📘 Commentaire biblique de l’abbé Léon Hamain


Première lecture : Isaïe 45, 6-25

DU LIVRE D’ISAÏE

Texte

6 C’est afin que l’on sache, du soleil levant au soleil couchant, Que hors moi il n’y a point de Dieu: Je suis l’Éternel, et il n’y en a point d’autre.
7 Je forme la lumière, et je crée les ténèbres, Je donne la prospérité, et je crée l’adversité; Moi, l’Éternel, je fais toutes ces choses.
8 Que les cieux répandent d’en haut Et que les nuées laissent couler la justice! Que la terre s’ouvre, que le salut y fructifie, Et qu’il en sorte à la fois la délivrance! Moi, l’Éternel, je crée ces choses.

18 Car ainsi parle l’Éternel, Le créateur des cieux, le seul Dieu, Qui a formé la terre, qui l’a faite et qui l’a affermie, Qui l’a créée pour qu’elle ne fût pas déserte, Qui l’a formée pour qu’elle fût habitée: Je suis l’Éternel, et il n’y en a point d’autre.

21 Déclarez-le, et faites-les venir! Qu’ils prennent conseil les uns des autres! Qui a prédit ces choses dès le commencement, Et depuis longtemps les a annoncées? N’est-ce pas moi, l’Éternel? Il n’y a point d’autre Dieu que moi, Je suis le seul Dieu juste et qui sauve.
22 Tournez-vous vers moi, et vous serez sauvés, Vous tous qui êtes aux extrémités de la terre! Car je suis Dieu, et il n’y en a point d’autre.
23 Je le jure par moi-même, La vérité sort de ma bouche et ma parole ne sera point révoquée: Tout genou fléchira devant moi, Toute langue jurera par moi.
24 En l’Éternel seul, me dira-t-on, résident la justice et la force; A lui viendront, pour être confondus, Tous ceux qui étaient irrités contre lui.
25 Par l’Éternel seront justifiés et glorifiés Tous les descendants d’Israël.

Commentaire

1. Situation

Avec le chapitre 40 de notre Livre d’Isaïe, commence donc, selon une hypothèse généralement admise depuis quelques décennies, mais qui se trouve désormais assez fortement contestée, l’oeuvre d’un 2ème prophète, qu’on appelle le “2ème” Isaïe, qui a prêché aux éxilés de Babylone vers 550, c’est-à-dire vers la fin de l’exil, puisqu’un premier retour des exilés à Jérusalem a eu lieu en 537.

Ce 2ème Prophète Isaïe, dont le recueil occupe les chapitres 40 à 55 du Livre d’Isaïe de nos Bibles, serait un disciple lointain du 1er Isaïe, puisqu’il a vécu quelque 150 ans plus tard. Il ne s’adresse plus aux habitants de Jérusalem pour les appeler à la foi et à la vigilance, mais aux exilés, pour leur apporter consolation dans leurs difficultés.

On ne connaît pas le nom de ce prophète, pas plus que celui du prophète auquel on doit les chapitres 56 à 66 du Livre Biblique d’Isaïe, recueil d’oracles écrits après le retour de l’exil, et que, selon toujours la même hypothèse évoquée plus haut, l’on appelle le 3ème Isaïe.

Le 2ème Isaïe, dont nous lisons une page aujourd’hui, à travers son style et sa poésie bien typés, nous laisse une impression d’homme sérieux, réfléchi, respirant l’optimisme et la sympathie. Surtout, il se manifeste comme un croyant à la foi très solide, qui est capable de discerner en quoi tout épisode de l’histoire peut jouer son rôle dans la rédemption d’Israël.

Les thèmes principaux de son recueil sont les suivants :

  • le thème majeur du Nouvel Exode, sa manière de présenter la fin de l’exil et le retour des exilés;
  • le thème de l’accomplissement des prophéties;
  • le thème de Dieu présenté comme le créateur du monde, qui lui permet d’expliquer la souveraine puissance de Yahvé;
  • le thème de la justice de Dieu, qui veille à l’accomplissement des promesses;
  • le thème de la puissance efficace de la Parole de Dieu, qui se traduit immédiatement en oeuvres du Seigneur;
  • le thème de Jérusalem, point focal du retour des exilés;
  • le thème du Serviteur, dont les 4 chants aux chapitres 42, 49, 50, 53, présentent à la fois le portrait collectif d’Israël et celui, individuel, d’un serviteur, homme d’une haute sainteté.

Le recueil du 2ème Isaïe, qu’on nomme souvent le “Livre de la Consolation d’Israël”, traite successivement : de l’appel et de la mission du prophète, suivi d’un débat entre Dieu et son peuple (40, 1 -31), puis, de l’accomplissement prophétique de la libération du peuple exilé, dans le Nouvel Exode (41,1 - 48, 22), ensuite, d’un ensemble de paroles de réconfort adressées à Sion (49, 1 - 54, 17), et se termine par une conclusion (55, 1 - 13).

2. Message

Il n’est peut-être pas de plus grand témoin que ce Deuxième prophète Isaïe qui nous révèle à ce point la grandeur de Yahvé-Dieu, qu’il fait parler directement et proclamer sa tout-puissance, à la fois d’unique créateur et d’unique sauveur, à l’exclusion de toute autre divinité.

Tout cela nous est livré, exprimé dans un langage aussi fort que le message lui-même, tout de grandeur et de solennité.

3. Decouvertes

Le Seigneur Dieu est ici fortement présenté comme le créateur des ténèbres autant que de la lumière, du malheur autant que du bonheur, dans la mesure où il est considéré par le prophète comme étant à l’orogine de l’exil d’Israël, puni par lui pour son incroyance et son culte rendu à de faux dieux.

Suit, au verset 8, une brève hymne de louange, qui célèbre la justice et le salut qui viennent de Dieu.

Après avoir sauté les versets 9 - 17, notre texte liturgique continue par toute une série d’affirmations très puissantes, mises dans la bouche de Yahvé-Dieu lui-même, et par lesquelles il proclame haut et fort son statut, unique et incomparable, de créateur maître absolu du chaos, qu’il organise en un cosmos fait pour l’homme.

Il ne peut désormais plus se trouver d’autre sauveur que lui, dont la justice et la droiture sont inégalables, lui devant qui tout genou finira par fléchir, lui par qui le salut universel sera manifesté comme accordé à Israël en tant que prémices de toutes les nations.

4. Prolongement

Les textes du Nouveau Testament maintiennent cette grandeur inégalable de Dieu au -delà de tout, mais en affirmant sa proximité bien plus grande et effective par l’envoi de sa Parole créatrice faite chair en l’homme Jésus.

Quelques passages sont très explicites sur ce point :

1 Corinthiens

2.6 Cependant, c’est une sagesse que nous prêchons parmi les parfaits, sagesse qui n’est pas de ce siècle, ni des chefs de ce siècle, qui vont être anéantis;

2.7 nous prêchons la sagesse de Dieu, mystérieuse et cachée, que Dieu, avant les siècles, avait destinée pour notre gloire,

2.8 sagesse qu’aucun des chefs de ce siècle n’a connue, car, s’ils l’eussent connue, ils n’auraient pas crucifié le Seigneur de gloire.

2.9 Mais, comme il est écrit, ce sont des choses que l’oeil n’a point vues, que l’oreille n’a point entendues, et qui ne sont point montées au coeur de l’homme, des choses que Dieu a préparées pour ceux qui l’aiment.

2.10 Dieu nous les a révélées par l’Esprit. Car l’Esprit sonde tout, même les profondeurs de Dieu.

2.11 Lequel des hommes, en effet, connaît les choses de l’homme, si ce n’est l’esprit de l’homme qui est en lui? De même, personne ne connaît les choses de Dieu, si ce n’est l’Esprit de Dieu.

2.12 Or nous, nous n’avons pas reçu l’esprit du monde, mais l’Esprit qui vient de Dieu, afin que nous connaissions les choses que Dieu nous a données par sa grâce.

2.13 Et nous en parlons, non avec des discours qu’enseigne la sagesse humaine, mais avec ceux qu’enseigne l’Esprit, employant un langage spirituel pour les choses spirituelles.

2.14 Mais l’homme animal ne reçoit pas les choses de l’Esprit de Dieu, car elles sont une folie pour lui, et il ne peut les connaître, parce que c’est spirituellement qu’on en juge.

2.15 L’homme spirituel, au contraire, juge de tout, et il n’est lui-même jugé par personne.

2.16 Car Qui a connu la pensée du Seigneur, Pour l’instruire? Or nous, nous avons la pensée de Christ.

Hébreux

1.1 Après avoir autrefois, à plusieurs reprises et de plusieurs manières, parlé à nos pères par les prophètes,

1.2 Dieu, dans ces derniers temps, nous a parlé par le Fils, qu’il a établi héritier de toutes choses, par lequel il a aussi créé le monde,

1.3 et qui, étant le reflet de sa gloire et l’empreinte de sa personne, et soutenant toutes choses par sa parole puissante, a fait la purification des péchés et s’est assis à la droite de la majesté divine dans les lieux très hauts,

1.4 devenu d’autant supérieur aux anges qu’il a hérité d’un nom plus excellent que le leur.

1.5 Car auquel des anges Dieu a-t-il jamais dit: Tu es mon Fils, Je t’ai engendré aujourd’hui? Et encore: Je serai pour lui un père, et il sera pour moi un fils?

Prière

*Seigneur Jésus, aide-moi, par ton Esprit Saint, à redire à Dieu, qui est ton Père et notre Père, la proclamation de sa grandeur incommensurable, en utilisant la grande doxologie de Paul : “A celui qui peut faire, par la puissance qui agit en nous, infiniment au delà de tout ce que nous demandons ou pensons, à lui soit la gloire dans l’Église et en Jésus Christ, dans toutes les générations, aux siècles des siècles! Amen!

15.12.2004.*

Évangile : Luc 7, 18-30

DE L’EVANGILE DE LUC

Texte

18 Jean fut informé de toutes ces choses par ses disciples.
19 Il en appela deux, et les envoya vers Jésus, pour lui dire: Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre?
20 Arrivés auprès de Jésus, ils dirent: Jean Baptiste nous a envoyés vers toi, pour dire: Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre?
21 A l’heure même, Jésus guérit plusieurs personnes de maladies, d’infirmités, et d’esprits malins, et il rendit la vue à plusieurs aveugles.
22 Et il leur répondit: Allez rapporter à Jean ce que vous avez vu et entendu: les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, la bonne nouvelle est annoncée aux pauvres.
23 Heureux celui pour qui je ne serai pas une occasion de chute!
24 Lorsque les envoyés de Jean furent partis, Jésus se mit à dire à la foule, au sujet de Jean: Qu’êtes-vous allés voir au désert? un roseau agité par le vent?
25 Mais, qu’êtes-vous allés voir? un homme vêtu d’habits précieux? Voici, ceux qui portent des habits magnifiques, et qui vivent dans les délices, sont dans les maisons des rois.
26 Qu’êtes-vous donc allés voir? un prophète? Oui, vous dis-je, et plus qu’un prophète.
27 C’est celui dont il est écrit: Voici, j’envoie mon messager devant ta face, Pour préparer ton chemin devant toi.
28 Je vous le dis, parmi ceux qui sont nés de femmes, il n’y en a point de plus grand que Jean. Cependant, le plus petit dans le royaume de Dieu est plus grand que lui.
29 Et tout le peuple qui l’a entendu et même les publicains ont justifié Dieu, en se faisant baptiser du baptême de Jean;
30 mais les pharisiens et les docteurs de la loi, en ne se faisant pas baptiser par lui, ont rendu nul à leur égard le dessein de Dieu

Commentaire

1. Situation

Luc est l’auteur d’une oeuvre en deux volumes qui se suivent, et sont écrits pour être lus en suivant : l’Evangile, et les Actes des Apôtres. Luc nous est régulièrement présenté comme disciple et accompagnateur de Paul, bien que nous ne trouvions rien dans son oeuvre des grands thèmes théologiques développés dans les Epîtres de Paul.

Luc a écrit ses 2 Livres entre les années 80 et 90 de notre ère, soit plus de 50 ans après la mort de Jésus, 30 ans après les lettres authentiques de Paul, et quelque 20 ans après l’Evangile de Marc. Ce qui ne veut pas dire que les traditions qu’il reprend ne sont pas aussi anciennes que celles de ceux qui ont écrit avant lui. Cela indique toutefois qu’il s’adresse à des communautés chrétiennes déjà différentes, pour leur annoncer la Bonne Nouvelle de Jésus.

Son Evangile se déroule en huit étapes :

  • un Prologue (Luc, 1, 1 - 4) au destinataire de cet Evangile, un certain Théophile, dont nous ne savons rien par ailleurs, Prologue auquel fait écho le Prologue des Actes des Apôtres (Actes, 1, 1 - 5).
  • un résumé de toute la Bonne Nouvelle de Jésus, en qui toutes les promesses de Dieu sont accomplies, autour du thème de son Enfance (Luc, 1, 5 - 2, 52).
  • la préparation de son ministère public (Luc, 3, 1 - 4, 13).
  • le ministère de Jésus en Galilée (Luc, 4, 14 - 9, 50).
  • le voyage de Jésus vers Jérusalem (Luc, 9, 51 - 19, 27).
  • le rejet de Jésus par Jérusalem (Luc, 19, 28 - 21, 38).
  • le dernier repas de Jésus et sa mise au rang des pécheurs dans sa condamnation et son éxécution (Luc, 22, 1 - 23, 56a).
  • la victoire décisive de Jésus, sa promesse de l’Esprit et son ascension (Luc, 23, 56b - 24, 53).

Cette scène est tirée de la période du ministère de Jésus en Galilée, première grande partie de sa mission.

2. Message

Le “doute” de Jean-Baptiste sur la mission de Jésus est exprimé dans cette question qu’il fait parvenir à Jésus par deux de ses disciples.

Avec Jésus, la gratuité du salut de Dieu, tout de miséricorde et de pardon, est signifiée par tous les miracles ou “signes de la foi” qu’il accomplit pour ouvrir le règne de Dieu à tous ceux qui se montrent prêts à l’accueillir avec un coeur de pauvre.

Dans et par le ministère de Jésus (parole et signes), un “passage” très important et définitif se réalise entre une conception du salut de Dieu lié à l’obéissance de la Loi de l’Ancien Testament (résumée dans les 10 Paroles dites par Dieu à Moïse au Sinaï au cours de l’Exode, et toutjours en vigueur dans le Nouveau Testamant, mais comme traduction d’une réalité profonde d’amour mise en nos coeurs par l’Esprit Saint et accueillie dans la foi),, et cette conception prêchée et actualisée par Jésus d’une mioséricorde surabondante, et absolument gratuite, de Dieu que Jésus proclame et déjà répand par son ministère.

Ce “passage” que souligne bien notre page, explique que Jésus célèbre l’authentique grandeur unique de Jean le Baptiste dans le cadre de sa mission reçue, au terme de l’Ancien Testament, auquel il apparrtient encore, et qu’il exécute avec une très grande obéissance à Dieu.

Il n’en reste pas moins qu’un “seuil” est franchi, de grandeur toute autre, pour quiconque accueille la nouveauté radicale du don de Dieu annoncé et transmis par Jésus le Christ.

“Seuil” que les Pharisiens et les scribes d’Israël n’ont su franchir, car ils n’ont pas voulu recevoir le message etble baptême de Jean-Baptiste, et reconnaître en la mission de ce grand prophète la dernière étape de la préparation à l’envoi du messie que devait être Jésus, bien que ce fût de façon toute autre et inattendue de tous, y compris de Jean-Baptiste et des disciples de Jésus avant sa mort-résurrection et l’envoi subséquent du don de l’Esprit Saint.

3. Decouvertes

Ce passage; bien que présenté sur deux jours dans la liturgie catholique rormaine du temps de l’Avent, est à lire dans l’unité de son ensemble en Luc, 7, 18 - 35.

Déjà, dans son récit de relecture poétique et théologique de l’Enfance du Christ, Luc aveit présenté Jésus et Jean-Baptiste comme très proches et même parents, tout en les situant de façon différente face au salut que Dieu propose, Jean n’étant que le précurseur qui ouvre le chemin de celui qui est appelé ‘“l’Astre d’en Haut”, dans le cantique de Zachaire, le Père de Jean.

Bien que baptisé par Jean, et semblant se situer ainsi en continuité avec lui, Jésus agit d’une façon que Jean n’avait guère prévue ni annoncée : il ne manie pas la “pelle à vanner” de la justice qui exerce le juigement et sépare les hommes bons des hommes pécheurs (Luc, 3, 17).

Jean fait donc demander à Jésus s’il accomplit bien les promesses de l’Ancien Testament, et achève bien le projet de Dieu.

Ce qui donne à Jésus l’occasion de présenter une liste de miracles qu’il accomplit, liste qui rappelle Isaïe, 35, 5 - 6 et 61, 1. Il appartient donc à chacun de découvrir et de mesurer la portée de ses oeuvres.

Le défi ou la critique que Jésus semble adresser à Jean-Baptiste au verset 23 ne l’empêche pas pour autant de se lancer immédiatement dans un vibrant éloge de Jean, qu’il définit comme bien plus qu’un prophète, et le plus grand dans le plan de Dieu, en lui appliquant une citation faite d’un mélange d’Exode, 23, 20 et de Malachie, 3, 1.

Jésus n’en précise pas moins ensuite que Jean ne fait pas partie du Royaume de Dieu que lui-même, Jésus, annonce et inaugure. Jean n’a pas encore,en effet, été mis en mesure d’accueillir l’ouverture nouvelle de grâce et de miséricorde gratuite accordée dans le Royaume.

Reste que la mission de Jean conserve toute sa place et sa très grande importance dans le projet de Dieu. Son baptême avait pour but de préparer intérieurement les Juifs à la venue de Jésus, venue qu’ils devaient ensuite accepter. De fait, les responsables et les hommes marquants d’Israël, se montreront incapables de conversion, en rejetant aussi bien Jean que Jésus.

4. Prolongement

L’affirmation de la radicale nouveauté et unicité de Jésus Christ face à tous ceux qui l’ont précédé en Israël, donr il accomplit l’histoire et la mission tout en la dépassant infiniment, ne doit pas pour autant nous faire abandonner toute cette histoire d’Israël, qui a conduit ce peuple jusqu’à Jésus, même si ce dernier n’a pas été reconnu et reçu par les siens.

Paul nous invite à nous situer en vérité devant la mission d’Israël qu’il n’estime pas terminée, et les 3 chapitres qu’il écrit à ce sujet à la fin de la partie dite “doctrinale” de sa Lettre aux Romains nous montre quelle dimension de souffrance du coeur cette séparation présente entre Israël et les disciples de Jésus lui a fait subir : Romains

9.1 Je dis la vérité en Christ, je ne mens point, ma conscience m’en rend témoignage par le Saint Esprit:

9.2 J’éprouve une grande tristesse, et j’ai dans le coeur un chagrin continuel.

9.3 Car je voudrais moi-même être anathème et séparé de Christ pour mes frères, mes parents selon la chair,

9.4 qui sont Israélites, à qui appartiennent l’adoption, et la gloire, et les alliances, et la loi, et le culte,

9.5 et les promesses, et les patriarches, et de qui est issu, selon la chair, le Christ, qui est au-dessus de toutes choses, Dieu béni éternellement. Amen!

10.1 Frères, le voeu de mon coeur et ma prière à Dieu pour eux, c’est qu’ils soient sauvés.

10.2 Je leur rends le témoignage qu’ils ont du zèle pour Dieu, mais sans intelligence:

10.3 ne connaissant pas la justice de Dieu, et cherchant à établir leur propre justice, ils ne se sont pas soumis à la justice de Dieu;

10.4 car Christ est la fin de la loi, pour la justification de tous ceux qui croient.

11.25 Car je ne veux pas, frères, que vous ignoriez ce mystère, afin que vous ne vous regardiez point comme sages, c’est qu’une partie d’Israël est tombée dans l’endurcissement, jusqu’à ce que la totalité des païens soit entrée.

11.26 Et ainsi tout Israël sera sauvé, selon qu’il est écrit: Le libérateur viendra de Sion, Et il détournera de Jacob les impiétés;

11.27 Et ce sera mon alliance avec eux, Lorsque j’ôterai leurs péchés.

11.28 En ce qui concerne l’Évangile, ils sont ennemis à cause de vous; mais en ce qui concerne l’élection, ils sont aimés à cause de leurs pères.

11.29 Car Dieu ne se repent pas de ses dons et de son appel.

11.30 De même que vous avez autrefois désobéi à Dieu et que par leur désobéissance vous avez maintenant obtenu miséricorde,

11.31 de même ils ont maintenant désobéi, afin que, par la miséricorde qui vous a été faite, ils obtiennent aussi miséricorde.

11.32 Car Dieu a renfermé tous les hommes dans la désobéissance, pour faire miséricorde à tous.

11.33 O profondeur de la richesse, de la sagesse et de la science de Dieu! Que ses jugements sont insondables, et ses voies incompréhensibles! Car

11.34 Qui a connu la pensée du Seigneur, Ou qui a été son conseiller?

11.35 Qui lui a donné le premier, pour qu’il ait à recevoir en retour?

11.36 C’est de lui, par lui, et pour lui que sont toutes choses. A lui la gloire dans tous les siècles! Amen!

Prière

*Seigneur Jésus, tu nous appelles à devenir pauvres de nous-mêmes et riches de toi, qui t’es fait pauvre “pour nous enrichir de ton mystère de pauvreté”, et c’est ainsi que tu nous donnes d’avoir déjà part à ta résurrection et à ta présence “tout en tous” : donne-moi de t’accueillir dans une vérité toujours plus grande et plus ouverte, de façon à pouvoir rayonner ton visage et révéler ton image à travers mes paroles et mes engagements d’homme croyant qui essaye d’agir par la charité. AMEN.

10.12.2004.*


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