📘 Commentaire biblique de l’abbé Léon Hamain


Première lecture : Daniel 3, 14-95

DU LIVRE DE DANIEL

Texte

14 Et Nabuchodonosor
leur dit : “Est-il vrai, Shadrak, Méshak et Abed-Nego, que vous ne serviez
point mes dieux et ne fassiez pas adoration à la statue d’or que j’ai
élevée?
15 Etes-vous disposés, quand vous entendrez sonner
trompe, pipeau, cithare, sambuque, psaltérion, cornemuse et toute espèce
de musique, à vous prosterner et à faire adoration à la statue que j’ai
faite? Si vous ne lui faites pas adoration, vous serez incontinent jetés
dans la fournaise de feu ardent; et quel est le dieu qui vous délivrerait
de ma main?“
16 Shadrak, Méshak et Abed-Nego répondirent au roi
Nabuchodonosor : “Point n’est besoin pour nous de te donner réponse à ce
sujet
17 si notre Dieu, celui que nous servons, est capable de
nous délivrer de la fournaise de feu ardent, et de ta main, ô roi, il nous
délivrera;
18 et s’il ne le fait pas, sache ô roi, que nous ne
servirons pas ton dieu, ni n’adorerons la statue d’or que tu as
élevée.”
19 Alors le roi Nabuchodonosor fut rempli de colère et
l’expression de son visage changea à l’égard de Shadrak, Méshak et
Abed-Nego. Il donna ordre de chauffer la fournaise sept fois plus que
d’ordinaire
20 et à des hommes forts de son armée de lier
Shadrak, Méshak et Abed-Nego et de les jeter dans la fournaise de feu
ardent.

91 Alors le roi Nabuchodonosor s’émut et se leva
en toute hâte. Il interrogea ses intimes : “N’avons-nous pas jeté ces
trois hommes tout liés dans le feu?” Ils répondirent : “Assurément, ô
roi.”
92 Il dit : “Mais je vois quatre hommes en liberté qui se
promènent dans le feu sans qu’il leur arrive de mal, et le quatrième a
l’aspect d’un fils des dieux.”
93 Nabuchodonosor s’approcha de
l’ouverture de la fournaise de feu ardent et dit : “Shadrak, Méshak et
Abed-Nego, serviteurs du Dieu Très-Haut, sortez et venez ici.” Alors du
milieu du feu sortirent Shadrak, Méshak et Abed-Nego.
94
S’assemblèrent satrapes, magistrats, gouverneurs et intimes du roi pour
voir ces hommes : le feu n’avait pas eu de pouvoir sur leur corps, les
cheveux de leur tête n’avaient pas été consumés, leur manteau n’avait pas
été altéré, nulle odeur de feu ne s’attachait à eux.
95
Nabuchodonosor dit : “Béni soit le Dieu de Shadrak, Méshak et Abed-Nego,
qui a envoyé son ange et délivré ses serviteurs, eux qui, se confiant en
lui, ont désobéi à l’ordre du roi et ont livré leur corps plutôt que de
servir ou d’adorer tout autre dieu que leur Dieu.

Commentaire

1. Situation

Le livre de Daniel porte le nom, non pas de son auteur, mais du principal personnage d’un récit censé se dérouler à l’époque de Nabuchodonosor, roi Chaldéen du temps de l’exil d’Israël à Babylone, et de ses successeurs au pouvoir dans ces régions.

L’on s’accorde aujourd’hui à considérer que ce livre a été écrit quelques années avant la mort du roi Séleucide Antiochus Epiphane, soit quelques années avant 164. Ce roi avait cherché à faire disparaître pratiquement la religion Juive pour la remplacer par les pratiques religieuses paiennes des Grecs. En effet, les annonces présentées comme prophétiques de la profanation du Temple de Jérusalem et de la persécution des croyants Juifs, en deux passages du Livre de Daniel (9, 27 et 11, 30 - 35), sont si précises qu’elles ne peuvent que se référer aux démarches du roi Antiochus Epiphane qui ont eu pour conséquence la résistance armée de Judas Maccabée et de ses frères.

Ce livre a été écrit pour encourager les Juifs à demeurer fidèles à leur religion ancestrale des Promesses de Dieu et de son Alliance avec le peuple de la descendance d’Abraham, à une époque où la culture grecque ambiante, très liée à la religion païenne des grecs, devenait partout très attirante. C’est pourquoi l’auteur s’attache à montrer que le Dieu d’Israël, en sa Parole et son action, est bien supérieur à toutes les expressions du paganisme, et suffisamment puissant pour sauver ses fidèles dans la persécution. Car Yahvé-Dieu est le maître de l’histoire.

Le Livre de Daniel se divise en deux grandes parties, dont on pense de plus en plus qu’elles ont été écrites par des auteurs différents : - les chapitres 1 à 6 nous offrent l’histoire édifiante de Daniel et de ses compagnons à la cour de Babylone, - les chapitres 7 à 12 contiennent 4 visions importantes, dans lesquelles Daniel, sous la forme d’images symboliques, présente la succession des différents empires ou royaumes auxquels le peuple de Dieu se trouve ou se trouvera soumis.


Notre page n’est qu’une petite partie d’un grand ensemble (3, 1 - 97), qui nous montre les 3 compagnons de Daniel jetés dans une fournaise ardente pour avoir refusé d’adorer une grande statue d’or érigée par le roi des Chaldéens, mais qui vont être protégés de tout mal au cours de ce supplice. Le but de ce récit est de nous faire découvrir que Dieu prend soin des siens s’ils lui demeurent fidèles en toutes circonstances.

2. Message

Ces trois jeunes Hébreux croyants, notables du royaume de Babylone, selon le récit du Livre de Daniel, sont sommés solennellement d’adorer une statue d’or du roi, sous peine d’être jetés dans une fournaise de feu.

A la question provocante du roi : “quel dieu vous délivrera de ma main ?”, la réponse de ces croyants respecte le pouvoir et la liberté de Dieu, à qui seul appartient d’agir en leur faveur, s’il le juge bon, sans pour autant faire de cette intervention éventuelle de Dieu une condition de leur foi en lui et de leur attachement à sa cause.

Cette adhésion des trois jeunes gens à Dieu étant ainsi affirmée par eux comme totale, absolue, et inconditionnelle, ils sont donc jetés dans la fournaise de feu, dans laquelle un “ange” ou “messager” de Dieu vient miraculeusement les protéger, ce qui conduit le roi à bénir le Dieu d’Israël et à admirer la foi courageuse de ceux qui croient en lui.

3. Decouvertes

Cette histoire ne concerne pas le personnage de Daniel, dont on explique l’absence dans cette scène par l’hypothèse probable que ce récit aurait eu une origine indépendante avant d’être inclus dans ce cycle de Daniel.

La statue d’or semble être une reprise de la satue à la tête d’or, vue en songe par le roi dans le chapitre 2.

La liste des peuples mentionnés dans cette scène souligne l’importance du royaume Babylonien, comme premier de plusieurs empires de dimension mondiale.

Le roi de cette histoire nous est caractérisé comme quelqu’un qui se prend pour Dieu, et de manière stupide.

Tout en reconnaissant l’action salvatrice du Dieu d’Israël, qui se montre capable de secourir les siens, le roi ne se convertit pas pour autant, même s’il va jusqu’à inrterdire touit offense qui serait faite au Dieu d’Israël.

4. Prolongement

Les premiers témoins de la foi au Christ ressuscité ont reconnu le Seigneur avec une même attitude complètement inconditionnelle :

8 Alors Pierre, rempli de l’Esprit Saint, leur dit : ” Chefs du peuple et anciens,

9 puisqu’aujourd’hui nous avons à répondre en justice du bien fait à un infirme et du moyen par lequel il a été guéri,

10 sachez-le bien, vous tous, ainsi que tout le peuple d’Israël : c’est par le nom de Jésus Christ le Nazôréen, celui que vous, vous avez crucifié, et que Dieu a ressuscité des morts, c’est par son nom et par nul autre que cet homme se présente guéri devant vous.

11 C’est lui la pierre que vous, les bâtisseurs, avez dédaignée, et qui est devenue la pierre d’angle. Ac 4:12- Car il n’y a pas sous le ciel d’autre nom donné aux hommes, par lequel nous devions être sauvés. ”

18 Ils les rappelèrent donc et leur défendirent de souffler mot et d’enseigner au nom de Jésus.

19 Mais Pierre et Jean de leur rétorquer : ” S’il est juste aux yeux de Dieu de vous obéir plutôt qu’à Dieu, à vous d’en juger.

20 Nous ne pouvons pas, quant à nous, ne pas publier ce que nous avons vu et entendu. ”

27 Les ayant donc amenés, ils les firent comparaître devant le Sanhédrin. Le grand prêtre les interrogea : Ac 5:28- ” Nous vous avions formellement interdit d’enseigner en ce nom-là. Or voici que vous avez rempli Jérusalem de votre doctrine ! Vous voulez ainsi faire retomber sur nous le sang de cet homme-là ! ”

29 Pierre répondit alors, avec les apôtres : ” Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes.

30 Le Dieu de nos pères a ressuscité ce Jésus que vous, vous aviez fait mourir en le suspendant au gibet.

31 C’est lui que Dieu a exalté par sa droite, le faisant Chef et Sauveur, afin d’accorder par lui à Israël la repentance et la rémission des péchés.

32 Nous sommes témoins de ces choses, nous et l’Esprit Saint que Dieu a donné à ceux qui lui obéissent. ”

C’est ainsi que Jésus, le premier, avait prononcé son “OUI” jusqu’au bout, dans l’obéissance :

51 Et voilà qu’un des compagnons de Jésus, portant la main à son glaive, le dégaina, frappa le serviteur du Grand Prêtre et lui enleva l’oreille.

52 Alors Jésus lui dit : ” Rengaine ton glaive ; car tous ceux qui prennent le glaive périront par le glaive.

53 Penses-tu donc que je ne puisse faire appel à mon Père, qui me fournirait sur-le-champ plus de douze légions d’anges ?

54 Comment alors s’accompliraient les Écritures d’après lesquelles il doit en être ainsi ? ”

Mc 14:60- Se levant alors au milieu, le Grand Prêtre interrogea Jésus : ” Tu ne réponds rien ? Qu’est-ce que ces gens attestent contre toi ? ” Mc 14:61- Mais lui se taisait et ne répondit rien. De nouveau le Grand Prêtre l’interrogeait, et il lui dit : ” Tu es le Christ, le Fils du Béni ? ” -

62 ” Je le suis, dit Jésus, et vous verrez le Fils de l’homme siégeant à la droite de la Puissance et venant avec les nuées du ciel. ”

63 Alors le Grand Prêtre déchira ses tuniques et dit : ” Qu’avons-nous encore besoin de témoins ?

64 Vous avez entendu le blasphème ; que vous en semble ? ” Tous prononcèrent qu’il était passible de mort.

Prière

*Seigneur Jésus, tu nous as promis de nous accompagner de ton Esprit Saint, qui nous dira ce que nous aurons à témoigner de toi, si nous sommes amenés à proclamer et à défendre ton Nom devant des adversaires de ta mission et de ton Royaume : mets en moi la force de toujours affirmer ta mission de Sauveur du monde, et de justifier mon espérance en ton salut, avec douceur, respect et bonne conscience, devant tous ceux qui, d’une manière ou d’une autre, m’en demandenr compte dans les diverses situations où je puis me trouver. AMEN.

09.04.2003.*

Évangile : Jean 8, 31-42

DE L’EVANGILE DE JEAN

Texte

31 Jésus dit alors aux Juifs qui l’avaient cru : ” Si vous demeurez dans ma parole, vous êtes vraiment mes disciples,
32 et vous connaîtrez la vérité et la vérité vous libérera.
33 Ils lui répondirent : ” Nous sommes la descendance d’Abraham et jamais nous n’avons été esclaves de personne. Comment peux-tu dire : ” Vous deviendrez libres ? “
34 Jésus leur répondit : ” En vérité, en vérité, je vous le dis, quiconque commet le péché est esclave.
35 Or l’esclave ne demeure pas à jamais dans la maison, le fils y demeure à jamais.
36 Si donc le Fils vous libère, vous serez réellement libres.
37 Je sais, vous êtes la descendance d’Abraham ; mais vous cherchez à me tuer, parce que ma parole ne pénètre pas en vous.
38 Je dis ce que j’ai vu chez mon Père ; et vous, vous faites ce que vous avez entendu auprès de votre père. “
39 Ils lui répondirent : ” Notre père, c’est Abraham. ” Jésus leur dit : ” Si vous êtes enfants d’Abraham, faites les œuvres d’Abraham.
40 Or maintenant vous cherchez à me tuer, moi, un homme qui vous ai dit la vérité, que j’ai entendue de Dieu. Cela, Abraham ne l’a pas fait !
41 Vous faites les œuvres de votre père. ” Ils lui dirent : ” Nous ne sommes pas nés de la prostitution ; nous n’avons qu’un seul Père : Dieu.”
42 Jésus leur dit : ” Si Dieu était votre Père, vous m’aimeriez, car c’est de Dieu que je suis sorti et que je viens ; je ne viens pas de moi-même ; mais lui m’a envoyé.

Commentaire

1. Situation

L’Evangile de Jean est un Evangile dont la structure nous paraît bien différente de la construction adoptée dans les trois autres Evangiles.

En effet, l’Evangile de Jean, entre un court Prologue (Jean, 1, 1 - 18), qui est la reprise d’une hymne primitive bien adaptée pour servir d’ouverture à la mission terrestre en Jésus du Verbe fait chair (la Parole de Dieu) , et un Epilogue (Jean, 21, 1 - 25), qui est un compte rendu d’apparition(s) du Christ ressuscité en Galilée, ajouté, semble-t-il, lors de la rédaction finale de l’Evangile, se divise en deux grandes parties :

  • LE LIVRE DES SIGNES, dans lequel , tout au long du ministère public de Jésus, nous assistons à la révélation qu’il nous donne de Dieu son Père par ses signes et ses paroles (Jean, 1, 19 - 12, 50),

  • LE LIVRE DE LA GLOIRE, long de huit chapitres (!), où Jésus, à ceux qui le reçoivent et l’accueillent, montre sa gloire en retournant au Père, à son “Heure”, passage qui se réalise dans sa mort, sa résurrection, son ascension, et le don de son Esprit ( Jean, 13, 1 - 20, 31).

Le Livre des signes, dans lequel se situe notre passage, est d’abord ainsi nommé parce qu’il se trouve ponctué par SEPT signes, tous IMPORTANTS de par leur sens, accomplis par Jésus du début à la fin de son ministère :

  • le changement de l’eau en vin à Cana (2, 1 - 11),
  • la guérison du fils d’un intendant royal à Cana (4, 46 - 54),
  • la guérison d’un infirme à la piscine de Bethesda (5, 1 - 11),
  • la multiplication des pains en Galilée (6, 1 - 15),
  • la marche sur la Mer de Galilée (6, 16 - 21),
  • la guérison d’un aveugle-né à Jérusalem (9),
  • la réanimation de Lazare, mort et mis au tombeau à Béthanie (11).

Cependant, dans la mesure où ces SEPT “signes” sont souvent plus ou moins longuement expliqués par des paroles ou des discours de Jésus, une autre répartition, plus précise, de ce Livre des signes, nous aide à mieux situer et donc mieux comprendre notre passage :

  • 1°) Les débuts de la Révélation de Jésus : de Jean-Baptiste à Jésus (1, 19 - 51), aboutissant au changement de l’eau en vin à Cana (2, 1 - 11), qui sert de transition avec la partie suivante,
  • 2°) Du premier signe de Cana (eau changée en vin) au deuxième signe de Cana (guérison du fils d’un intendant royal) (2 - 4), ce deuxième signe servant également de transition avec la 3ème partie (4, 46 - 54),
  • 3°) Jésus et les principales fêtes juives (5 - 10),
  • 4°) Jésus vit l’approche de son “Heure”, Heure de sa mort et de sa gloire (11, 1 - 12, 36),
  • 5°) Conclusion du Livre des signes sur le ministère de Jésus et résumé de sa prédication (12, 37 - 50).

Avec notre page nous continuons d’avancer dans la lecture de tout un ensemble de textes, qui sont un élément important de la 3ème partie de cet Evangile de Jean, ensemble qui va de 7, 1 à 8, 59. Ces 2 chapitres nous relatent les comportements de Jésus à la fête des tentes à Jérusalem, où il va rencontrer une opposition très violente à son message. C’est une véritable mise en procès public de Jésus qui se déroule ici.

Si l’on analyse de près cet ensemble de 2 chapitres sur la présence de Jésus à la fête des Tabernacles, nous y découvrons 3 scènes successives :

  • un discours de Jésus sur la valeur de son enseignement, et la priorité du service de l’homme sur le repos du Sabbat, discours suivi d’une vive discussion avec les Juifs sur son origine (7, 14 - 36),
  • l’annonce solennelle, par Jésus, qu’il est le seul à donner l’eau vive de l’Esprit, et les réactions contradictoires et diverses de ses adversaires, tous divisés à propos de Jésus (7, 37 - 52),
  • une nouvelle déclaration solennelle de Jésus, attestant, cette fois, qu’il est la Lumière du monde, et qu’il peut se rendre témoignage à lui-même, parce que le Père est avec lui (8, 12 - 20), avant que Jésus s’en prenne à ceux qui ne croient pas, et qui lui reposent la question de son identité (8, 21 - 30), et conclue en montrant avec précision comment, en sa mission, il fait naître d’authentiques fils à Abraham dans la fidélité (8, 31 - 59, et ici se trouve notre passage).

2. Message

Il est plus facile de déclarer croire en Jésus que de réellement croire en Lui. Croire en lui suppose qu’on soit fidèle à sa Parole, et qu’on accepte la nouveauté de son message et de sa mission, qui est de nous mener à la Vérité de Dieu, qui nous libère dans le salut qu’il propose à tous. Acceptation qui entraîne donc une nouvelle définition de notre existence et de nos engagements.

Nous constatons que le discours que tient Jésus à ceux qui, apparemment, croient en lui, loin de les confirmer dans la foi en Jésus, démontre leur suffisance et leur refus de conversion : ils se déclarent, en effet, enfants et descendants d’Abraham, sans vouloir rien de plus, et refusent donc d’entrer en un dialogue sérieux avec Jésus. Ce qu’ils ont leur suffit : ils n’attendent rien et n’ont besoin de rien.

A travers ce “dialogue de sourds”, écoutons le message de Jésus : c’est le péché qui rend esclave, et Jésus, le Fils, qui nous en libère. Refuser de suivre Jésus, et, qui plus est, l’accuser et chercher à le faire mourir, ce n’est pas agir en enfants d’Abraham, et encore moins en enfants de Dieu. Seul Jésus, envoyé par le Père, peut témoigner de Dieu de façon unique, et dire la Vérité de Dieu. Dans leur opposition à Jésus, ses interlocuteurs se font l’écho de l’adversaire de Dieu, c’est-à-dire, le diable, que Jésus nommera directement au verset 44.

3. Decouvertes

La Vérite, dont parle Jésus, et qui rend libres les disciples, ne se trouve pas au terme d’investigations humaines : elle est reçue “d’en haut”, comme un don gratuit.

Il existe un vif contraste entre les disciples authentiques de Jésus, qui ont en partage les biens et les droits du fils, et les esclaves du péché, qui n’ont aucun droit. Reprenant le récit d’Abraham et de ses 2 fils, Isaac et Ismaël, Paul oppose Isaac, fils de la femme libre, Sarah, à Ismaël, fils de l’esclave, Hagar ( Galates, 4, 21 - 31; voir également Hébreux, 3, 5 - 6). Relire, à ce propos, Genèse, 16, 15; 21, 2 et 10.

Tuer celui qui parle au nom de Dieu ne peut en aucune façon se situer dans la ligne de l’obéissance et du témoignage d’Abraham. Agir ainsi suppose que l’on descend d’un père différent d’Abraham, et différent du Dieu d’Israêl.

Dans la mesure où Israël est présenté dans la Bible comme le permier-né de Dieu (Exode, 4, 22; Deutéronome, 14, 1; Jérémie, 3, 4 - 19, et 31, 9), les membres du peuple d’Israël se considèrent toujours comme “bénis de Dieu”, en tant que fils légitimes de la promesse faite par Dieu à Abraham.

4. Prolongement

Jésus se révèlera Fils du Père de façon absolue lorsqu’il déclarera à Pilate, lors de son procès du vendredi de sa mort, qu’il n’est venu que pour rendre témoignage à la Vérité (Jean, 18, 37), lui qui s’était déjà défini comme “chemin de la vérité et de la vie” (Jean, 14, 6).

Il n’est pas de meilleur commentaire de prolongement de ce texte que de citer Paul en sa Lettre aux Galates :

26 Car vous êtes tous fils de Dieu, par la foi, dans le Christ Jésus.

27 Vous tous en effet, baptisés dans le Christ, vous avez revêtu le Christ :

28 il n’y a ni Juif ni Grec, il n’y a ni esclave ni homme libre, il n’y a ni homme ni femme ; car tous vous ne faites qu’un dans le Christ Jésus.

29 Mais si vous appartenez au Christ, vous êtes donc la descendance d’Abraham, héritiers selon la promesse.

1 Or je dis : aussi longtemps qu’il est un enfant, l’héritier, quoique propriétaire de tous les biens, ne diffère en rien d’un esclave.

2 Il est sous le régime des tuteurs et des intendants jusqu’à la date fixée par son père.

3 Nous aussi, durant notre enfance, nous étions asservis aux éléments du monde.

4 Mais quand vint la plénitude du temps, Dieu envoya son Fils, né d’une femme, né sujet de la Loi,

5 afin de racheter les sujets de la Loi, afin de nous conférer l’adoption filiale.

6 Et la preuve que vous êtes des fils, c’est que Dieu a envoyé dans nos cœurs l’Esprit de son Fils qui crie : Abba, Père !

7 Aussi n’es-tu plus esclave mais fils ; fils, et donc héritier de par Dieu.

Prière

*Seigneur Jésus, tu es venu nous proposer de te suivre dans la foi, et ainsi de nous laisser transformer par toi, pour que nous devenions “fils”avec toi, libérés de tout esclavage de nos suffisances et replis sur nous-mêmes, par la puissance de ta Parole, et de ton engagement, qui nous sauve et nous donne l’Esprit Saint : apprends-moi à réellement croire en toi, au delà de toutes mes déclarations, et plus profondément que toutes mes expressions imparfaites, et, pour cela, crée en moi cette pauvreté du coeur, et de “décrochage” de moi-même, qui sont la richesse de l’attitude de Dieu en son mystère, à laquelle tu me donnes d’avoir part . AMEN.

20.03.2002.*


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