📘 Commentaire biblique de l’abbé Léon Hamain


Première lecture : 1 Samuel 9, 1 – 10, 1

DU 1er LIVRE DE SAMUEL

Texte

1 Il y avait un homme de Benjamin, nommé Kis, fils d’Abiel, fils de Tseror, fils de Becorath, fils d’Aphiach, fils d’un Benjamite. C’était un homme fort et vaillant.
2 Il avait un fils du nom de Saül, jeune et beau, plus beau qu’aucun des enfants d’Israël, et les dépassant tous de la tête.
3 Les ânesses de Kis, père de Saül, s’égarèrent; et Kis dit à Saül, son fils: Prends avec toi l’un des serviteurs, lève-toi, va, et cherche les ânesses.
4 Il passa par la montagne d’Éphraïm et traversa le pays de Schalischa, sans les trouver; ils passèrent par le pays de Schaalim, et elles n’y étaient pas; ils parcoururent le pays de Benjamin, et ils ne les trouvèrent pas.
5 Ils étaient arrivés dans le pays de Tsuph, lorsque Saül dit à son serviteur qui l’accompagnait: Viens, retournons, de peur que mon père, oubliant les ânesses, ne soit en peine de nous.
6 Le serviteur lui dit: Voici, il y a dans cette ville un homme de Dieu, et c’est un homme considéré; tout ce qu’il dit ne manque pas d’arriver. Allons y donc; peut-être nous fera-t-il connaître le chemin que nous devons prendre.
7 Saül dit à son serviteur: Mais si nous y allons, que porterons-nous à l’homme de Dieu? Car il n’y a plus de provisions dans nos sacs, et nous n’avons aucun présent à offrir à l’homme de Dieu. Qu’est-ce que nous avons?
8 Le serviteur reprit la parole, et dit à Saül: Voici, j’ai sur moi le quart d’un sicle d’argent; je le donnerai à l’homme de Dieu, et il nous indiquera notre chemin.
9 Autrefois en Israël, quand on allait consulter Dieu, on disait: Venez, et allons au voyant! Car celui qu’on appelle aujourd’hui le prophète s’appelait autrefois le voyant. -
10 Saül dit à son serviteur: Tu as raison: viens, allons! Et ils se rendirent à la ville où était l’homme de Dieu.
11 Comme ils montaient à la ville, ils rencontrèrent des jeunes filles sorties pour puiser de l’eau, et ils leur dirent: Le voyant est-il ici?
12 Elles leur répondirent en disant: Oui, il est devant toi; mais va promptement, car aujourd’hui il est venu à la ville parce qu’il y a un sacrifice pour le peuple sur le haut lieu.
13 Quand vous serez entrés dans la ville, vous le trouverez avant qu’il monte au haut lieu pour manger; car le peuple ne mangera point qu’il ne soit arrivé, parce qu’il doit bénir le sacrifice; après quoi, les conviés mangeront. Montez donc, car maintenant vous le trouverez.
14 Et ils montèrent à la ville. Ils étaient arrivés au milieu de la ville, quand ils furent rencontrés par Samuel qui sortait pour monter au haut lieu.
15 Or, un jour avant l’arrivée de Saül, l’Éternel avait averti Samuel, en disant:
16 Demain, à cette heure, je t’enverrai un homme du pays de Benjamin, et tu l’oindras pour chef de mon peuple d’Israël. Il sauvera mon peuple de la main des Philistins; car j’ai regardé mon peuple, parce que son cri est venu jusqu’à moi.
17 Lorsque Samuel eut aperçu Saül, l’Éternel lui dit: Voici l’homme dont je t’ai parlé; c’est lui qui régnera sur mon peuple.
18 Saül s’approcha de Samuel au milieu de la porte, et dit: Indique-moi, je te prie, où est la maison du voyant.
19 Samuel répondit à Saül: C’est moi qui suis le voyant. Monte devant moi au haut lieu, et vous mangerez aujourd’hui avec moi. Je te laisserai partir demain, et je te dirai tout ce qui se passe dans ton coeur.
20 Ne t’inquiètes pas des ânesses que tu as perdues il y a trois jours, car elles sont retrouvées. Et pour qui est réservé tout ce qu’il y a de précieux en Israël? N’est-ce pas pour toi et pour toute la maison de ton père?
21 Saül répondit: Ne suis-je pas Benjamite, de l’une des plus petites tribus d’Israël? et ma famille n’est-elle pas la moindre de toutes les familles de la tribu de Benjamin? Pourquoi donc me parles-tu de la sorte?
22 Samuel prit Saül et son serviteur, les fit entrer dans la salle, et leur donna une place à la tête des conviés, qui étaient environ trente hommes.
23 Samuel dit au cuisinier: Sers la portion que je t’ai donnée, en te disant: Mets-la à part.
24 Le cuisinier donna l’épaule et ce qui l’entoure, et il la servit à Saül. Et Samuel dit: Voici ce qui a été réservé; mets-le devant toi, et mange, car on l’a gardé pour toi lorsque j’ai convié le peuple. Ainsi Saül mangea avec Samuel ce jour-là.
25 Ils descendirent du haut lieu à la ville, et Samuel s’entretint avec Saül sur le toit.
26 Puis ils se levèrent de bon matin; et, dès l’aurore, Samuel appela Saül sur le toit, et dit: Viens, et je te laisserai partir. Saül se leva, et ils sortirent tous deux, lui et Samuel.
27 Quand ils furent descendus à l’extrémité de la ville, Samuel dit à Saül: Dis à ton serviteur de passer devant nous. Et le serviteur passa devant. Arrête-toi maintenant, reprit Samuel, et je te ferai entendre la parole de Dieu.
1 Samuel prit une fiole d’huile, qu’il répandit sur la tête de Saül. Il le baisa, et dit: L’Éternel ne t’a-t-il pas oint pour que tu sois le chef de son héritage?

Commentaire

1. Situation

Les 2 Livres de Samuel s’occupent de la période durant laquelle deux événements importants se déroulent en Israël : l’un est l’apparition du prophétisme avec l’émergence de Samuel comme prophète pour tout le peuple d’Israël, l’autre est l’institution de la royauté.

Ainsi le 1er Livre commence immédiatement avec l’entrée en scène de Samuel, et le 2nd se termine juste à la veille du tansfert de la royauté de David à son fils Salomon, dans le cadre d’une succession dynastique.

Ce qui est en jeu dans ces 2 Livres, c’est, d’une part, la survivance et la stabilité d’Israël en tant que peuple unifié et nation, et, d’autre part, la continuité de la compréhension que ce peuple a de lui-même comme “peuple de Dieu”, porteur de la promesse de Dieu à Abraham et de l’Alliance conclue à l’époque de Moïse.

Ces Livres traitent successivement :

  • du changement qui se produit en Israël, lié à l’apparition de Samuel et au rôle que l’on veut faire jouer à l’Arche d’alliance (1 Samuel, 1, 1 - 7, 17),
  • de l’avènement de la royauté avec le choix de Saül (I Samuel, 8, 1 - 12, 25),
  • de la lente stabilisation de la royauté avec la décadence de Saül et la montée de David (1 Samuel,13, 1 - 2 Samuel, 5, 10),
  • de la centralisation du royaume sur Jérusalem (2 Samuel, 5, 11 - 12, 31),
  • des essais infructueux pour renverser David (2 Samuel, 13, 1 - 20, 25),
  • de la préparation par David de sa succession (2 Samuel, 21, 1 - 24, 25).

Une nouvelle époque commence réellement en Israël avec cette 2ème partie des Livres de Samuel (1 Samuel, 8, 1 - 12, 25), qui s’ouvre avec notre page et nous conduit jusqu’à une installation apparemment ferme de Saül, au terme de tout un cheminement.

Samuel, dont nous avons assité à l’émergence dans la 1ère partie, dans laquelle nous a été relatée également la situation catastrophique vécue à cette époque avec la mort des fils d’Eli et la capture de l’Arche de l’Alliance, Samuel est maintenant devenu vieux, et il a essayé de pourvoir à sa succession en établissant ses 2 fils comme ” Juges”.

Cependant, ses fils ne marchent pas selon les voies de leur père, et ne se comportent pas avec rectitude devant le Seigneur et le peuple. D’où la demande des anciens d’Israël qu’un roi leur soit donné comme cela se passe pour toutes les nations.

Preuve est ainsi faite, en même temps, par cette démarche, que Samuel a réussi à réunifier Israël, qui se perçoit tout entier comme une “nation”. Sur l’intervention du Seigneur, Samuel va donc donner un roi à son peuple, mais ce sera avec l’aide et l’intervention de Dieu, qui, bien que se disant rejeté en quelque sorte par cette demande du peuple, n’en continue pas moins de le diriger par l’intermédiaire de son prophète.

2. Message

Saül fait une appartîtion soudaine dans ce récit, où il nous est présenté comme le fils d’un riche propriétaire, beau jeune homme qui se trouve envoyé à la recherche de Samuel décrit comme un “voyant”, dans le but de retrouver les ânesses de son père qui étaient perdues et qu’il cherchait en vain dans toute la région (9, 1 - 15).

Cependant Samuel avait été informé par le Seigneur qu’il lui enverrait un homme qu’il devrait oindre comme prince dans la maison d’Israël, et lorsque Saül se présente à lui, le Seigneur lui confirme qu’il est bien celui qu’il a choisi pour régner sur son peuple Israël. Samuel honore donc immédiatement Saül et lui fixe un deuxième rendez-vous pour le lendemain. De son côté, Saül, surpris par cet accueil inattendu, ne peut que déclarer qu’il est de la plus petite des familles de la plus petite tribu d’Israël (9, 16 - 25). Les procédés et les choix du Seigneur sont souvent, sinon toujours, à l’inverse de nos promotions humaines.

Pour conclure cet épisode, Samuel confère l’onction royale à Saül et lui définit sa mission, avant de lui annoncer les différentes péripéties qui marqueront son retour chez les siens, dont, en particulier, qu’il sera saisi par l’Esprit du Seigneur et se joindra à un groupe d’enthousiastes (9, 26 - 10, 16).

3. Decouvertes

Ce récit a toutes les caractéristiques d’un conte populaire nous racontant l’aventure d’un beau jeune homme qui s’en va à la recherche d’ânesses perdues pour s’en revenir avec une onction royale.

Il se peut qu’à l’origine, dans sa formulation la plus ancienne, ce récit relatait la visite de Saül à un voyant anonyme, avant d’être incorporé dans la tradition de la désignation du premier roi d’Israël par Samuel, selon l’intervention divine. En effet, si le 1er Livre de Samuel nous montre et nous dit que Samuel était connu dans tout le pays, pourquoi nous parler ici d’un “voyant” anonyme ?

Dieu nous est présenté ici comme celui qui agit à travers des événements imprévus et inattendus. C’est donc lui qui “mène le jeu” et se choisit en Saül un prince pour régner sur son peuple.

Notons que Saül est défini dans ce texte comme devenant “prince” et non pas “roi” au sens propre du terme. De leur côté, les mots employés ne nous renvoient pas à un vocabulaire royal. Il n’en demeure pas moins que le Seigneur l’appelle pour gouverner, et régner sur son peuple.

4. Prolongement

Dieu, et comme lui son Fils Jésus, appellent qui ils veulent et de la façon dont ils veulent : pensons à l’appel des pemiers disciples ou de Matthieu-Lévi par Jésus, rappelons-nous Paul terrassé sur la route qui mène de Jérusalem à Damas (Actes, 9).

Dans la Lettre dite de Paul aux Ephésiens, il nous est écrit qu’il “nous a mis à part, dès avant la création du monde, pour que nous devenions ses fils adoptifs” (Ephésiens, 1, 3 -10). Chaque coyant se trouve également “appelé” par le Seigneur dans le choix d’un état de vie “pour le Seigneur”, qu’il s’agisse du mariage comme “symbole” de l’Alliance de Dieu et de son peuple, ou de la vie religieuse comme anticipation “symbolique et prophétique” de la fin des temps et du rassemblement de tous et de toutes en Dieu par le Christ, dans l’Esprit.

De même, Dieu continue de nous appeler au gré des événements que nous rencontrons et dans lesquels il nous accompagne pour que nous les vivions pour sa gloire.

Et il s’agit, pour tous, chaque fois, de lui répondre “présent”, car dans notre foi en lui, nous nous remettons entièrement à lui, pour qu’il conduise notre existence selon son projet missionnaire de salut de tous.

Prière

*Seigneur Jésus, apprends-moi à discerner tes multiples appels, et rends-moi capable, par ton Esprit Saint, de te répondre chaque fois : “Tu m’as appelé, me voici. Parle, Seigneur, ton serviteur écoute”. AMEN.

17.01.2004.*

Évangile : Marc 2, 13-17

DE L’EVANGILE DE MARC

Texte

13 Jésus sortit de nouveau du côté de la mer. Toute la foule venait à lui, et il les enseignait.
14 En passant, il vit Lévi, fils d’Alphée, assis au bureau des péages. Il lui dit: Suis-moi. Lévi se leva, et le suivit.
15 Comme Jésus était à table dans la maison de Lévi, beaucoup de publicains et de gens de mauvaise vie se mirent aussi à table avec lui et avec ses disciples; car ils étaient nombreux, et l’avaient suivi.
16 Les scribes et les pharisiens, le voyant manger avec les publicains et les gens de mauvaise vie, dirent à ses disciples: Pourquoi mange-t-il et boit-il avec les publicains et les gens de mauvaise vie?
17 Ce que Jésus ayant entendu, il leur dit: Ce ne sont pas ceux qui se portent bien qui ont besoin de médecin, mais les malades. Je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs.

Commentaire

1. Situation

L’Evangile de Marc est le plus ancien de nos 4 Evangiles. Un témoignage, datant du début du 2ème siècle, nous apprend que Marc aurait écrit son Evangile en qualité d’interprète de Pierre, avec qui il travaillait (voir 1 Pierre, 5, 13). Même si beaucoup pensent que Pierre n’a pas été l’unique source d’information de Marc, concernant les paroles et gestes de Jésus, l’on s’accorde aujourd’hui que cet Evangile a été écrit depuis Rome, par Marc, vers la fin des années 60, sans doute après la mort de Pierre (située vers 66 - 67).

Cet Evangile, centré sur le Règne de Dieu qui nous vient à travers la mission de Jésus, et que nous avons à accueillir en disciples de Jésus, se déroule en 6 grands épisodes, qui suivent le Prologue (1, 1 - 15). Ce Prologue nous présente la mission de Jean Baptiste, ainsi que le baptême, la tentation de Jésus, et son entrée dans son ministère, pour se conclure avec un résumé très synthétique du message de Jésus : “Les temps sont accomplis, le Règne de Dieu s’est approché. Convertissez-vous, et croyez à la Bonne Nouvelle”. Ainsi se suivent ensuite les 6 grands épisodes : - Jésus se révèle avec autorité en Galilée (1, 16 - 3, 6), - Jésus est rejeté en Galilée (3, 7 - 6, 6a), - Les malentendus entre Jésus et ses disciples, en Galilée et ailleurs (6, 6b - 8, 21), - Jésus instruit ses disciples, alors qu’il monte vers Jérusalem (8, 22 - 10, 52), - Les premiers jours de la semaine, unique et finale, de Jésus à Jérusalem (11, 1 - 13, 37), - Fin de la semaine de Jésus à Jérusalem avec sa passion, sa mort et la découverte du tombeau vide (14, 1 - 16, 20).


Dans le 3ème temps de la révélation de Jésus manifestant son autorité en Galilée, premier grand épisode de l’Evangile de Marc (1, 16 - 3, 6), suite à l’appel des 4 premiers disciples, et aux 5 événements de Capharnaüm, regroupés en presque une journée, nous retrouvons Jésus déjà engagé dans une série de 5 conflits ou controverses (2, 1 - 3, 6).

La première de ces 5 controverses portait sur son affirmation que le Fils de l’homme a sur terre le pouvoir de remettre les péchés, associée à la guérison d’un paralytique (2, 1 - 12).

Avec notre page, nous entrons dans un 2ème conflit que va rencontrer Jésus, lié à son appel du publicain Lévi (2, 13

  • 17), et, ensuite, au fait que les disciples de Jésus ne jeûnent pas.

2. Message

Jésus s’en va vers le rivage de la mer de Galilée, et une foule qui vient à lui, et, en passant, comme allant de soi, il appelle à le suivre un publicain, du nom de Lévi, occupé à son bureau de collecteur d’impôts pour l’occupant Romain ou le roi vassal de Rome qui gouvernait la Galilée.

Ce qui nous surprend, à première vue, c’est que cet homme, exclu quasiment de la société, répond immédiatement à l’invitation de Jésus et se met aussitôt à le suivre, aussi rapidement que les 4 premiers disciples.

Mais le fait est là : ce pécheur public, cet homme peu fréquentable devient disciple de Jésus et le suit avec autant de disponibilité et d’enthousiasme que les autres.

La fin de notre texte nous fait rejoindre Jésus partageant le repas avec Lévi et ses amis publicains, de manière très ouverte, et au vu de tous, y compris de quelques scribes et Pharisiens, qui, sur le champ, contestent que Jésus puisse manger ainsi avec des publicains et des pécheurs.

Et telle est bien la 2ème controverse à laquelle Jésus est confronté. En fait, cette contestation publique donne à Jésus l’occasion de préciser le sens de sa mission pour établir le Royaume de Dieu : il est venu appeler, non pas les justes, mais les pécheurs qui ont besoin d’être sauvés par lui.

Cependant, en qualifiant ainsi, au moins indirectement, de “justes” les scribes et les Pharisiens, Jésus fait preuve d’ironie. En effet, qui sont pour lui les véritables pécheurs, sinon ces scribes et ces Pharisiens qui se ferment systématiquemt à tout ce que fait et dit Jésus, et qui n’attribuent pas à Dieu l’origine de leur “justice” ?

En revanche, les pauvres, les exclus, les pécheurs publics, ceux qui sont en “manque” de prise en charge par un Sauveur, ceux-Ià , nous le savons par le reste de l’Evangile et tout l’ensemble du Nouveau Testament, ce sont bien eux que la grâce gratuite de Dieu, offerte par Jésus, rend justes.

3. Decouvertes

Au verset 13, Jésus procède exactement de la même façon pour appeler Lévi, qu’il l’avait fait pour a appeler Simon, André, Jacques et Jean : il passe, et il appelle à le suivre.

Au verset 14, le parallélisme de l’appel de Lévi avec celui des 4 premiers disciples en 1, 16 - 20, suggère que Lévi était l’un des Douze. Mais personne de ce nom se se trouve dans la liste des Douze de 3, 18 - 19.

Certains manuscrits ont remplacé Lévi par Jacques fils d’Alphée. L’Evangile de Matthieu, en 9, 9, nous apprend que le nom de ce collecteur d’impôts, appelé par Jésus, est Matthieu. Et Marc, dans sa liste des Douze, inclut Matthieu (3, 18).

Lévi devait être un collecteur d’impôts pour le roi Hérode Antipas. Les publicains étaient à la fois soupçonnés de malversations financières, et de manque de loyauté pour la cause d’lsraêl. Il étaient donc assimilés aux pécheurs publics qui n’observent pas la Loi (Matthieu, 11, 9 et 18, 17). Mais cette qualification était, semble-t-il, plus sociale que morale.

Au verset 16, les scribes avaient un métier d’écrivains et d’interprètes de la Loi, les pharisiens appartenaient à une fraternité d’hommes pieux, ce qui les amenait à se “séparer” des autres, qu’ils jugeaient volontiers “impurs”. Beaucoup de scribes étaient Pharisiens.

4. Prolongement

Peu de temps après la résurrection de Jésus et les débuts de l’Eglise, une fois l’Evangile annoncé aux païens de manière officielle, des problèmes de “communauté de table” ont surgi entre des chrétiens d’origine Juive et des chrétiens d’origine païenne.

Relire ce qu’en pense Paul en Galates, 2, 2 - 15.

Jésus annonce déjà ainsi le Royaume de Dieu comme ouvert à tous les hommes et à toutes les femmes de toutes races, peuples et nations.

Prière

*Seigneur Jésus, tu es venu pour que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la Vérité, et ce salut que tu nous proposes est pure grâce gratuite de Dieu, acquise et communiquée en ta mission, ta mort-résurrection et le don de l’Esprit Saint : fais que jamais je me prétende “juste” face à mes frères et soeurs, que je serais tenté de proclamer “pécheurs” au vu de leur comportement extérieur, me permettant de juger leur coeur que Dieu seul sonde et connaît. AMEN.

17.01.2004.*


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