📘 Commentaire biblique de l’abbé Léon Hamain


Première lecture : 1 Rois 17, 5-16

DU 1er LIVRE DES ROIS

Texte

5 Il partit donc et il fit comme Yahvé avait dit et alla s’établir au torrent de Kerit, à l’est du Jourdain.
6 Les corbeaux lui apportaient du pain le matin et de la viande le soir, et il buvait au torrent.
7 Mais il arriva au bout d’un certain temps que le torrent sécha, car il n’y avait pas eu de pluie dans le pays.
8 Alors la parole de Yahvé lui fut adressée en ces termes :
9 ” Lève-toi et va à Sarepta, qui appartient à Sidon, et tu y demeureras. Voici que j’ordonne là-bas à une veuve de te donner à manger. “
10 Il se leva et alla à Sarepta. Comme il arrivait à l’entrée de la ville, il y avait là une veuve qui ramassait du bois ; il l’interpella et lui dit : ” Apporte-moi donc un peu d’eau dans la cruche, que je boive ! “
11 Comme elle allait la chercher, il lui cria : ” Apporte-moi donc un morceau de pain dans ta main ! “
12 Elle répondit : ” Par Yahvé vivant, ton Dieu ! je n’ai pas de pain cuit ; je n’ai qu’une poignée de farine dans une jarre et un peu d’huile dans une cruche, je suis à ramasser deux bouts de bois, je vais préparer cela pour moi et mon fils, nous mangerons et nous mourrons. “
13 Mais Élie lui dit : ” Ne crains rien, va faire comme tu dis ; seulement, prépare-m’en d’abord une petite galette, que tu m’apporteras : tu en feras ensuite pour toi et ton fils.
14 Car ainsi parle Yahvé, Dieu d’Israël :Jarre de farine ne s’épuisera, cruche d’huile ne se videra, jusqu’au jour où Yahvé enverra la pluie sur la face de la terre. “
15 Elle alla et fit comme avait dit Élie, et ils mangèrent, elle, lui et son fils.
16 La jarre de farine ne s’épuisa pas et la cruche d’huile ne se vida pas, selon la parole que Yahvé avait dite par le ministère d’Élie.

Commentaire

1. Situation

Les 2 Livres des Rois nous relatent l’histoire des royaumes d’Israël et de Juda depuis Salomon jusqu’à l’exil à Babylone, c’est-à-dire depuis le milieu du 10ème siècle jusqu’au milieu du 6ème siècle. Intervalle qui correspond exactement à la période durant laquelle Israël et Juda ont été vraiment, l’un et l’autre, un Etat, au sens politique du terme, et non pas seulement le “Peuple de Dieu”, qui a existé comme tel bien avant l’avènement de David qui l’avait ainsi unifié, ainsi que bien après l’exil, qui a marqué la fin de son indépendance politique. Intervalle qui est également celui d’un déclin régulier, à travers une marche historique faite de lumières et d’ombres.

Dans ces Livres des Rois, chacun des rois nous est présenté selon un schéma identique : date et âge d’avènement, longueur du règne, nom de la reine-mère (pour les rois de Juda), appréciation de son attitude face au Dieu d’Israêl. Le récit concernant chacun d’eux se conclut également de la même façon : indication de la source de renseignements utilisée concernant ce roi, mention de sa mort et de sa sépulture, nom et prise de pouvoir de son successeur.

Le thème fondamental de ces livres des Rois est que le Temple de Yahvé-Dieu à Jérusalem est le seul endroit où l’on peut légitimement adorer Dieu. Israël, le royaume du Nord, suite à la division du royaume unfié, après la mort de Salomon, a donc construit des sanctuaires schismatiques, soumis aux influences païennes.

Tous les rois d’Israêl et de Juda ne sont finalement appréciés que selon le critère du 1er commandement donné à Moïse, et concernant le culte exclusif à rendre à Yahvé, le seul et unique Dieu.

Vu l’importance de la réforme religieuse du roi Josias en 622, selon les données du Livre du Deutéronome au chapitre 12 (2 Rois, 22), on estime que toute l’histoire des rois a été ainsi relue et composée après ce règne et cette réforme de Josias.

Que ces 2 Livres des Rois aient été écrits avant ou pendant l’exil Babylonien, il n’en reste pas moins que le, ou les, auteur(s) de ces livres est, ou sont, marqué(s) par le Deutéronome ou la pensée Deutéronomiste, telle qu’elle est résumée en Deutéronome, 6,4. Leur but est de montrer à quel point l’histoire d’Israël et de Juda est à interpréter selon la relation au Dieu de l’Alliance, et comment, perçue ainsi, on la découvre conduite par Yahvé-Dieu.

Ces 2 Livres des Rois sont à aborder comme une seule oeuvre nous transmettant en 3 parties : - l’histoire du règne de Salomon (1 Rois, 1 - 11), - l’histoire synchronique des 2 royaumes du Nord (Israël) et du Sud (Juda), jusqu’à la ruine du Royaume du Nord (1 Rois, 12, 1 - 2 Rois, 17, 41), - la fin de l’histoire du royaume de Juda jusqu’à l’exil Babylonien ( 2 Rois, 18, 1 - 25, 30).

2. Message

Cette page nous montre clairement comment Dieu prend en charge la subsistance de son prophète, et lorsque la première manière de l’aide offerte ne peut plus fonctionner, il en prévoit, et met en place, une seconde, cette fois hors de la terre d’Israël.

Dès qu’il rencontre la veuve que le Seigneur a mis sur sa route, Elie se fait servir par elle, et devant la misère de cette femme, qui lui déclare être au bout de ses vivres, il lui annonce que, miraculeusement, Dieu va intervenir selon sa Parole.

Cependant, pour tester la foi de cette femme et permettre ainsi à sa Parole de s’accomplir, Elie lui demande de se priver encore davantage du peu qui lui reste, en le servant d’abord en premier.

Et la Parole du prophète se réalise pleinement et totalement.

3. Decouvertes

Le “Cycle d’Elie” couvre les chapitres 17, 18 et 19, du 1er Livre des Rois.

Lorsqu’après lui avoir fait annoncer la sécheresse, Dieu fournit à Elie une nourriture miraculeuse, il répète pour lui ce qu’il avait réalisé au profit de tout son peuple d’Israël, au désert de l’Exode, au temps de Moïse (Exode, 16, 8. 12).

Bien que Sarepta soit une ville du pays de Sidon, territoire soumis au culte du dieu Baal, le pouvoir de Yahvé-Dieu d’Israël nous est présenté comme s’étendant également en cet endroit, et y protège ceux qui se confient en lui, en leur accordant une nourriture miraculeuse. Cette nourriture ressemble étrangement à la “manne” du désert (gâteaux cuits avec de l’huile) : voir Nombres, 11, 8.

La parole du prophète est chargée de la puissance de Dieu, si bien que, celui qui obéit à la parole du prophète, bénéficie de la force de Yahvé. Nous voyons ainsi Elie approuver la parole de la veuve (verset 13), puis y ajouter sa propre parole, au nom de Dieu (verset 14), et, lorsque la veuve obéit à la parole du prophète (verset 15), la promesse de Dieu se trouve accomplie, conformément à tout ce qu’a annoncé Elie. 3

4. Prolongement

En Matthieu, Marc et Luc, l’apparition de Moïse et d’Elie aux côtés de Jésus lors de sa transfiguration sur la montagne, devant Pierre, Jacques et Jean, fait d’Elie le représentant de tous les prophètes, de leur activité et de tous leurs écrits dans la Bible, bien que lui-même n’ait rien écrit, et ait vécu tout son ministère comme une manifestation de la puissance de Dieu en Israël. Son successeur et disciple Elisée se comportera de la même façon.

En Matthieu et Marc, Jésus interprète le retour d’Elie préalablement à la venue du Messie, tel qu’annoncé par le prophète Malachie, 3, 23, comme étant réalisé par la mission prophétique de Jean Baptiste (Matthieu, 17, 10 - 13 et Marc, 9, 11 - 13).

Jésus nous est particulièrement présenté comme un nouvel “Elie”, dans l’Evangile de Luc. Comme Elie et Elisée, il témoigne de la liberté totale de Dieu, qui agit de façon pleinement indépendante et gratuite, que personne ne peut “récupérer”, et il fait comprendre que sa mission n’est autre que de révéler la puissance souveraine de Dieu, que les croyants doivent accueillir avec une totale disponibilité :

23 Et il leur dit : ” A coup sûr, vous allez me citer ce dicton : Médecin, guéris-toi toi-même. Tout ce qu’on nous a dit être arrivé à Capharnaüm, fais-le de même ici dans ta patrie. ”

24 Et il dit : ” En vérité, je vous le dis, aucun prophète n’est bien reçu dans sa patrie.

25 ” Assurément, je vous le dis, il y avait beaucoup de veuves en Israël aux jours d’Élie, lorsque le ciel fut fermé pour trois ans et six mois, quand survint une grande famine sur tout le pays ;

26 et ce n’est à aucune d’elles que fut envoyé Élie, mais bien à une veuve de Sarepta, au pays de Sidon.

27 Il y avait aussi beaucoup de lépreux en Israël au temps du prophète Élisée ; et aucun d’eux ne fut purifié, mais bien Naaman, le Syrien. ”

28 Entendant cela, tous dans la synagogue furent remplis de fureur.

Prière

*Seigneur Jésus, tu es le prophète par excellence, qui nous parle au nom même de Dieu, puisqu’en toi se trouve inséparablement le verbe de Dieu, sa parole créatrice, par qui tout a été fait et sans qui rien n’existe, et que ta mission consiste à nous communiquer, en langage humain qui nous soit accessible, tout le message et toute l’action de cette parole qui t’habite, et ne fait qu’un avec ta condition humaine : apprends-moi à t’accueillir comme la parole qui guide ma vie, me sauve par son efficacité créatrice, et sa puissance unique de salut, qui nous fait rencontrer le Père en toi, et à travers toi, aide-moi à transmettre à mon tour cette parole, que tu es pleinement, dans tous les langages que j’utilise, les mots que je dis ou ecris, en relation avec tous mes comportements et engagements de chaque jour, pour la gloire de Dieu, et le service de mes frères et sœurs. AMEN.

11.06.2002.*

Évangile : Matthieu 5, 13-16

DE L’EVANGILE DE MATTHIEU

Texte

13 ” Vous êtes le sel de la terre. Mais si le sel vient à s’affadir, avec quoi le salera-t-on ? Il n’est plus bon à rien qu’à être jeté dehors et foulé aux pieds par les gens.
14 ” Vous êtes la lumière du monde. Une ville ne se peut cacher, qui est sise au sommet d’un mont.
15 Et l’on n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau, mais bien sur le lampadaire, où elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison.
16 Ainsi votre lumière doit-elle briller devant les hommes afin qu’ils voient vos bonnes œuvres et glorifient votre Père qui est dans les cieux.

Commentaire

1. Situation

Cet Evangile, qui porte le nom de Matthieu, trouve peut-être sa première source dans une collection de paroles de Jésus, écrites en Araméen et attribuées à l’apôtre Matthieu, par un Père de l’Eglise, Papias d’Alexandrie, vers 125.

Cet Evangile, qui reprend beaucoup de passages de l’Evangile de Marc (qui avait été écrit vers 65), mais en y ajoutant des éléments qu’il partage en grande partie avec Luc, a été très probablement rédigé entre les années 85 et 90.

A parcourir tout ce Livre, on peut se demander s’il a été composé pour des chrétiens d’origine Juive (Judéochrétiens), ou pour des chrétiens d’origine païenne, ou encore pour les deux. La position communément admise de nos jours est qu’il a été écrit pour une communauté Judéochrétienne qui s’est trouvée exclue du Judaïsme, suite à une décision par des rabbins Juifs non chrétiens de ne plus tolérer la double appartenance, à la fois Juive et chrétienne, de ces Judéochrétiens, qui avait été possible jusqu’à cette date. Rupture qui explique la dureté des propos mis dans la bouche de Jésus contre les Scribes et Pharisiens de son temps (Matth. chapitre 23).

Néanmoins, même s’il a été d’abord écrit pour confirmer une communauté Judéochrétienne dans sa découverte de la Bonne Nouvelle de Jésus, cet Evangile est ouvert également à la mission universelle auprès des païens, et il se termine par un envoi en mission par le Christ ressuscité, avec ces paroles : “allez, de toutes les nations, faites des disciples” (28, 18).

On peut diviser cet Evangile en 11 parties, qui se répondent en sens inverse (la 1ère correspondant à la dernière, la 2ème, à l’avant-dernière, etc…), concentrées autour de la 6ème partie, le “Discours en paraboles”, qui sert en quelque sorte de “pivot”. Nous obtenons ainsi le découpage suivant :

  • Naissance de Jésus et commencement de sa mission (1 - 4)
  • Bénédictions et Discours sur la montagne (5 - 7)
  • Manifestations de l’autorité de Jésus et de ses appels (8 - 9)
  • Discours sur la mission (10)
  • Jésus rejeté par “cette génération” (11 - 12 )
  • Discours en paraboles (13)
  • Jésus reconnu par ses disciples (14 - 17)
  • Discours sur la manière de vivre en communauté de croyants (18)
  • De nouveau, Jésus manifeste son autorité et ses appels (19 - 22)
  • Proclamation de situations malheureuses et Discours sur la venue définitive du Royaume (23 - 24)
  • Passion, mort et résurrection (26 - 28)

Cette présentation fait ressortir que cet Evangile est bien rythmé par 5 grands discours de Jésus, dans lesquels l’auteur a concentré la majeure partie de son enseignement. Les 5 discours ont souvent fait penser aux 5 livres de Moïse de l’Ancien Testament. On dit volontiers que, pour Matthieu, Jésus est le “Nouveau Moïse”.


Avec notre page se continue le 1er des 5 grands discours de Jésus, tels que Matthieu nous les a recomposés, 1er discours qu’on appelle habituellement le “Sermon sur la Montagne”. Mieux vaut cependant l’intituler “La Charte du Royaume de Dieu”, pour en mieux mesurer l’importance.

En effet, Jésus nous y livre les “secrets” du Règne de Dieu : d’abord, ce qu’il nous faut chercher et recevoir du véritable “bonheur” selon Dieu : les béatitudes (5, 3 - 12), ensuite, ce qu’une telle découverte fait de nous au coeur du monde et pour le monde : la saveur et la lumière (5, 13 - 16), enfin, où cela nous conduit comme style de vie : - de dépassement infini de toutes les exigences (5, 17 - 48), - de changement profond d’attitude dans la prière, l’aumône et le jeûne (6, 1 - 18), - de découverte du caractère “unique” de ce que Jésus nous propose, et du choix absolu pour marcher avec lui, qu’il attend de nous, les croyants (6, 19 - 7, 29).

2. Message

Jésus, qui vient juste de proclamer ses béatitudes, s’adresse à ses auditeurs en leur parlant à la 2ème personne. C’est ici un langage on ne peut plus direct. Comme dans tous les discours qu’il compose en regroupant diverses paroles de la prédication de Jésus, Matthieu a repris ici des éléments que l’on trouve en Marc, 9, 5 et 4, 21, ainsi qu’en Luc, 8, 16, puis 11, 33 et 14, 34 - 35.

Le sens de base est le suivant : par définition, en tant que disciples et quoi qu’il vous arrive, vous avez une vocation pour le monde et un témoignage public à rendre, en qualité de “sel” qui donne de la saveur et de “lumière” qui rayonne et éclaire.

Comme le sel, le disciple de Jésus doit conserver sa valeur et garder sa saveur dans la fidélité à l’appel de Jésus et à l’Evangile du Royaume. S’il se dénature et devient insipide, il ne sert plus à rien dans le cadre de l’annonce et de la présence du salut que Dieu offre aux hommes.

De même le disciple, tel le serviteur dont parle le 2ème prophète Isaïe (42, 6 et 49, 6), doit être Lumière pour le monde et se manifester ainsi, pour que rayonne par lui la gloire de Dieu. Mais cette attitude n’est pas contradictoire avec ce que Jésus propose plus loin dans ce même discours, quand il conseille de faire l’aumône, prier et jeûner dans le secret. Quand il s’agit de manifester la gloire de Dieu, Jésus demande un rayonnement visible et public. Il n’en va pas de même des expressions personnelles de notre relation à Dieu, qui doivent rester dans le secret (Matthieu, 6, 1 - 4).

3. Decouvertes

A strictement parler, le sel ne perd pas sa saveur. Il a, de soi, une double propriété : conserver la nourriture et lui donner du goût. Cependant, dans le Judaïsme, il peut devenir impur, et, alors, on doit le jeter, et, en ce cas, son sort fournit l’image du jugement de Dieu.

La petite comparaison sur la lumière présuppose une maison palestinienne ne comprenant qu’une seule pièce, et une lampe à huile en argile. Le disciple doit rayonner, c’est-à-dire ne pas vivre pour soi mais pour les autres (Matthieu, 25, 26 et 2 Corinthiens, 4, 7). Cela demande un équilibre assez délicat, en ce sens que nos bonnes oeuvres doivent briller devant les hommes sans que nous en tirions gloire pour nous-mêmes. Notre manière de vivre, notre témoignage et ses expressions, doivent contribuer à la conversion de nos frères et soeurs, qui, en les voyant, rendent gloire à Dieu.

4. Prolongement

Si nous essayons de vivre en marchant dans la direction des béatitudes proclamées par Jésus, nous en recevons un acquis de saveur et de rayonnement, qui est à la fois un don reçu et une responsabilité face à tous.

Nous sommes ainsi appelés à la fidélité et à la vérité : ce que nous avons reçu du don de Dieu et de la Parole efficace de Jésus ne nous appartient pas, mais doit servir, à notre époque et dans les circonstances de notre existence concrète, au rayonnement du message de Jésus et de son attitude permanente de serviteur.

C’est ainsi que nous le révélons et le rendons visible aujourd’hui, en l’imitant, et en vivant à sa façon à lui, lui qui est la “Lumière du monde” (Jean, 8, 12).

Prière

*Seigneur Jésus, qui est saveur, solidité totale, Lumière toujours rayonnante de la Parole, de l’attitude d’amour et de l’action de Dieu, sinon toi qui nous le révèles comme “Père”, “Lumière” et “rocher de notre salut”, toi qui nous invites à avancer sur le chemin, qu’en suivant à la perfection en étant sans cesse “axé” sur la volonté du Père, tu es devenu toi-même pour nous : viens me prendre de nouveau par la main, pour que je sache marcher avec toi, et me montrer “signe” pour mes frères et soeurs, de ta présence, de ton message et de ton action de Ressuscité, avec nous tous les jours en ton Esprit Saint. AMEN.

10.06.2003.*


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