📘 Commentaire biblique de l’abbé Léon Hamain


Première lecture : Hébreux 2, 14-18

DE LA LETTRE AUX HEBREUX

Texte

14 Ainsi donc, puisque les enfants participent au sang et à la chair, il y a également participé lui-même, afin que, par la mort, il anéantît celui qui a la puissance de la mort, c’est à dire le diable,
15 et qu’il délivrât tous ceux qui, par crainte de la mort, étaient toute leur vie retenus dans la servitude.
16 Car assurément ce n’est pas à des anges qu’il vient en aide, mais c’est à la postérité d’Abraham.
17 En conséquence, il a dû être rendu semblable en toutes choses à ses frères, afin qu’il fût un souverain sacrificateur miséricordieux et fidèle dans le service de Dieu, pour faire l’expiation des péchés du peuple;
18 car, ayant été tenté lui-même dans ce qu’il a souffert, il peut secourir ceux qui sont tentés.

Commentaire

1. Situation

Parmi les oeuvres attribuées à Paul se trouve ce long traité célébrant la personne et l’oeuvre de Jésus Christ, et encourageant la fidélité à son Alliance. Ce document est un chef d’oeuvre dans le genre des premières homélies chrétiennes.

Cependant, les différences très nettes de style et de théologie entre ce document et les oeuvres de Paul reconnues par tous comme étant de lui, font qu’on ne peut attribuer à Paul cette Lettre aux Hébreux. Son auteur demeure donc pour nous anonyme.

Il est tout aussi difficile de dater exactement cette homélie. Elle est certainement antérieure à la 1ère Lettre de Clément de Rome aux Corinthiens, qui la cite, et qui, elle-même, ne semble pas être postérieure à l’an 110. Ce qui nous laisse, pour la composition de la Lettre aux Hébreux, une plage qui va de 50 à 90 de notre ère chrétienne, avec, peut-être, une préférence pour les années juste avant 70, compte tenu des nombreuses allusions au Temple de Jérusalem qui s’y trouvent, et de la date de destruction du Temple par les armées romaines, en 70.

Il semble assez probable que cette homélie aurait été adressée à des communautés chrétiennes d’Italie (voir Hébreux, 13, 24).

Dans cette homélie se suivent assez régulièrement des exposés doctrinaux et des exhortations. Tout le message en est centré sur le portrait du Christ, cause et source du salut, et modèle de notre conduite (2, 10; 5, 9; 9, 14; 12, 1 - 2). Les exhortations invitent à tenir bon dans la fidélité au message reçu (confession de foi, partenariat avec le Christ, et comportements que cela implique), ainsi qu’à progresser dans l’attachement au Christ, et dans l’endurance face aux défis du monde.

Cette homélie se déploie selon un plan très rigoureux : après un exorde sur la Parole définitive de Dieu en l’envoi de son Fils ( 1, 1 - 4), et avant la conclusion finale (13, 18 - 25), se succèdent 5 grandes parties : 1) Situation du Christ face à Dieu et aux hommes, finalement définie comme celle d’un “Grand Prêtre” (1, 5 - 2, 18), 2) Le Christ est prêtre, en tant qu’accrédité à la fois auprès de Dieu et des hommes (3, 1 - 5, 10), 3) Le Christ, Grand Prêtre des temps nouveaux, et prêtre d’un genre nouveau, donne accès au véritable sanctuaire, en pardonnant les péchés (5, 11 - 10, 39), 4) Ce qui est requis des chrétiens : la foi et l’endurance (11, 1 - 12, 13), 5) Tableau de l’existence chrétienne, présentée comme engagement sur le chemin de la sainteté et de la paix (12, 14 - 13, 17). A noter que chacune de ces parties est annoncée lors de la fin de la précédente : 1, 4; 2, 17; 5, 10; 10, 36 - 39; 11, 12 - 13.


Notre page se situe au terme de la 1ère partie de cette homélie

2. Message

Au terme de cette 1ère partie de la Lettre aux Hébreux, Jésus nous est présenté comme l’unique grand prêtre miséricordieux que Dieu nous a envoyé. Mission rendue possible du fait que Jésus a totalement part à notre humanité, partageant notre condition de chair et de sang.

Complètement solidaire de chacune et chacun d’entre nous, il peut vaincre toutes les forces du mal sur leur propre terrain d’action. Et le don qu’il nous fait de cette victoire absolue et définitive, ainsi que la conviction que nous en avons dans la foi, nous libère de tout ce qui contribue à notre esclavage, y compris la crainte de la mort, cette réalité de notre existence qui est appelée à être transformée en sa résurrection, déjà inaugurée en nous par l’Esprit Saint que nous avons reçu.

Jésus est ainsi le Grand Prêtre parfait, et le seul authentique médiateur, à la fois totalement de notre côté, et totalement du côté de Dieu. Telle est la situation unique de cette mission humaine du Fils-Parole de Dieu, au sommet et à l’heure ultime du dessein de salut de Dieu.

3. Decouvertes

Notons la continuité de l’argumentation de l’auteur de cette homélie, qui, dès son Prologue, soulignait le caractère ultime de l’envoi du Fils aux derniers temps du dessein de Dieu, dont la mission des prophètes de l’Ancien Testament avait jalonné le déroulement, en montrant immédiatement après comment s’était effectuée cette mission du Fils dans sa double dimension d’abaissement et d’humiliation, d’une part, et d’exaltation, d’autre part.

Cette page appartient à un sous-ensemble 2, 10 - 18, dont le titre pourrait être : “solidarité du Christ avec toute l’humanité, sa famille”.

En effet, l’accent central est mis par l’auteur sur la relation entre le but et les moyens du salut que Dieu nous offre : le but est de mener le plus grand nombre possible de ses enfants à partager sa gloire, le moyen est de suivre le chemin ouvert et tracé par le Christ en son attitude d’obéissance jusqu’à la mort sur la croix, dans laquelle il a partagé les souffrances de l’humanité, en devenant ainsi le Grand Prêtre parfait, capable de rendre parfaits tous ceux qui le suivent.

Et cela parce qu’il a vécu une expérience unique de compassion dans sa participation à toutes nos souffrances.

L’insistance demeure constante, ici comme à travers toute cette homélie, sur la participation totale du Christ à notre condition humaine, ce qui implique qu’il ait vécu le “test” d’une expérience complète de notre parcours d’hommes et de femmes de ce monde jusqu’en nos moments d’épreuve et de souffrance.

4. Prolongement

Quelqses textes de Paul et autres : 2 Corinthiens

5.14 Car l’amour de Christ nous presse, parce que nous estimons que, si un seul est mort pour tous, tous donc sont morts;

5.15 et qu’il est mort pour tous, afin que ceux qui vivent ne vivent plus pour eux-mêmes, mais pour celui qui est mort et ressuscité pour eux.

5.16 Ainsi, dès maintenant, nous ne connaissons personne selon la chair; et si nous avons connu Christ selon la chair, maintenant nous ne le connaissons plus de cette manière.

5.17 Si quelqu’un est en Christ, il est une nouvelle créature. Les choses anciennes sont passées; voici, toutes choses sont devenues nouvelles.

5.18 Et tout cela vient de Dieu, qui nous a réconciliés avec lui par Christ, et qui nous a donné le ministère de la réconciliation.

5.19 Car Dieu était en Christ, réconciliant le monde avec lui-même, en n’imputant point aux hommes leurs offenses, et il a mis en nous la parole de la réconciliation.

5.20 Nous faisons donc les fonctions d’ambassadeurs pour Christ, comme si Dieu exhortait par nous; nous vous en supplions au nom de Christ: Soyez réconciliés avec Dieu!

5.21 Celui qui n’a point connu le péché, il l’a fait devenir péché pour nous, afin que nous devenions en lui justice de Dieu.

1 Pierre

2.21 Et c’est à cela que vous avez été appelés, parce que Christ aussi a souffert pour vous, vous laissant un exemple, afin que vous suiviez ses traces,

2.22 Lui qui n’a point commis de péché, Et dans la bouche duquel il ne s’est point trouvé de fraude;

2.23 lui qui, injurié, ne rendait point d’injures, maltraité, ne faisait point de menaces, mais s’en remettait à celui qui juge justement;

2.24 lui qui a porté lui-même nos péchés en son corps sur le bois, afin que morts aux péchés nous vivions pour la justice; lui par les meurtrissures duquel vous avez été guéris. 2.25 Car vous étiez comme des brebis errantes. Mais maintenant vous êtes retournés vers le pasteur et le gardien de vos âmes.

1 Jean

.1 Ce qui était dès le commencement, ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé et que nos mains ont touché, concernant la parole de vie, -

1.2 car la vie a été manifestée, et nous l’avons vue et nous lui rendons témoignage, et nous vous annonçons la vie éternelle, qui était auprès du Père et qui nous a été manifestée, -

1.3 ce que nous avons vu et entendu, nous vous l’annonçons, à vous aussi, afin que vous aussi vous soyez en communion avec nous. Or, notre communion est avec le Père et avec son Fils Jésus Christ.

4.1 Bien-aimés, n’ajoutez pas foi à tout esprit; mais éprouvez les esprits, pour savoir s’ils sont de Dieu, car plusieurs faux prophètes sont venus dans le monde.

4.2 Reconnaissez à ceci l’Esprit de Dieu: tout esprit qui confesse Jésus Christ venu en chair est de Dieu;

4.3 et tout esprit qui ne confesse pas Jésus n’est pas de Dieu, c’est celui de l’antéchrist, dont vous avez appris la venue, et qui maintenant est déjà dans le monde.

Prière

*Seigneur Jésus, que l’Esprit Saint que nous avons reçu de toi m’aide à mieux percevoir à quel point tu as partagé notre condition humaine avec toutes ses limites, en devenant pauvre pour nous pour nous rendre riche de ta pauvreté. AMEN.

12.01.2005.*

Évangile : Marc 1, 29-39

DE L’EVANGILE DE MARC

Texte

29 Et aussitôt, sortant de la synagogue, il vint dans la maison de Simon et d’André, avec Jacques et Jean.
30 Or la belle-mère de Simon était au lit avec la fièvre, et aussitôt ils lui parlent à son sujet.
31 S’approchant, il la fit se lever en la prenant par la main. Et la fièvre la quitta, et elle les servait.
32 Le soir venu, quand fut couché le soleil, on lui apportait tous les malades et les démoniaques,
33 et la ville entière était rassemblée devant la porte.
34 Et il guérit beaucoup de malades atteints de divers maux, et il chassa beaucoup de démons. Et il ne laissait pas parler les démons, parce qu’ils savaient qui il était.
35 Le matin, bien avant le jour, il se leva, sortit et s’en alla dans un lieu désert, et là il priait.
36 Simon et ses compagnons le poursuivirent
37 et, l’ayant trouvé, ils lui disent : ” Tout le monde te cherche. “
38 Il leur dit : ” Allons ailleurs, dans les bourgs voisins, afin que j’y prêche aussi, car c’est pour cela que je suis sorti. “
39 Et il s’en alla à travers toute la Galilée, prêchant dans leurs synagogues et chassant les démons.

Commentaire

1. Situation

L’Evangile de Marc est le plus ancien de nos 4 Evangiles. Un témoignage, datant du début du 2ème siècle, nous apprend que Marc aurait écrit son Evangile en qualité d’interprète de Pierre, avec qui il travaillait (voir 1 Pierre, 5, 13). Même si beaucoup pensent que Pierre n’a pas été l’unique source d’information de Marc, concernant les paroles et gestes de Jésus, l’on s’accorde aujourd’hui que cet Evangile a été écrit depuis Rome, par Marc, vers la fin des années 60, sans doute après la mort de Pierre (située vers 66 - 67).

Cet Evangile, centré sur le Règne de Dieu qui nous vient à travers la mission de Jésus, et que nous avons à accueillir en disciples de Jésus, se déroule en 6 grands épisodes, qui suivent le Prologue (1, 1 - 15). Ce Prologue nous présente la mission de Jean Baptiste, ainsi que le baptême, la tentation de Jésus, et son entrée dans son ministère, pour se conclure avec un résumé très synthétique du message de Jésus : “Les temps sont accomplis, le Règne de Dieu s’est approché. Convertissez-vous, et croyez à la Bonne Nouvelle”. Ainsi se suivent ensuite les 6 grands épisodes : - Jésus se révèle avec autorité en Galilée (1, 16 - 3, 6), - Jésus est rejeté en Galilée (3, 7 - 6, 6a), - Les malentendus entre Jésus et ses disciples, en Galilée et ailleurs (6, 6b - 8, 21), - Jésus instruit ses disciples, alors qu’il monte vers Jérusalem (8, 22 - 10, 52), - Les premiers jours de la semaine, unique et finale, de Jésus à Jérusalem (11, 1 - 13, 37), - Fin de la semaine de Jésus à Jérusalem avec sa passion, sa mort et la découverte du tombeau vide (14, 1 - 16, 20).


Notre passage se situe tout au début de la 1ère étape du ministère de Jésus, qui se déroule en Galilée.

2. Message

Marc nous a d’abord révélé le “suc” du message de Jésus au début de son ministère (1, 14 - 15), puis nous l’a montré appelant ses premiers disciples (1, 16 - 19), avant de nous décrire le programme d’une journée de sabbat à Capharnaüm, que Jésus a commencée à la synagogue (1, 21 - 28), et qui, de fait se prolongera jusqu’au lendement matin, ce jour suivant ayant débuté le soir du Sabbat, dès le coucher du soleil.

En sortant de la synagogue, après la célébration du sabbat, Jésus se rend chez André et Simon, et, à leur demande, guérit la belle-mère de ce dernier, la fait se lever, et la voilà qui, immédiatement, se met à les servir.

Ensuite, quand arrive la fin du sabbat et qu’on entre dans le jour nouveau, le repos du sabbat étant terminé, Jésus se trouve envahi de demandes de guérisons et de purifications de démons, alors qu’on lui amène beaucoup de malades, auxquels il accorde guérison et purification.

Enfin, caractéristique de l’attitude très personnalisée de Jésus, il s’en va, de nuit, dans un lieu désert pour prier, et, lorsqu’on l’y retrouve, à l’aube, après l’avoir cherché, il décide d’aller ailleurs pour annoncer sa Bonne Nouvelle du salut et en réaliser les signes de guérison et de libération. Tout son ministère va se dérouler selon un mode de vie “nomade”. Jésus ne veut pas qu’on le retienne ou qu’on l’accapare en un lieu précis. Il “passe”…

3. Decouvertes

Il semble bien que les 1, 21 - 34, nous décrivent une journée-type du ministère de Jésus. Ce que nous précise le verset 39, qui clôt notre passage de ce jour, qui nous laisse entendre que Jésus répétait ailleurs l’emploi du temps-type de cette première journée.

Selon cet Evangile de Marc, Jésus explique qu’il est “sorti” de Capharnaüm, justement pour aller continuer sa mission ailleurs. Dans le passage parallèle de Luc, 4, 43, Jésus dit nettement que c’est pour aller partout annoncer son Evangile qu’il a été “envoyé” en mission.

Marc présente souvent les maladies comme étant provoquées par l’influence des forces du mal, des “démons”. Cependant, dans la guérison de la belle-mère de Pierre (selon un schéma : demande de guérison, guérison, suite de cette guérison), Jésus continue de manifester son autorité, en rendant la sante (signe du salut qu’il offre et va réaliser), mais sans qu’il y ait “exorcisme” ou chasse d’un démon quelconque.

Dans le “service” que se met à rendre la belle-mère de Pierre, dès que Jésus l’a remise debout, il y a, certes, la constatation-preuve de cette guérison, mais aussi, probablement, l’annonce que le “service des frères” est ce à quoi tout croyant et disciple de Jésus est appelé.

Dans l’interdiction que Jésus fait, aux démons qu’il expulse, de ne pas révéler son identité, nous assistons à la première manifestation du “secret messianique” qu’impose sans cesse Jésus, et qui est une constante de sa position dans l’Evangile de Marc, où l’identité de Jésus ne sera “reconnue” par un homme qu’au moment où il mourra sur sa croix (15, 39).

4. Prolongement

Jésus “passe” dans la vie des hommes, en leur communiquant sa Bonne Nouvelle du Règne de Dieu qui nous rejoint, et en accomplissant des gestes de miséricorde, qui sont, en même temps, des signes du salut qu’il propose et réalise.

Jésus continue de “passer ” dans nos existences quotidiennes, par la Bonne Nouvelle le concernant, que nous ont transmise ses premiers disciples, et qui se trouve dans le message biblique de notre Nouveau Testament, et c’est à travers nos gestes de miséricorde, de pardon, et de partage avec nos frères et nos soeurs, dans la charité, que sont désormais visibles pour nous les “signes” de son salut, et de l’inauguration, en nos vies, du Règne définitif de Dieu, qu’il est venu instaurer.

C’est bien ainsi que les deux disciples d’Emmaüs avaient “perçu” l’action et le passage de Jésus, avant même qu’ils le “reconnaissent” comme le Ressuscité, à la fraction du pain :

19 ” Quoi donc ? ” leur dit-il. Ils lui dirent : “Ce qui concerne Jésus le Nazarénien, qui s’est montré un prophète puissant en œuvres et en paroles devant Dieu et devant tout le peuple”

Prière

*SEIGNEUR JESUS, EN LISANT LES RECITS EVANGELIQUES DE TON EXISTENCE HUMAINE ET DE TA MISSION, NOUS TE VOYONS A L’OEUVRE, DANS TON SERVICE DE LA PAROLE DE DIEU, QUE TU ES EN PLENITUDE, ET QUE TU REVELES ET PARTAGES SANS CESSE TOUT AUTOUR DE TOI, AINSI QUE DANS TOUS TES GESTES DE GUERISON ET DE LIBERATION DE TOUTES LES FORCES DU MAL, CES GESTES QUI SONT AUTANT DE “SIGNES” CONCRETS DE LA MISERICORDE DE DIEU QUI, EN TOI ET PAR TOI, NOUS SAUVE, NOUS MET DEBOUT, ET NOUS RENOUVELLE INTEGRALEMENT POUR NOUS ASSOCIER A SA VIE, DANS SON ROYAUME, EN FAISANT DE NOUS SES FILS ET SES ENFANTS : AIDE-MOI A MIEUX PERCEVOIR, DANS TOUTES TES ATTITUDES ET TOUS TES COMPORTEMENTS D’HOMME PARMI LES HOMMES ET LES FEMMES DE CE MONDE, LA MANIERE DONT DIEU NOUS PREND CHARGE, NOUS PARDONNE, NOUS BENIT, NOUS TRAITE COMME SES ENFANTS BIEN-AIMES, ET NOUS INVITE A AGIR, COMME TOI ET COMME LUI, DANS NOS RELATIONS FRATERNELLES. AMEN.

15.01.2003.*


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