📘 Commentaire biblique de l’abbé Léon Hamain
Première lecture : Proverbes 2, 1-9
DU LIVRE DES PROVERBES
Texte
1 Mon fils, si tu accueilles mes paroles, si tu conserves à part toi mes
préceptes,
2 rendant tes oreilles attentives à la sagesse, inclinant ton coeur vers
l’intelligence,
3 oui, si tu fais appel à l’entendement, si tu réclames l’intelligence,
4 si tu la recherches comme l’argent, si tu la creuses comme un chercheur
de trésor,
5 alors tu comprendras la crainte de Yahvé, tu trouveras la connaissance
de Dieu.
6 Car c’est Yahvé qui donne la sagesse, de sa bouche sortent le savoir et
l’intelligence.
7 Il réserve aux hommes droits son conseil, il est le bouclier de ceux qui
pratiquent l’honnêteté;
8 il monte la garde aux chemins de l’équité, il veille sur la voie de ses
fidèles.
9 Alors tu comprendras justice, équité et droiture, toutes les pistes du
bonheur .
Commentaire
1. Situation
De vieilles collections de Proverbes remontant à l’époque des clans ont circulé dans tout Israël. A partir de l’époque du roi Salomon, grand soin fut apporté à les collectionner et à les mettre en forme. On pense que l’ensemble du Livre a été revu et corrigé, peut-être par une seule personne, à la fin du 6ème siècle ou au début du 5ème siècle avant .Jésus-Christ.
Dans ces collections on distingue :
-
des instructions qu’un enseignant adresse à des étudiants (1 - 9; 22, 17 - 24, 22) (et, parmi ces instructions, trois textes (1, 20 - 33; 8, 1 - 36; 9, 1 - 6) sont appelés des “discours de sagesse” dans lequels s’exprime la Sagesse personnifiée, qui parle dans un style très personnalisé, un style qui est proche de celui qu’emploient les prophètes),
-
des proverbes proprement dits, qui sont des formules “pointues” appropriées, qui exposent une vérité de façon frappante et facile à conserver en mémoire.
La sagesse n’est pas un savoir d’un genre difficile à décrypter, réservé à des initiés, mais un savoir expérimental que tous peuvent découvrir. D’autre part, le besoin d’informer, d’éduquer et de persuader les jeunes à faire de bons choix dans leur existence, est l’un des objectifs principaux de ce Livre des Proverbes. Enfin, la sagesse est également souvent considérée comme une aptitude à servir les autres, ainsi que comme un regard lucide porté sur les limites, les ambiguîtés et les incertitudes des situations, ainsi que sur les dangers et les chances de toute prise de parole soit pour détruire, soit pour construire.
Quand nous avons affaire à des instuctions, comme c’est le cas ici, dans notre passage, la Sagesse y est quasi personnifiée et présentée comme une Femme que l’on consulte ou que l’on rencontre. Et, dans cette ligne, on en arrive à concevoir la Sagesse comme un attribut de Dieu, une sorte de présence efficace tout-à-fait à l’aise avec Dieu, tout en se considérant chez elle dans notre monde humain. Dans cette perspective, elle est don de Dieu et, en même temps, le but de la recherche des hommes pour construire leur vie à partir d’authentiques valeurs.
Le Livre des Porverbes se divise en un long Prologue (1, 1 - 9, 13) suivi d’une grande (10, 1
- 29, 27), puis d’une moins grande (30, 1 - 31, 1) collections de proverbes avant de se terminer sur le magnifique poème de la “femme parfaite”.
2. Message
Notre passage constitue la 2ème des 10 instructions que nous trouvons dans le long Prologue de tout le Livre, instructions associées à 2 discours de la Sagesse personnifiée (1, 20 - 33 et 8, 1 - 36), ainsi qu’à des invitations aux divers banquets de la sagesse ou de la folie.
Cette 2ème instruction nous énumère les bienfaits de la sagesse, le profit que nous pouvons tirer de sa pratique. Dans notre page, nous en lisons deux strophes, ainsi que le début de la 3ème (2, 1 - 4; 2, 5 - 8; 2, 9 - 11).
La 1ère strophe nous indique les conditions d’acquisition de la sagesse : la docilité, la recherche sérieuse des valeurs à vivre dans le concret de l’existence, et qui deviennent peu à peu notre “expérience”, un zèle infatigable.
La 2ème strophe fait le point de nos premières acquisitions de la sagesse : nous avons trouvé ou reçu une science ou une connaissance qui vient de Dieu, et nous jouissons de la protection divine.
Aussi, avec le début de la 3ème strophe, pouvons-nous mesurer ce que nous recevons de la sagesse : le discernement et la capacité de mener une vie toute de droiture et de prudence.
3. Decouvertes
Il nous est demandé d’incliner notre coeur : le coeur est vu ici comme le siège de toute l’activité consciente, intellectuelle, morale, affective. Il représente l’homme ou la femme dans la synthèse de toutes ses capacités et énergies, au niveau de la réflexion, du vouloir et de l’agir (v. 2).
La science ou la connaissance de Dieu, n’est pas une approche de Dieu en ce qu’il est mystérieusement, mais en tant qu’il se penche sur nous et se fait proche de nous, et en tant qu’il nous guide et nous pose ses exigences pour la qualité de notre vie selon son projet (v. 5).
Quelle que soit l’ardeur de notre recherche, la sagesse reste un don de Dieu (v. 7).
4. Prolongement
Notre maître de sagesse ne peut être que Jésus, que nous suivons, dont nous méditons la Parole, et que nous cherchons à imiter en toutes circonstances de façon à acquérir une expérience qui est son oeuvre et l’oeuvre de son Esprit en notre existence :
22 Alors que les Juifs demandent des signes et que les Grecs sont en quête de sagesse,
23 nous proclamons, nous, un Christ crucifié, scandale pour les Juifs et folie pour les païens,
24 mais pour ceux qui sont appelés, Juifs et Grecs, c’est le Christ, puissance de Dieu et sagesse de Dieu.
25 Car ce qui est folie de Dieu est plus sage que les hommes, et ce qui est faiblesse de Dieu est plus fort que les hommes.
1 Pour moi, quand je suis venu chez vous, frères, je ne suis pas venu vous annoncer le mystère de Dieu avec le prestige de la parole ou de la sagesse.
2 Non, je n’ai rien voulu savoir parmi vous, sinon Jésus Christ, et Jésus Christ crucifié.
3 Moi-même, je me suis présenté à vous faible, craintif et tout tremblant,
4 et ma parole et mon message n’avaient rien des discours persuasifs de la sagesse ; c’était une démonstration d’Esprit et de puissance,
5 pour que votre foi reposât, non sur la sagesse des hommes, mais sur la puissance de Dieu.
6 Pourtant, c’est bien de sagesse que nous parlons parmi les parfaits, mais non d’une sagesse de ce monde ni des princes de ce monde, voués à la destruction.
7 Ce dont nous parlons, au contraire, c’est d’une sagesse de Dieu, mystérieuse, demeurée cachée, celle que, dès avant les siècles, Dieu a par avance destinée pour notre gloire,
8 celle qu’aucun des princes de ce monde n’a connue - s’ils l’avaient connue, en effet, ils n’auraient pas crucifié le Seigneur de la Gloire -
9 mais, selon qu’il est écrit, nous annonçons ce que l’oeil n’a pas vu, ce que l’oreille n’a pas entendu, ce qui n’est pas monté au coeur de l’homme, tout ce que Dieu a préparé pour ceux qui l’aiment.
10 Car c’est à nous que Dieu l’a révélé par l’Esprit; l’Esprit en effet sonde tout, jusqu’aux profondeurs de Dieu.
11 Qui donc entre les hommes sait ce qui concerne l’homme, sinon l’esprit de l’homme qui est en lui ? De même, nul ne connaît ce qui concerne Dieu, sinon l’Esprit de Dieu.
12 Or, nous n’avons pas reçu, nous, l’esprit du monde, mais l’Esprit qui vient de Dieu, pour connaître les dons gracieux que Dieu nous a faits.
13 Et nous en parlons non pas avec des discours enseignés par l’humaine sagesse, mais avec ceux qu’enseigne l’Esprit, exprimant en termes spirituels des réalités spirituelles.
14 L’homme psychique n’accueille pas ce qui est de l’Esprit de Dieu: c’est folie pour lui et il ne peut le connaître, car c’est spirituellement qu’on en juge.