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Jour 73 ☼ — Un seul lieu, un seul Dieu : l'adoration pure

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Résumé : Cet épisode ouvre la deuxième grande partie du Deutéronome, le Code de l'Alliance, qui court du chapitre 12 au chapitre 26. Le frère Paul-Adrien lit le chapitre 12, consacré à la destruction des lieux de culte païens et à la centralisation du culte en un seul lieu choisi par Dieu, avec les règles sur les sacrifices, les dîmes et l'interdiction de consommer le sang. Le commentaire montre le passage du sacerdoce patriarcal à un ordre sacerdotal hiérarchisé, figure du Christ grand prêtre, et souligne que l'unité du culte reflète l'unité du peuple dans la charité, jusqu'à la prière de Jésus à la Cène : « Que tous ne fassent qu'un. »

Introduction

Notre secours est dans le nom du Seigneur qui a fait le ciel et la terre.

Nous entrons aujourd'hui dans la deuxième partie du Deutéronome, ce qu'on appelle le Code de l'Alliance. Dans la première partie que nous avons entendue jusqu'à présent, c'était cet incessant regard vers le passé et vers le futur, tirer les leçons de l'histoire sainte pour ensuite éviter de reproduire les mêmes. C'était Moïse qui parlait de son itinéraire spirituel. Maintenant, le peuple va arriver dans la Terre promise et cette fois-ci, il s'agit de concrètement réguler, donner des lois, des ordonnances, bref, donner des institutions à ce peuple qui va arriver.

Ce sera tout l'objet de ces chapitres qui vont venir, du chapitre 12 jusqu'au chapitre 26, ce qui fait quand même un gros, gros morceau du livre du Deutéronome. Là, on est dans le cœur du livre. On va rentrer un peu plus dans les détails de la loi. Il va y avoir successivement trois parties. D'abord, on va parler des lois cultuelles, puis ensuite des lois civiles et gouvernementales, et ensuite de la justice sociale et morale.

En fait, vous pouvez le voir de deux manières. Soit considérer derrière le Deutéronome un grand livre de spiritualité : après avoir posé en introduction les grands principes de la vie morale, eh bien maintenant, on rentre dans le concret, dans ce qu'on appelle la morale appliquée, dans des lois de la vie quotidienne. Ou bien vous pouvez voir dans le Deutéronome, et c'est vrai aussi, un livre avec un aspect plus politique, et voir dans cette deuxième partie comment Moïse fonde ce qu'il convient d'appeler une théocratie, un régime politique où la souveraineté vient de Dieu et qui, après avoir posé une souveraineté religieuse, se diffuse dans le domaine judiciaire, puis dans le domaine social.

Et nous commençons cette nouvelle partie avec le chapitre 12 du Deutéronome.

Lecture : Deutéronome 12

Voici les décrets et les ordonnances que vous veillerez à mettre en pratique dans le pays que le Seigneur, le Dieu de tes pères, t'a donné en possession. Vous les mettrez en pratique aussi longtemps que vous vivrez sur ce sol.

Vous ferez disparaître complètement tous les lieux de culte où les nations que vous dépossédez ont servi leurs dieux, sur les hautes montagnes et sur les collines, ainsi que sur tous les arbres verts. Vous démolirez leurs autels, vous briserez leurs stèles, leurs poteaux sacrés, vous les brûlerez, les idoles de leurs dieux, vous les abattrez, et de chacun de ces lieux vous supprimerez le nom.

Vous n'agirez pas ainsi à l'égard du Seigneur votre Dieu. C'est uniquement au lieu choisi par le Seigneur votre Dieu, parmi toutes vos tribus, pour y mettre son nom et y demeurer, c'est là que vous le chercherez, c'est là que tu viendras. Vous y apporterez vos holocaustes et vos sacrifices, vos dîmes et ce que votre main aura prélevé, vos offrandes votives et vos offrandes volontaires, les premiers-nés de votre gros et de votre petit bétail. Vous mangerez là, en présence du Seigneur votre Dieu, vous serez heureux dans tout ce que vous entreprendrez, vous et votre maisonnée, parce que le Seigneur ton Dieu t'aura béni.

Vous n'imiterez en rien notre manière d'agir ici, aujourd'hui, où chacun fait tout ce que bon lui semble. En effet, jusqu'à présent, vous n'êtes pas encore parvenus au lieu du repos, l'héritage que le Seigneur ton Dieu te donne. Mais vous allez passer le Jourdain, et vous habiterez dans le pays que le Seigneur votre Dieu vous donne en héritage. Il vous procurera le repos en vous dégageant de tous vos ennemis d'alentour, et vous habiterez en sécurité.

C'est au lieu choisi par le Seigneur votre Dieu pour y faire demeurer son nom, c'est là que vous apporterez tout ce que je vous prescris, vos holocaustes et vos sacrifices, vos dîmes et ce que votre main aura prélevé, ainsi que le meilleur de toutes les offrandes votives promises au Seigneur. Vous vous réjouirez alors en présence du Seigneur votre Dieu, vous, vos fils et vos filles, vos serviteurs et vos servantes, ainsi que le lévite qui demeure dans vos villes, car il n'a ni part ni héritage avec vous.

Garde-toi d'offrir tes holocaustes en tout lieu qui te semblerait bon. C'est uniquement au lieu choisi par le Seigneur, en l'une de tes tribus, c'est là que tu offriras tes holocaustes, c'est là que tu feras tout ce que je te commande.

Cependant, chaque fois que tu le désires, en chacune de tes villes, tu pourras abattre des bêtes et en manger, selon ce que t'aura donné la bénédiction du Seigneur ton Dieu. L'homme impur et celui qui est pur en mangeront comme si c'était de la gazelle ou du cerf. Toutefois, vous ne consommerez pas le sang. Tu le répandras à terre comme de l'eau.

Dans tes villes, tu ne pourras pas manger la dîme de ton froment, de ton vin nouveau, de ton huile fraîche, ni les premiers-nés de ton gros et de ton petit bétail, ni aucune offrande votive que tu auras promise, ni aucune de tes offrandes volontaires, ni ce que ta main aura prélevé. C'est uniquement en présence du Seigneur ton Dieu, dans le lieu choisi par le Seigneur ton Dieu, que tu en mangeras, toi, ton fils et ta fille, ton serviteur et ta servante, ainsi que le lévite qui habite dans tes villes. Tu te réjouiras en présence du Seigneur ton Dieu de tout ce que tu entreprendras. Garde-toi de négliger le lévite au long des jours où tu vivras sur ton sol.

Quand le Seigneur ton Dieu aura élargi ton territoire selon sa parole, et que tu diras : « Je mangerai bien de la viande », alors, si tu le désires, tu pourras en manger autant que tu voudras. Si tu es trop loin du lieu que le Seigneur ton Dieu a choisi pour y mettre son nom, tu pourras abattre une bête parmi le gros ou le petit bétail que t'aura donné le Seigneur, tu le feras comme je te l'ai ordonné, tu en mangeras dans tes villes autant que tu en désireras. Tout comme on mange de la gazelle ou du cerf, ainsi tu en mangeras. L'homme impur et celui qui est pur en mangeront l'un et l'autre.

Cependant, garde-toi fermement de consommer le sang, car le sang, c'est la vie, et tu ne dois pas manger la vie avec la chair. Tu ne consommeras pas le sang, tu le répandras à terre comme de l'eau. Tu ne le consommeras pas, et ainsi tu seras heureux, toi et tes fils après toi, car tu auras fait ce qui est droit aux yeux du Seigneur.

Pourtant, les offrandes saintes que tu dois faire, et tes offrandes votives, tu iras les apporter au lieu choisi par le Seigneur. Tu offriras tes holocaustes, chair et sang, sur l'autel du Seigneur ton Dieu. Le sang de tes autres sacrifices sera répandu sur l'autel du Seigneur ton Dieu, mais la chair, tu la mangeras.

Observe, écoute toutes les paroles des commandements que je te donne. C'est ainsi que tu seras heureux pour toujours, toi et tes fils après toi, car tu auras fait ce qui est bon et ce qui est droit aux yeux du Seigneur ton Dieu.

Quand le Seigneur ton Dieu aura retranché, pour les déposséder devant toi, les nations où tu te rendras, quand donc tu les auras dépossédées et que tu habiteras dans leur pays, garde-toi de te laisser prendre au piège à leur suite, après qu'elles auront été exterminées de devant toi. Ne recherche pas leurs dieux en disant : « Comment ces nations servaient-elles leurs dieux, que je fasse de même moi aussi ? » Non, tu n'agiras pas ainsi à l'égard du Seigneur ton Dieu, car tout ce que le Seigneur a en abomination, tout ce qu'il déteste, elles le font pour leurs dieux. Pour leurs dieux, elles vont même jusqu'à consumer par le feu leurs fils et leurs filles.

Commentaire

La nouveauté, vous l'avez entendue, je vous la redis pour le plaisir des oreilles, c'est le verset 5.

C'est uniquement au lieu choisi par le Seigneur votre Dieu, parmi toutes vos tribus, pour y mettre son nom et y demeurer, c'est là que vous le chercherez, c'est là que tu viendras.

Centralisation du culte. Alors évidemment, on pense tout de suite à Jérusalem. Je suppose que la personne qui a écrit ce livre — alors qu'il est attribué à Moïse —, pour éviter un anachronisme, n'a pas mentionné Jérusalem. Ça, ça viendra avec le roi Salomon.

La question, c'est : pourquoi ? Et cette centralisation du culte, ça marque quand même un changement, parce que, souvenez-vous, dans le livre de la Genèse, on a vu Abraham faire des stèles et des autels. On a vu Jacob faire des stèles, des autels, etc. Par contre, pour le coup, on n'a pas vu Moïse faire d'autel. La seule chose qu'on l'ait vu faire, c'est manger en haut du mont Sinaï et manger dans la tente de la rencontre. Donc, c'est la fin du sacerdoce patriarcal, qui, pour marquer le territoire et attirer la protection d'un dieu sur le pays qu'il parcourait, faisait des autels. Et ici, on est dans un autre ordre, l'ordre sacerdotal, avec un grand prêtre. Et comme il y a un grand prêtre qui a obtenu l'ordination, il y aura un culte.

Et pour nous, chrétiens, ce qui est en train de se mettre en place ici, c'est cette question de hiérarchie religieuse. La hiérarchie, comme son nom l'indique, c'est un principe sacré. Hieros, saint. Archè, le principe. Ça veut dire que tout remonte à Dieu, culmine dans son unité. Derrière l'ombre du grand prêtre, vous avez le grand prêtre éternel à venir, Jésus. Derrière le grand prêtre, vous avez les prêtres, les lévites ; vous avez, de cette hiérarchie, tout cet ensemble de médiations qui permettent à la grâce de Dieu de venir jusqu'à nous. Enfin, la religion chrétienne, la religion voulue par Dieu, c'est une religion qui est structurée. Il y a ce qu'on appelle l'ordre de la grâce, parce que l'ordre appartient à la beauté du monde.

Il y a peut-être aussi un autre enjeu derrière, un enjeu dans l'ordre de la charité. Dans ce texte-là, on est en train de fonder la nation israélienne. Ils vont bientôt franchir le Jourdain. Et j'ai quand même le sentiment que c'est toujours cette idée de garder l'unité du peuple. Derrière l'unité de culte, derrière l'unité du sanctuaire, il y a évidemment la question de l'unité de Dieu, mais il y a aussi le fait de convoquer tout le peuple en un endroit pour qu'il fasse corps.

Et ça, pour nous, chrétiens, il y a peut-être une question derrière. C'est la question de l'unité dans la charité et dans le culte. Vous êtes les pierres d'un corps. Le corps vivant. Dieu qui vous a rassemblés des extrémités de la terre pour que vous ne fassiez que un dans la communion, parce que vous avez reçu un même Esprit qui fait de vous une même famille qui crie « Abba, Père ».

Et ça, ça nous amènera jusqu'à la dernière prière de Jésus, la toute dernière prière qu'il va laisser à ses disciples, à la Sainte Cène : « Que tous ne fassent qu'un, comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi. Qu'ils ne fassent qu'un, afin que le monde sache que c'est toi qui m'as envoyé. » L'union du culte qui reflète l'union dans l'ordre de la charité.

Psaume 36, deuxième partie.

Psaume 36b

Quand le Seigneur conduit les pas de l'homme, ils sont fermes et sa marche lui plaît. S'ils trébuchent, ils ne tombent pas, car le Seigneur le soutient de sa main.

Jamais, de ma jeunesse à mes vieux jours, je n'ai vu le juste abandonné, ni ses enfants mendier leur pain. Chaque jour, il a pitié, il prête. Ses descendants seront bénis.

Évite le mal, fais ce qui est bien, et tu auras une habitation pour toujours, car le Seigneur aime le bon droit, il n'abandonne pas ses amis. Ceux-là seront préservés à tout jamais, les descendants de l'impie seront déracinés, les justes posséderont la terre et toujours l'habiteront.

Les lèvres du juste redisent la sagesse, et sa bouche énonce le droit. La loi de son Dieu est dans son cœur, il va sans craindre les faux pas.

Les impies guettent le juste, ils cherchent à le faire mourir, mais le Seigneur ne saurait l'abandonner, ni le laisser condamner par ses juges.

Espère le Seigneur et garde son chemin. Il t'élèvera jusqu'à posséder la terre. Tu verras les impies déracinés.

J'ai vu l'impie dans sa puissance se déployer comme un cèdre vigoureux. Il a passé, voici qu'il n'est plus ; je l'ai cherché, il est introuvable.

Considère l'homme droit, vois l'homme intègre : un avenir est promis au pacifique. Les pécheurs seront tous déracinés et l'avenir des impies anéanti.

Le Seigneur est le salut pour les justes, leur abri au temps de la détresse. Le Seigneur les aide et les délivre. Il les délivre de l'impie, il les sauve, car ils cherchent en lui leur refuge.


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