📘 Commentaire biblique de l’abbé Léon Hamain
Première lecture : 1 Rois 18, 20-39
DU 1er LIVRE DES ROIS
Texte
20 Achab convoqua tout Israël et rassembla les prophètes sur le mont Carmel.
21 Elie s’approcha de tout le peuple et dit: “Jusqu’à quand clocherez-vous des deux jarrets? Si Yahvé est Dieu, suivez-le; si c’est Baal, suivez-le.” Et le peuple ne put rien lui répondre.
22 Elie poursuivit: “Moi, je reste seul comme prophète de Yahvé, et les prophètes de Baal sont 450.
23 Donnez-nous deux jeunes taureaux; qu’ils en choisissent un pour eux, qu’ils le dépècent et le placent sur le bois, mais qu’ils n’y mettent pas le feu. Moi, je préparerai l’autre taureau et je n’y mettrai pas le feu.
24 Vous invoquerez le nom de votre dieu et moi, j’invoquerai le nom de Yahvé: le dieu qui répondra par le feu, c’est lui qui est Dieu.” Tout le peuple répondit: “C’est bien.”
25 Elie dit alors aux prophètes de Baal: “Choisissez-vous un taureau et commencez, car vous êtes les plus nombreux. Invoquez le nom de votre dieu, mais ne mettez pas le feu.”
26 Ils prirent le taureau et le préparèrent, et ils invoquèrent le nom de Baal, depuis le matin jusqu’à midi, en disant: “O Baal, réponds-nous!” Mais il n’y eut ni voix ni réponse; et ils dansaient en pliant le genou devant l’autel qu’ils avaient fait.
27 A midi, Elie se moqua d’eux et dit: “Criez plus fort, car c’est un dieu: il a des soucis ou des affaires, ou bien il est en voyage; peut-être il dort et il se réveillera!“
28 Ils crièrent plus fort et ils se tailladèrent, selon leur coutume, avec des épées et des lances jusqu’à l’effusion du sang.
29 Quand midi fut passé, ils se mirent à vaticiner jusqu’à l’heure de la présentation de l’offrande, mais il n’y eut aucune voix, ni réponse, ni signe d’attention.
30 Alors Elie dit à tout le peuple: “Approchez-vous de moi”; et tout le peuple s’approcha de lui. Il répara l’autel de Yahvé qui avait été démoli.
31 Elie prit douze pierres, selon le nombre des tribus des fils de Jacob, à qui Dieu s’était adressé en disant: “Ton nom sera Israël”,
32 et il construisit un autel au nom de Yahvé. Il fit un canal d’une contenance de deux boisseaux de semence autour de l’autel.
33 Il disposa le bois, dépeça le taureau et le plaça sur le bois.
34 Puis il dit: “Emplissez quatre jarres d’eau et versez-les sur l’holocauste et sur le bois”, et il firent ainsi; il dit: “Doublez”, et ils doublèrent; il dit: “Triplez”, et ils triplèrent
35 L’eau se répandit autour de l’autel et même le canal fut rempli d’eau.
36 A l’heure où l’on présente l’offrande, Elie le prophète s’approcha et dit: “Yahvé, Dieu d’Abraham, d’Isaac et d’Israël, qu’on sache aujourd’hui que tu es Dieu en Israël, que je suis ton serviteur et que c’est par ton ordre que j’ai accompli toutes ces choses.
37 Réponds-moi, Yahvé, réponds-moi, pour que ce peuple sache que c’est toi, Yahvé, qui es Dieu et qui convertis leur coeur!“
38 Et le feu de Yahvé tomba et dévora l’holocauste et le bois, et il absorba l’eau qui était dans le canal.
39 Tout le peuple le vit; les gens tombèrent la face contre terre et dirent: “C’est Yahvé qui est Dieu! C’est Yahvé qui est Dieu!”
Commentaire
1. Situation
Les 2 Livres des Rois nous relatent l’histoire des royaumes d’Israël et de Juda depuis Salomon jusqu’à l’exil à Babylone, c’est-à-dire depuis le milieu du 10ème siècle jusqu’au milieu du 6ème siècle. Intervalle qui correspond exactement à la période durant laquelle Israël et Juda ont été vraiment, l’un et l’autre, un Etat, au sens politique du terme, et non pas seulement le “Peuple de Dieu”, qui a existé comme tel bien avant l’avènement de David qui l’avait ainsi unifié, ainsi que bien après l’exil, qui a marqué la fin de son indépendance politique. Intervalle qui est également celui d’un déclin régulier, à travers une marche historique faite de lumières et d’ombres.
Dans ces Livres des Rois, chacun des rois nous est présenté selon un schéma identique : date et âge d’avènement, longueur du règne, nom de la reine-mère (pour les rois de Juda), appréciation de son attitude face au Dieu d’Israêl. Le récit concernant chacun d’eux se conclut également de la même façon : indication de la source de renseignements utilisée concernant ce roi, mention de sa mort et de sa sépulture, nom et prise de pouvoir de son successeur.
Le thème fondamental de ces livres des Rois est que le Temple de Yahvé-Dieu à Jérusalem est le seul endroit où l’on peut légitimement adorer Dieu. Israël, le royaume du Nord, suite à la division du royaume unfié, après la mort de Salomon, a donc construit des sanctuaires schismatiques, soumis aux influences païennes.
Tous les rois d’Israêl et de Juda ne sont finalement appréciés que selon le critère du 1er commandement donné à Moïse, et concernant le culte exclusif à rendre à Yahvé, le seul et unique Dieu.
Vu l’importance de la réforme religieuse du roi Josias en 622, selon les données du Livre du Deutéronome au chapitre 12 (2 Rois, 22), on estime que toute l’histoire des rois a été ainsi relue et composée après ce règne et cette réforme de Josias.
Que ces 2 Livres des Rois aient été écrits avant ou pendant l’exil Babylonien, il n’en reste pas moins que le, ou les, auteur(s) de ces livres est, ou sont, marqué(s) par le Deutéronome ou la pensée Deutéronomiste, telle qu’elle est résumée en Deutéronome, 6,4. Leur but est de montrer à quel point l’histoire d’Israël et de Juda est à interpréter selon la relation au Dieu de l’Alliance, et comment, perçue ainsi, on la découvre conduite par Yahvé-Dieu.
Ces 2 Livres des Rois sont à aborder comme une seule oeuvre nous transmettant en 3 parties : - l’histoire du règne de Salomon (1 Rois, 1 - 11), - l’histoire synchronique des 2 royaumes du Nord (Israël) et du Sud (Juda), jusqu’à la ruine du Royaume du Nord (1 Rois, 12, 1 - 2 Rois, 17, 41), - la fin de l’histoire du royaume de Juda jusqu’à l’exil Babylonien ( 2 Rois, 18, 1 - 25, 30).
Le “Cycle d’Elie” couvre les chapitres 17, 18 et 19, du 1er Livre des Rois, ainsi que quelques passages du tout début du 2nd Livre des Rois.
2. Message
A la demande d’Elie Achab accepte qu’un défi public soit lancé à tous les prêtres de Baal par Elie au sommet du mont Carmel. C’est un défi de vie ou de mort, et la fin de l’épisode nous rapporte qu’après sa victoire Elie fera saisir tous les prêtres de Baal qu’il massacrera personnellement.
Ce défi, à travers et au-delà des prophètes engagés dans ce combat décisif, est celui que Yahvé le Dieu d’Israël lance aux divinités païennes supposées régler les rythmes des saisons.
La différence entre les rituels des deux sacrifices est impressionnante et attire notre attention, non seulement sur la détermination d’Elie, mais sur son appel à la tradition d’Israël, tant en ce qui concerne les Douze tribus de Jacob en mémoire desquels il construit son autel, que dans la mention d’Abraham, Isaac et Jacob dans sa prière, elle-même très courte et très sobre quand on la compare aux dances “sacrées” et autres rites auxquels se livrent les prêtres de Baal sans obtenir pour autant la moindre réponse de leur dieu, raison pour laquelle Elie n’hésite pas à les tourner en ridicule tout en parlant avec une légèreté surprenante des comportements éventuels possibles de leur dieu.
L’autorité et la surprenante sûreté d’Elie se manifestent ici également très fortement : il est incontestablement le “maître du jeu”, sûr de son Seigneur, ce qu’il manifeste en parlant avec une autorité absolue et en faisant à plusieurs reprises verser de l’eau sur l’autel et la victime immolée.
Comme c’est d’ailleurs le cas dans tout le cycle d’Elie, Yahvé répond à la prière de son prophète et authentifie ainsi sa Parole et son défi pour le moins très audacieux.
3. Decouvertes
Le mont Carmel culmine à 552 mètres et s’avance jusqu’à la Méditerranée par un magnifique promontoire. Elie aurait offert son sacrifice à l’angle sud-Est du massif.
Quand Elie prétend qu’il est resté le seul prophète de Yahvé, cela ne veut pas dire qu’il n’y en avait pas d’autres (puisqu’au verset 4 Obadyahou lui déclare en avoir caché 100), mais qu’aucun autre prophète n’avait comme lui le courage de résister en face à la reine païenne Jézabel.
Dieu “hait les coeurs partagés” (psaume 119, 113) : il faut nécessairement prendre parti pour lui.
Par sa proposition de double sacrifice, Elie dait appel tout simplement au jugement de Dieu lui-même. Ce qui veut dire que seul un miracle peut résoudre ce conflit, et l’on sait par le contexte du chapitre 17 que Yahvé-Dieu accomplit des miracles.
Remarquons la contradiction entre le contexte de grande sécheresse et de famine et l’eau qu’Elie fait verser à profusion sur la victime du sacrifice pour qu’il n’y ait aucune confusion possible sur l’origine célexte du feu qui va descendre sur la victime offerte par Elie.
Le cri final de la foule “c’est Yahvé qui est Dieu”, qui les fait adhérer à la foi d’Elie, est le rappel du Nom même du prophète : “Mon Dieu, c’est Yahvé”.
Certains voient dans cet épisode du Mont Carmel une anticipation des actions sanglantes et vengeresses de Jéhu en 2 Rois, 10, 18 - 27 contre tous ceux qui suivent Baal et tous les descendants d’Achab. Dans cette perspective le massacre des prophètes de Baal par Elie au verset 40 de cette page s’explique davantage qu’à première approche.
4. Prolongement
Bien que Jésus témoigne de façon la plus absolue, et avec une vigueur au moins aussi forte que celle d’Elie, de la primauté de la volonté de Dieu et de son Règne à rechercher d’abord en toute vérité, ses comportements prophétiques seront très différents de ceux d’Elie. Il réprimandera Jacques et Jean quand ces derniers voudront à la façon d’Elie faire descendre le feu du ciel sur un village de Samaritains qui refusent de les accueillir (Luc, 9, 52 - 55).
Et s’il accomplit, en les dépassant, les miracles de multiplication de nourriture et de réanimation de morts opérés par Elie, il agit toujours pour révéler la miséricorde et le pardon de Dieu.
Ce qui n’empêche pas pour autant que certains l’identifient à Elie revenu (Marc, 8, 27 - 28), et interprètent son cri du début du psaume 22 sur sa croix comme un appel à ce prophète (Marc, 15, 34 - 36).
Prière
*Seigneur Jésus, ton avant-dernière prière au Père, depuis ta croix de supplicié, fut de lui demander qu’il accorde son pardon à tes bourreaux, et tu nous as laissé comme résumé de l’attitude que tu attends de nous, qui sommes tes disciples, cette merveilleuse consigne : “soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux” : rends-moi toujours plus capable de témoigner de toi avec force en t’imitant dans tes gestes insurpassables de miséricorde à l’égard de tous, et d’accueil jusqu’au pardon de tous ceux qui nous approchent. AMEN.
11.06.2004.*
Évangile : Matthieu 5, 17-19
DE L’EVANGILE DE MATTHIEU
Texte
17 ” N’allez pas croire que je sois venu abolir la Loi ou les Prophètes : je ne suis pas venu abolir, mais accomplir.
18 Car je vous le dis, en vérité : avant que ne passent le ciel et la terre, pas un i, pas un point sur l’i, ne passera de la Loi, que tout ne soit réalisé.
19 Celui donc qui violera l’un de ces moindres préceptes, et enseignera aux autres à faire de même, sera tenu pour le moindre dans le Royaume des Cieux ; au contraire, celui qui les exécutera et les enseignera, celui-là sera tenu pour grand dans le Royaume des Cieux.
Commentaire
1. Situation
Cet Evangile, qui porte le nom de Matthieu, trouve peut-être sa première source dans une collection de paroles de Jésus, écrites en Araméen et attribuées à l’apôtre Matthieu, par un Père de l’Eglise, Papias d’Alexandrie, vers 125.
Cet Evangile, qui reprend beaucoup de passages de l’Evangile de Marc (qui avait été écrit vers 65), mais en y ajoutant des éléments qu’il partage en grande partie avec Luc, a été très probablement rédigé entre les années 85 et 90.
A parcourir tout ce Livre, on peut se demander s’il a été composé pour des chrétiens d’origine Juive (Judéochrétiens), ou pour des chrétiens d’origine païenne, ou encore pour les deux. La position communément admise de nos jours est qu’il a été écrit pour une communauté Judéochrétienne qui s’est trouvée exclue du Judaïsme, suite à une décision par des rabbins Juifs non chrétiens de ne plus tolérer la double appartenance, à la fois Juive et chrétienne, de ces Judéochrétiens, qui avait été possible jusqu’à cette date. Rupture qui explique la dureté des propos mis dans la bouche de Jésus contre les Scribes et Pharisiens de son temps (Matth. chapitre 23).
Néanmoins, même s’il a été d’abord écrit pour confirmer une communauté Judéochrétienne dans sa découverte de la Bonne Nouvelle de Jésus, cet Evangile est ouvert également à la mission universelle auprès des païens, et il se termine par un envoi en mission par le Christ ressuscité, avec ces paroles : “allez, de toutes les nations, faites des disciples” (28, 18).
On peut diviser cet Evangile en 11 parties, qui se répondent en sens inverse (la 1ère correspondant à la dernière, la 2ème, à l’avant-dernière, etc…), concentrées autour de la 6ème partie, le “Discours en paraboles”, qui sert en quelque sorte de “pivot”. Nous obtenons ainsi le découpage suivant :
- Naissance de Jésus et commencement de sa mission (1 - 4)
- Bénédictions et Discours sur la montagne (5 - 7)
- Manifestations de l’autorité de Jésus et de ses appels (8 - 9)
- Discours sur la mission (10)
- Jésus rejeté par “cette génération” (11 - 12 )
- Discours en paraboles (13)
- Jésus reconnu par ses disciples (14 - 17)
- Discours sur la manière de vivre en communauté de croyants (18)
- De nouveau, Jésus manifeste son autorité et ses appels (19 - 22)
- Proclamation de situations malheureuses et Discours sur la venue définitive du Royaume (23 - 24)
- Passion, mort et résurrection (26 - 28)
Cette présentation fait ressortir que cet Evangile est bien rythmé par 5 grands discours de Jésus, dans lesquels l’auteur a concentré la majeure partie de son enseignement. Les 5 discours ont souvent fait penser aux 5 livres de Moïse de l’Ancien Testament. On dit volontiers que, pour Matthieu, Jésus est le “Nouveau Moïse”.
Avec notre page continue le début du 1er des 5 grands discours de Jésus, tels que Matthieu nous les a recomposés, 1er discours qu’on appelle habituellement le “Sermon sur la Montagne”. Mieux vaut cependant l’intituler “La Charte du Royaume de Dieu”, pour en mieux mesurer l’importance.
En effet, Jésus nous y livre les “secrets” du Règne de Dieu : d’abord, ce qu’il nous faut chercher et recevoir du véritable “bonheur” selon Dieu : les béatitudes (5, 1 - 12), ensuite, ce qu’une telle découverte fait de nous au coeur du monde et pour le monde : la saveur et la lumière (5, 13 - 16), enfin, où cela nous conduit comme style de vie : - de dépassement infini de toutes les exigences (5, 17 - 48), - de changement profond d’attitude dans la prière, l’aumône et le jeûne (6, 1 - 18), - de découverte du caractère “unique” de ce que Jésus nous propose, et du choix absolu pour marcher avec lui, qu’il attend de nous, les croyants (6, 19 - 7, 29).
2. Message
En ouvrant son discours sur la charte du Royaume, tel que Matthieu nous le présente, par l’énoncé de ses Béatitudes, Jésus nous a fixé le but à atteindre, à savoir la véritable attitude des enfants de ce Royaume de Dieu, que Jésus crée en nous, comme fruit de son salut et de la grâce de l’Esprit Saint, enfants de Dieu libérés de tout égoïsme et transparents à la présence de Dieu au coeur de nos vies.
Celui ou celle qui accepte de se situer dans cette perspective reçoit, du même coup, la mission de devenir la lumière et la saveur du monde et de tous les humains.
Mais comment se situer dans cette perspective ? Jésus nous invite de façon très paradoxale à la liberté qu’il nous apporte dans notre libération, qu’il réalise tout au long du parcours de sa mission en notre monde, depuis son début jusqu’à son terme vécu en son “passage” au Père : il accomplit tout le message que l’Ancien Testament nous transmet par ses livres de Moïse (La Loi) et tous ses livres prophétiques (les livres de Josué, des Juges, de Samuel, des Rois, et tous les écrits des prophètes écrivains), et, de façon particulière, il accomplit la Loi ou les commandements de Dieu, transmis à Moïse sur le Mont Sinaï, sans le moindre du monde en abolir quelque point que ce soit.
Cet “accomplissement” annoncé par Jésus se traduit par le dépassement radical qu’il propose à tous ceux qui le suivent, par les exigences sans fin qu’il nous propose en ce qui concerne la pratique de l’amour et de la miséricorde.
Vivre l’obéissance à la Loi sans chercher à ne rien en supprimer, cela veut dire pour Jésus s’ouvrir, de façon toujours plus large, à l’exigence de vérité et d’amour qui nous vient de Dieu, et qu’il a lui-même vécue.
3. Decouvertes
En détruisant tout soupçon que Jésus soit venu pour abolir la Torah (la Loi), ces versets introduisent la longue section qui va s’ouvrir. C’est dire que les affirmations très fortes de Matthieu, 5, 21 - 48, qui suivent presque immédiatement notre page, n’abolissent pas la Loi de Moîse, et ne dégagent pas ceux qui croient en Jésus de l’obligation de la suivre.
Du coup, nous est fournie la correcte interprétation de la série de dépassements et d’avancées, face à la Loi, que Jésus va ainsi proclamer. Le verset 20 qui se situe juste après notre texte, oblige les disciples de Jésus à dépasser la justice des scribes et des Pharisiens, ce que Jésus va expliquer dans le supplément d’exigence qu’il est sur le point de proposer.
Ceux qui suivent Jésus, loin donc de transgresser la Loi, sont appelés à aller beaucoup plus avant que ceux qui se contentent de prendre seulement la Loi-Torah pour guide.
Certains interprètes voient dans ces versets de notre page un désir, chez l’auteur de l’Evangile de Matthieu, de rapprocher les affirmations de Jésus dans l’Evangile de Matthieu des positions de Paul face à la Loi de Moïse.
4. Prolongement
Notre seul modèle de ce dépassement qui n’est jamais plafonné, comme d’un amour qui n’est jamais limité, ne se trouve pour nous qu’en Jésus :
34 Jésus leur dit : ” Ma nourriture est de faire la volonté de celui qui m’a envoyé et de mener son œuvre à bonne fin.
30 Je ne puis rien faire de moi-même. Je juge selon ce que j’entends : et mon jugement est juste, parce que je ne cherche pas ma volonté, mais la volonté de celui qui m’a envoyé
38 car je suis descendu du ciel pour faire non pas ma volonté, mais la volonté de celui qui m’a envoyé.
39 Étant allé un peu plus loin, il tomba face contre terre en faisant cette prière : ” Mon Père, s’il est possible, que cette coupe passe loin de moi ! Cependant, non pas comme je veux, mais comme tu veux. “
Prière
*Seigneur Jésus, les commandements que Dieu nous a transmis par Moïse sont pour nous autant de balises qui nous tracent le chemin de la foi en ton Nom, qui agit par la charité que tu as toi-même vécue en premier, jusqu’à pouvoir nous révéler ainsi que Dieu est amour : apprends-moi à suivre résolument la direction qu’indiquent ces balises, sans me contenter de m’arrêter à simplement les observer, fais-moi découvrir que sur ce chemin, qui est en vérité le tien, je ne dois jamais cesser d’avancer toujours plus loin, grandissant dans ta manière d’obéir, et reproduisant, de plus en plus près, tous ces gestes d’amour et de miséricorde infinis, par lesquels tu nous as révélé ce que nous appelons le “coeur” de Dieu. AMEN.
12.06.2002.*