📘 Commentaire biblique de l’abbé Léon Hamain
Première lecture : 1 Rois 17, 1-6
DU 1er LIVRE DES ROIS
Texte
1 Elie le Tishbite, de Tishbé en Galaad, dit à Achab: “Par Yahvé vivant, le Dieu d’Israël que je sers, il n’y aura ces années-ci ni rosée ni pluie sauf à mon commandement.”
2 La parole de Yahvé lui fut adressée en ces termes:
3 “Va-t’en d’ici, dirige-toi vers l’orient et cache-toi au torrent de Kerit, qui est à l’est du Jourdain.
4 Tu boiras au torrent et j’ordonne aux corbeaux de te donner à manger là-bas.”
5 Il partit donc et il fit comme Yahvé avait dit et alla s’établir au torrent de Kerit, à l’est du Jourdain.
6 Les corbeaux lui apportaient du pain le matin et de la viande le soir, et il buvait au torrent.
Commentaire
1. Situation
Les 2 Livres des Rois nous relatent l’histoire des royaumes d’Israël et de Juda depuis Salomon jusqu’à l’exil à Babylone, c’est-à-dire depuis le milieu du 10ème siècle jusqu’au milieu du 6ème siècle. Intervalle qui correspond exactement à la période durant laquelle Israël et Juda ont été vraiment, l’un et l’autre, un Etat, au sens politique du terme, et non pas seulement le “Peuple de Dieu”, qui a existé comme tel bien avant l’avènement de David qui l’avait ainsi unifié, ainsi que bien après l’exil, qui a marqué la fin de son indépendance politique. Intervalle qui est également celui d’un déclin régulier, à travers une marche historique faite de lumières et d’ombres.
Dans ces Livres des Rois, chacun des rois nous est présenté selon un schéma identique : date et âge d’avènement, longueur du règne, nom de la reine-mère (pour les rois de Juda), appréciation de son attitude face au Dieu d’Israêl. Le récit concernant chacun d’eux se conclut également de la même façon : indication de la source de renseignements utilisée concernant ce roi, mention de sa mort et de sa sépulture, nom et prise de pouvoir de son successeur.
Le thème fondamental de ces livres des Rois est que le Temple de Yahvé-Dieu à Jérusalem est le seul endroit où l’on peut légitimement adorer Dieu. Israël, le royaume du Nord, suite à la division du royaume unfié, après la mort de Salomon, a donc construit des sanctuaires schismatiques, soumis aux influences païennes.
Tous les rois d’Israêl et de Juda ne sont finalement appréciés que selon le critère du 1er commandement donné à Moïse, et concernant le culte exclusif à rendre à Yahvé, le seul et unique Dieu.
Vu l’importance de la réforme religieuse du roi Josias en 622, selon les données du Livre du Deutéronome au chapitre 12 (2 Rois, 22), on estime que toute l’histoire des rois a été ainsi relue et composée après ce règne et cette réforme de Josias.
Que ces 2 Livres des Rois aient été écrits avant ou pendant l’exil Babylonien, il n’en reste pas moins que le, ou les, auteur(s) de ces livres est, ou sont, marqué(s) par le Deutéronome ou la pensée Deutéronomiste, telle qu’elle est résumée en Deutéronome, 6,4. Leur but est de montrer à quel point l’histoire d’Israël et de Juda est à interpréter selon la relation au Dieu de l’Alliance, et comment, perçue ainsi, on la découvre conduite par Yahvé-Dieu.
Ces 2 Livres des Rois sont à aborder comme une seule oeuvre nous transmettant en 3 parties : - l’histoire du règne de Salomon (1 Rois, 1 - 11), - l’histoire synchronique des 2 royaumes du Nord (Israël) et du Sud (Juda), jusqu’à la ruine du Royaume du Nord (1 Rois, 12, 1 - 2 Rois, 17, 41), - la fin de l’histoire du royaume de Juda jusqu’à l’exil Babylonien ( 2 Rois, 18, 1 - 25, 30).
2. Message
Le prophète Elie surgit comme un ouragan dans l’histoire d’Israël et vient, contre son roi païen, réaffirmer avec une force quasi insurpassable que Yahvé Dieu est le seul Dieu de son peuple Israël.
Elie agit donc immédiatement en proclamant une Parole qui a l’efficacité et la puissance de la Parole de Dieu, effectuant quasi sur le champ ce qu’il proclame : puisque Yahvé est le seul Dieu en Israël, il peut décider de la sécheresse et de la pluie par la déclaration de son prophète.
Puisque le Seigneur est avec lui et donc l’envoie en mission, Elie est pris en charge par Dieu pour sa nourriture et sa boisson en ce temps de sècheresse et de famine qui vient d’être décidé.
3. Decouvertes
Le “Cycle d’Elie” couvre les chapitres 17, 18 et 19, du 1er Livre des Rois.
Successeur de son Père Omri qui a fondé la première dynastie de longue durée dans le Royaume d’Israël du Nord, Achab et son épouse Philistine Jézabel, de par leur établissement de temples et de cultes en l’honneur de divinités païennes, encourent le blâme le plus fort des rédacteurs de ces livres des Rois.
C’est alors que surgit Elie de façon tout-à-fait soudaine. Son Nom signifie “Mon Dieu, c’est Yahvé”. Et il prend donc immédiatement position, avec la Parole de Dieu, pour se constituer adversaire farouche d’Achab face à la politique de ce dernier qui visait à “syncrétiser” le culte de Yahvé, le Dieu unique d’Israël et le culte rendu à Baal.
En annonçant une période de famine et de sécheresse, le prophète lance une véritable déclaration de guerre contre le dieu Baal qui était honoré comme la divinité de la fertilité et de la pluie.
Lorsqu’après lui avoir fait annoncer la sécheresse, Dieu fournit à Elie une nourriture miraculeuse, il répète pour lui ce qu’il avait réalisé au profit de tout son peuple d’Israël, au désert de l’Exode, au temps de Moïse (Exode, 16, 8. 12).
4. Prolongement
Le Nouveau Testament présentera soit Jean Baptiste, soit Jésus lui-même comme des prophètes qui marchent avec la puissance d’Elie ou sont une sorte de “Nouvel Elie”, surtout dans le cas de Jésus. Elie reste ainsi la symbole de l’efficacité prophétique, c’est—à-dire de la puissance de la Parole de Dieu, proclamée et agissant d’elle-même en quelque sorte, comme cela est dit dans les reprises bibliques de la création par Dieu au chapitre 1er de la Genèse : “il parle et ce qu’il dit est fait”.
Jésus, identifié par l’Evangéliste Jean comme étant la Parole de Dieu faite homme, sera la Révélation parfaite et définitive de cette Parole de Dieu, et celui qui accomplit en plénitude la mission d’Elie, dans l’unité avec l’Esprit de Dieu, qui reposera sur lui, dès son baptême par Jean le Baptiste, cet Esprit de Dieu qui planait déjà sur les eaux lors de la création initiale (Genèse, 1, 1 - 3).
Prière
*Seigneur Jésus, en ta mort-résurrection et l’envoi de l’Esprit Saint, tu fais de nous une “création nouvelle”, témoin de la disparition d’un monde ancien : que par la puissance de ta résurrection inaugurée en nous, nous soyons transformés et devenions chaque jour davantage semence de renouveau pour tout l’univers qui a été saisi dans la puissance de ton salut et de ton accomplissement du plan de Dieu, dont la création du ciel et de la terre constituaient le premier acte. AMEN.
07.06.2004.*
Évangile : Matthieu 5, 1-12
DE L’EVANGILE DE MATTHIEU
Texte
1 Voyant les foules, il gravit la montagne, et quand il fut assis, ses disciples s’approchèrent de lui.
2 Et prenant la parole, il les enseignait en disant :
3 ” Heureux ceux qui ont une âme de pauvre, car le Royaume des Cieux est à eux.
4 Heureux les affligés, car ils seront consolés.
5 Heureux les doux, car ils posséderont la terre.
6 Heureux les affamés et assoiffés de la justice, car ils seront rassasiés.
7 Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde.
8 Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu.
9 Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu.
10 Heureux les persécutés pour la justice, car le Royaume des Cieux est à eux.
11 Heureux êtes-vous quand on vous insultera, qu’on vous persécutera, et qu’on dira faussement contre vous toute sorte d’infamie à cause de moi.
12 Soyez dans la joie et l’allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux…
Commentaire
1. Situation
Cet Evangile, qui porte le nom de Matthieu, trouve peut-être sa première source dans une collection de paroles de Jésus, écrites en Araméen et attribuées à l’apôtre Matthieu, par un Père de l’Eglise, Papias d’Alexandrie, vers 125.
Cet Evangile, qui reprend beaucoup de passages de l’Evangile de Marc (qui avait été écrit vers 65), mais en y ajoutant des éléments qu’il partage en grande partie avec Luc, a été très probablement rédigé entre les années 85 et 90.
A parcourir tout ce Livre, on peut se demander s’il a été composé pour des chrétiens d’origine Juive (Judéochrétiens), ou pour des chrétiens d’origine païenne, ou encore pour les deux. La position communément admise de nos jours est qu’il a été écrit pour une communauté Judéochrétienne qui s’est trouvée exclue du Judaïsme, suite à une décision par des rabbins Juifs non chrétiens de ne plus tolérer la double appartenance, à la fois Juive et chrétienne, de ces Judéochrétiens, qui avait été possible jusqu’à cette date. Rupture qui explique la dureté des propos mis dans la bouche de Jésus contre les Scribes et Pharisiens de son temps (Matth. chapitre 23).
Néanmoins, même s’il a été d’abord écrit pour confirmer une communauté Judéochrétienne dans sa découverte de la Bonne Nouvelle de Jésus, cet Evangile est ouvert également à la mission universelle auprès des païens, et il se termine par un envoi en mission par le Christ ressuscité, avec ces paroles : “allez, de toutes les nations, faites des disciples” (28, 18).
On peut diviser cet Evangile en 11 parties, qui se répondent en sens inverse (la 1ère correspondant à la dernière, la 2ème, à l’avant-dernière, etc…), concentrées autour de la 6ème partie, le “Discours en paraboles”, qui sert en quelque sorte de “pivot”. Nous obtenons ainsi le découpage suivant :
- Naissance de Jésus et commencement de sa mission (1 - 4)
- Bénédictions et Discours sur la montagne (5 - 7)
- Manifestations de l’autorité de Jésus et de ses appels (8 - 9)
- Discours sur la mission (10)
- Jésus rejeté par “cette génération” (11 - 12 )
- Discours en paraboles (13)
- Jésus reconnu par ses disciples (14 - 17)
- Discours sur la manière de vivre en communauté de croyants (18)
- De nouveau, Jésus manifeste son autorité et ses appels (19 - 22)
- Proclamation de situations malheureuses et Discours sur la venue définitive du Royaume (23 - 24)
- Passion, mort et résurrection (26 - 28)
Cette présentation fait ressortir que cet Evangile est bien rythmé par 5 grands discours de Jésus, dans lesquels l’auteur a concentré la majeure partie de son enseignement. Les 5 discours ont souvent fait penser aux 5 livres de Moïse de l’Ancien Testament. On dit volontiers que, pour Matthieu, Jésus est le “Nouveau Moïse”.
Avec notre page commence pratiquement le 1er des 5 grands discours de Jésus, tels que Matthieu nous les a recomposés, 1er discours qu’on appelle habituellement le “Sermon sur la Montagne”. Mieux vaut cependant l’intituler “La Charte du Royaume de Dieu”, pour en mieux mesurer l’importance.
En effet, Jésus nous y livre les “secrets” du Règne de Dieu : d’abord, ce qu’il nous faut chercher et recevoir du véritable “bonheur” selon Dieu : les béatitudes (5, 3 - 12, notre page), ensuite, ce qu’une telle découverte fait de nous au coeur du monde et pour le monde : la saveur et la lumière (5, 13 - 16), enfin, où cela nous conduit comme style de vie : - de dépassement infini de toutes les exigences (5, 17 - 48), - de changement profond d’attitude dans la prière, l’aumône et le jeûne (6, 1 - 18), - de découverte du caractère “unique” de ce que Jésus nous propose, et du choix absolu pour marcher avec lui, qu’il attend de nous, les croyants (6, 19 - 7, 29).
2. Message
A quel genre de vie sommes nous appelés ? à quel type de bonheur ? à quelle “réalisation” de nous-mêmes ?
Notons que le première béatitude et la huitième se répondent, et sont liées au don que Dieu nous y fait de son Règne (“le royaume des cieux est à eux !“) A quelle condition Dieu règne-t-il ainsi pleinement en nous ? A la condition que nous soyons “pauvres de nous-mêmes”, c’est-à-dire l’inverse de “satisfaits” qui seraient remplis d’eux-mêmes, que nous attendions “quelque chose” qui se trouve hors de nous-mêmes et hors de notre atteinte, que nous soyons “en manque” pour nous-mêmes. Alors Dieu vient en nous pour y faire sa demeure, et s’y exprimer à travers notre existence humaine.
A la condition également, selon la huitième béatitude, que nous nous engagions pour les valeurs de Dieu au-delà de notre bien-être et même de notre existence, en acceptant la persécution pour ces valeurs de Dieu que résume le mot “justice”, qui signifie à la fois vérité et miséricorde.
Les six autres béatitudes viennent détailler cette double attitude d’ouverture radicale à Dieu avec un coeur de pauvre et d’engagement pour les valeurs que Dieu propose : cette double attitude fondamentale se traduit en douceur, compassion, ardeur pour la justice, un coeur qui prend en charge les autres, rectitude de la vérité selon un coeur “pur”, construction de la paix, autant de comportements qui nous “décentrent” de nous-mêmes et qui nous font recevoir et découvrir les biens du salut de Dieu : la terre promise, la consolation définitive, la plénitude, la miséricorde reçue de Dieu, la vision de Dieu, la dignité de “fils” de Dieu.
La dernière béatitude se dédouble en témoignage pour Jésus , sa vie et sa Parole, Jésus, en qui se trouve tout le don de Dieu et toute sa “justice”. Perdre sa vie pour annoncer que “Jésus est Seigneur” en le reconnaissant publiquement comme Fils de Dieu, réexprimer le beau témoignage de Jésus lui-même en sa passion, maintenant qu’il est ressuscité, et que c’est à nous de “jouer”, tel Etienne, le premier martyr (Actes, 7 et 8).
3. Decouvertes
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La montagne, en haut de laquelle Jésus monte, c’est tout simplement la montagne de la Révélation, c’est-à-dire un rappel et une image du Sinaï, sur lequel Dieu avait promulgué sa “Loi” à Moïse. Cette précision indique l’importance du message qu’y va donner Jésus, à la fois au cercle de ses disciples, et à la foule, mentionnée à la fin du discours.
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En Luc, 6, 20 - 23, nous constatons que Jésus ne prononce que 4 béatitudes. On pense que les 3 premières béatitudes de Luc, qu’on retrouve au début de la liste de Matthieu (à savoir celle des “pauvres”, celle de “ceux qui pleurent”, celle de “ceux qui ont faim”), remontent directement à la tradition qui vient de Jésus, et que les autres béatitudes seraient des élargissements à partir de certains textes de psaumes. D’autre part, ces béatitudes semblent s’inspirer d’Isaîe, 61, 1 - 4.
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Une “béatitude” est une “exclamation” qui reconnaît un état d’existence de bonheur. Ce n’est donc pas un “souhait”, ni un “voeu” de bonheur.
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Les 3 béatitudes, “dites” attribuées à Jésus directement et mentionnées ci-dessus, résument sa mission auprès de tous ceux qui sont en situation de besoin ou de manque en Israël, et auxquels il annonce le salut définitif de Dieu. Cela ne veut pas dire que ces catégories de personnes seraient meilleures que les autres, mais qu’elles sont l’objet de la sollicitude gratuite et prioritaire de Dieu.
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Luc fait dire à Jésus : “bienheureux, vous les pauvres”. Matthieu précise ici “les pauvres de coeur”, faisant glisser l’accent d’abord d’une pauvreté réelle et économique, tout en étant spirituelle, vers un regard sur soi plein d’humilité et de conscience des manques et besoins pour une qualité de vie selon Dieu. - Les “doux” (voir Psaume, 37, 11) sont lents à la colère et pleins de bonté pour les autres. - “Ceux qui pleurent” le font à la vue du mal qui règne en ce monde.
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Les “miséricordieux” sont témoins du pardon : voir Matthieu, 6, 12 - 15 et 18, 35. Ils font aussi preuve d’amour pour tous ceux qui sont dans le besoin : voir Matthieu, 25, 31 - 46. Ils poussent cet amour jusqu’aux ennemis eux-mêmes : voir Matthieu 5, 44 - 47. - Les “coeurs purs” sont avides de justice, de fidélité, de loyauté, de sincérité vis-à-vis de Dieu et de sa Parole. - Les “artisans de paix” essayent de créer ou de construire la paix, c’est-à-dire un “bien-être”’ le plus grand possible pour les autres. Ils vivent un “amour du prochain”.
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Toutes les récompenses ajoutées aux béatitudes sont autant de “facettes” du Règne de Dieu. Ces récompenses sont présentées à la forme “passive”, ce qui signifie dans la Bible, qu’elles sont oeuvres et dons de Dieu agissant, Dieu qu’on préfère ne pas nommer directement. C’est donc bien Dieu qui nous donne ainsi le Royaume, la terre promise, la consolation, la plénitude, la miséricorde, le don de sa rencontre, notre nom nouveau et notre dignité de “fils” de Dieu.
4. Prolongement
Derrière ces attitudes que Jésus nous propose, comme but final et accueil fondamental pour toute notre existence chrétienne, nous découvrons “l’icône” même de Jésus, son portrait existentiel. A partir de tout ce qu’il nous déclare dans ces béatitudes, nous pouvons reconstruire une image réelle de ce qu’il s’est révélé être au milieu de ses disciples et dans son parcours terrestre à travers tout Israël.
Jésus nous déclare donc “heureux” si nous acceptons de recevoir d’être ce qu’il “est” lui-même. Il nous propose ainsi d’être assimilés à lui, de devenir son image réelle et de l’imiter en toutes les situations que nous vivons. Ce qui, nous le savons, n’est possible que selon son Esprit, qu’il répand sur nous après sa résurrection, et qui nous configure à lui. Vivre ainsi les béatitudes de notre page devrait nous conduire à cette définition de nous-mêmes identique à celle que Paul ose avancer de sa propre existence :
19 … je suis crucifié avec le Christ ;
20 et ce n’est plus moi qui vis, mais le Christ qui vit en moi. Ma vie présente dans la chair, je la vis dans la foi au Fils de Dieu qui m’a aimé et s’est livré pour moi.
N’est-ce pas à cela, en définitive, que nous invitent ces Paroles si riches de Jésus, que nous appelons les “béatitudes” ?
Prière
*Seigneur Jésus, toi seul peux nous déclarer “heureux”, dans la mesure où tu es notre bonheur, quand tu te penches sur nous, et que notre coeur se trouve suffisamment pauvre et en manque de Dieu, pour reconnaître et accueillir le don de ton amour et de ta miséricorde : donne-moi de pouvoir non seulement proclamer, mais encore attester, dans mes comportements et attitudes de chaque jour, que, vraiment, je n’ai pas d’autre bonheur que toi, que, plus je te rencontre et te découvre, plus j’ai soif de toi, de ta présence, de ta vérité, et surtout de ton Esprit, qui toujours davantage me tourne vers Dieu ton Père et notre Père, ainsi que vers tous les frères et soeurs que tu mets sur mon chemin, pour que je discerne en eux ton image. AMEN.
10.06.2002.*