📘 Commentaire biblique de l’abbé Léon Hamain
Première lecture : Actes des Apôtres 6, 8-60
DU LIVRE DES ACTES DES APÔTRES
Texte
8 Étienne, rempli de grâce et de puissance, opérait de grands prodiges et signes parmi le peuple.
9 Alors intervinrent des gens de la synagogue dite des Affranchis, des Cyrénéens, des Alexandrins et d’autres de Cilicie et d’Asie. Ils se mirent à discuter avec Étienne,
10 mais ils n’étaient pas de force à tenir tête à la sagesse et à l’Esprit qui le faisaient parler.
11 Ils soudoyèrent alors des hommes pour dire : ” Nous l’avons entendu prononcer des paroles blasphématoires contre Moïse et contre Dieu. “
12 Ils ameutèrent ainsi le peuple, les anciens et les scribes, puis, survenant à l’improviste, ils s’emparèrent de lui et l’emmenèrent devant le Sanhédrin.
13 Là ils produisirent des faux témoins qui déclarèrent : ” Cet individu ne cesse pas de tenir des propos contre ce saint Lieu et contre la Loi.
14 Nous l’avons entendu dire que Jésus, ce Nazôréen, détruira ce Lieu-ci et changera les usages que Moïse nous a légués. “
15 Or, tous ceux qui siégeaient au Sanhédrin avaient les yeux fixés sur lui, et son visage leur apparut semblable à celui d’un ange.
…
55 Tout rempli de l’Esprit Saint, il fixa son regard vers le ciel ; il vit alors la gloire de Dieu et Jésus debout à la droite de Dieu.
56 ” Ah ! dit-il, je vois les cieux ouverts et le Fils de l’homme debout à la droite de Dieu. “
57 Jetant alors de grands cris, ils se bouchèrent les oreilles et, comme un seul homme, se précipitèrent sur lui,
58 le poussèrent hors de la ville et se mirent à le lapider. Les témoins avaient déposé leurs vêtements aux pieds d’un jeune homme appelé Saul.
59 Et tandis qu’on le lapidait, Étienne faisait cette invocation : ” Seigneur Jésus, reçois mon esprit. “
60 Puis il fléchit les genoux et dit, dans un grand cri : ” Seigneur, ne leur impute pas ce péché. ” Et en disant cela, il s’endormit.
Commentaire
1. Situation
Le Livre des Actes des Apôtres, écrit au cours des années 80 et après l’Evangile de Luc, dont il constitue la suite et un 2ème tome, nous offre le récit, unique dans tout le Nouveau Testament, du passage du message chrétien de la Palestine rurale au monde méditerrranéen gréco-latin fort urbanisé. Il a donc pour auteur celui qui a écrit l’Evangile dit de Luc, et il est dédicacé au même “Théophile”.
Les spécialistes demeurent néanmoins fortement divisés sur l’attribution ou non de ce livre à Luc, le companion Antiochien de Paul (Colossiens, 4, 14 et Philémon, 23), qui, depuis une antiquité très ancienne, est considéré comme l’auteur de ce Livre des Actes, en raison particulièrement d’un certain nombre de passages de ce Livre où il raconte les événements en cours en employant le pluriel “Nous” (Actes, 15, 36 - 18, 28).
Il existe, en effet, de grandes différences entre le portrait de Paul, dans les Actes des Apôtres, et celui que l’on déduit d’une lecture attentive des lettres authentiques de Paul, et cela au point que l’on se demande comment Luc, s’il a été vraiment un companion de Paul et a écrit les Actes, ait pu brosser un tableau de l’apôtre Paul si différent de celui que nous découvrons par ailleurs. Même si l’attribution à Luc de ce Livre, et de l’Evangile qui le précède, semble demeurer la moins mauvaise hypothèse, on ne parvient pas à rendre compte d’une telle différence dans la présentation de la personnalité et des idées de l’apôtre Paul.
Ce Livre des Actes commence avec une introduction sur les tout premiers débuts de la communauté écclésiale (1, 1 - 26), puis il nous décrit la mission à Jérusalem (2, 1 - 5, 42), suivie de la mission au-delà de Jérusalem et de la Palestine même (réalisée pas les Héllénistes Juifs devenus chrétiens, puis suite à la conversion de Saül de Tarse, devenu Paul, une mission de Pierre auprès de païens et en terre païenne, le premier voyage de Paul et les problèmes liés à l’entrée de païens en grand nombre dans l’Eglise, dont a dû traiter l’Assemblée de Jérusalem : 6, 1 - 15, 33), enfin le rapprochement progressif de Paul vers Rome, où se termine le récit des Actes, après sa mission en Europe et à Ephèse, et son retour à Jérusalem où il est arrêté dans le Temple (15, 36 - 28. 31).
Notre page comprend 2 passages, mis bout à bout, mais qui nous offrent, en réalité, un récit bien continu, car ces 2 parties du procès et de la mort d’Etienne ont été séparées par l’insertion du très long discours d’Etienne (7, 1 - 54), dans lequel nous est proposée une rétrospective de l’histoire d’Israël, d’Abraham à Salomon et au Temple, en insistant particulièrement sur Moïse, présenté comme un figure annonçant Jésus. Mais ce discours, après avoir rappelé les bienfaits de Dieu, condamne Israël, qui a toujours résisté à l’Esprit Saint, et critique vertement l’importance trop grande accordée au Temple.
2. Message
Etienne, comme Paul le sera plus tard (Actes, 31, 27 - 36), est violemment pris à partie par des Juifs de la Dispersion, qui, après avoir suscité de faux témoins, ameutent le peuple, se saisissent d’Etienne, et le conduisent au Sanhédrin, en l’accusant d’avoir parlé contre le Temple et la Loi, et d’avoir annoncé la destruction du Lieu Saint par Jésus.
Etienne, devant ses juges, vit une expérience d’extase, et de vision, dans l’Esprit Saint, du Fils de l’homme en gloire à la droite de Dieu, et dont il fait part à ses juges, qui, de ce fait, se précipitent sur lui, le traînent hors de la Ville, comme dans un “lynchage”, et se mettent à le lapider, sans avoir eu recours au tribunal du Procurateur Romain. Etienne meurt ainsi, exécuté selon les dispositions de la Loi, de la main des témoins, qui ont déposé leurs vêtements auprès d’un jeune homme appelé Saül, le futur apôtre Paul, ainsi que de la main de tous ceux qui sont présents. (Deutéronome, 17, 2 - 7).
A travers cet événement tragique, paraît la façon dont meurt Etienne : - d’abord, dans les mêmes conditions que le procès Juif de Jésus : même accusation de propos contre le Temple par de faux témoins (Matthieu, 26, 59 - 61), même déclaration de Jésus et d’Etienne sur le Fils de l’homme présent à la droite de Dieu (Luc, 22, 69), - ensuite, dans son attitude devant la mort comparable à celle de Jésus dans la Passion selon Luc : la remise de son esprit (Luc, 23, 46), la demande de pardon pour ses bourreaux (Luc, 23, 34).
Etienne meurt donc ainsi pour la cause de Jésus, et à la façon même de Jésus. Mais, avec une différence : là où Jésus mourant s’adressait au Père, Etienne s’adresse à Jésus, le Ressuscité, qu’il appelle “Seigneur”. Décalage, que l’on retrouve tout au long des Actes des Apôtres, où tout se fait désormais au nom du Christ en gloire. Décalage qui est toujours le nôtre aujourd’hui.
3. Decouvertes
En plus du Temple, existaient, à Jérusalem, une ou plusieurs synagogues pour des Juifs de langue grecque de la Dispersion ou Diaspora.
En plus de la reprise des accusations portées contre Jésus, Etienne est accusé de vouloir mettre fin au régime de la Loi Juive (comme Paul le sera en 21, 28), accusation très grave de la part des Juifs de la dispersion, pour qui la Loi était un puissant signe d’identité en raison de leur vie dans les pays étrangers.
4. Prolongement
La persécution d’Etienne va entraîner une forte persécution contre les chrétiens d’origine Juive et de langue grecque, qui vont devoir se disperser, mais qui, du même coup, vont annoncer l’Evangile hors de Jérusalem (Actes, 8, 1 - 4), et vont même aller, un peu plus tard, jusqu’à prêcher la Bonne Nouvelle de Jésus à des païens de langue grecque (Actes, 11, 19 - 21).
C’est constater qu’un tournant s’est pris dans l’Eglise, suite à la mort d’Etienne : création de communautés en Samarie (Actes, 8, 5 - 26), puis fondation de la grande Eglise d’Antioche de Syrie (Actes, 11, 19 - 26), d’où partiront les premières missions de Paul.
On a dit que la mort des martyrs était une “semence de chrétiens”. Dans ce témoignage suprême que lui rendent ses disciples, Jésus, nous l’avons vu, accomplit sa promesse de les y accompagner :
12 ” Mais, avant tout cela, on portera les mains sur vous, on vous persécutera, on vous livrera aux synagogues et aux prisons, on vous traduira devant des rois et des gouverneurs à cause de mon Nom,
13 et cela aboutira pour vous au témoignage.
14 Mettez-vous donc bien dans l’esprit que vous n’avez pas à préparer d’avance votre défense :
15 car moi je vous donnerai un langage et une sagesse, à quoi nul de vos adversaires ne pourra résister ni contredire”.
(voir également Matthieu, 10, 17 - 22, où Jésus promet aux siens persécutés l’assistance de l’Esprit Saint du Père).
La célébration du mystère de Noël, mystère de “Dieu-avec-nous”, est célébration de notre nouvelle naissance “de Dieu”, effectuée par notre baptême, et qui nous engage à vivre en reproduisant l’image de Jésus (Romains, 8, 29), et son engagement, avec tous les risques courus, pour le service de la Bonne Nouvelle de Dieu qui nous sauve, par Jésus. Relire le Prologue de l’Evangile de Jean (Jean, 1, 12 - 13).
Prière
*Seigneur Jésus, au moment où nous célébrons le mystère de ton incarnation, comme parole éternelle du Père devenue l’un d’entre nous, et où nous découvrons qu’en ta mort-résurrection, et dans le don de ton Esprit, nous sommes - en vertu d’un merveilleux échange - devenus avec toi fils et héritiers du Royaume éternel de Dieu, tu nous rappelles l’exigence du témoignage que nous devons te rendre comme Seigneur et unique sauveur, de la même façon que tu as rendu témoignage à la vérité absolue de Dieu jusqu’à en mourir sur une croix : que la contemplation de ton mystère, que deploient nos liturgies de Noël et les evangiles de ton enfance, comme accomplissement de tout le plan de Dieu a travers toute ton existence humaine, que cette contemplation me rende d’autant plus lucide aux exigences de mon imitation quotidienne de ta miséricorde, de ton accueil, de ton pardon, attitude nécessairement liée à l’annonce de ton message au cœur de toutes les situations humaines concrètes que nous rencontrons. AMEN.
26.12.2002.*
Évangile : Matthieu 10, 17-22
DE L’EVANGILE DE MATTHIEU
Texte
17 Mettez-vous en garde contre les hommes; car ils vous livreront aux tribunaux, et ils vous battront de verges dans leurs synagogues;
18 vous serez menés, à cause de moi, devant des gouverneurs et devant des rois, pour servir de témoignage à eux et aux païens.
19 Mais, quand on vous livrera, ne vous inquiétez ni de la manière dont vous parlerez ni de ce que vous direz: ce que vous aurez à dire vous sera donné à l’heure même;
20 car ce n’est pas vous qui parlerez, c’est l’Esprit de votre Père qui parlera en vous.
21 Le frère livrera son frère à la mort, et le père son enfant; les enfants se soulèveront contre leurs parents, et les feront mourir.
22 Vous serez haïs de tous, à cause de mon nom; mais celui qui persévérera jusqu’à la fin sera sauvé.
Commentaire
1. Situation
Cet Evangile, qui reprend beaucoup de passages de l’Evangile de Marc (qui avait été écrit vers 65), mais en y ajoutant des éléments qu’il partage en grande partie avec Luc, a été très probablement rédigé entre les années 85 et 90.
A parcourir tout ce Livre, on peut se demander s’il a été composé pour des chrétiens d’origine Juive (Judéochrétiens), ou pour des chrétiens d’origine païenne, ou encore pour les deux. Néanmoins, même s’il a été d’abord écrit pour confirmer une communauté Judéochrétienne dans sa découverte de la Bonne Nouvelle de Jésus, cet Evangile est ouvert également à la mission universelle auprès des païens, et il se termine par un envoi en mission par le Christ ressuscité, avec ces paroles : “allez, de toutes les nations, faites des disciples” (28, 18).
On peut diviser cet Evangile en 11 parties, qui se répondent en sens inverse (la 1ère correspondant à la dernière, la 2ème, à l’avant-dernière, etc…), concentrées autour de la 6ème partie, le “Discours en paraboles”, qui sert en quelque sorte de “pivot”. Nous obtenons ainsi le découpage suivant :
- Naissance de Jésus et commencement de sa mission (1 - 4)
- Bénédictions et Discours sur la montagne (5 - 7)
- Manifestations de l’autorité de Jésus et de ses appels (8 - 9)
- Discours sur la mission (10)
- Jésus rejeté par “cette génération” (11 - 12 )
- Discours en paraboles (13)
- Jésus reconnu par ses disciples (14 - 17)
- Discours sur la manière de vivre en communauté de croyants (18)
- De nouveau, Jésus manifeste son autorité et ses appels (19 - 22)
- Proclamation de situations malheureuses et Discours sur la venue définitive du Royaume (23 - 24)
- Passion, mort et résurrection (26 - 28)
Cette présentation fait ressortir que cet Evangile est bien rythmé par 5 grands discours de Jésus, dans lesquels l’auteur a concentré la majeure partie de son enseignement. Les 5 discours ont souvent fait penser aux 5 livres de Moïse de l’Ancien Testament. On dit volontiers que, pour Matthieu, Jésus est le “Nouveau Moïse”.
Ce passage, choisi pour la fête de Saint Etienne, le premier martyr, fait partie du 2ème grand discours de Jésus dans l’Evangile de Matthieu.
Après les récits de l’Enfance de Jésus et des débuts de son ministère (1, 1 - 4, 22), suivis par le 1er grand discours de Jésus, le Sermon sur la Montagne, appelé encore la “charte du Royaume” (4, 23 - 7, 29), Jésus a manifesté son autorité et son appel au salut par une série de 10 miracles, révélant à la fois sa puissance, sa miséricorde et sa compassion (8, 1 - 9, 38).
Le présent 2ème grand discours de Jésus (10, 1 - 42), traite de sa propre mission, qu’il confie maintenant aux 12 apôtres qu’il vient de se choisr parmi ses disciples, et au moment où il les envoie accomplir des gestes de miséricorde et proclamer la proximité du Royaume de Dieu, au cours d’une mission locale (10, 1 - 15).
Il leur indique, ensuite, dans l’unité où se trouve notre page (10, 16 - 24 ), comment affronter les persécutions à venir, avant de les inviter à bannir toute peur inapppropriée (10, 25 - 31), de leur rappeler la nécessaire confession publique de son Nom (10, 32 - 39), et de conclure sur le lien profond qui l’unit à tous ses disciples (10, 40 - 42).
2. Message
Les enseignements de ce texte se retrouvent, pour une grande part, dans l’Evangile de Marc, 13, 9 - 23, et sont au moins partiellement répétés par Matthieu en 24, 9 - 14.
Jésus vient tout juste ici de rappeler à ses disciples qu’il leur faut être prudents et avisés, alliant la sincérité au discernement réaliste (verset 16). En effet, les adveraires sont bien là, avec leurs moyens de pression ou de violence : aussi les disciples risquent-ils d’être chassés des synagogues, par des Juifs hostiles à Jésus ou à son Evangile, ou traînés devant des tribunaux (versets 17 - 18), et même poursuivis jusqu’à la mort par leurs plus proches parents (verset 21).
Et tout cela uniquement à cause de Jésus et de la haine qui surgit contre lui (versets18 et 22). C’est la raison pour laquelle la persécution devient le lieu ou l’occasion d’un témoignage, autant face aux Juifs qu’aux païens, qu’il s’agisse, pour ces derniers, des autorités qui siègent au tribunal, ou d’une mission envisagée chez les païens (contrairement à la directive donnée par Jésus, au verset 5, de ne pas aller ni chez les païens, ni chez les Samaritains).
Ce témoignage de résistance, dans la fidélité au nom de Jésus, est déjà, de fait, l’inauguration des derniers temps du “jugement de Dieu”.
Jésus peut alors logiquement préciser que dans ces affrontements et persécutions, les disciples ne seront pas seuls pour présenter leur défense devant les tribunaux : de même que leur mission se faisait dans la force et selon les expressions mêmes de Jésus, leurs réactions de témoins persécutés seront des réactions qui leur seront données sur le champ, car c’est l’Esprit du Père qui parlera en eux avec puissance.
Ainsi leur sera-t-il possible de tenir jusqu’à la fin et d’être sauvés par leur endurance (verset 22).
3. Decouvertes
Au verset 22, la patience qui tient bon jusqu’à la fin dans la persécution est bien une expression importante et centrale de la foi. C’est d’ailleurs ainsi que Jésus lui-même a été victorieux sur sa croix.
4. Prolongement
La mort d’Etienne est un événement remarquable par la manifestation de I’Esprit Saint qui agit et s’y exprime.
Non seulement Etienne confesse en ses paroles que Jésus ressuscité est debout dans la gloire à la droite de Dieu (comme Jésus l’avait annoncé lui-même lors de son procès devant Caïphe : Luc, 22, 69 - 70), mais il transmet également son témoignage dans la façon dont il meurt, en présence de Jésus ressuscité (de la même manière selon laquelle Jésus sur sa croix s’était situé face au Père), en demandant à Jésus de pardonner à ses bourreaux, et en lui remettant son esprit (Actes, 7, 54
-
- Voir Luc, 23, 34 et 46).
Laz Lettre aux Hébreux nous présente Jésus persécuté, “chef de notre foi”, et donc le modèle que nous devons imiter (Hébreux, 12, 1 - 4).
Prière
*Seigneur Jésus, saisis par toi dans la force de ton Esprit Saint, Esprit de Vérité et d’Amour, nous ne nous appartenons plus, et c’est par toi et pour toi, que nous vivons, et devons toujours davantage, vivre désormais : donne-moi de savoir témoigner en toutes circonstances que tu es l’unique Seigneur de tous les vivants, ressuscité d’entre les morts et debout à la droite du Père, apprends-moi chaque jour à t’imiter en toutes mes démarches, en reproduisant vraiment ton image visiblement devant tous mes frères et soeurs, leur annonçant ainsi que tu es l’Emmanuel, “Dieu-avec-nous”, pour tout homme et toute femme de tous les temps. AMEN.
26.12.2003.*