📘 Commentaire biblique de l’abbé Léon Hamain


Première lecture : Romains 10, 9-17

DE LA LETTRE AUX ROMAINS

Texte

9 En effet si tes lèvres confessent que Jésus est Seigneur et si ton coeur
croit que Dieu l’a ressuscité des morts, tu seras sauvé.
10 Car la foi du coeur obtient la justice, et la confession des lèvres, le salut.
11 L’Ecriture ne dit-elle pas: Quiconque croit en lui ne sera pas
confondu ?
12 Aussi bien n’y a-t-il pas de distinction entre Juif et Grec: tous ont le
même Seigneur riche envers tous ceux qui l’invoquent.
13 En effet, quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé.
14 Mais comment l’invoquer sans d’abord croire en lui ? Et comment
croire sans d’abord l’entendre ? Et comment entendre sans prédicateur ‘!
15 Et comment prêcher sans être d’abord envoyé ? selon le mot de
l’Écriture: Qu’ils sont beaux les pieds des messagers de bonnes nouvelles !
16 Mais tous n’ont pas obéi à la Bonne Nouvelle. Car Isaïe l’a dit :
Seigneur, qui a cru à notre prédication ?
17 Ainsi la foi naît de la prédication et la prédication se fait par la parole

Commentaire

1. Situation

Ecrite très probablement depuis la ville de Corinthe pendant l’hiver 57 - 58, la Lettre aux Romains est unanimement considérée comme authentique, c’est-à-dire composée et dictée directement par Paul.

Après une introduction où, après les salutations d’usage, Paul manifeste son désir de visiter la communauté chrétienne de Rome qu’il n’a pas fondée (et à laquelle, par cette Lettre, il envoie les points fondamentaux de l’Evangile de Jésus qu’il prêche: 1, 1 - 15), Paul nous livre une longue partie doctrinale sur la bonne Nouvelle concernant Dieu, annoncée par Jésus, le Christ (1,15 - 11, 36).

Il précise d’abord, en 3 développements, que la justice de Dieu rend juste celui qui l’accueille dans la foi, que Dieu, qui nous aime, assure le salut de ceux qu’il a ainsi rendus justes par la foi, et que, de ce fait, la vie chrétienne est vécue dans l’Esprit de Dieu et destinée à la gloire (1,16 - 8, 39), avant d’en arriver à un 4ème exposé, dans lequel se situe notre texte (9, 1 - 11, 36).

Dans ce dernier développement, Paul tient à montrer que la justification, qui est le salut de Dieu ainsi présenté, ne contredit pas la Promesse que Dieu a faite à Israël. S’il regrette avec beaucoup de peine que ses frères Juifs n’aient pas adhéré en masse à Jésus (9,1 - 5), Paul montre que la situation difficile dans laquelle se trouve Israël n’est pas contraire au dessein de Dieu dans l’histoire (9, 6 - 29), que l’échec dtIsraël, qu’il constate, s’explique par son refus de Jésus et de son message (9, 30 - 10, 21, où se situe notre page), avant de conclure que cet échec et ce rejet d’lsraël ne sont que limités et temporaires (11, 1 - 36).

2. Message

Selon Paul, ce n’est pas du fait de Dieu qu’Israël se trouve dans sa situation actuelle d’échec face au salut, situation dont Israël est le seul responsable.

En effet, nous dit-il, Israël a préféré son propre chemin vers la “droiture” et la “justice” à celui de Dieu (9, 31 - 33).

Paul regrette ensuite fortement qu’Israêl n’ait pas réussi à reconnaître que le Christ est le “terme” de la Loi, et que c’est par lui seul qu’on peut être justifié (10, 1 - 4).

Avant Jésus, continue-t-il, les chemins de la justice et de la justification étaient ardus et difficiles, tandis qu’actuellement ils constituent une route simple, ouverte à tous, annoncée à tous, comme le montre l’Ecriture (10, 5 - 13). Israêl n’a pourtant pas saisi cette occasion offerte par les Prophètes et l’Evangile de Jésus, et telle est bien précisément sa faute (10, 14 - 21).

Notre page, qui se trouve appartenir conjointement aux deux derniers points cités de l’argumentation de Paul, commence par une présentation de la profession de foi de base du Chrétien, que chaque croyant doit faire avec conviction.

La justice et le salut de Dieu nous viennent ainsi par la foi reçue et ouvertement professée. Il stagit là d’une règle générale qui concerne tout être humain, qu’il soit juif ou païen.

Paul constate ensuite, avec force, que tous, dont les Juifs d’Israël, ont eu l’occasion de croire au Christ, car il a été largement proclamé, et cela suffit. Et Paul de nous proposer sa grande conclusion: “la foi naît de la prédication, et la prédication, c’est l’annonce de la Parole du Christ”.

3. Decouvertes

Dans les versets 14 à 21, Paul se pose 4 objections : - Comment croire si l’on n’a pas entendu l’Evangile (10, 14 - 15) ? - Cependant, même s’ils l’entendent, tous n’obéissent pas (10, 16 - 17), - Se peut-il que les Juifs n’aient pas entendu la prédication sur Jésus (10, 18) ? - Alors, serait-ce qu’ils n’ont pas compris (10, 19 - 21) ?

Et Paul de répondre à toutes ces questions en affirmant que toutes les possibilités d’entendre et de comprendre ont été offertes à Israël, mais non saisies par lui.

Notons le grand usage que fait ici Paul des citations des Prophètes de l’Ancien Testament. Paul, en effet, dans les 3 chapitres 9 à 11 de cette Lettre aux Romains, argumente avec ses frères de race, en utilisant leur Bible, l’Ancien Testament.

Paul cite tour à tour : - Isaïe, 28, 16, pour justifier sa profession de foi des versets 10 et 11, - Il cite Joël, 2, 32, en appliquant à Jésus le titre de “Seigneur” que le Prophète réservait à Dieu, - Il fait appel au 2ème Prophète Isaïe, 52, 7, en appliquant aux prédicateurs de l’Evangile du Christ un message de liberté proclamé aux captifs de Babylone, - Il va chercher le verset 5 du psaume 19 pour montrer l’étendue de la prédication de Jésus par la voix des prédicateurs, - Il nous propose enfin un texte de Deutéronome 32, 21 et 2 versets du 3ème Prophète Isaîe (65,1 - 2), pour rappeler qu’Israël aurait pu comprendre, mais ne l’a pas fait, dé,jà aux temps de Moïse et des Prophètes, et qu’il continue de le faire avec Jésus, ce qui explique que Paul, comme déjà Dieu en Isaïe, 65, 2, se soit tourné vers les païens.

4. Prolongement

Dans nos “credos”, nos textes dogmatiques (qui d’ailleurs varient entre les différentes Eglises chrétiennes, au moins sur quelques points), nous rejoignons ce que les Chrétiens des différentes époques de l’histoire ont essayé de redire de leur foi face à des situations nouvelles, souvent difficiles et conflictuelles, de façon à répondre aux problèmes du moment.

Il nous appartient, certes, de continuer d’en faire autant, mais à la condition de toujours nous rappeler que toute formule, même la plus compliquée ou la plus technique, de ce qus disons croire comme Chrétiens, doit toujours pouvoir être expliquée à partir d’une attitude ou d’une parole de Jésus ou d’une réflexion ou méditation théologique fournie pas tel ou tel auteur de Lettres du Nouveau Testament, Paul en particulier.

Et nous serons toujours ainsi à même de redire, en toutes circonstances, la profession de base de notre foi, proposée par Paul aux versets 10 et11 de notre page de ce jour.

La Bible, c’est-à-dire pour nous l’Ancien Testament que nous relisons avec le Nouveau Testament, et à partir de lui, qui en est pour nous l’accomplissement, demeure toujours le coeur et la source de tous nos témoignages sur Jésus, dont nous devons toujours pouvoir dire: “Il a fait ceci, Il a dit cela, et Paul (ou Pierre, ou Jean, ou Jacques ou Luc dans les Actes) nous l’explique ainsi…”

Prière

*Seigneur Jésus, donne-moi de laisser toute mon existence se construire sur ma foi en ta résurrestion des morts et en ta Seigneurie universelle, de façon à te suivre comme un disciple et à témoigner de toi comme un apôtre, à la suite d’André et de tous ceux que tu as appelés et qui t’ont suivi. AMEN.

30.11.2003.*


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