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Jour 133 ☼ — Le Temple, reflet du Ciel

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Résumé : Le frère Paul-Adrien lit le chapitre 7 du premier livre des Rois, qui interrompt un instant la construction du Temple pour décrire le palais royal de Salomon, avant de revenir au sanctuaire : les colonnes Yakin et Boaz, la mer de bronze, les bases à roues et tous les objets fondus par Hiram de Tyr. En introduction, il propose de voir dans l'excursus du palais non pas l'orgueil de Salomon, mais la volonté de se situer comme vice-roi à côté de la maison du vrai Roi. Le commentaire s'attarde sur la mer de bronze : les eaux d'en haut de la Genèse, la mer de cristal de l'Apocalypse et le pavement de saphir de l'Exode désignent une même réalité, le firmament, si bien qu'entrer dans le Temple c'est entrer au ciel. Les douze taureaux qui la portent figurent les douze tribus d'Israël soutenant le ciel de Dieu et l'offrant aux quatre points cardinaux, pour toutes les nations.

Introduction

Notre secours est dans le nom du Seigneur qui a fait le ciel et la terre.

Nous continuons notre description du Temple de Jérusalem par 1 Rois, chapitre 7. Vous remarquerez d'ailleurs qu'en début de chapitre, nous allons faire comme une petite pause dans notre construction du Temple pour parler de la maison de Salomon. Il y a ceux qui voient dans cet excursus du côté du palais royal une allusion à l'orgueil de Salomon. Et il y a ceux qui voient là la volonté de Salomon de signifier qu'il se situe dans l'héritage du Temple, avec d'un côté la maison du Roi, Dieu, le Temple, et de l'autre côté la maison d'un vice-roi, Salomon, le Saint des Saints devenant le trône du jugement. Je préfère cette deuxième explication.

Nous reviendrons ensuite au Temple de Jérusalem pour en décrire certaines parties : les colonnes, la mer de bronze, les chariots. Tout cela, pour le coup, est nouveau par rapport à la tente de la Rencontre. Je vous laisse le soin de le découvrir par vous-même.

Lecture : 1 Rois 7

Quant à sa maison, Salomon mit treize ans pour la construire et l'achever entièrement.

Il construisit la maison de la forêt du Liban : cent coudées de long, cinquante coudées de large et trente coudées de haut, sur quatre rangées de colonnes de cèdre surmontées de madriers de cèdre. Le plafond de cèdre reposait sur les traverses reliant les colonnes : quarante-cinq traverses, quinze par colonnade. Il y avait aussi trois rangées d'embrasures. Chaque baie faisait face à une autre baie, par groupe de trois. Toutes les ouvertures et les montants avaient une embrasure carrée, et le devant de chaque baie faisait face à une autre baie, par groupe de trois.

Il fit le vestibule des colonnes : cinquante coudées de long et trente coudées de large, et par-devant un autre vestibule des colonnes, et par-devant encore un auvent.

Il fit le vestibule du trône, là où il rendait la justice, le vestibule du jugement, recouvert de cèdre d'un bout à l'autre du sol.

Sa maison, là où il demeurait, était dans une autre cour que celle de la maison du vestibule, mais elle était de même structure. Pour la fille de Pharaon que Salomon avait épousée, il fit une maison semblable à ce vestibule.

Tout cela était en pierres de choix, aux dimensions des pierres de taille et découpées à la scie, à l'intérieur comme à l'extérieur, des fondations jusqu'aux corniches, et de l'extérieur jusqu'à la grande cour. Les fondations étaient en pierres de choix, de grandes pierres, des pierres de dix et de huit coudées. Par-dessus les fondations, des pierres de choix aux dimensions des pierres de taille, et du cèdre. Le pourtour de la grande cour était de trois rangées de pierres taillées et d'une rangée de madriers de cèdre, tout comme la cour intérieure de la maison du Seigneur et le vestibule de la maison.

Le roi Salomon envoya chercher Hiram de Tyr. Fils d'une veuve de la tribu de Nephtali et d'un homme de Tyr, artisan en bronze, il était rempli de sagesse, d'intelligence et de connaissance pour faire tout le travail du bronze.

Il moula les deux colonnes de bronze. La hauteur d'une colonne était de dix-huit coudées ; un fil de douze coudées en aurait fait le tour, et de même pour la seconde colonne. Il fit deux chapiteaux de bronze fondu qu'il posa au sommet des colonnes. La hauteur d'un chapiteau était de cinq coudées, la hauteur de l'autre était aussi de cinq coudées. Des filets, une décoration en forme de filet, et des entrelacs, une décoration en forme de chaînette, ornaient les chapiteaux qui coiffaient les colonnes : sept pour un chapiteau et sept pour l'autre. Il fit aussi des grenades, deux rangées tout autour sur chaque filet, pour habiller les chapiteaux au sommet des colonnes ; ainsi fit-il pour les deux chapiteaux. Les chapiteaux qui coiffaient les colonnes du vestibule étaient en forme de lis, de quatre coudées. Les chapiteaux sur les deux colonnes se trouvaient directement au-dessus du renflement qui dépassait le filet. Les grenades, au nombre de deux cents, étaient disposées en rangées tout autour sur les deux chapiteaux.

Il dressa ces colonnes devant le vestibule de la grande salle. Il dressa la colonne de droite et lui donna le nom de Yakin — ce qui signifie « il rend stable ». Il dressa la colonne de gauche et lui donna le nom de Boaz — ce qui signifie « en lui la force ». Sur le sommet des colonnes se trouvait l'ouvrage en forme de lis. Et ainsi fut terminé le travail des colonnes.

Il fit la mer, bassin en métal fondu, de dix coudées de diamètre, car son pourtour était circulaire. Elle avait cinq coudées de haut ; un cordeau de trente coudées en aurait fait le tour. En dessous du bord, des coloquintes tout autour, dix par coudée, encerclaient la mer. Les coloquintes étaient disposées sur deux rangées, fondues ensemble avec la mer. La mer était dressée sur douze bœufs : trois faisant face au nord, trois faisant face à l'ouest, trois faisant face au sud, trois faisant face à l'est. La mer reposait directement dessus, leur arrière-train tourné vers l'intérieur. L'épaisseur de la mer était d'une largeur de paume. Son rebord était comme le bord d'une coupe, en forme de fleur de lys. Sa contenance était de deux mille mesures.

Il fit également dix bases de bronze. Chaque base avait quatre coudées de long, quatre coudées de large et trois coudées de haut. Voici comment était faite une base. Elle avait des panneaux, des panneaux encadrés de bordures. Sur les panneaux encadrés de bordures se trouvaient des lions, des bœufs et des kéroubim, et de même sur les bordures supérieures. Au-dessous des lions et des bœufs, des volutes descendaient. Chaque base avait quatre roues de bronze et des essieux de bronze. Les quatre pieds sous la cuve étaient montés sur des équerres ; celles-ci étaient fondues parallèlement aux volutes. L'ouverture de chaque base était dans la partie supérieure qu'elle dépassait d'une coudée. L'ouverture était arrondie, en forme de support, d'une coudée et demie. De plus, sur cette ouverture, il y avait des sculptures. Les panneaux en étaient carrés et non pas arrondis. Les quatre roues se trouvaient sous les panneaux de chaque base. Les axes des roues étaient fixés sur la base. La hauteur d'une roue était d'une coudée et demie. Les roues étaient comme des roues de char : leurs axes, leurs jantes, leurs rayons, leurs moyeux, tout était en métal fondu. Il y avait quatre équerres aux quatre coins de la base, et les équerres faisaient corps avec la base. Sur le dessus de la base, à une demi-coudée de haut, un cercle en faisait le tour. Près du dessus de la base, les axes et les panneaux faisaient corps avec elle. Sur les plaques portant les axes, sur les panneaux, Hiram grava des kéroubim, des lions, des palmiers, à la mesure de l'espace disponible sur chacun, ainsi que des volutes tout autour. Ainsi fabriqua-t-il les dix bases : même métal fondu, même mesure, même format.

Il fabriqua dix cuves de bronze. Chacune contenait quarante mesures, chacune mesurait quatre coudées, et chacune était posée sur une des dix bases. Il disposa ainsi les bases : cinq à droite de la maison et cinq à gauche de la maison. Quant à la mer, il la plaça du côté droit de la maison, au sud-est.

Puis Hiram fit les cuves, les pelles et les bols pour l'aspersion. Hiram acheva tout le travail qu'il avait à faire pour le roi Salomon dans la maison du Seigneur : les deux colonnes, les arrondis des chapiteaux sur le sommet des deux colonnes, les deux filets pour couvrir les deux arrondis des chapiteaux sur le sommet des colonnes, les quatre cents grenades destinées aux deux filets, deux rangées de grenades par filet, de façon à couvrir les deux arrondis des chapiteaux jusque sur le flanc des colonnes, les dix bases, les dix cuves sur les bases, la mer, une seule, avec les douze bœufs en dessous de la mer, les vases, les pelles, les bols pour l'aspersion, et tous les objets que Hiram avait fabriqués en bronze poli pour le roi Salomon dans la maison du Seigneur.

C'est dans la région du Jourdain, entre Soukkoth et Sartane, que le roi les fit mouler dans des couches d'argile. Salomon mit en place tous ces objets. Il y en avait tant et tant qu'on ne pouvait estimer le poids de bronze employé.

Salomon fit tous les objets de la maison du Seigneur : l'autel d'or et la table d'or pour le pain de l'offrande, les chandeliers d'or fin, cinq à droite et cinq à gauche devant le Saint des Saints, les fleurs, les lampes, les pincettes en or, les récipients, les ciseaux, les bols pour l'aspersion, les gobelets, les brûle-parfums en or fin, les gonds en or des portes de la maison intérieure, le Saint des Saints, et des portes de la maison, la grande salle.

Et ainsi fut parachevé tout le travail entrepris par le roi Salomon dans la maison du Seigneur. Salomon fit apporter les objets sacrés de David son père, l'argent, l'or et les ustensiles. Il les déposa dans les trésors de la maison du Seigneur.

Commentaire

Une remarque en passant sur ces chariots disposés en rangées, contenant de l'eau, censés symboliser le passage de la mer Rouge. Non, moi, ce qui m'intéresse encore plus, c'est cette mer de bronze.

Au début de la Bible, Dieu avait commencé à séparer les eaux d'en haut et les eaux d'en bas. Et à la fin de la Bible, dans le livre de l'Apocalypse, ah, il y a quand même un chapitre qu'il faut que je vous cite. Chapitre 4, verset 6 :

Devant le trône — devant le trône de Dieu — il y a comme une mer aussi transparente que du cristal.

Cette mer qu'il y a en haut du ciel, c'est le firmament. Et pour les anciens, le firmament, la voûte céleste, c'était de l'eau, au-dessus de laquelle se trouvaient la cour céleste et le trône divin.

Et pour revenir au mont Sinaï : que voit Moïse quand il monte avec les soixante-dix anciens en haut de la montagne ? Je vous cite l'Exode, chapitre 24, verset 10 :

Ils virent le Dieu d'Israël, et il avait sous les pieds comme un pavement de saphir, limpide comme le fond du ciel.

Quelle est la couleur du saphir ? Je vous donne dans le mille : bleu.

Et c'est toujours la même mer dont il est question : dans la Genèse, dans l'Apocalypse, dans l'Exode, et ici, dans cette mer de bronze, une immense cuve d'eau portée par douze taureaux, située à l'entrée du Temple, là où trône Dieu. Oui, quand vous accédez en haut de la montagne, en présence de Dieu, vous êtes au ciel.

Alors très bien, mais me direz-vous, pourquoi ces douze taureaux ? Les douze taureaux, vous sentez bien qu'il y a une symbolique israélite : les douze tribus d'Israël. Et il n'est pas impossible que soit désignée ici la fonction sacerdotale d'Israël, sa fonction de prière, d'intermédiaire, qui est de soutenir sur leurs épaules le temple de Dieu, et ainsi de le proposer à toute la création.

Cette mer de bronze, l'équivalent dans la mythologie grecque, c'est Atlas, le titan, qui porte la terre sur ses épaules. Sauf qu'ici, ce n'est pas un titan, c'est un peuple, les douze tribus d'Israël ; et ce n'est pas la terre qui est portée, c'est le ciel. Et le fait que les douze taureaux soient dirigés vers les quatre points cardinaux vous montre l'universalité du culte à Jérusalem, la prière d'Israël qui est proposée pour toutes les nations.

Psaume 91

Le Seigneur est droit : pas de ruse en Dieu, mon rocher !

Psaume 92

Le Seigneur est roi ; il s'est vêtu de magnificence, le Seigneur a revêtu sa force.

Et la terre tient bon, inébranlable ; dès l'origine ton trône tient bon, depuis toujours, tu es.

Les flots s'élèvent, Seigneur, les flots élèvent leur voix, les flots élèvent leur fracas ; plus que la voix des eaux profondes, des vagues superbes de la mer, superbe est le Seigneur dans les hauteurs.

Tes volontés sont vraiment immuables : la sainteté emplit ta maison, Seigneur, pour la suite des temps.


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