le nom de leur Dieu. En effet, ce sont eux qui présentent les nourritures offertes au Seigneur, la nourriture de leur Dieu. Ils sont saints.
Ils ne prendront pas pour épouse une femme prostituée ou déshonorée, ni une femme que son mari a répudiée, car le prêtre est saint pour Dieu. Tu considéreras le prêtre comme saint, car il présente la nourriture de ton Dieu. Il est saint pour toi, car je suis saint, moi, le Seigneur.
Lorsque la fille d’un prêtre se déshonore en se prostituant, c’est son père qu’elle déshonore. Elle sera brûlée par le feu.
Le grand prêtre, parmi les prêtres ses frères, lui, sur la tête duquel a été versée l’huile d’onction et qui a reçu l’investiture et revêtu les vêtements consacrés, ne défera pas ses cheveux et ne déchirera pas ses vêtements. Il ne viendra auprès d’aucun mort et ne se rendra pas impur, ni pour son père, ni pour sa mère. Il ne sortira pas du sanctuaire et il ne profanera pas le sanctuaire de son Dieu, car l’huile d’onction de son Dieu et son diadème sont sur lui. Je suis le Seigneur.
Il prendra pour épouse une femme encore vierge. Il ne prendra pas pour épouse la veuve, la femme répudiée ou déshonorée par la prostitution. C’est seulement une vierge de son peuple qu’il prendra pour épouse. Il ne profanera pas sa descendance parmi son peuple, car je suis le Seigneur qui le sanctifie. »
Le Seigneur parla à Moïse et dit : « Parle à Aaron, tu diras : Dans toutes tes générations, aucun homme de ta descendance, s’il a une infirmité, ne s’approchera pour présenter la nourriture de son Dieu, car aucun homme atteint d’une infirmité ne s’approchera : qu’il soit aveugle, boiteux, défiguré ou difforme, qu’il soit un homme aux pieds ou aux bras fracturés, un bossu ou un rachitique, quelqu’un qui a une tache dans l’œil, qui est affecté de la gale ou de dartres purulentes, ou qui a les testicules écrasés.
Aucun descendant d’Aaron le prêtre, s’il a une infirmité, ne s’avancera pour présenter la nourriture offerte pour le Seigneur. Il a une infirmité, il ne s’avancera pas pour présenter la nourriture de son Dieu. De la nourriture de son Dieu, il pourra manger ce qui est très saint et ce qui est saint. Mais il ne viendra pas près du rideau et ne s’avancera pas vers l’autel : il a une infirmité. Il ne doit pas profaner mes lieux saints, car je suis le Seigneur qui le sanctifie. »
Ainsi parla Moïse à Aaron, à ses fils et à tous les fils d’Israël.
Le Seigneur parla à Moïse et dit : « Parle à Aaron et à ses fils, qu’ils s’abstiennent des choses saintes offertes par les fils d’Israël et ne profanent pas mon saint nom. C’est moi qui les consacre. Je suis le Seigneur.
Tu leur diras : Pour toutes vos générations, tout homme de votre descendance qui s’approche, en état d’impureté, des choses saintes que les fils d’Israël consacrent au Seigneur, cet individu sera retranché de ma présence. Je suis le Seigneur.
Aucun homme de la descendance d’Aaron atteint de lèpre ou d’un écoulement ne mangera des choses saintes avant d’être purifié ; celui qui aura touché quelqu’un rendu impur par le contact d’un mort, ou celui qui aura un épanchement séminal, ou celui qui aura touché soit n’importe quelle bestiole le rendant impur, soit un homme qui l’aura rendu impur de sa propre impureté, quelle qu’elle soit, celui qui aura eu de tels contacts sera impur jusqu’au soir et ne pourra manger des choses saintes qu’après avoir baigné son corps dans l’eau. Au coucher du soleil, il sera pur. Il pourra manger ensuite des choses saintes, c’est là sa nourriture. Il ne mangera pas d’animal crevé ou déchiré : il se rendrait impur. Je suis le Seigneur.
Que tous gardent mes observances et ne se chargent pas d’une faute : ils en mourraient puisqu’ils les ont profanées, car je suis le Seigneur qui les sanctifie.
Aucun étranger ne mangera d’une chose sainte ; ni l’hôte d’un prêtre, ni le salarié ne mangeront d’une chose sainte. Mais si un prêtre acquiert quelqu’un à prix d’argent, celui-ci pourra manger d’une chose sainte, tout comme celui qui est né dans sa maison. L’un et l’autre mangeront de sa propre nourriture.
Si la fille d’un prêtre est devenue l’épouse d’un étranger au sacerdoce, elle ne peut manger ce qui est prélevé sur les choses saintes. Mais si la fille d’un prêtre est devenue veuve ou a été répudiée, et que, n’ayant pas d’enfant, elle soit retournée à la maison de son père comme au temps de sa jeunesse, elle mangera de la nourriture de son père, et nul étranger n’en mangera.
Si un homme mange par inadvertance une chose sainte, il en restituera l’équivalent au prêtre en y ajoutant un cinquième. On ne profanera pas les choses saintes que les fils d’Israël ont prélevées pour le Seigneur. En mangeant ces choses saintes, on les chargerait d’un péché exigeant réparation, car je suis le Seigneur qui les sanctifie. »
Le Seigneur parla à Moïse et dit : « Parle à Aaron, à ses fils et à tous les fils d’Israël. Tu leur diras : Quand un homme de la maison d’Israël ou un immigré résident en Israël apportera un présent réservé pour un vœu ou pour une offrande volontaire apportée en holocauste pour le Seigneur, il devra, pour être agréé, offrir un mâle sans défaut, pris parmi le gros bétail, parmi les jeunes béliers ou les chèvres. Vous ne présenterez pas un animal qui a une tare, car vous ne seriez pas agréés.
Si quelqu’un présente au Seigneur un sacrifice de paix pour s’acquitter d’un vœu ou d’une offrande volontaire de gros ou de petit bétail, l’animal, pour être agréé, devra être sans défaut. Il n’aura aucune tare : ni cécité, ni fracture, ni amputation, ni verrue, ni gale, ni dartre. Vous ne présenterez aucun de cela au Seigneur, et vous n’en placerez rien sur l’autel comme nourriture offerte pour le Seigneur.
Si un bœuf ou un mouton est difforme ou atrophié, tu pourras en faire une offrande volontaire, mais il ne sera pas agréé pour l’acquittement d’un vœu. Vous ne présenterez pas au Seigneur un animal dont les testicules sont rentrés, écrasés, arrachés ou coupés. Vous ne ferez pas cela dans votre pays. Et vous n’accepterez aucun de cela de la main d’un étranger pour le présenter comme nourriture à votre Dieu. Leurs mutilations constituant une tare, ils ne peuvent être agréés en votre faveur. »
Le Seigneur parla à Moïse et dit : « Après la naissance, un veau, un jeune bélier ou un chevreau restera sept jours sous sa mère, et à partir du huitième jour, il pourra être agréé comme nourriture offerte pour le Seigneur. Mais vous n’immolerez pas le même jour une bête, vache ou brebis, et son petit.
Si vous faites au Seigneur un sacrifice d’action de grâce, faites-le de manière à être agréés. On le mangera le jour même, sans rien en laisser pour le matin. Je suis le Seigneur.
Vous garderez mes commandements et les mettrez en pratique. Je suis le Seigneur. Vous ne profanerez pas mon saint nom, afin que je sois sanctifié au milieu des fils d’Israël. Je suis le Seigneur qui vous sanctifie, moi qui vous ai fait sortir du pays d’Égypte pour être votre Dieu. Je suis le Seigneur. »
Commentaire
On va passer tout de suite à la transition poétique. Je vous avais déjà dit l’essentiel dans l’introduction, alors on aurait pu continuer de vous parler de comment toutes ces règles-là étaient aussi pour mettre un frein, pour éviter qu’il n’abuse de la situation en détroussant les fidèles des biens qu’ils venaient donner au Temple. Je vous laisse en bonus. Pour le moment, c’est l’heure de passer tout de suite au psaume.
Psaume 16
Seigneur, écoute la justice, entends ma plainte, accueille ma prière. Mes lèvres ne mentent pas.
De ta face me viendra la sentence, tes yeux verront où est le droit.
Tu sondes mon cœur, tu me visites la nuit, tu m’éprouves sans rien trouver. Mes pensées n’ont pas franchi mes lèvres.
Pour me conduire selon ta parole, j’ai gardé le chemin prescrit. J’ai tenu mes pas sur tes traces, jamais mon pied n’a trébuché.
Je t’appelle, toi, le Dieu qui répond. Écoute-moi, entends ce que je dis. Montre les merveilles de ta grâce, toi qui libères de l’agresseur ceux qui se réfugient sous ta droite.
Garde-moi comme la prunelle de l’œil, à l’ombre de tes ailes, cache-moi, loin des méchants qui m’ont ruiné, des ennemis mortels qui m’entourent.
Ils s’enferment dans leur suffisance, l’arrogance à la bouche, ils parlent. Ils sont sur mes pas, maintenant ils me cernent, l’œil sur moi pour me jeter à terre, comme des lions prêts au carnage, de jeunes fauves tapis en embuscade.
Lève-toi, Seigneur, affronte-les, renverse-les ! Par ton épée, libère-moi. Délivre-moi des méchants. Que ta main, Seigneur, les exclue d’entre les hommes, hors de l’humanité, hors de ce monde. Tel soit leur sort.
Réserve-leur de quoi les rassasier, que leurs fils en soient saturés, qu’il en reste encore pour leurs enfants.
Et moi, par ta justice, je verrai ta face. Au réveil, je me rassasierai de ton visage.
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