📘 Commentaire biblique de l’abbé Léon Hamain


Première lecture : 1 Jean 2, 12-17

DE LA PREMIERE LETTRE DE JEAN

Texte

12 Je vous écris, petits enfants, parce que vos péchés vous sont pardonnés à cause de son nom.
13 Je vous écris, pères, parce que vous avez connu celui qui est dès le commencement. Je vous écris, jeunes gens, parce que vous avez vaincu le malin. Je vous ai écrit, petits enfants, parce que vous avez connu le Père.
14 Je vous ai écrit, pères, parce que vous avez connu celui qui est dès le commencement. Je vous ai écrit, jeunes gens, parce que vous êtes forts, et que la parole de Dieu demeure en vous, et que vous avez vaincu le malin.
15 N’aimez point le monde, ni les choses qui sont dans le monde. Si quelqu’un aime le monde, l’amour du Père n’est point en lui;
16 car tout ce qui est dans le monde, la convoitise de la chair, la convoitise des yeux, et l’orgueil de la vie, ne vient point du Père, mais vient du monde.
17 Et le monde passe, et sa convoitise aussi; mais celui qui fait la volonté de Dieu demeure éternellement

Commentaire

1. Situation

Parmi les 3 Lettres de Jean, seules la 2ème et la 3ème se disent avoir été écrites par un auteur qui se nomme “l’Ancien”. Cela n’empêche pas que la 2ème Lettre de Jean partage nombre de ses idées et une grande partie de son vocabulaire avec la 1ère Lettre de Jean, qui, elle, ne porte pas dans son texte de nom d’auteur.

Beaucoup, mais pas tous, considèrent que la 1ère lettre de Jean doit être lue à la suite et en complément de l’Evangile de Jean, et doit donc pour cela être considérée comme écrite par le même auteur, que l’on pense être l’Apôtre Jean, qui se déclare, dans l’Evangile, “le disciple que Jésus aimait”.

Indépendamment des obscurités qui demeurent concernant soit l’auteur unique, soit des auteurs multiples de l’Evangile et des 3 Lettres attribuées à Jean, ces 4 documents tirent leur origine d’une même école d’interprétation des paroles et des actions de Jésus, école que l’on nomme volontiers “la communauté du disciples que Jésus aimait”.

Quant aux dates de composition de ces 4 textes, la majorité des spécialistes les situent les uns par rapport aux autres selon un ordre de composition qui correspond à la place qu’ils occupent dans le Nouveau Testament : l’Evangile, puis la 1ère Lettre , puis la 2ème Lettre, et finalement, la 3ème Lettre de Jean.

Autre constatation : dans ces 3 Lettres, surtout dans la 1ère, il est question de divisions dans la communauté, où l’on doit se séparer de ceux qui “nient que Jésus est venu dans la chair”, et sont, pour cette raison, appelés “anti-christs” (1 Jean, 2, 18 - 19 et 4, 2 - 3; 2 Jean, 4, 9).

Si la 2ème et la 3ème Lettre de Jean sont, à l’évidence, des “Lettres” adressées à un ou plusieurs destinataires, la 1ère Lettre ressemble plutôt à une “homélie”, difficile à structurer, mais qui se présente comme porteuse d’une message d’exhortation et d’assurance.

On peut toutefois trouver un “fil directeur” de cette 1ère Lettre en l’unifiant autour du thème de notre “communion avec Dieu”, dont 3 séries de critères nous sont proposés :

  • nous sommes en communion avec Dieu en participant à la lumière de Dieu (dans laquelle il nous faut marcher, libérés du péché, dans l’amour et dans la foi : 1, 5 - 2, 28),
  • nous sommes en communion avec Dieu dans la mesure où nous sommes enfants de Dieu (par la pratique de la justice, en ne péchant pas, puis de la charité, à l’exemple du Fils de Dieu, et du discernement dans la foi : 2, 29 - 4, 6),
  • nous sommes en communion avec Dieu dans la réception de son amour (amour qui vient de Dieu, lui-même défini comme “Amour”, et qui s’enracine dans la foi, laquelle est bien la racine de la charité : 4, 7 - 5, 12)

Le premier thème abordé dans la 1ère Lettre de Jean, suite au Prologue (1, 1 - 4), est donc : “Marcher dans la Lumière” (1, 5 - 2, 28).

Pour être un membre de la communauté “Johannique”, il faut mener une vie en acccord avec ce que Dieu nous révèle de lui-même : il est “Lumière”, il est Fidèle, il est “Vérité”.

Ce 1er thème” de la Lettre se présente d’abord comme une exhortation double : marcher dans la lumière, éviter les ténèbres (1, 5 - 2, 17). Une seconde partie traitera ensuite des antichrists (2, 18 - 29).

La double exhortation mentionnée, concernant la lumière et les ténèbres, nous apprend d’abord que Dieu est Lumière (1, 5), que nous devons être libérés de tout péché (1, 6 - 2, 2), que nous avons à observer le commandement divin de l’amour (2, 3 - 11), que toutes les catégories de personnes sont invitées à vivre de la foi en Jésus Christ (2, 12 - 14), et qu’il nous faut rejeter le monde (2, 15 - 17).

2. Message

Il nous faut donc vivre selon notre foi en Jésus Christ puisque, dès maintenant, les réalités de la vie nouvelle nous ont été acquises par lui, à savoir le pardon des péchés, une authentique connaissance de Jésus et du Père, la puissance de la Parole de Dieu et la victoire sur le Mauvais.

Raison de plus, pour ne plus avoir en rien affaire avec le monde, c’est-à-dire une manière de vivre repliée sur nous-mêmes, dans l’horizon de la seule vie présente, la confiance en nos richesses matérielles aussi bien qu’en nos valeurs proprres, bref, en ne faisant pas le choix de ce qui demeure à jamais, et se fonde sur Dieu, sa volonté et le salut qu’il nous offre, en préférant s’attacher aux choses qui passent, et n’ont donc aucun avenir à long terme.

3. Decouvertes

Cet ensemble de versets représente une sorte “d’interlude” entre ce que l’auteur vient d’affirmer juste auparavant, et ce qu’il va ensuite développer.

Ce passage se divise facilement en deux parties : les versets 12 - 14, d’une part, et les versets 15 - 17, d’autre part. Néanmoins ces deux parties s’appellent l’une l’autre, dans la mesure où la réaffirmation, dans les versets 12 - 14, des valeurs du salut accordées aux croyants ne peut que logiquement renforcer leur choix décisif d’ être séparés du monde, comme l’auteur le demande avec insistance dans les versets 15 - 17.

La variation de temps, entre “je vous écris”, et “je vous ai écrit”, est un stratagème de “style” choisi par l’auteur, pour donner plus de poids à ses affirmations, tout en les situant dans la continuité de la tradition vécue par cette communauté Johannique.

Dans les versets 12 - 14, on ne peut dire exactement si les “petits enfants”, les “pères” et les “jeunes gens” renvoient à trois groupes différents dans la communauté, l’auteur s’adtressant en ce cas à deux catégories (les “pères” et les “jeunes gens”), tout en les regroupant sous le vocable “petits enfants”, ou, au contraire, si l’auteur utilise cette façon de parler pour donner son message à l’ensemble de la communauté, selon trois approches différentes, comme beaucoup tendent à le penser maintenant. En effet, il n’existe pas de hiérarchie dans cette communauté.

Toujours dans ces mêmes versets 12 - 14, “Celui qui est depuis le commencement‘“peut désigner soit Jésus, soit le Père, le “commencemùent” évoqué ici poivant signifier autant l’origne de toutes choses et du monde que le début de la prédication évangélique. A noter que toutes les valeurs du salut, dont la victoire sur le mauvais, entre autres, nous sont fermement présentées comme déjà définitivement acquises, et reçues dans la vie des croyants.

Dans les versets 15 - 17, le “monde” représente tout ce qui s’oppose à Dieu ainsi qu’à ceux qui lui appartiennent (voir 3, 1. 13; 4, 4 - 5; 5, 4 - 5. 14).La triple mention de la convoitise (ou du désir) et de l’orgueil, au verset 16, n’est pas définie avec précision : l’auteur renverrait-il au récit du péché d’Adam et d’Eve du chapitre 3 de ka Genèse ? Il semble bien toutefois, qu’à part quelques exceptions, le terme “désir” ait d’abord pour lui une connotation “négative”, comme il l’a la plupart du temps dans l’ensemble des Livres de la Bible (voir Nombres, 11, 4; Psaume 103, 12; Galates, 5, 16; Ephésiens, 2, 3).

En revanche les temes “chair”, “regard”, “richesses” n’impliquent pas nécessairement un sens mauvais ou négatif pour l’auteur (voir 1, 1 et 4, 2). Mais, ce qui compte d’abord ici pour lui, c’est que ces termes ne soient pas associés à un quelconque accueil de ce qu’il appelle “le monde”.

4. Prolongement

Quelques textes pour prolonger, même s’ils sont écrits dans un contexte situationnel très différent :

Galates 5

5.1C’est pour la liberté que Christ nous a affranchis. Demeurez donc fermes, et ne vous laissez pas mettre de nouveau sous le joug de la servitude.

5.2 Voici, moi Paul, je vous dis que, si vous vous faites circoncire, Christ ne vous servira de rien.

5.3 Et je proteste encore une fois à tout homme qui se fait circoncire, qu’il est tenu de pratiquer la loi tout entière.

5.4 Vous êtes séparés de Christ, vous tous qui cherchez la justification dans la loi; vous êtes déchus de la grâce.

5.5 Pour nous, c’est de la foi que nous attendons, par l’Esprit, l’espérance de la justice.

5.6 Car, en Jésus Christ, ni la circoncision ni l’incirconcision n’a de valeur, mais la foi qui est agissante par la charité.

Colossiens 2

2.13 Vous qui étiez morts par vos offenses et par l’incirconcision de votre chair, il vous a rendus à la vie avec lui, en nous faisant grâce pour toutes nos offenses;

2.14 il a effacé l’acte dont les ordonnances nous condamnaient et qui subsistait contre nous, et il l’a détruit en le clouant à la croix;

2.15 il a dépouillé les dominations et les autorités, et les a livrées publiquement en spectacle, en triomphant d’elles par la croix.

2.16 Que personne donc ne vous juge au sujet du manger ou du boire, ou au sujet d’une fête, d’une nouvelle lune, ou des sabbats:

2.17 c’était l’ombre des choses à venir, mais le corps est en Christ.

2.18 Qu’aucun homme, sous une apparence d’humilité et par un culte des anges, ne vous ravisse à son gré le prix de la course, tandis qu’il s’abandonne à ses visions et qu’il est enflé d’un vain orgueil par ses pensées charnelles,

2.19 sans s’attacher au chef, dont tout le corps, assisté et solidement assemblé par des jointures et des liens, tire l’accroissement que Dieu donne.

2.20 Si vous êtes morts avec Christ aux rudiments du monde, pourquoi, comme si vous viviez dans le monde, vous impose-t-on ces préceptes:

2.21 Ne prends pas! ne goûte pas! ne touche pas!

2.22 préceptes qui tous deviennent pernicieux par l’abus, et qui ne sont fondés que sur les ordonnances et les doctrines des hommes?

2.23 Ils ont, à la vérité, une apparence de sagesse, en ce qu’ils indiquent un culte volontaire, de l’humilité, et le mépris du corps, mais ils sont sans aucun mérite et contribuent à la satisfaction de la chair.

Jean 17

17.9 C’est pour eux que je prie. Je ne prie pas pour le monde, mais pour ceux que tu m’as donnés, parce qu’ils sont à toi; -

17.10 et tout ce qui est à moi est à toi, et ce qui est à toi est à moi; -et je suis glorifié en eux.

17.11 Je ne suis plus dans le monde, et ils sont dans le monde, et je vais à toi. Père saint, garde en ton nom ceux que tu m’as donnés, afin qu’ils soient un comme nous.

17.12 Lorsque j’étais avec eux dans le monde, je les gardais en ton nom. J’ai gardé ceux que tu m’as donnés, et aucun d’eux ne s’est perdu, sinon le fils de perdition, afin que l’Écriture fût accomplie.

17.13 Et maintenant je vais à toi, et je dis ces choses dans le monde, afin qu’ils aient en eux ma joie parfaite.

17.14 Je leur ai donné ta parole; et le monde les a haïs, parce qu’ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde.

17.15 Je ne te prie pas de les ôter du monde, mais de les préserver du mal.

17.16 Ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde.

17.17 Sanctifie-les par ta vérité: ta parole est la vérité.

17.18 Comme tu m’as envoyé dans le monde, je les ai aussi envoyés dans le monde.

17.19 Et je me sanctifie moi-même pour eux, afin qu’eux aussi soient sanctifiés par la vérité.

17.20 Ce n’est pas pour eux seulement que je prie, mais encore pour ceux qui croiront en moi par leur parole,

17.21 afin que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et comme je suis en toi, afin qu’eux aussi soient un en nous, pour que le monde croie que tu m’as envoyé.

Prière

*Seigneur Jésus, le salut que tu nous offres, avec tout ce qu’il nous apporte de création nouvelle, de lumière qui vient de toi, ainsi que de cette dignité de “fils” et “d’héritiers” du Royaume de Dieu, nous avons, non seulement à l’accueillir comme le don gratuit de Dieu, par toi, dans l’Esprit Saint, mais à lui laisser porter en nous tous les fruits de sainteté que tu en attends, ce qui suppose que nous essayions toujours, selon notre foi qui agit dans l’amour, de te suivre d’abord en toutes circonstances, en refusant tout ce qui n’est pas conforme à ta Parole ou à ton attitude de miséricorde qu’il nous revient d’imiter : donne-moi de demeurer fidèle et vrai, dans toutes mes démarches, à ce que tu m’as transmis de cet amour du Père, qui a transformé et renouvelé tous mon existence. AMEN.

30.12.2003.*

Évangile : Luc 2, 36-40

DE L’EVANGILE DE LUC

Texte

36 Il y avait aussi une prophétesse, Anne, fille de Phanouel, de la tribu d’Aser. Elle était fort avancée en âge. Après avoir, depuis sa virginité, vécu sept ans avec son mari,
37 elle était restée veuve ; parvenue à l’âge de quatre-vingt-quatre ans, elle ne quittait pas le Temple, servant Dieu nuit et jour dans le jeûne et la prière.
38 Survenant à cette heure même, elle louait Dieu et parlait de l’enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem.
39 Et quand ils eurent accompli tout ce qui était conforme à la Loi du Seigneur, ils retournèrent en Galilée, à Nazareth, leur ville.
40 Cependant l’enfant grandissait, se fortifiait et se remplissait de sagesse. Et la grâce de Dieu était sur lui.

Commentaire

1. Situation

Luc est l’auteur d’une oeuvre en deux volumes qui se suivent, et sont écrits pour être lus en suivant : l’Evangile, et les Actes des Apôtres. Luc nous est régulièrement présenté comme disciple et accompagnateur de Paul, bien que nous ne trouvions rien dans son oeuvre des grands thèmes théologiques développés dans les Epîtres de Paul.

Luc a écrit ses 2 Livres entre les années 80 et 90 de notre ère, soit plus de 50 ans après la mort de Jésus, 30 ans après les lettres authentiques de Paul, et quelque 20 ans après l’Evangile de Marc. Ce qui ne veut pas dire que les traditions qu’il reprend ne sont pas aussi anciennes que celles de ceux qui ont écrit avant lui. Cela indique toutefois qu’il s’adresse à des communautés chrétiennes déjà différentes, pour leur annoncer la Bonne Nouvelle de Jésus.

Son Evangile se déroule en huit étapes :

  • un Prologue (Luc, 1, 1 - 4) au destinataire de cet Evangile, un certain Théophile, dont nous ne savons rien par ailleurs, Prologue auquel fait écho le Prologue des Actes des Apôtres (Actes, 1, 1 - 5).
  • un résumé de toute la Bonne Nouvelle de Jésus, en qui toutes les promesses de Dieu sont accomplies, autour du thème de son Enfance (Luc, 1, 5 - 2, 52).
  • la préparation de son ministère public (Luc, 3, 1 - 4, 13).
  • le ministère de Jésus en Galilée (Luc, 4, 14 - 9, 50).
  • le voyage de Jésus vers Jérusalem (Luc, 9, 51 - 19, 27).
  • le rejet de Jésus par Jérusalem (Luc, 19, 28 - 21, 38).
  • le dernier repas de Jésus et sa mise au rang des pécheurs dans sa condamnation et son éxécution (Luc, 22, 1 - 23, 56a).
  • la victoire décisive de Jésus, sa promesse de l’Esprit et son ascension (Luc, 23, 56b - 24, 53).

L’Evangile de l’Enfance de Jésus selon Luc, se déroule, sur 2 chapitres, dans la succession d’un certain nombre d’épisodes : annonciation à Zacharie, annonce à Marie, visitation de Marie à Elizabeth, naissance et circoncision de Jean Baptiste, naissance de Jésus, présentation de Jésus au Temple, Jésus perdu et retrouvé dans le Temple à l’âge de 12 ans.

Lu selon la savante “mathématique” de Luc, qui s’inspire du livre de Daniel et de sa prophétie de 70 semaines d’années (Daniel, 9, 21 - 27), dans laquelle intervient “Gabriel” que nous retrouvons dans les 2 annonciations, à Zacharie et à Marie, cet Evangile de l’Enfance nous offre un cheminement qui va durer 490 jours, soit 70 semaines, depuis la scène initale de l’apparition de Gabriel à Zacharie au Temple, jusqu’à la présentation de l’enfant Jésus dans le même Temple (40 jours après sa naissance, qui, elle, a lieu 9 mois après sa conception, laquelle a eu lieu 6 mois après l’annonciation à Zacharie, comme le précise Luc, soit un total de 15 mois de 30 jours + 40 jours), qui représente le sommet de tout cet Evangile de l’Enfance, dans la mesure où Jésus y est proclamé, par le vieillard Syméon, comme l’achèvement de toute l’histoire d’Israël et la Lumière qui éclaire toutes les nations. Scène de la présentation au Temple qui rebondira dans la scène finale, dans laquelle Jésus, après avoir été perdu 3 jours (anticipation de son séjour dans la mort) sera retrouvé, toujours dans le Temple, pour l’entendre proclamer qu’il y est “chez son Père” (anticipation de sa résurrection et de son retour à Dieu).

A noter également que, tout au long de cet Evangile de l’Enfance, les paroles, discours et cantiques tiennent une place prépondérante, car ils nous révèlent, à leur façon, tout le mystère de Jésus Christ.

2. Message

Ce passage constitue la fin du 6ème épisode de l’Evangile de l’Enfance du Christ selon Luc, la présentation de l’enfant Jésus au Temple, épisode où s’accomplit la prophétie de Daniel, 9, 20 - 27, au terme de 70 semaines depuis l’apparition de Gabriel à Zacharie au Temple, et donc sommet de la révélation du mystère de Jésus selon ce processus de cet Evangile de l’Enfance.

En effet, Syméon proclame Jésus “Lumière des nations”, “Gloire du peuple d’Israêl”, “Messie” et “salut de Dieu”, en qui tout est accompli, anticipant ce que va réaliser Jésus en sa mission, mais en annonçant les difficultés qu’il va rencontrer, et la division qu’il va provoquer, par son témoignage d’un Messie différent de celui qu’attendait Israël.

Comme Syméon, Anne est prophétesse, et, dans cette scène, comme dans toutes celles qui l’ont précédée, il leur revient de proclamer, à leur tour (après l’Ange Gabriel, Elizabeth, Zacharie, les Anges de la nuit de Noël, et avant Jésus lui-même, lorsqu’il aura 12 ans), un message sur Jésus, qui leur vient de Dieu, et qu’ils prononcent sous l’influence de l’Esprit Saint.

Anne nous est décrite comme une parfaite Israélite. Son prophétisme se manifeste par l’immédiateté de sa réaction, de sa louange et de sa proclamation, dès qu’elle rencontre Jésus, Marie, et Joseph, dans le Temple.

Son message se livre dans le rapprochement qui nous est fait entre ce qu’elle dit de l’enfant Jésus et la libération de Jérusalem. Cet enfant est donc bien présenté par elle comme le Messie.

Le reste de l’enfance de Jésus nous est résumé en une phrase qui nous mentionne sa croissance, rempli de sagesse, sous la bénédiction de Dieu.

3. Decouvertes

A la fin de l’épisode suivant, le pélerinage de Jésus à Jérusalem à l’âge de 12 ans, mention sera faite de nouveau, et aussi brièvement, de la croissance de Jésus, en présence de Dieu (2, 52 ), et comme cela avait déjà été écrit du jeune Samuel (1 Samuel, 2, 26).

A noter que l’expression du verset 40 : “la faveur de Dieu était sur lui”, va plus loin que ce qui nous est dit de Jean Baptiste en 1, 66 et 80. Jésus est absolument le “Béni de Dieu” par excellence, et la sagesse est le don propre qui lui est accordé.

Au verset 39, il nous est redit que les parents de Jésus ont accompli tout ce que prescrivait la Loi du Seigneur, c’est-à-dire y compris les détails que Luc ne nous a pas précisés, par exemple le paiement de 5 sicles à verser pour le rachat des premiers-nés (Nombres, 18, 15 - 16) pendant le 1er mois qui suit leur naissance. Jésus est bien un jeune Juif, inséré dans une famille croyante, où il puise ses racines humaines, et dans une religion qu’il va transformer radicalement et ouvrir à tous les hommes, pour lesquels il va se révéler être le don unique du salut de Dieu, achevé, en lui et par lui, une fois pour toutes, en cette “fin des temps” qu’il inaugure.

4. Prolongement

Paroles de Jésus, et de Paul, le concernant dans ce qu’il a d’unique :

31 La reine du Midi se lèvera lors du Jugement avec les hommes de cette génération et elle les condamnera, car elle vint des extrémités de la terre pour écouter la sagesse de Salomon, et il y a ici plus que Salomon !

14 Mettez-vous donc bien dans l’esprit que vous n’avez pas à préparer d’avance votre défense :

15 car moi je vous donnerai un langage et une sagesse, à quoi nul de vos adversaires ne pourra résister ni contredire.

22 Alors que les Juifs demandent des signes et que les Grecs sont en quête de sagesse,

23 nous proclamons, nous, un Christ crucifié, scandale pour les Juifs et folie pour les païens,

24 mais pour ceux qui sont appelés, Juifs et Grecs, c’est le Christ, puissance de Dieu et sagesse de Dieu.

25 Car ce qui est folie de Dieu est plus sage que les hommes, et ce qui est faiblesse de Dieu est plus fort que les hommes. …

7 Ce dont nous parlons, au contraire, c’est d’une sagesse de Dieu, mystérieuse, demeurée cachée, celle que, dès avant les siècles, Dieu a par avance destinée pour notre gloire,

8 celle qu’aucun des princes de ce monde n’a connue - s’ils l’avaient connue, en effet, ils n’auraient pas crucifié le Seigneur de la Gloire.

Prière

*SEIGNEUR JESUS, TU ES NOTRE PAIX, NOTRE RECONCILIATION, NOTRE LIBERATION, PAR TA PAROLE, TES GESTES-SIGNES DE MISERICORDE, D’ACCUEIL AINSI QUE DE GUERISON, AUPRES DES EXCLUS, DES SOUFFRANTS, DES PECHEURS, ET LE SALUT QUE TU NOUS PROPOSES SE TROUVE INDISSOCIABLEMENT LIé A CE QUE TU ES AU PLUS PROFOND DE TOI-MÊME : “DIEU-AVEC-NOUS”, “EMMANUEL”, NOUS REVELANT QUE C’EST PAR AMOUR QUE DIEU, TON PERE, QUI LUI-MÊME EST AMOUR, T’A ENVOYE, GRATUITEMENT, DE SA PROPRE INITIATIVE, POUR EFFECTUER NOTRE REDEMPTION, QUI NOUS DONNE DE PARTICIPER A TA DIGNITE DE “FILS” et “D’HERITIER”, EN RECEVANT LA TRANSFIGURATION DE NOTRE EXISTENCE : FAIS QUE JE NE DISSOCIE JAMAIS TA PERSONNE, TON VISAGE ET TA REALITE, DE L’OEUVRE QUE TU AS ACCOMPLIE EN NOUS SAUVANT DE LA MORT ET DU PECHE, DONNE-MOI DE MIEUX COMPRENDRE QUE C’EST A MES FRUITS DE CHARITE ET DE VERITE, QUE JE PUIS ETRE RECONNU POUR TON DISCIPLE, EN REPRODUISANT TON IMAGE. AMEN.

30.12.2002.*


La Bible commentée · Liturgie du jour