📘 Commentaire biblique de l’abbé Léon Hamain
Première lecture : 1 Rois 19, 16-21
DU 1er LIVRE DES ROIS
Texte
16 Tu oindras Jéhu fils de Nimshi comme roi d’Israël, et tu oindras Élisée fils de Shaphat, d’Abel-Mehola, comme prophète à ta place.
…
19 Il partit de là et il trouva Élisée fils de Shaphat, tandis qu’il labourait avec douze paires de bœufs, lui-même étant à la douzième. Élie passa près de lui et jeta sur lui son manteau.
20 Élisée abandonna ses bœufs, courut derrière Élie et dit : ” Laisse-moi embrasser mon père et ma mère, puis j’irai à ta suite. ” Élie lui répondit : ” Va, retourne, que t’ai-je donc fait ? “
21 Élisée le quitta, prit la paire de bœufs et l’immola. Il se servit du harnais des bœufs pour les faire cuire, et donna à ses gens, qui mangèrent. Puis il se leva et suivit Élie comme son serviteur.
Commentaire
1. Situation
Les 2 Livres des Rois nous relatent l’histoire des royaumes d’Israël et de Juda depuis Salomon jusqu’à l’exil à Babylone, c’est-à-dire depuis le milieu du 10ème siècle jusqu’au milieu du 6ème siècle. Intervalle qui correspond exactement à la période durant laquelle Israël et Juda ont été vraiment, l’un et l’autre, un Etat, au sens politique du terme, et non pas seulement le “Peuple de Dieu”, qui a existé comme tel bien avant l’avènement de David qui l’avait ainsi unifié, ainsi que bien après l’exil, qui a marqué la fin de son indépendance politique. Intervalle qui est également celui d’un déclin régulier, à travers une marche historique faite de lumières et d’ombres.
Dans ces Livres des Rois, chacun des rois nous est présenté selon un schéma identique : date et âge d’avènement, longueur du règne, nom de la reine-mère (pour les rois de Juda), appréciation de son attitude face au Dieu d’Israêl. Le récit concernant chacun d’eux se conclut également de la même façon : indication de la source de renseignements utilisée concernant ce roi, mention de sa mort et de sa sépulture, nom et prise de pouvoir de son successeur.
Le thème fondamental de ces livres des Rois est que le Temple de Yahvé-Dieu à Jérusalem est le seul endroit où l’on peut légitimement adorer Dieu. Israël, le royaume du Nord, suite à la division du royaume unfié, après la mort de Salomon, a donc construit des sanctuaires schismatiques, soumis aux influences païennes.
Tous les rois d’Israêl et de Juda ne sont finalement appréciés que selon le critère du 1er commandement donné à Moïse, et concernant le culte exclusif à rendre à Yahvé, le seul et unique Dieu.
Vu l’importance de la réforme religieuse du roi Josias en 622, selon les données du Livre du Deutéronome au chapitre 12 (2 Rois, 22), on estime que toute l’histoire des rois a été ainsi relue et composée après ce règne et cette réforme de Josias.
Que ces 2 Livres des Rois aient été écrits avant ou pendant l’exil Babylonien, il n’en reste pas moins que le, ou les, auteur(s) de ces livres est, ou sont, marqué(s) par le Deutéronome ou la pensée Deutéronomiste, telle qu’elle est résumée en Deutéronome, 6,4. Leur but est de montrer à quel point l’histoire d’Israël et de Juda est à interpréter selon la relation au Dieu de l’Alliance, et comment, perçue ainsi, on la découvre conduite par Yahvé-Dieu.
Ces 2 Livres des Rois sont à aborder comme une seule oeuvre nous transmettant en 3 parties : - l’histoire du règne de Salomon (1 Rois, 1 - 11), - l’histoire synchronique des 2 royaumes du Nord (Israël) et du Sud (Juda), jusqu’à la ruine du Royaume du Nord (1 Rois, 12, 1 - 2 Rois, 17, 41), - la fin de l’histoire du royaume de Juda jusqu’à l’exil Babylonien ( 2 Rois, 18, 1 - 25, 30).
2. Message
Lors de sa rencontre avec Yahvé-Dieu au sommet de l’Horeb (Sinaï), Elie a été chargé, entre autres missions, d’aller appeler Elisée, fils de Shaphat, pour le remplacer (19, 9 - 18).
Ce que donc fait maintenant Elie, en allant rejoindre Elisée dans son travail, et en lui jetant son manteau pour l’inviter à le suivre.
Elisée comprend immédiatement le geste d’appel d’Elie, se met à courir derrière lui, et lui demande un délai, à propos duquel Elie réagit par une réponse énigmatique.
Cela n’empêche pas Elisée de se mettre dès que possible à la suite d’Elie, et de le servir, après avoir réglé ses affaires, et, probablement, pris congé de ses proches.
3. Decouvertes
Il semble que le manteau d’Elie ait eu une grande importance, et ait été son signe de reconnaissance (2 Rois, 1, 8 et 2, 8. 14). En jetant ainsi son manteau vers Elisée, comme pour l’envelopper, Elie lui transmet, en quelque sorte, son esprit et sa mission.
Elisée semble être un riche fermier. Accepter de suivre Elie suppose, de sa part, l’abandon de ses biens et de sa famille. Ce qu’Elisée accepte de faire, mais, semble-t-il, à certaines conditions.
La réponse énigmatique d’Elie à la demande d’Elisée peut s’interpréter de deux manières : soit comme un rejet exprimé comme un reproche (“s’il en est ainsi, retourne chez toi, je ne t’ai rien fait”), soit comme un accord accompagné d’un avertissement (“va, mais souviens-toi de ce que je t’ai fait”, c’est-à-dire “de mon appel”).
Il n’est pas précisé qu’Elisée a réellement salué ses parents avant de partir à la suite d’Elie. Ce qui est clair, c’est qu’il abandonne ses biens et les partage.
Il n’est pas certain que, historiquement, Elie et Elisée aient été si proches. Ils représentent deux types assez différents de prophètes : Elie est un homme seul, toujours en chemin, un prophète “errant” ou “nomade”, tandis qu’Elisée est souvent, sinon toujours, en relation avec des groupes ou des communautés de prophètes. Il n’en reste pas moins que notre texte nous montre ici la transmission d’une mission prophétique, d’un prophète à un autre.
4. Prolongement
Ce qui se passe entre Elie et Elisée dans cet épisode, semble être la reprise, ou la répétition de ce qui s’est passé entre Dieu et Elie : - Elie “passe” près d’Elisée, comme Dieu était “passé” près d’ Elie (19, 11), - sa réponse énigmatique à Elisée reprend ce que le Seigneur lui a dit, à lui-même, au sommet de l’Horeb : “va, retourne”… (19, 15).
Après toutes ses aventures extraordinaires, le retour d’Elie dans le monde ordinaire de la vie et des relations humaines coïncide avec le changement de vie radical qu’il propose à Elisée.
Elie fonctionne désormais comme un “lieu” de puissance et de sainteté, vers lequel Elisée est attiré, et, à partir duquel il partira en mission (2 Rois, 2, 1- 25), de la même façon qu’Elie avait quitté le Sinaï, porteur d’un pouvoir et d’une mission.
Jésus appelle ses 4 premiers disciples (André, Simon-Pierre, Jacques et Jean), ainsi que Lévi (Matthieu), de la même façon qu’Elie avait appelé Elisée, en passant près d’eux, alors qu’ils sont à leur travail, et en leur demandant simplement et nettement de le suivre (Marc, 1, 16 - 20 et 2, 14).
Jésus insiste cependant, lorsqu’il appelle ainsi, pour que la réponse soit immédiate et sans conditions : ce qu’ont fait ses premiers disciples, ainsi que Matthieu. Ce que nous avons à faire, tout autant qu’eux , quelles que soient les modalités de notre appel personnel, et de notre “vocation” :
57 Et tandis qu’ils faisaient route, quelqu’un lui dit en chemin : ” Je te suivrai où que tu ailles. ”
58 Jésus lui dit : ” Les renards ont des tanières et les oiseaux du ciel ont des nids ; le Fils de l’homme, lui, n’a pas où reposer la tête. ”
59 Il dit à un autre : ” Suis-moi. ” Celui-ci dit : ” Permets-moi de m’en aller d’abord enterrer mon père. ”
60 Mais il lui dit : ” Laisse les morts enterrer leurs morts ; pour toi, va-t’en annoncer le Royaume de Dieu. ”
61 Un autre encore dit : ” Je te suivrai, Seigneur, mais d’abord permets-moi de prendre congé des miens. ”
62 Mais Jésus lui dit : ” Quiconque a mis la main à la charrue et regarde en arrière est impropre au Royaume de Dieu. “
Prière
*Seigneur Jésus, de même que le Père t’a envoyé en mission parmi nous, quand est venue la plénitude des temps, tu nous envoies, à notre tour, après nous avoir appelés à te suivre, gratuitement et sans conditions, en nous précisant que la où tu es, la aussi seront tes serviteurs, aussi bien sur le chemin de ta passion, que dans le partage de ta gloire, auprès du Père, où tu nous as prepare une place : apprends-moi à rellement te suivre sans condition, mettant tout mon être et toute mon existence à ta disposition, afin que je devienne, avec tous tes disciples, un “lieu” de ta présence, de ta parole, de ton action, au cœur de ce monde, où tu me demandes de laisser ton Esprit reproduire en moi ton image, image qui puisse inviter tout homme, et toute femme, à te rencontrer personnellement, en acceptant d’être saisi(e) par toi. AMEN.
15.06.2002.*
Évangile : Matthieu 5, 33-37
DE L’EVANGILE DE MATTHIEU
Texte
33 ” Vous avez encore entendu qu’il a été dit aux ancêtres : Tu ne te parjureras pas, mais tu t’acquitteras envers le Seigneur de tes serments.
34 Eh bien ! moi je vous dis de ne pas jurer du tout : ni par le Ciel, car c’est le trône de Dieu ;
35 ni par la Terre, car c’est l’escabeau de ses pieds ; ni par Jérusalem, car c’est la Ville du grand Roi.
36 Ne jure pas non plus par ta tête, car tu ne peux en rendre un seul cheveu blanc ou noir.
37 Que votre langage soit : “Oui ? oui”, “Non ? non” : ce qu’on dit de plus vient du Mauvais.
Commentaire
1. Situation
Cet Evangile, qui porte le nom de Matthieu, trouve peut-être sa première source dans une collection de paroles de Jésus, écrites en Araméen et attribuées à l’apôtre Matthieu, par un Père de l’Eglise, Papias d’Alexandrie, vers 125.
Cet Evangile, qui reprend beaucoup de passages de l’Evangile de Marc (qui avait été écrit vers 65), mais en y ajoutant des éléments qu’il partage en grande partie avec Luc, a été très probablement rédigé entre les années 85 et 90.
A parcourir tout ce Livre, on peut se demander s’il a été composé pour des chrétiens d’origine Juive (Judéochrétiens), ou pour des chrétiens d’origine païenne, ou encore pour les deux. La position communément admise de nos jours est qu’il a été écrit pour une communauté Judéochrétienne qui s’est trouvée exclue du Judaïsme, suite à une décision par des rabbins Juifs non chrétiens de ne plus tolérer la double appartenance, à la fois Juive et chrétienne, de ces Judéochrétiens, qui avait été possible jusqu’à cette date. Rupture qui explique la dureté des propos mis dans la bouche de Jésus contre les Scribes et Pharisiens de son temps (Matth. chapitre 23).
Néanmoins, même s’il a été d’abord écrit pour confirmer une communauté Judéochrétienne dans sa découverte de la Bonne Nouvelle de Jésus, cet Evangile est ouvert également à la mission universelle auprès des païens, et il se termine par un envoi en mission par le Christ ressuscité, avec ces paroles : “allez, de toutes les nations, faites des disciples” (28, 18).
On peut diviser cet Evangile en 11 parties, qui se répondent en sens inverse (la 1ère correspondant à la dernière, la 2ème, à l’avant-dernière, etc…), concentrées autour de la 6ème partie, le “Discours en paraboles”, qui sert en quelque sorte de “pivot”. Nous obtenons ainsi le découpage suivant :
- Naissance de Jésus et commencement de sa mission (1 - 4)
- Bénédictions et Discours sur la montagne (5 - 7)
- Manifestations de l’autorité de Jésus et de ses appels (8 - 9)
- Discours sur la mission (10)
- Jésus rejeté par “cette génération” (11 - 12 )
- Discours en paraboles (13)
- Jésus reconnu par ses disciples (14 - 17)
- Discours sur la manière de vivre en communauté de croyants (18)
- De nouveau, Jésus manifeste son autorité et ses appels (19 - 22)
- Proclamation de situations malheureuses et Discours sur la venue définitive du Royaume (23 - 24)
- Passion, mort et résurrection (26 - 28)
Cette présentation fait ressortir que cet Evangile est bien rythmé par 5 grands discours de Jésus, dans lesquels l’auteur a concentré la majeure partie de son enseignement. Les 5 discours ont souvent fait penser aux 5 livres de Moïse de l’Ancien Testament. On dit volontiers que, pour Matthieu, Jésus est le “Nouveau Moïse”.
Avec notre page se continue le 1er des 5 grands discours de Jésus, tels que Matthieu nous les a recomposés, 1er discours qu’on appelle habituellement le “Sermon sur la Montagne”. Mieux vaut cependant l’intituler “La Charte du Royaume de Dieu”, pour en mieux mesurer l’importance.
En effet, Jésus nous y livre les “secrets” du Règne de Dieu : d’abord, ce qu’il nous faut chercher et recevoir du véritable “bonheur” selon Dieu : les béatitudes (5, 1 - 12), ensuite, ce qu’une telle découverte fait de nous au coeur du monde et pour le monde : la saveur et la lumière (5, 13 - 16), enfin, où cela nous conduit comme style de vie : - de dépassement infini de toutes les exigences (5, 17 - 48), - de changement profond d’attitude dans la prière, l’aumône et le jeûne (6, 1 - 18), - de découverte du caractère “unique” de ce que Jésus nous propose, et du choix absolu pour marcher avec lui, qu’il attend de nous, les croyants (6, 19 - 7, 29).
2. Message
Jésus n’est pas venu abolir, mais accomplir les obligations de l’Alliance avec Dieu définies à Moïse au Sinaï, en nous demandant de les vivre selon une avancée en qualité, et une exigence nouvelle, qu’il nous caractérise en 6 dépassements successifs, qu’il nous faut réaliser, pour que nous puissions recevoir le Règne de Dieu en notre vie, en dépassant la justice des Scribes et des Pharisiens. Après nous avoir instruits successivement sur le refus de la colère intérieure, de l’adultère et du divorce, Jésus nous parle maintenant du serment.
Comme dans les cas évoqués précédemment, Jésus pose une fois de plus l’antithèse : “Vous avez appris qu’il a été dit…, moi je vous dis…”, mettant ainsi tout le poids de son autorité derrière ses paroles.
La citation qu’il donne de l’Ancien Testament est une phrase composée de deux extraits : l’un, du Lévitique, 19, 12, et l’autre, des Nombres, 30, 3. Il semble exister une sorte de tension “logique”, sinon une contradiction, entre les deux termes de cette citation : Tu ne feras pas de faux serments, mais tu t’acquitteras de tes serments envers le Seigneur” (ce qui indique que l’on peut prêter serment, ce que Jésus va contester fortement). Le dépassement qu’exige Jésus apparaît donc tout-à-fait clairement : “Moi, je vous dis de ne pas jurer du tout”, formule négative absolue, suivie d’une formule positive toute aussi absolue : quand vous dites “oui”, que ce soit un “oui”,quand vous dites “non”, que ce soit un “non”.
La défense nette et radicale (“ne pas jurer du tout”) est donc associée au commandement tout aussi net et radical (“dire oui ou non, sans plus”). Qu’est-ce que cela veut dire ? Que le langage doit corrrespondrre au plus profond de ce que je pense, ou que le langage que j’emploie doit être vrai au point qu’il n’est plus besoin de l’appuyer sur l’autorité du serment ? La plupart des commentateurs estiment que Jésus vise cette dernière et seconde interprétation, qui n’interdirait pas un usage légitime du serment, dans des circonstances particulièrement précisées, et à condition, bien entendu, qu’il soit vrai.
En se prononçant ainsi, Jésus refuse les subterfuges hypocrites qui consistent à faire appel à une autorité ou force extérieure (qui, de fait, est toujours Dieu, même si on fait appel à lui indirectement), pour donner plus de poids et d’assurance à ce qui n’est souvent pas totalement vrai. La vérité clairement cherchée et exprimée appelle un langage , direct et simple, qui n’interdit pas, par ailleurs, qu’on puisse employer un langage suggestif, poétique ou imagé, comme Jésus lui-même ne s’en prive pas dans ses paraboles !
3. Decouvertes
Aux versets 34, 35 et 36,où il cite Isaïe, 66, 1 et le Psaume 48, 2, Jésus nous fournit quelques exemples de formules de serments qui contiennent des subterfuges pour le Nom même de Dieu. Ces formules, Jésus les récuse absolument, en rappelant qui’il ne se trouve rien dans la création qui ne vienne de Dieu et ne dépende de lui.
Le verset 37, sur le “oui” ou le “non” que nous devons avoir le courage d’affirmer, est le plus important de toute cette page, car il nous offre un commandement très net qui suppose, de notre part, que nous fassions un choix entre la vérité pour elle-même, ou la dépendance des forces du mal (le Malin)
La position de Jésus s’inspire de celle du Décalogue, qui ne dit mot, ni de l’action de jurer, ni des serments, ni des voeux, mais insiste sur l’essentiel : vis à vis de Dieu (“ne pas prononcer en vain le Nom de Dieu” : Exode, 20, 7), et vis à vis du prochain (“ne pas porter de faux témoignage” : Exode, 20, 16).
4. Prolongement
Paul a repris ce thème du “OUI” pour qualifier ainsi l’attitude permanente de Jésus, en qui, nous dit-il, il n’y a eu que le “OUI”constant au Père et à sa volonté (2 Corinthiens, 1, 17 - 19), ainsi que le “OUI” de disponibilité et de gratuité à tous ceux qui sont venus à lui ou lui ont fait appel.
Paul ajoute que c’est par ce “OUI” du Christ que nous sommes capables de dire notre propre “OUI” assumé, repris, intégré, dans le sien.
Prière
*Seigneur Jésus, tu t’es proclamé “le chemin, la Vérité et a vie”, nous invitant ainsi à te suivre, et, devant Pilate, tu as résumé ta mission en disant que tu n’étais venu en ce monde que pour rendre témoignage à la Vérité : aide-moi à mieux comprendre l’appel que tu nous adresses à travers tes propos, et fais que j’entende vraiment ta voix qui m’encourage à te suivre, en me montrant vrai et transparent de la vérité de ce que je vis, de ce que je cherche, de ce que je découvre. AMEN.
14.06.2003.*