📘 Commentaire biblique de l’abbé Léon Hamain
Première lecture : Lévitique 19, 1-18
DU LIVRE DU LEVITIQUE
Texte
1 Yahvé parla à Moïse et dit :
2 Parle à toute la communauté des Israélites. Tu leur diras : Soyez saints, car moi, Yahvé votre Dieu, je suis saint.
…
11 Nul d’entre vous ne commettra vol, dissimulation ou fraude envers son compatriote.
12 Vous ne commettrez point de fraude en jurant par mon nom ; tu profanerais le nom de ton Dieu. Je suis Yahvé.
13 Tu n’exploiteras pas ton prochain et ne le spolieras pas : le salaire de l’ouvrier ne demeurera pas avec toi jusqu’au lendemain matin.
14 Tu ne maudiras pas un muet et tu ne mettras pas d’obstacle devant un aveugle, mais tu craindras ton Dieu. Je suis Yahvé.
15 Vous ne commettrez point d’injustice en jugeant. Tu ne feras pas acception de personnes avec le pauvre ni ne te laisseras éblouir par le grand : c’est selon la justice que tu jugeras ton compatriote.
16 Tu n’iras pas diffamer les tiens et tu ne mettras pas en cause le sang de ton prochain. Je suis Yahvé.
17 Tu n’auras pas dans ton cœur de haine pour ton frère. Tu dois réprimander ton compatriote et ainsi tu n’auras pas la charge d’un péché.
18 Tu ne te vengeras pas et tu ne garderas pas de rancune envers les enfants de ton peuple. Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Je suis Yahvé.
Commentaire
1. Situation
Ce Livre du Lévitique, l’un des 5 du groupe des premiers Livres de toute la Bible, appelé le Pentateuque, et rattaché à la tradition de Moïse et de sa législation, a été dans sa forme actuelle mis au point après le retour de l’Exil babylonien, soit vers le début du 5ème siècle.
C’est à la fois un manuel liturgique pour les prêtres du Sacerdoce Lévitique, et un enseignement pour tous les Israélites sur la nécessité de tendre vers la sainteté dans tous les aspects de leur vie.
Le Lévitique traite d’abord de la législation concernant le sacrifice à offrir à Dieu ( 1, 1 - 7, 30), puis de la cérémonie d’ordination d’Aaron et de ses fils, ainsi que des sacrifices qui y sont joints (8, 1 - 10, 20), ensuite, de tout ce qui concerne la pureté légale (11, 1 - 15, 33). Une 4ème partie est consacrée à la célébration du Jour des Expiations (16, 1 - 34), une 5ème, dans laquelle se trouve notre page, au Code de Sainteté en IsraëL (17, 1 - 26, 46). La 6ème et dernière section s’occupe du rachat des offrandes votives (27, 1 - 34).
Dans le Code de Sainteté, après une définition du caractère sacré du sang et de la sexualité (17 - 18), un certain nombre de règles de conduite nous sont offertes en ce chapitre 19 de notre page de ce jour.
2. Message
Ces règles de conduite concernent l’application de la plupart des commandements du Décalogue. L’extrait que nous en lisons traite des responsabilités que chacun doit assumer dans la vie sociale par une prattique de la justice et de la charité.
Ce qui frappe le plus dans ce chapitre, et donc dans notre page, c’est le refrain qui revient après la mention de la mise en pratique de chacun des commandements de Dieu : “Je suis (Yahvé) le Seigneur”. Mais ce refrain n’est que la reprise, en une formule plus brève et raccourcie, du premier verset de ce chapitre : “soyez saints, car je suis saint, moi, le Seigneur votre Dieu”. Ce qui donne une résonnance à chacune des reprises de ce refrain, qu’il faut interpréter ainsi : “Car je suis saint, moi, qui suis le Seigneur”.
Tout ce qui nous est prescrit dans les 10 Paroles du Sinaï, dont quelques unes sont citées ici, nous est demandé avec cette seule raison : c’est parce que Dieu est le Seigneur, éblouissant de sainteté, que nous faisons nôtres tous ces commandements relatifs à notre attitude à l’égard de nos frères et soeurs en humanité. Notre qualité de vie, c’est d’accueillir ces exigences comme une reconnaissance par nous-mêmes de la Seigneurerie et de la sainteté de Dieu.
Si le 1er verset du chapitre, et de notre page, donne sens à tous les refrains qui reviennent ensuite, le dernier verset résume, en une formule, toutes ces exigences, qui viennent de Dieu, concernant notre vie en société et en communauté : “tu aimeras ton prochain comme toi-même”.
3. Decouvertes
Quand il est écrit, au verset 14, qu’il ne faut pas “insulter un sourd”, qu’est-ce que cela veut dire ? Tout simplement que toute malédiction, une fois proférée, est considérée comme irrévocable, qu’elle ait été entendue ou non par celui, ou celle, à qui elle est adressée.
Au verset 15, notons les exigences attachées à l’exercice de la justice dans les tribunaux, tant au niveau des juges qu’à celui des témoins : égalité pour tous, pas de parti pris ni de privilèges à l’égard de qui que ce soit, respect absolu de la vérité.
Aux versets 17 et 18, remarquons l’équilibre proposé dans le refus de toute pensée de haine, de toute violence et de toute rancune, refus qui va de pair avec la nécessité de pratiquer la correction fraternelle.
4. Prolongement
Jésus a repris et fait totalement sienne cette unité entre l’amour et le respect à manifester à Dieu, qui est le Seigneur, et au prochain qu’il faut “aimer comme soi-même” (Marc, 12, 28 - 31).
De même, Jésus fait référence à Dieu comme notre “modèle parfait” à imiter, lorsqu’il nous invite à certains comportements pour la cause même de Dieu :
36 ” Montrez-vous compatissants, comme votre Père est compatissant.
37 Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés ; ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés ; remettez, et il vous sera remis.
38 Donnez, et l’on vous donnera ; c’est une bonne mesure, tassée, secouée, débordante, qu’on versera dans votre sein ; car de la mesure dont vous mesurez on mesurera pour vous en retour. ”
39 Il leur dit encore une parabole : ” Un aveugle peut-il guider un aveugle ? Ne tomberont-ils pas tous les deux dans un trou ?
40 Le disciple n’est pas au-dessus du maître ; tout disciple accompli sera comme son maître.
41 Qu’as-tu à regarder la paille qui est dans l’œil de ton frère ? Et la poutre qui est dans ton œil à toi, tu ne la remarques pas !
42 Comment peux-tu dire à ton frère : “Frère, laisse-moi ôter la paille qui est dans ton œil”, toi qui ne vois pas la poutre qui est dans ton œil ? Hypocrite, ôte d’abord la poutre de ton œil ; et alors tu verras clair pour ôter la paille qui est dans l’œil de ton frère.
Cette dignité, cette sainteté de Dieu, nous est commuiquée par le Christ, dans l’Esprit, comme un don gratuit qui fait de nous une humanité nouvelle totalement associée à Dieu. En conséquence, notre imitation de Dieu dans la reprise des comportements de Jésus, n’est que l’expression d’une configuration intérieure de notre être à l’être de Dieu, qui nous est offerte comme une transfiguration et une participation déjà inaugurée à la résurrection de Jésus Christ :
26 Car vous êtes tous fils de Dieu, par la foi, dans le Christ Jésus.
27 Vous tous en effet, baptisés dans le Christ, vous avez revêtu le Christ :
28 il n’y a ni Juif ni Grec, il n’y a ni esclave ni homme libre, il n’y a ni homme ni femme ; car tous vous ne faites qu’un dans le Christ Jésus.
…
4 Mais quand vint la plénitude du temps, Dieu envoya son Fils, né d’une femme, né sujet de la Loi,
5 afin de racheter les sujets de la Loi, afin de nous conférer l’adoption filiale.
6 Et la preuve que vous êtes des fils, c’est que Dieu a envoyé dans nos cœurs l’Esprit de son Fils qui crie : Abba, Père !
7 Aussi n’es-tu plus esclave mais fils ; fils, et donc héritier de par Dieu.
Prière
*Seigneur Jésus, c’est en découvrant qui tu es , “le Saint de Dieu”, le “Fils bien-aimé, en qui le Père se complaît”, et ce que tu nous as fait devenir, lors de ton “passage” au Père et dans le don de ton Esprit Saint, qui nous partage ta dignité de “fils”, et nous configure à ton image, que nous nous découvrons appelés à imiter la vérité et la sainteté de ton comportement de “Fils” qui nous révèle le Père, comme Dieu d’amour, de Vérité et de Lumière : apprends-moi à produire en tous temps les fruits de sainteté, de vérité et d’amour, que tu attends de moi, lorsque tu me demandes, comme à tous tes disciples, d’être l’expression de ta présence et de ton image au coeur de ce monde. AMEN.
10.03.2003.*
Évangile : Matthieu 25, 31-46
DE L’EVANGILE DE MATTHIEU
Texte
31 ” Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire, escorté de tous les anges, alors il prendra place sur son trône de gloire.
32 Devant lui seront rassemblées toutes les nations, et il séparera les gens les uns des autres, tout comme le berger sépare les brebis des boucs.
33 Il placera les brebis à sa droite, et les boucs à sa gauche.
34 Alors le Roi dira à ceux de droite : “Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume qui vous a été préparé depuis la fondation du monde.
35 Car j’ai eu faim et vous m’avez donné à manger, j’ai eu soif et vous m’avez donné à boire, j’étais un étranger et vous m’avez accueilli,
36 nu et vous m’avez vêtu, malade et vous m’avez visité, prisonnier et vous êtes venus me voir. “
37 Alors les justes lui répondront : “Seigneur, quand nous est-il arrivé de te voir affamé et de te nourrir, assoiffé et de te désaltérer,
38 étranger et de t’accueillir, nu et de te vêtir,
39 malade ou prisonnier et de venir te voir ?“
40 Et le Roi leur fera cette réponse : “En vérité je vous le dis, dans la mesure où vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. “
41 Alors il dira encore à ceux de gauche : “Allez loin de moi, maudits, dans le feu éternel qui a été préparé pour le diable et ses anges.
42 Car j’ai eu faim et vous ne m’avez pas donné à manger, j’ai eu soif et vous ne m’avez pas donné à boire,
43 j’étais un étranger et vous ne m’avez pas accueilli, nu et vous ne m’avez pas vêtu, malade et prisonnier et vous ne m’avez pas visité. “
44 Alors ceux-ci lui demanderont à leur tour : “Seigneur, quand nous est-il arrivé de te voir affamé ou assoiffé, étranger ou nu, malade ou prisonnier, et de ne te point secourir ?“
45 Alors il leur répondra : “En vérité je vous le dis, dans la mesure où vous ne l’avez pas fait à l’un de ces plus petits, à moi non plus vous ne l’avez pas fait. “
46 Et ils s’en iront, ceux-ci à une peine éternelle, et les justes à une vie éternelle. “
Commentaire
1. Situation
Cet Evangile, qui porte le nom de Matthieu, trouve peut-être sa première source dans une collection de paroles de Jésus, écrites en Araméen et attribuées à l’apôtre Matthieu, par un Père de l’Eglise, Papias d’Alexandrie, vers 125.
Cet Evangile, qui reprend beaucoup de passages de l’Evangile de Marc (qui avait été écrit vers 65), mais en y ajoutant des éléments qu’il partage en grande partie avec Luc, a été très probablement rédigé entre les années 85 et 90.
A parcourir tout ce Livre, on peut se demander s’il a été composé pour des chrétiens d’origine Juive (Judéochrétiens), ou pour des chrétiens d’origine païenne, ou encore pour les deux. La position communément admise de nos jours est qu’il a été écrit pour une communauté Judéochrétienne qui s’est trouvée exclue du Judaïsme, suite à une décision par des rabbins Juifs non chrétiens de ne plus tolérer la double appartenance, à la fois Juive et chrétienne, de ces Judéochrétiens, qui avait été possible jusqu’à cette date. Rupture qui explique la dureté des propos mis dans la bouche de Jésus contre les Scribes et Pharisiens de son temps (Matth. chapitre 23).
Néanmoins, même s’il a été d’abord écrit pour confirmer une communauté Judéochrétienne dans sa découverte de la Bonne Nouvelle de Jésus, cet Evangile est ouvert également à la mission universelle auprès des païens, et il se termine par un envoi en mission par le Christ ressuscité, avec ces paroles : “allez, de toutes les nations, faites des disciples” (28, 18).
On peut diviser cet Evangile en 11 parties, qui se répondent en sens inverse (la 1ère correspondant à la dernière, la 2ème, à l’avant-dernière, etc…), concentrées autour de la 6ème partie, le “Discours en paraboles”, qui sert en quelque sorte de “pivot”. Nous obtenons ainsi le découpage suivant :
- Naissance de Jésus et commencement de sa mission (1 - 4)
- Bénédictions et Discours sur la montagne (5 - 7)
- Manifestations de l’autorité de Jésus et de ses appels (8 - 9)
- Discours sur la mission (10)
- Jésus rejeté par “cette génération” (11 - 12 )
- Discours en paraboles (13)
- Jésus reconnu par ses disciples (14 - 17)
- Discours sur la manière de vivre en communauté de croyants (18)
- De nouveau, Jésus manifeste son autorité et ses appels (19 - 22)
- Proclamation de situations malheureuses et Discours sur la venue définitive du Royaume (23 - 24)
- Passion, mort et résurrection (26 - 28)
Cette présentation fait ressortir que cet Evangile est bien rythmé par 5 grands discours de Jésus, dans lesquels l’auteur a concentré la majeure partie de son enseignement. Les 5 discours ont souvent fait penser aux 5 livres de Moïse de l’Ancien Testament. On dit volontiers que, pour Matthieu, Jésus est le “Nouveau Moïse”.
Dans son dernier discours sur la fin ultime des temps, Jésus a commencé par donner une série de prédictions et d’avertissements concernant la destruction du Temple (24, 1 - 3), le commencement des douleurs (24, 4 - 14), la grande tribulation (24, 15 - 26), et l’avènement du Fils de l’homme (24, 26 - 35), en précisant que la date de cet avènement demeurait inconnue et qu’il fallait donc veiller (24, 36 - 44). Il développe ensuite un certain nombre de paraboles : celle du serviteur fidèle (24, 45 - 51), puis celle des 10 jeunes filles (25,1 - 13), et celle des talents (25, 14 - 30), avant ce tableau final que nous lisons aujourd’hui.
2. Message
Au Jour de l’avènement définitif du Royaume de Dieu, une grande fresque d’un ultime jugement nous dépeint le Fils de l’homme en gloire accueillant tous ceux qui l’ont suivi en vérité sur le chemin de ce Royaume.
Nous le voyons ici reconnaître “les siens” selon un seul et unique critère : la manière dont ils l’ont lui—même accueilli en la personne de tous ceux qu’il déclare être ses frères en humanité, créés à l’image de Dieu, auxquels il s’identifie.
Et cela à longueur de vie : “chaque fois… précise-t-il, que vous l’avez fait à l’égard de l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait”… Notons l’importance de ce “chaque fois”. Le geste qui ouvre l’entrée défintive dans le Royaume de Dieu, c’est toute action concrète et précise de prise en charge d’un frère ou d’une soeur dans le besoin ou la diiffculté, de façon à le, ou la, remettre debout.
Notons la liste des besoins énumérés ici : manque de nourriture, de boisson, être un étranger, état de maladie, dénuement, prison. La prise en charge des frères et soeurs en toutes ces situations est rencontre et accueil du Christ lui-même, même si cette présence du Christ dans le frère ou la soeur n’est pas, ou n’a pas été, comme telle, effectivement perçue.
Il est remarquable que ceux qui sont honorés par Jésus dans cette scène, comme ceux qui ne le sont pas, l’interrogent sur le “quand” et le “comment” de l’accueil qu’ils lui ont, selon leur cas, accordé ou refusé.
Selon notre foi en Jésus, tout homme, ou toute femme, est un frère ou une soeur que Jésus est venu sauver en sa prédication, sa mission jusqu’en sa mort et sa résurrection. Et comme le résume si bien Paul aux Galates : “il n’y a que la foi qui agit par l’amour” (Galates, 5, 6).
3. Decouvertes
Ce passage n’est pas une parabole, mais un “tableau prophétique” du Jugement Dernier, et nous pouvons constater à quel point il a inspiré peintres et sculpteurs tout au long de notre “ère chrétienne”. Le Fils de l’homme, personnage de la fin des temps du chapitre 7 du Livre de Daniel, auquel Jésus s’est pratiquement, selon nos Evangiles, souvent sinon toujours, identifié, nous est présenté ici comme le “Roi de gloire” et le suprême Juge de l’univers, donc de tous les hommes de tous les temps, de toute l’humanité.
Ce jugement porte sur toutes les oeuvres de miséricorde dont parlent les auteurs de l’Ancien et du Nouveau Testament, et qui sont autant de nuances des commandements divers qui, depuis les 10 “Paroles de Dieu à Moïse au Sinaï’ (les 10 commandements), nous proposent des variantes sur le thème de l’amour du prochain, comme Paul l’a noté au moins à deux reprises dans ses Lettres (Galates, 5, 13 - 14 et Romains, 13, 8 - 10). En consultant les notes de nos Bibles, il est facile de constater à quel point le devoir d’assurer à ses frères et soeurs nourriture et boisson, vêtement, accueil, proximité dans la maladie ou l’emprisonnement, est présenté comme important dans de nombreux passages des Evangiles, des Actes des Apôtres, des Lettres de Paul, Pierre, Jacques, ainsi que dans l’homélie qui s’appelle “Lettre aux Hébreux”.
On a remarqué que Jésus ne parle pas ici de l’oeuvre de miséricorde de “l’ensevelissement”, mais qu’il en traite à propos de sa propre mort lors de l’onction qui lui est faite, et qui nous est rapportée en Matthieu, 26, 10 - 12.
On s’est interrogé qur l’identité de ces ” petits qui sont mes frères” dont parle Jésus. La majorité des interprètes ne les limite pas aux “frères et soeurs croyants de la communauté des disciples de Jésus”, mais les étendent à tous les humains : Jésus n’a-t-il pas demandé de prier pour ennemis et persécuteurs ?
L’identification du Seigneur aux pauvres que l’on sert se trouve déjà dans Proverbes, 19, 17.
A noter que le jugement final ne porte pas sur des faits extraordinaires mais sur l’humble service, pas nécessairement très visible, mais vrai, de tous ceux qui, autour de nous, sont dans le besoin d’une façon ou d’une autre.
4. Prolongement
Jésus a dit lui-même que c’est par les fruits que nous portons que nous sommes et serons reconnus comme ses disciples authentiques (Matthieu, 7, 16 - 20). Nous savons par ailleurs que “c’est uniquement par grâce que nous sommes sauvés” (Ephésiens, 2, 4 - 10), et que “hors de Jésus” nous ne pouvons rien faire (Jean, 15, 5). Comme le précise Paul, c’est par lui que nous disons notre “OUI” à Dieu (2 Corinthiens, 1, 20), mais il nous appartient toujours, selon notre liberté fondamentale, d’accepter ce qu’il nous propose. Si donc nous nous laissons saisir par lui, nous porterons les fruits de son Esprit Saint, en toutes circonstances :
22 - Mais le fruit de l’Esprit est charité, joie, paix, longanimité, serviabilité, bonté, confiance dans les autres,
23 douceur, maîtrise de soi : contre de telles choses il n’y a pas de loi.
24 Or ceux qui appartiennent au Christ Jésus ont crucifié la chair avec ses passions et ses convoitises.
25 Puisque l’Esprit est notre vie, que l’Esprit nous fasse agir.
26 Ne cherchons pas la vaine gloire, en nous provoquant les uns les autres, en nous enviant mutuellement.
Prière
*Seigneur Jésus, tu nous appelles, non pas à de grandes manfestations spectaculaires de notre foi, mais à l’humble service quotidien de tous nos frères et soeurs que nous rencontrons au fil de nos journées en ce monde, tout en nous faisant découvrir que nos oeuvres de charité sont les fruits de ta présence à côté de nous, et du don que tu nous as fait de ton “Esprit Saint” : ouvre nos yeux, nos bras et notre coeur à tout homme et toute femme que nous trouvons sur nos chemins, et rends-nous capables de les reconnaître, efficacement et réellement, comme, non seulement nos égaux, mais comme ton image d’autant plus précise qu’ils sont faibles ou malheureux, et de les accueillir en les prenant en charge comme tu nous le demandes avec tant d’insistance. AMEN.
10.03.2003.*