Éclairage exĂ©gĂ©tique gĂ©nĂ©rĂ© par IA — sources patristiques, contexte historique et liturgique.

Mt 5, 20-22a.27-28.33-34a.37

Ce passage ouvre la section des « antithĂšses » du Sermon sur la montagne (Mt 5, 21-48), oĂč JĂ©sus radicalise la Torah par la formule solennelle « Eh bien ! moi, je vous dis » (egƍ de legƍ hymin). L’introduction (v. 17-20) est programmatique : JĂ©sus ne vient pas « abolir » (katalysai) mais « accomplir » (plērƍsai). Ce verbe plēroƍ a fait couler beaucoup d’encre. Certains (comme W.D. Davies) y voient un accomplissement prophĂ©tique : JĂ©sus rĂ©alise ce que la Loi annonçait. D’autres (comme Ulrich Luz) insistent sur la dimension Ă©thique : JĂ©sus porte la Loi Ă  sa plĂ©nitude en rĂ©vĂ©lant son intention profonde. Les deux sens ne s’excluent pas. Le « iota » (iƍta) et le « trait » (keraia) dĂ©signent les plus petits Ă©lĂ©ments graphiques de l’alphabet hĂ©breu — affirmation hyperbolique de la pĂ©rennitĂ© de la Torah.

Les quatre antithĂšses retenues ici (meurtre, adultĂšre, rĂ©pudiation, serment) suivent un schĂ©ma constant : citation de la Loi mosaĂŻque, puis radicalisation christique. JĂ©sus ne contredit pas MoĂŻse, il en dĂ©voile la racine intĂ©rieure. Le meurtre commence dans la colĂšre (orgē) ; l’adultĂšre, dans le regard de convoitise (epithymēsai) — terme technique de la Septante pour traduire le ងāmad du DĂ©calogue (Ex 20, 17). Jean Chrysostome, dans ses HomĂ©lies sur Matthieu (XVI-XVII), commente : JĂ©sus ne lĂ©gifĂšre pas sur les actes seulement, mais guĂ©rit les passions (pathē) qui les engendrent. L’hyperbole de l’Ɠil arrachĂ© ou de la main coupĂ©e (skandalizei, littĂ©ralement « fait trĂ©bucher ») vise Ă  choquer pour marquer l’urgence : mieux vaut une mutilation symbolique qu’une perdition totale.

La clause d’exception « sauf en cas d’union illĂ©gitime » (parektos logou porneias) est propre Ă  Matthieu (absente de Mc 10 et Lc 16). Le terme porneia fait dĂ©bat : dĂ©signe-t-il l’adultĂšre, l’inceste (unions prohibĂ©es par Lv 18), ou l’invaliditĂ© du mariage pour cause de consanguinitĂ© ? La tradition catholique, suivant Augustin (De coniugiis adulterinis), interprĂšte gĂ©nĂ©ralement porneia comme dĂ©signant une union illĂ©gitime dĂšs l’origine, non un motif de divorce. Quant au serment, JĂ©sus ne vise pas les serments judiciaires lĂ©gitimes, mais la casuistique pharisienne qui distinguait serments obligatoires et non obligatoires selon leur formulation. « Que votre parole soit oui, oui » (estƍ de ho logos hymƍn nai nai) : l’éthique du Royaume exige une transparence telle que le serment devienne superflu. Jacques 5, 12 reprendra ce logion presque Ă  l’identique, signe de son ancrage dans la tradition primitive.


Généré le 2026-02-15 · Voir dans la liturgie · Retour à la Bible commentée