📘 Commentaire biblique de l’abbé Léon Hamain


Première lecture : 1 Samuel 1, 20 – 2, 1

DU 1er LIVRE DE SAMUEL

Texte

20 Dans le cours de l’année, Anne devint enceinte, et elle enfanta un fils, qu’elle nomma Samuel, car, dit-elle, je l’ai demandé à l’Éternel.
21 Son mari Elkana monta ensuite avec toute sa maison, pour offrir à l’Éternel le sacrifice annuel, et pour accomplir son voeu.
22 Mais Anne ne monta point, et elle dit à son mari: Lorsque l’enfant sera sevré, je le mènerai, afin qu’il soit présenté devant l’Éternel et qu’il reste là pour toujours.
23 Elkana, son mari, lui dit: Fais ce qui te semblera bon, attends de l’avoir sevré. Veuille seulement l’Éternel accomplir sa parole! Et la femme resta et allaita son fils, jusqu’à ce qu’elle le sevrât.
24 Quand elle l’eut sevré, elle le fit monter avec elle, et prit trois taureaux, un épha de farine, et une outre de vin. Elle le mena dans la maison de l’Éternel à Silo: l’enfant était encore tout jeune.
25 Ils égorgèrent les taureaux, et ils conduisirent l’enfant à Éli.
26 Anne dit: Mon seigneur, pardon! aussi vrai que ton âme vit, mon seigneur, je suis cette femme qui me tenais ici près de toi pour prier l’Éternel.
27 C’était pour cet enfant que je priais, et l’Éternel a exaucé la prière que je lui adressais.
28 Aussi je veux le prêter à l’Éternel: il sera toute sa vie prêté à l’Éternel. Et ils se prosternèrent là devant l’Éternel.
1 Anne pria, et dit: Mon coeur se réjouit en l’Éternel, Ma force a été relevée par l’Éternel; Ma bouche s’est ouverte contre mes ennemis, Car je me réjouis de ton secours…

Commentaire

1. Situation

D’abord lus comme un seul Livre dans les recueils de textes qui sont devenus la Bible Hébraïque, avant d’être divisés dans la traduction grecque des Septante (LXX : 3ème siècle avant JC), cet ensemble de récits a eu pour titre le nom de Samuel, bien que la seconde partie de cet ensemble, ou le second livre, ait pour thème central le personnage de David.

Avec les Livres de Josué, des Juges, et les 2 Livres des Rois, ces 2 Livres de Samuel appartiennent à la catégorie des “Premiers prophètes”, selon la Bible Juive (voir Zacharie, 1, 4 et 7, 7), car l’on croyait dans le passé - ce qui n’est plus du tout le cas aujourd’hui - qu’ils avaient été écrits par des prophètes (Samuel et d’autres. Voir 1 Chroniques, 29, 29).

Le texte hébreu de ces récits est de qualité contestable, et l’on pense que des reconstitutions ont dû en être établies à partir de la version grecque des Septante.

Apparemment bien composés autour des trois grandes figures de Samuel, Saül et David, ces Livres de Samuel nous offrent néanmoins un certain nombre de doublés ou d’omissions qui posent question : c’est ainsi que le personnage de Samuel, à peine introduit, disparaît totalement entre les chapitres 3 à 7 de 1 Samuel, que deux interprétations différentes nous sont fournies de la mise en place de la monarchie en Israël, en 1 Samuel 8 - 11, selon que Dieu y est dit opposé ou favorable, que nous y lisons 2 comptes-rendus du rejet de Saül par Dieu (1 Samuel 13 et 15), de l’introduction de David à la cour de Saül (1 Samuel,16 et 17), du mariage de David avec la fille de Saül (1 Samuel, 18), du passage de David au service du roi de Gath (1 Samuel 21 et 27), ainsi que du refus de David de saisir l’occasion de tuer Saül (1 Samuel 24 et 26).

Si l’on a pu voir dans ces récits doublés des traditions qui semblaient se développer parallèlement de façon stable et continue, l’on s’accorde aujourd’hui à penser que ces Livres contiennent des récits narratifs d’origine indépendante qui y furent réunis par la suite, tels en particulier, les récits concernant l’Arche d’alliance, la fondation de la monarchie, l’ascension de David à la royauté, la succession de David.

Il semble bien que tous ces récits ont été réunis, puis insérés en un “corpus”, appelé “les Premiers prophètes” où ils sont joints aux Livres de Josué, des Juges et des 1 et 2 Rois, à l’époque, et dans l’école des auteurs du Deutéronome, au 7ème siècle avant JC.

On ne peut nier que ces 2 Livres de Samuel conservent une perspective prophétique, liée à la figure de prophète et leader idéal de Samuel, qui, bien après l’introduction de la monarchie, demeure l’intercesseur, la référence et le garant de la fidélité à Yahvé-Dieu (qui par lui rejette Saül et choisit David).

Notons le plan de ces 2 Livres, vus ici comme une oeuvre unique :

  • entrée en scène de Samuel (1 Samuel, 1,1 - 4, 1a)
  • récits concernant l’Arche de Dkieu (1 Samuel, 4, 1b - 7, 1)
  • institution et mise en place de la monarchie (1 Samuel, 7, 2 - 15, 35)
  • Saül et David (1 Samuel, 16, 1 - 2 Samuel, 1, 27)
  • le règne de David (2 Samuel, 2 - 8)
  • histoire de la succession de David (2 Samuel, 9 - 21)
  • appendices (2 Samuel, 21 - 24)

2. Message

Action de grâces et fidélité d’une mère exaucée dans sa prière pour qu’une fin advienne à sa stérilité humiliante, prière qu’elle avait assortie d’une promesse, d’un voeu, que l’enfant qu’elle demandait serait consacré au Seigneur.

L’enfant est né, il est sevré, Anne, sa mère, tient parole, le présente donc au Seigneur, en le conduisant au prêtre gardien du sanctuaire de Dieu à Silo.

Cet enfant sera la grand prophète et leader Samuel, dernier des Juges et instaurateur de la royauté en Israël, sans pour autant se l’attribuer, et dont il apparaîtra tout au long des récits le concernant, qu’il a été mis à part et appelé par Dieu à travers la souffrance, et la prière confiante de sa mère.

3. Decouvertes

Samuel, le dernier des Juges et l’homme qui va installer deux rois successifs, est d’emblée mis en scène comme un personnage de la plus haute importance à travers le récit des circonstances de sa naissance.

Son apparition est liée à des situations fortement contrastées : l’enfant qui va grandir et devenir le prophète idéal Samuel est l’inverse du prêtre Eli qui tolère, sans réagir, les comportements inadmissibles de ses fils.

De même, les détails du récit nous montrent que Samuel a été consacré à Dieu en tant que “nazir” pour une existence marquée par des signes tels que l’engagement de ne pas se couper les cheveux (Juges 13 et suivants), de s’abstenir de boissons fermentées (Nombres, 6 1 - 21 et Juges, 13, 5. 7).

Cette consécration, accomplissement d’un voeu, avec ses engagements, est prise devant le Seigneur selon les normes prévues et indiquées en Nombres, 15, 8 - 10.

D’autre part, la répétition de jeux de mots en hébreu (s-’ - l) ou (sa’ ûl) sur le verbe “demander” (versets 20 et 27) “être donné” (verset 28) semble renvoyer à une tradition touchant le roi Saül, dont le nom signifie “demandé”, lui-même également consacré au Seigneur. Si bien que l’on s’accorde à situer ce récit de la naissance de Samuel dans un contexte où se croisent deux traditions, l’une concernant le sanctuaire de Silo et le prêtre Eli, l’autre liée au naziréat et à l’histoire du roi Saül.

4. Prolongement

Cette démarche d’Anne se termine par le cantique qui est ensuite mis sur ses lèvres (1 Samuel, 2, 1 - 10), pour célébrer la victoire accordée par Dieu.

La personne qui s’exprime dans ce psaume ou cette hymne se découvre avoir été exaltée par Dieu et s’en réjouit pleinement.

Cette victoire de Dieu est signalée comme d’autant plus grande qu’elle renverse un certain nombre de situations pour les remplacer de manière contrastée : les faibles et les humbles l’emportent sur les puissants, les femmes stériles sur les fécondes, les fidèles sur les méchants qu s’appuient sur eux-mêmes.

L’asllusion à la stérilité au verset 5 de ce cantique relie cette hymne aux circonstances de la naissance de Samuel, tandis que l’allusion faite au roi au verset 10 de ce même cantiqiue annonce que la mission de ce futur prophète sera liée à l’instauration de la monarchie en Israël.

On aura remarqué que le parenté est très grande entre ce Cantique d’Anne et celui de Marie, Mère de Jésus, dans l’Evangile de l’Enfance du Christ selon la présentation que nous en donne Luc.

Prière

*Seigneur Jésus, toute l’oeuvre du salut de Dieu, que tu as menée à son accomplissement, est remplie d’appels d’hommes ou de femmes mis à part par le Seigneur pour l’avancée de son projet, et nous-mêmes, à la plénitude des temps, nous découvrons que, dans l’Esprit Saint que tu nous as donné, pour que nous soyons rendus contemporains de ta mission et de ton “Heure” à une époque déjà bien éloignée de la tienne dans le cours de l’histoire des hommes, nous avons été choisis et appelés par Dieu à partager sa gloire et la tienne, en ton Royaume de Vérité, de Lumière, de justice et de paix : ouvre mes yeux aux merveilles que tu as accomplies dans mon existence, comme dans celle de tous mes frères et de toutes mes soeurs croyants, et fais de mes paroles, actions et autres expressions, une louange permanente à Celui qui est, qui était et qui vient, Dieu ton Père et notre Père, qui, par toi, et en toi, ainsi que dans ton Esprit Saint, demeure toujours “avec-nous”. AMEN.

22.12.2003.*

Évangile : Luc 1, 46-56

DE L’EVANGILE DE LUC

Texte

46 Et Marie dit: Mon âme exalte le Seigneur,
47 Et mon esprit se réjouit en Dieu, mon Sauveur,
48 Parce qu’il a jeté les yeux sur la bassesse de sa servante. Car voici, désormais toutes les générations me diront bienheureuse,
49 Parce que le Tout Puissant a fait pour moi de grandes choses. Son nom est saint,
50 Et sa miséricorde s’étend d’âge en âge Sur ceux qui le craignent.
51 Il a déployé la force de son bras; Il a dispersé ceux qui avaient dans le coeur des pensées orgueilleuses.
52 Il a renversé les puissants de leurs trônes, Et il a élevé les humbles.
53 Il a rassasié de biens les affamés, Et il a renvoyé les riches à vide.
54 Il a secouru Israël, son serviteur, Et il s’est souvenu de sa miséricorde, -
55 Comme il l’avait dit à nos pères, -Envers Abraham et sa postérité pour toujours.
56 Marie demeura avec Élisabeth environ trois mois. Puis elle retourna chez elle.

Commentaire

1. Situation

Luc est l’auteur d’une oeuvre en deux volumes qui se suivent, et sont écrits pour être lus en suivant : l’Evangile, et les Actes des Apôtres. Luc nous est régulièrement présenté comme disciple et accompagnateur de Paul, bien que nous ne trouvions rien dans son oeuvre des grands thèmes théologiques développés dans les Epîtres de Paul.

Luc a écrit ses 2 Livres entre les années 80 et 90 de notre ère, soit plus de 50 ans après la mort de Jésus, 30 ans après les lettres authentiques de Paul, et quelque 20 ans après l’Evangile de Marc. Ce qui ne veut pas dire que les traditions qu’il reprend ne sont pas aussi anciennes que celles de ceux qui ont écrit avant lui. Cela indique toutefois qu’il s’adresse à des communautés chrétiennes déjà différentes, pour leur annoncer la Bonne Nouvelle de Jésus.

Son Evangile se déroule en huit étapes :

  • un Prologue (Luc, 1, 1 - 4) au destinataire de cet Evangile, un certain Théophile, dont nous ne savons rien par ailleurs, Prologue auquel fait écho le Prologue des Actes des Apôtres (Actes, 1, 1 - 5).
  • un résumé de toute la Bonne Nouvelle de Jésus, en qui toutes les promesses de Dieu sont accomplies, autour du thème de son Enfance (Luc, 1, 5 - 2, 52).
  • la préparation de son ministère public (Luc, 3, 1 - 4, 13).
  • le ministère de Jésus en Galilée (Luc, 4, 14 - 9, 50).
  • le voyage de Jésus vers Jérusalem (Luc, 9, 51 - 19, 27).
  • le rejet de Jésus par Jérusalem (Luc, 19, 28 - 21, 38).
  • le dernier repas de Jésus et sa mise au rang des pécheurs dans sa condamnation et son éxécution (Luc, 22, 1 - 23, 56a).
  • la victoire décisive de Jésus, sa promesse de l’Esprit et son ascension (Luc, 23, 56b - 24, 53).

L’Evangile de l’Enfance de Jésus selon Luc, se déroule, sur 2 chapitres, dans la succession d’un certain nombre d’épisodes : annonciation à Zacharie, annonce à Marie, visitation de Marie à Elizabeth, naissance et circoncision de Jean Baptiste, naissance de Jésus, présentation de Jésus au Temple, Jésus perdu et retrouvé dans le Temple à l’âge de 12 ans.

Dans cet Evangile de l’Enfance du Christ, nous assistons à toute une série de déclarations importantes sur l’identité et le sens de la mission de Jésus Christ dans le plan du salut de Dieu.

L’ange Gabriel s’est exprimé sur le rôle de Jean Baptiste dans l’annonciation de sa naissance à son père Zacharie (1, 5 - 25), ainsi que sur la dignité et le rôle de Jésus, lors de son annonciation à Marie (1, 26 -38).

C’est maintenant le tour d’Elizabeth et de Marie de se prononcer sur cet enfant que porte Marie, et dont la seule rencontre a rempli Elizabeth de l’Esprit Saint, et fait tressaillir dans son sein le futur Jean Baptiste (1, 39 - 55).

Elizabeth a donc lancé son témoignage sur Jésus, qu’elle a déclaré “Seigneur”, sans le connaître (1, 39 - 45). C’est maintenant le tour de Marie.

2. Message

Le “Magnificat” de Marie nous invite à réfléchir sur les enjeux de l’activité divine dans la conception de Jésus par l’Esprit Saint. Ce “cantique” se divise en 2 stances, dont la première (1, 46 - 50) situe le rôle de Marie, et la seconde (1, 51 - 55 universalise l’expérience de Marie, pour y discerner la façon dont Dieu agit avec les femmes et les hommes que nous sommes.

Ces 2 parties ont pour thème commun l’action de grâces que Marie rend à Dieu pour ce que Dieu accomplit en faveur de l’humanité par l’enfant qui va naître d’elle.

Le regard du Seigneur s’est porté sur Marie, son humble servante : de ce fait, Marie dans sa “petitesse” va être reconnue dans le nouvel âge du salut qui commence avec Jésus, son enfant. Cette “petitesse” de Marie est ici contrastée avec la toute-puissance de Dieu, pour qui rien n’est impossible (1, 37). Car, lui seul est Saint.

Le verset 50 déclare que ce que Dieu a fait pour Marie, il le fait également pour “tous ceux qui le craignent”. Ce verset 50 à la fois conclut la 1ère partie du Magnificat et ouvre la seconde.

Les 6 verbes au passé que Luc utilise, par groupes de deux, nous révèlent les actions contrastées de Dieu : il est intervenu de son bras puissant, et il a dispersé (verset 51), il a jeté bas les puissants et il a élevé les humbles (verset 52), il a comblé les affamés et renvoyé les riches les mains vides (verset 53).

Ces 6 verbes indiquent une action caractéristique de Dieu, qui a inauguré une ère nouvelle avec la conception de Jésus. En Jésus s’achèvent aussi toutes les dimensions de l’action de Dieu, qui libère, qui rend la dignité, qui comble. Et tout cela, il le fait en faveur des pauvres, à l’encontre des riches, et selon l’accomplissement de son dessein de salut, qui a commencé avec la vocation d’Abraham, et la vocation du peuple d’Israël (versets 54 - 55).

3. Decouvertes

Beaucoup de versets du Magnificat ont des parallèles dans l’Ancien Testament, et particulièrement dans le Cantique d’Anne (1 Samuel, 2, 1 - 11).

On pense que Luc a utilisé un texte qui existait avant son Evangile, et a modifié la théologie du renversement des situations de ce chant révolutionnaire, en y insérant le verset 48, où Marie se situe comme l’humble servante du Seigneur, en écho à son OUI de l’Annonciation (1, 45 et 1, 38). Ce cantique se situe très bien selon l’ambiance et la tonalité de l’Evangile de Luc, qui invite souvent les riches à partager leurs richesses.

Il y a beaucoup d’hypothèses sur l’identification des riches et des pauvres qui sont visés dans ce Magnificat. On peut constater cependant que les pauvres vivent dans des conditions de “manque” qui les mettent en situation “d’ouverture” à la gratuité absolue du don de Dieu.

L’accomplissement du salut de Dieu se fait dans la “préférence” pour les opprimés, dont la mission de Jésus va effectuer le renversement de situation, en commençant par les rendre capables de recevoir la bonne nouvelle du salut, tels les bergers de Bethléem, la nuit de Noël, en 2, 6 - 20.

Si bien qu’en définitive, être “pauvre” selon Dieu n’est pas une affaire de statut social ou ethnique, mais d’attitude ouverte, non suffisante, et accueillante, au salut.

4. Prolongement

De par son déroulement même, le cantique de Marie, en élargissant l’expérience qu’a Marie de la miséricorde de Dieu à tous les hommes et à toutes les femmes de tous les âges de l’humanité, nous inclut dans le mystère de Dieu que Marie a rencontré et auquel elle a répondu.

Chanter ce cantique attribué à Marie nous invite à nous interroger sur la qualité de notre ouverture et de notre accueil au dessein de Dieu, ainsi que sur notre rejet de toute suffisance, ou de toute trop grande sûreté de nous-mêmes.

Prière

*Seigneur Jésus, nous devrions chaque jour éprouver le désir profond de reprendre ce cantique d’action de grâces pour l’oeuvre du salut que Dieu t’a envoyé accomplir, et qui nous révèle le véritable sens des valeurs que Dieu accueille et favorise : l’humilité et la pauvreté du coeur, le rejet de toute suffisance, de toute arrogance, de toute supériorité, toutes valeurs que tu as vécues le premier en plénitude, puisqu’en toi Dieu s’est fait pauvre pour nous permettre d’avoir part à sa qualité de don total, de partage et d’accueil sans limite, que résume le mot “pauvreté” : donne-moi de chanter en toute vérité ce cantique de ceux qui, comme Marie ta mère, ont reconnu et pleinement accueilli l’action lumineuse et libératrice de Dieu dans leur existence et leur appel à te suivre. AMEN.

22.12.2003.*


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