📘 Commentaire biblique de l’abbé Léon Hamain
Première lecture : Genèse 17, 1-9
DU LIVRE DE LA GENESE
Texte
1 Lorsqu’Abram eut atteint quatre-vingt-dix-neuf ans, Yahvé lui apparut et lui dit : Je suis El Shaddaï, marche en ma présence et sois parfait.
2 J’institue mon alliance entre moi et toi, et je t’accroîtrai extrêmement.
3 Et Abram tomba la face contre terre. Dieu lui parla ainsi :
4 Moi, voici mon alliance avec toi : tu deviendras père d’une multitude de nations.
5 Et l’on ne t’appellera plus Abram, mais ton nom sera Abraham, car je te fais père d’une multitude de nations.
6 Je te rendrai extrêmement fécond, de toi je ferai des nations, et des rois sortiront de toi.
7 J’établirai mon alliance entre moi et toi, et ta race après toi, de génération en génération, une alliance perpétuelle, pour être ton Dieu et celui de ta race après toi.
8 A toi et à ta race après toi, je donnerai le pays où tu séjournes, tout le pays de Canaan, en possession à perpétuité, et je serai votre Dieu.
9 Dieu dit à Abraham : Et toi, tu observeras mon alliance, toi et ta race après toi, de génération en génération.
Commentaire
1. Situation
Le Livre de la Genèse est le premier livre de la Bible, et le premier des 5 livres attribués à la tradition de Moïse, et dont les différents éléments qui le composent se sont additionnés pendant plusieurs siècles jusqu’au temps de la rédaction finale, aux environs du 6ème siècle, et très probablement après le retour de l’exil Babylonien.
Ce livre nous présente d’abord une histoire des origines des nations, avec la création du monde, ainsi que de l’homme et de la femme, la vie des générations d’avant le Déluge, le Déluge et la repopulation jusqu’au moment de la dispersion, suite à l’orgueil manifesté par les hommes de la grande ville de Babel, avec sa tour (1, 1 - 11, 26).
Nous y lisons, ensuite, dans une seconde grande partie, l’histoire des ancètres d’sraël (11, 27 - 50, 26), qui comprend le cycle d’Abraham et de Sarah (11, 27 - 25, 18), le cycle d’Isaac et Jacob (25, 19 - 36, 43), et, finalement, l’histoire de Joseph (37, 10 - 50, 26).
Notre page fait partie du cycle d’Abraham, et traite particulièrement de la conclusion d’une Alliance entre Dieu et Abraham (17, 1 - 27), dont elle nous donne un extrait.
2. Message
Alors qu’Abraham est prosterné devant Dieu qui vient de se manifester à lui, Dieu s’engage vis-à-vis de lui, en concluant une Alliance, par laquelle il promet à Abraham de devenir le père d’un grand nombre de peuples et nations, dont le nombre n’est pas limité. Cette Alliance est perpétuelle, et voulue telle par Dieu : elle demeurera donc, confiée tour à tour à tous les descendants d’Abraham, et, en plus de la fécondité humaine promise, elle offre à Abraham la possession de la terre de Canaan. Ainsi Dieu sera-t-il le Dieu d’Abraham, et ce dernier observera-t-il toutes les conditions de l’Alliance, en croyant que Dieu est son Dieu, et en obéissant fidèlement à sa Parole.
3. Decouvertes
Dieu change le nom d’Abram en celui d’Abraham, en raison de cette Alliance conclue, qui fait d’Abraham le partenaire de Dieu. Le nom d’Abraham (variante d’Abram) signifie “père d’une multitude”. Ce nom nouveau donné à Abraham révèle désormais l’Alliance conclue.
Notre page n’est qu’un extrait de ce chapitre consacré entièrement à cette Alliance entre Dieu et Abraham..A noter que le mot “alliance” y revient 13 fois.
On y trouve un rappel de l’Alliance ancienne de Dieu avec Noé, en ses princuipales caractéristiques : comparer Genèse 17, 1 avec Genèse 6, 9, Genèse 17, 7 toujours avec Genèse 6, 9, Genèse 17, 11 avec Genèse, 6,12 - 17. Dans les deux cas, l’on retrouve les 3 caractéristiques de l’Alliance : un engagement précis de Dieu, présenté ensuite comme perpétuel, et accompagné d’un signe. Dans le cas présent d’Abraham, le signe est double : le changement de son nom et l’imposition de la circoncision, dont il est question plus loin dans le chapitre.
Les versets 15 - 21 de ce même chapitre rappellent la promesse d’un fils à naître à Abraham, de son épouse Sarah, promesse dont la date de réalisation est même fixée.
Finalement, au terme de ce chapitre sur la conclusion de l’Alliance entre Dieu et Abraham, aux versets 22 - 27, nous voyons Abraham remplir les conditions de l’Alliance et obéir aux ordres que vient de lui donner le Seigneur.
4. Prolongement
Dieu a pour nous un projet de salut, il nous appelle, il nous parle, il s’engage vis-à—vis de nous.Et c’est cet engagement que signifie son Alliance, qui suppose, en retour, notre propre engagement à son égard. Car c’est sa propre vie, sa qualité d’existence, toute de don, de vérité et d’amour, que Dieu prend gratuitement l’initiative de nous proposer, comptant que nous acceptions de vivre désormais de façon nouvelle, en imitant Jésus dans sa disponibilité totale à Dieu son Père, selon une obéissance qui est notre véritable liberté, parce qu’elle nous libère de notre attachement à nous-mêmes (Romains, 6, 15- 23 et Galates, 5, 1).
La mission propre et unique de Jésus, au terme de l’Ancien Testament, a été à la fois de révéler, et de conclure de façon définitive, une nouvelle Alliance entre Dieu et l’humanité, dans l’achèvement et le dépassement des Alliances anciennes avec Noé, Abraham, David, et selon les annonces des grands prophètes d’Israël.
Voici donc ce qui nous est toujours offert dans l’Aujourd’hui définitif du Jour de Dieu , dans l’Esprit saint. A nous de l’accepter et d’y répondre dans notre foi qui agit toujours dans l’amour (Galates, 5, 6) :
1 Après avoir, à maintes reprises et sous maintes formes, parlé jadis aux Pères par les prophètes, Dieu,
2 en ces jours qui sont les derniers, nous a parlé par le Fils, qu’il a établi héritier de toutes choses, par qui aussi il a fait les siècles.
3 Resplendissement de sa gloire, effigie de sa substance, ce Fils qui soutient l’univers par sa parole puissante, ayant accompli la purification des péchés, s’est assis à la droite de la Majesté dans les hauteurs,
6 Mais à présent, le Christ a obtenu un ministère d’autant plus élevé que meilleure est l’alliance dont il est le médiateur, et fondée sur de meilleures promesses.
7 Car si cette première alliance avait été irréprochable, il n’y aurait pas eu lieu de lui en substituer une seconde.
9 En ceci s’est manifesté l’amour de Dieu pour nous : Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde afin que nous vivions par lui.
10 En ceci consiste l’amour : ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, mais c’est lui qui nous a aimés et qui a envoyé son Fils en victime de propitiation pour nos péchés.
11 Bien-aimés, si Dieu nous a ainsi aimés, nous devons, nous aussi, nous aimer les uns les autres.
37 Et le Père qui m’a envoyé, lui, me rend témoignage. Vous n’avez jamais entendu sa voix, vous n’avez jamais vu sa face,
38 et sa parole, vous ne l’avez pas à demeure en vous, puisque vous ne croyez pas celui qu’il a envoyé.
39 Vous scrutez les Écritures, parce que vous pensez avoir en elles la vie éternelle, et ce sont elles qui me rendent témoignage,
40 et vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie !
Prière
*Seigneur Jésus, Dieu nous a choisis dès avant la création du monde, pour que nous soyons associés à sa vie en qualité de “fils”, et c’est toi, qui, au terme de toute l’histoire d’Israël, as réalisé ce projet éternel en concluant une Alliance définitive de Dieu avec nous, par l’engagement de ton ministère vécu jusqu’au bout, dans le risque de ta vie donnée jusqu’à la mort sur une croix, pour nous révéler l’engagement de Dieu au moment où tu l’accomplis : aide-moi à répondre au mieux à cette Alliance, en reproduisant davantage ton image dans ma vie de chaque jour, et en manifestant toujours le “signe” de cette relation particlulière avec Dieu, dans l’amour de tous mes frères et soeurs, comme tu nous as aimés. AMEN.
21.03.2002.*
Évangile : Jean 8, 48-59
DE L’EVANGILE DE JEAN
Texte
48 Les Juifs lui répondirent : ” N’avons-nous pas raison de dire que tu es un Samaritain et que tu as un démon ? “
49 Jésus répondit : ” Je n’ai pas un démon mais j’honore mon Père, et vous cherchez à me déshonorer.
50 Je ne cherche pas ma gloire ; il est quelqu’un qui la cherche et qui juge.
51 En vérité, en vérité, je vous le dis, si quelqu’un garde ma parole, il ne verra jamais la mort. “
52 Les Juifs lui dirent : ” Maintenant nous savons que tu as un démon. Abraham est mort, les prophètes aussi, et tu dis : “Si quelqu’un garde ma parole, il ne goûtera jamais de la mort. “
53 Es-tu donc plus grand qu’Abraham, notre père, qui est mort ? Les prophètes aussi sont morts. Qui prétends-tu être ? “
54 Jésus répondit : ” Si je me glorifie moi-même, ma gloire n’est rien ; c’est mon Père qui me glorifie, lui dont vous dites : “Il est notre Dieu”,
55 et vous ne le connaissez pas ; mais moi, je le connais ; et si je disais : “Je ne le connais pas”, je serais semblable à vous, un menteur. Mais je le connais et je garde sa parole.
56 Abraham, votre père, exulta à la pensée qu’il verrait mon Jour. Il l’a vu et fut dans la joie. “
57 Les Juifs lui dirent alors : ” Tu n’as pas cinquante ans et tu as vu Abraham ! “
58 Jésus leur dit : ” En vérité, en vérité, je vous le dis, avant qu’Abraham existât, Je Suis. “
59 Ils ramassèrent alors des pierres pour les lui jeter ; mais Jésus se déroba et sortit du Temple.
Commentaire
1. Situation
L’Evangile de Jean est un Evangile dont la structure nous paraît bien différente de la construction adoptée dans les trois autres Evangiles.
En effet, l’Evangile de Jean, entre un court Prologue (Jean, 1, 1 - 18), qui est la reprise d’une hymne primitive bien adaptée pour servir d’ouverture à la mission terrestre en Jésus du Verbe fait chair (la Parole de Dieu) , et un Epilogue (Jean, 21, 1 - 25), qui est un compte rendu d’apparition(s) du Christ ressuscité en Galilée, ajouté, semble-t-il, lors de la rédaction finale de l’Evangile, se divise en deux grandes parties :
-
LE LIVRE DES SIGNES, dans lequel , tout au long du ministère public de Jésus, nous assistons à la révélation qu’il nous donne de Dieu son Père par ses signes et ses paroles (Jean, 1, 19 - 12, 50),
-
LE LIVRE DE LA GLOIRE, long de huit chapitres (!), où Jésus, à ceux qui le reçoivent et l’accueillent, montre sa gloire en retournant au Père, à son “Heure”, passage qui se réalise dans sa mort, sa résurrection, son ascension, et le don de son Esprit ( Jean, 13, 1 - 20, 31).
Le Livre des signes, dans lequel se situe notre passage, est d’abord ainsi nommé parce qu’il se trouve ponctué par SEPT signes, tous IMPORTANTS de par leur sens, accomplis par Jésus du début à la fin de son ministère :
- le changement de l’eau en vin à Cana (2, 1 - 11),
- la guérison du fils d’un intendant royal à Cana (4, 46 - 54),
- la guérison d’un infirme à la piscine de Bethesda (5, 1 - 11),
- la multiplication des pains en Galilée (6, 1 - 15),
- la marche sur la Mer de Galilée (6, 16 - 21),
- la guérison d’un aveugle-né à Jérusalem (9),
- la réanimation de Lazare, mort et mis au tombeau à Béthanie (11).
Cependant, dans la mesure où ces SEPT “signes” sont souvent plus ou moins longuement expliqués par des paroles ou des discours de Jésus, une autre répartition, plus précise, de ce Livre des signes, nous aide à mieux situer et donc mieux comprendre notre passage :
- 1°) Les débuts de la Révélation de Jésus : de Jean-Baptiste à Jésus (1, 19 - 51), aboutissant au changement de l’eau en vin à Cana (2, 1 - 11), qui sert de transition avec la partie suivante,
- 2°) Du premier signe de Cana (eau changée en vin) au deuxième signe de Cana (guérison du fils d’un intendant royal) (2 - 4), ce deuxième signe servant également de transition avec la 3ème partie (4, 46 - 54),
- 3°) Jésus et les principales fêtes juives (5 - 10),
- 4°) Jésus vit l’approche de son “Heure”, Heure de sa mort et de sa gloire (11, 1 - 12, 36),
- 5°) Conclusion du Livre des signes sur le ministère de Jésus et résumé de sa prédication (12, 37 - 50).
Avec notre page nous continuons d’avancer dans la lecture de tout un ensemble de textes, qui sont un élément important de la 3ème partie de cet Evangile de Jean, ensemble qui va de 7, 1 à 8, 59. Ces 2 chapitres nous relatent les comportements de Jésus à la fête des tentes à Jérusalem, où il va rencontrer une opposition très violente à son message. C’est une véritable mise en procès public de Jésus qui continue de se dérouler ici.
Après l’épisode de la femme adultère (7, 53 - 8, 11), inséré au début de ce chapitre 8, qui a probablement une autre origine, et a dû se situer dans un tout autre contexte, nous sommes entrés dans une 3ème scène liée à cette Fête des Tentes à Jérusalem. Et ici, Jésus va vivre, en quelque sorte, le sommet de son affrontement avec les Juifs. Au cours de cette Fête, il s’est déjà proclamé celui qui en est l’achèvement sous toutes ses formes, en promettant de donner l’eau vive, et en se définissant comme la Lumière du monde.
Maintenant, en trois sections (8, 12 - 59), dont nous lisons la fin de la dernière (8, 31 - 59), il va, en affirmant qu’il est de Dieu et qu’il porte le Nom même de Dieu, être le plus éloigné des Juifs, qui vont de plus en plus comploter sa mort.
Les Juifs ont beau revendiquer fortement devant lui qu’ils sont de vrais fils d’Abraham (8, 31 - 41a), Jésus leur répond avec autant de force que leur véritable père, c’est le diable (8, 41b - 47), et se trouve conduit par leur contestation à se situer lui-même, dans notre page, face à Abraham (8, 48 - 59).
2. Message
L’accuse-t-on d’être un Samaritain (“impur”), ou d’être possédé du démon, Jésus répond (89, 48 - 50) qu’il honore le Père, et que c’est du Père seul qu’il recevra une Gloire qu’il ne se donne jamais lui-même. Cette Gloire, comme la suite de l’Evangile nous le montrera, lui sera donnée lors de sa remontée au Père dans l’événement pascal de sa passion, de sa mort-résurrection et de son ascenxion (12, 23; 13, 31; 17,1).
C’est lorsqu’il insiste sur la fidélité qu’il faut accorder à sa Parole, en précisant que celui qui se comporte ainsi ne verra jamais la mort, que ses adversaires reprennent de plus belle leurs accusations, en le comparant à Abraham, qui, disent-ils, est bien mort, et pour eux, quoi qu’il en dise, Jésus ne saurait être plus grand qu’Abraham.
Mais Jésus se situe autrement, face à Dieu, qu’il déclare connaître vraiment, dont il affirme qu’il est son Père qui le glorifie, parce que lui-même est fidèle à sa Parole, contrairement à ses adversaires Juifs qui, eux, ne connaissent pas Dieu, et donc ne se comportent pas en enfants d’Abraham.
C’est face à Dieu que Jésus, qui avait déjà affirmé, dans son discours sur l’oeuvre du Fils à propos du sabbat, en 5, 46, que si les Juifs croyaient en Moïse, il croiraient aussi en lui, que les écrits de Moïse annonçaient, reprend maintenant le même argument à propos d’Abraham, dont il déclare également que la mission était de l’annoncer, lui, Jésus, et d’être tout entier tourné vers l’accomplissement des promesses de Dieu en sa venue, au terme du temps fixé par Dieu.
Les Juifs se montrant incapables d’interpréter ces paroles de Jésus autrement que dans la perspective d’un calcul matériel du temps, et demeurant, une fois de plus, enfermés dans un malentendu, Jésus en est amené à leur proclamer le plus qu’il puisse leur dire sur sa véritable situation et son authentique identité : il porte le Nom de Dieu “JE SUIS”, ce qui lui permet de transcender les déroulements de l’histoire des hommes et d’affimer qu’il est, de ce point de vue, antérieur à Abraham.
Cette fois, les adversaires de Jésus ont bien compris, et considérant la déclaration que vient de leur faire Jésus comme un blasphème, ils ramassent des pierres pour le lapider, en application de la parole du Lévitique, 24, 16, ordonnant que l’on traite ainsi ceux qui blasphèment. Mais ce faisant, ils accomplissent ce que Jésus leur avait déclaré : ils sont meurtriers, comme leur père, le diable (8, 37. 40 - 41. 44).
3. Decouvertes
Lorsque Jésus proclame qu’Abraham s’est réjoui de voir son jour, peut-être réinterprète-t-il ainsi le “rire” d’Abraham en Genèse, 17, 17, rire, avec lequel il avait reçu l’annonce qu’il allait avoir un fils. Paul, en Galates, 3, 16, écrit qu’en Isaac Abraham pouvait saluer son descendant à venir, qui serait le Christ. La Lettre aux Hébreux, en 11, 13, souligne également une vue anticipatrice de l’avenir par Abraham.
L’affirmation de Jésus : “Avant qu’Abraham existât, JE SUIS”, est du même genre que celle du psaume 90, 2 : “Avant que naissent les montagnes, tu es Dieu”.
C’est tout au long de l’Evangile que Jésus s’exprime en donnant aux mots qu’il emploie un sens différent de leur signification matérielle immédiate, et pratique ainsi ce qu’on a appelé le “malentendu Johannique”, dans lequel ses auditeurs tombent sans cesse (voir, par exemple, 2, 19, à propos de la destruction et du “relèvement” du Temple “de son corps”).
4. Prolongement
22 Alors que les Juifs demandent des signes et que les Grecs sont en quête de sagesse,
23 nous proclamons, nous, un Christ crucifié, scandale pour les Juifs et folie pour les païens,
24 mais pour ceux qui sont appelés, Juifs et Grecs, c’est le Christ, puissance de Dieu et sagesse de Dieu.
5 Ayez entre vous les mêmes sentiments qui sont dans le Christ Jésus :
6 Lui, de condition divine, ne retient pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu.
7 Mais il s’anéantit lui-même, prenant condition d’esclave, et devenant semblable aux hommes. S’étant comporté comme un homme,
8 il s’humilia plus encore, obéissant jusqu’à la mort, et à la mort sur une croix !
9 Aussi Dieu l’a-t-il exalté et lui a-t-il donné le Nom qui est au-dessus de tout nom,
10 pour que tout, au nom de Jésus, s’agenouille, au plus haut des cieux, sur la terre et dans les enfers,
11 et que toute langue proclame, de Jésus Christ, qu’il est SEIGNEUR, à la gloire de Dieu le Père.
8 Prenez garde qu’il ne se trouve quelqu’un pour vous réduire en esclavage par le vain leurre de la ” philosophie ”, selon une tradition toute humaine, selon les éléments du monde, et non selon le Christ.
9 Car en lui habite corporellement toute la Plénitude de la Divinité,
10 et vous vous trouvez en lui associés à sa plénitude, lui qui est la Tête de toute Principauté et de toute Puissance.
3 Car je souhaiterais d’être moi-même anathème, séparé du Christ, pour mes frères, ceux de ma race selon la chair,
4 eux qui sont Israélites, à qui appartiennent l’adoption filiale, la gloire, les alliances, la législation, le culte, les promesses
5 et aussi les patriarches, et de qui le Christ est issu selon la chair, lequel est au-dessus de tout, Dieu béni éternellement ! Amen.
Prière
*Seigneur Jésus, en toi nous reconnaissons celui que le Père nous a envoyé comme son Fils pour vivre un parcours humain, à travers lequel, et dans les limites duquel, tu nous as manifesté et annoncé que tu es le Verbe de Dieu, porteur du Nom sublime de Dieu lui-même, et tu nous as déclaré que ton élévation sur la croix, en ta passion et ta mort, devait être le lieu d’extrême pauvreté, qui, accepté dans ton obéissance totale au Père, te révélerait paradoxalement dans toute la dimension de ton mystère : accorde-moi la grâce de t’approcher dans la proximité immédiate de ta présence en ton Esprit Saint, sans jamais oublier que c’est l’au-delà “au-dessus de tout” du Dieu Vivant qui, en toi et par toi, me rejoint, m’appelle, et m’invite à te suivre sur ton chemin d’engagement pour Dieu en toute vérité. AMEN.
10.04.2003.*