📘 Commentaire biblique de l’abbé Léon Hamain


Première lecture : 2 Corinthiens 11, 18-30

DE LA 2ème LETTRE AUX CORINTHIENS

Texte

18 Puisque tant d’autres se glorifient selon la chair, je vais, moi aussi, me glorifier.
19 Vous supportez si volontiers les insensés, vous qui êtes sensés !
20 Oui, vous supportez qu’on vous asservisse, qu’on vous dévore, qu’on vous pille, qu’on vous traite avec arrogance, qu’on vous frappe au visage.
21 Je le dis à votre honte ; c’est à croire que nous nous sommes montré faible… Mais ce dont on se prévaut - c’est en insensé que je parle -, je puis m’en prévaloir, moi aussi.
22 Ils sont Hébreux ? Moi aussi. Ils sont Israélites ? Moi aussi. Ils sont postérité d’Abraham ? Moi aussi.
23 Ils sont ministres du Christ ? Je vais dire une folie ! Moi, plus qu’eux. Bien plus par les travaux, bien plus par les emprisonnements, infiniment plus par les coups. Souvent j’ai été à la mort.
24 Cinq fois j’ai reçu des Juifs les trente-neuf coups de fouet ;
25 trois fois j’ai été battu de verges ; une fois lapidé ; trois fois j’ai fait naufrage. Il m’est arrivé de passer un jour et une nuit dans l’abîme !
26 Voyages sans nombre, dangers des rivières, dangers des brigands, dangers de mes compatriotes, dangers des païens, dangers de la ville, dangers du désert, dangers de la mer, dangers des faux frères !
27 Labeur et fatigue, veilles fréquentes, faim et soif, jeûnes répétés, froid et nudité !
28 Et sans parler du reste, mon obsession quotidienne, le souci de toutes les Églises !
29 Qui est faible, que je ne sois faible ? Qui vient à tomber, qu’un feu ne me brûle ?
30 S’il faut se glorifier, c’est de mes faiblesses que je me glorifierai

Commentaire

1. Situation

La 2ème Lettre de Paul aux Corinthiens comprend, à vrai dire, 2 lettres, la 1ère, appelée Lettre A, regroupant les chapitres 1 - 9, la 2nde, appelée Lettre B, les chapitres 10 - 13. Cette division est admise par la plupart des spécialistes, même si certains sont allés jusqu’à y découvrir un ensemble de 5 lettres de Paul.

Personne, en revanche, ne met en doute que cette lettre, en son état actuel, soit un texte authentique de Paul, sauf peut-être pour les versets 6, 14 - 7, 1, qu’un certain nombre considèrent comme postérieurs à Paul.

La Lettre A a dû être écrite au printemps de l’année 55, soit environ un année après la 1ère Lettre de Paul aux Corinthiens, tandis que la Lettre B aurait été écrite quelques mois seulement plus tard que la Lettre A, au cours de l’été 55.

Dans ces 2 Lettres, A et B, Paul se trouve sur la défensive face aux chrétiens de Corinthe.

Relisant cette Lettre dans son unité d’ensemble actuelle, nous y distinguons, entre l’adresse et la prière de bénédiction de l’introduction (1, 1 - 11) et les salutations et la bénédiction finale de la conclusion (13, 11 - 13), deux grandes parties qu’on pourrait intituler : - Paul le conciliateur (1, 12 - 9, 15), - Paul se met en situation d’attaquant pour mieux se défendre (10, 1 - 13, 10).

Dans la Lettre A, après une introduction (1, 1 - 11), Paul commence par expliquer pour quelles raisons il a dû annuler un voyage qu’il avait prévu à Corinthe (1, 12 - 2, 13), puis il définit les critères d’un apostolat authentique au service de la cause de Jésus ( 2, 14 - 6, 10). Il reparle ensuite de ses relations avec l’Eglise de Corinthe dans une 3ème partie (6, 11 - 7, 16) avant de conclure sur un appel à participer généreusement à la collecte qu’il a organisée pour les pauvres de l’Eglise de Jérusalem (8, 1 - 9, 15).

Dans la Lettre B (ou 2ème partie de notre actuelle 2ème Lettre aux Corinthiens), Paul se livre d’abord à une défense préliminaire (10, 1 - 18), avant de se lancer, selon une attitude qu’il qualifiera de “folie”, dans un discours plein d’emportement (11, 1 - 12, 13), et de conclure sa défense (12, 14 - 13, 10).


Notre passage se situe dans la “Lettre B”, ou dans la deuxième grande partie de cette 2ème Lettre aux Corinthiens. Paul, après avoir situé sa position de défense (10, 1 - 18), s’est lancé dans un discours impétueux, où il a d’abord rappelé l’enjeu de sa mission, puis comparé, face à celle de ses adversaires. son attitude envers l’Eglise de Corinthe, selon les situations les plus diverses et les plus difficiles qu’il a pu y rencontrer (11, 1 - 17).

Il “s’envole” maintenant, toujours en relation avec les prétentions de ses adversaires, dans le rappel de tout ce qu’a été son expérience de croyant Juif et d’apôtre saisi par Jésus Christ.

2. Message

Paul, dans ce qu’il appelle son “moment de folie”, se situe maintenant sur le terrain de ses adversaires, dont il adopte le langage. Il se met donc à se vanter, pour mieux prouver l’inanité de leurs prétentions.

Et il se livre à ce genre d’exercice trompeur et fallacieux en constatant, et regrettant, que cette manière de s’exprimer est celle qui convient malheureusement aux Corinthiens !

Alors Paul de clamer sa supériorité en deux domaines face à ces “faux-apôtres” qui le poursuivent : dans le domaine de l’authenticité de son Judaïsme, et dans celui de son engagement total, et en prenant tous les risques, dans sa mission d’apôtre.

Peut-on trouver quelqu’un ayant plus de titres aue Paul pour revendiquer son appartenance au Judaisme ? Certainement pas. Paul cite volontiers ses lettres de créance en ce domaine : voir Galates, 2, 15, ainsi que Philippiens, 3, 5 - 6 et Romains, 11, 1.

De même, qui pourrait se vanter d’avoir, plus que Paul, enduré fatigues, épreuves et persécutions dans l’exercice de son ministère ? La liste qu’il nous donne ici de tout ce qu’il a subi pour la cause de Jésus et de l’Evangile, est impressionnante, et représente le 4ème catalogue d’épreuves endurées, dont il fait part aux Corinthiens (après 1 Corinthiens, 4, 9 - 13, puis 2 Corinthiens, 4, 8 - 12, et 6, 4 - 10).

3. Decouvertes

Aux versets 17 - 18, Paul déclare explicitement qu’il ne parle pas ici avec l’autorité du Seigneur (voir 1, 12 - 14), mais pour se vanter, selon des critères simplement humains.

Aux versets 19 - 21, il manie vigoureusement sarcasme et ironie. A ces Corinthiens qui se prétendent “sages” (1 Corinthiens, 2, 6 - 16; 4, 10; 6, 4 - 5), mais qui se laissent “berner” par de faux apôtres, il déclare qu’en se comportant lui-même avec folie, il est sûr d’être compris et accueilli par eux, qui supportent si volontiers les charlatans ! Et, de ce point de vue, toujours avec ironie, Paul se dit honteux d’avoir été “faible”, en n’adoptant pas la tactique de ses adversaires.

Les versets 11, 21 - 12, 10 nous offrent la partie centrale de ce discours de Paul, dans lequel il se met sur le terrain même de ses opposants, pour s’y montrer au moins égal ou supérieur, tant sur le plan de leur appartenance au Judaïsme, que sur celui du ministère apostolique, où il l’emporte largement, dans le champ des souffrances et des humiliations pour la cause de Jésus.

Le catalogue d’épreuves, que Paul cite, est en rapport avec sa théologie de la Croix (versets 30 et 31).

Paul détaille les souffrances subies :

  • dans le domaine de son travail ordinaire d’évangélisation (versets 23 et 27),
  • lors de ses voyages (versets 25 - 26),
  • dans les persécutions ou sévices (versets 23 et 26),
  • dans ses relations aux communautés d’Eglise (versets 26 et 28).

Paul a été “battu” physiquement autant par les Juifs (les 39 coups prévus par Deutéronome, 25, 1 - 3), que par les Romains, illégalement en ce cas, selon Actes, 16, 22.

4. Prolongement

Autres textes de Paul sur les mêmes thèmes :

4 J’aurais pourtant sujet, moi, d’avoir confiance même dans la chair ; si quelque autre croit avoir des raisons de se confier dans la chair, j’en ai bien davantage :

5 circoncis dès le huitième jour, de la race d’Israël, de la tribu de Benjamin, Hébreu fils d’Hébreux ; quant à la Loi, un Pharisien ;

6 quant au zèle, un persécuteur de l’Église ; quant à la justice que peut donner la Loi, une homme irréprochable.

17 De Milet, il envoya chercher à Éphèse les anciens de cette Église.

18 Quand ils furent arrivés auprès de lui, il leur dit : ” Vous savez vous-mêmes de quelle façon, depuis le premier jour où j’ai mis le pied en Asie, je n’ai cessé de me comporter avec vous,

19 servant le Seigneur en toute humilité, dans les larmes et au milieu des épreuves que m’ont occasionnées les machinations des Juifs.

20 Vous savez comment, en rien de ce qui vous était avantageux, je ne me suis dérobé quand il fallait vous prêcher et vous instruire, en public et en privé,

21 adjurant Juifs et Grecs de se repentir envers Dieu et de croire en Jésus, notre Seigneur.

17 Si j’avais l’initiative de cette tâche, j’aurais droit à une récompense ; si je ne l’ai pas, c’est une charge qui m’est confiée.

18 Quelle est donc ma récompense ? C’est qu’en annonçant l’Évangile, j’offre gratuitement l’Évangile, sans user du droit que me confère l’Évangile.

19 Oui, libre à l’égard de tous, je me suis fait l’esclave de tous, afin de gagner le plus grand nombre.

20 Je me suis fait Juif avec les Juifs, afin de gagner les Juifs ; sujet de la Loi avec les sujets de la Loi - moi, qui ne suis pas sujet de la Loi - afin de gagner les sujets de la Loi.

21 Je me suis fait un sans-loi avec les sans-loi - moi qui ne suis pas sans une loi de Dieu, étant sous la loi du Christ - afin de gagner les sans-loi.

22 Je me suis fait faible avec les faibles, afin de gagner les faibles. Je me suis fait tout à tous, afin d’en sauver à tout prix quelques-uns.

23 Et tout cela, je le fais à cause de l’Évangile, afin d’en avoir ma part

8 Et, en tout dernier lieu, il m’est apparu à moi aussi, comme à l’avorton.

9 Car je suis le moindre des apôtres ; je ne mérite pas d’être appelé apôtre, parce que j’ai persécuté l’Église de Dieu.

10 C’est par la grâce de Dieu que je suis ce que je suis, et sa grâce à mon égard n’a pas été stérile. Loin de là, j’ai travaillé plus qu’eux tous : oh ! non pas moi, mais la grâce de Dieu qui est avec moi.

Prière

*Seigneur Jésus, selon ta Parole et l’exemple de ce que tu as vécu parmi nous, le grain de blé jeté en terre doit mourir pour produire le fruit d’une plante nouvelle, tes disciples sonr appelés à passer, à leur tour, par ton chemin de risque, de passion, de mort et de résurrection, et tels sont bien le langage, le témoignage et l’expérience que nous laisse Paul, ton apôtre : donnne-moi, dans la force de ton Esprit, de te suivre dans la vérité du cheminement quotidien que tu me proposes, avec tous les risques et tous les appels qu’il comporte. AMEN.

20.06.2003.*

Évangile : Matthieu 6, 19-23

DE L’EVANGILE DE MATTHIEU

Texte

19 ” Ne vous amassez point de trésors sur la terre, où la mite et le ver consument, où les voleurs percent et cambriolent.
20 Mais amassez-vous des trésors dans le ciel : là, point de mite ni de ver qui consument, point de voleurs qui perforent et cambriolent.
21 Car où est ton trésor, là sera aussi ton cœur.
22 ” La lampe du corps, c’est l’œil. Si donc ton œil est sain, ton corps tout entier sera lumineux.
23 Mais si ton œil est malade, ton corps tout entier sera ténébreux. Si donc la lumière qui est en toi est ténèbres, quelles ténèbres !

Commentaire

1. Situation

Cet Evangile, qui porte le nom de Matthieu, trouve peut-être sa première source dans une collection de paroles de Jésus, écrites en Araméen et attribuées à l’apôtre Matthieu, par un Père de l’Eglise, Papias d’Alexandrie, vers 125.

Cet Evangile, qui reprend beaucoup de passages de l’Evangile de Marc (qui avait été écrit vers 65), mais en y ajoutant des éléments qu’il partage en grande partie avec Luc, a été très probablement rédigé entre les années 85 et 90.

A parcourir tout ce Livre, on peut se demander s’il a été composé pour des chrétiens d’origine Juive (Judéochrétiens), ou pour des chrétiens d’origine païenne, ou encore pour les deux. La position communément admise de nos jours est qu’il a été écrit pour une communauté Judéochrétienne qui s’est trouvée exclue du Judaïsme, suite à une décision par des rabbins Juifs non chrétiens de ne plus tolérer la double appartenance, à la fois Juive et chrétienne, de ces Judéochrétiens, qui avait été possible jusqu’à cette date. Rupture qui explique la dureté des propos mis dans la bouche de Jésus contre les Scribes et Pharisiens de son temps (Matth. chapitre 23).

Néanmoins, même s’il a été d’abord écrit pour confirmer une communauté Judéochrétienne dans sa découverte de la Bonne Nouvelle de Jésus, cet Evangile est ouvert également à la mission universelle auprès des païens, et il se termine par un envoi en mission par le Christ ressuscité, avec ces paroles : “allez, de toutes les nations, faites des disciples” (28, 18).

On peut diviser cet Evangile en 11 parties, qui se répondent en sens inverse (la 1ère correspondant à la dernière, la 2ème, à l’avant-dernière, etc…), concentrées autour de la 6ème partie, le “Discours en paraboles”, qui sert en quelque sorte de “pivot”. Nous obtenons ainsi le découpage suivant :

  • Naissance de Jésus et commencement de sa mission (1 - 4)
  • Bénédictions et Discours sur la montagne (5 - 7)
  • Manifestations de l’autorité de Jésus et de ses appels (8 - 9)
  • Discours sur la mission (10)
  • Jésus rejeté par “cette génération” (11 - 12 )
  • Discours en paraboles (13)
  • Jésus reconnu par ses disciples (14 - 17)
  • Discours sur la manière de vivre en communauté de croyants (18)
  • De nouveau, Jésus manifeste son autorité et ses appels (19 - 22)
  • Proclamation de situations malheureuses et Discours sur la venue définitive du Royaume (23 - 24)
  • Passion, mort et résurrection (26 - 28)

Cette présentation fait ressortir que cet Evangile est bien rythmé par 5 grands discours de Jésus, dans lesquels l’auteur a concentré la majeure partie de son enseignement. Les 5 discours ont souvent fait penser aux 5 livres de Moïse de l’Ancien Testament. On dit volontiers que, pour Matthieu, Jésus est le “Nouveau Moïse”.


Avec notre page se continue le 1er des 5 grands discours de Jésus, tels que Matthieu nous les a recomposés, 1er discours qu’on appelle habituellement le “Sermon sur la Montagne”. Mieux vaut cependant l’intituler “La Charte du Royaume de Dieu”, pour en mieux mesurer l’importance.

En effet, Jésus nous y livre les “secrets” du Règne de Dieu : d’abord, ce qu’il nous faut chercher et recevoir du véritable “bonheur” selon Dieu : les béatitudes (5, 3 - 12), ensuite, ce qu’une telle découverte fait de nous au coeur du monde et pour le monde : la saveur et la lumière (5, 13 - 16), enfin, où cela nous conduit comme style de vie : - de dépassement infini de toutes les exigences (5, 17 - 48), - de changement profond d’attitude dans la prière, l’aumône et le jeûne (6, 1 - 18), - de découverte du caractère “unique” de ce que Jésus nous propose, et du choix absolu pour marcher avec lui, qu’il attend de nous, les croyants (6, 19 - 7, 29).

2. Message

Ce texte, avec lequel commence la dernière section du discours sur la Charte du Royaume, ou Sermon sur la Montagne, fait partie d’un ensemble de 4 paragraphes (6, 19 - 34), qui traite de notre relation aux biens de ce monde : - qu’il ne faut pas thésauriser (6, 19 - 21), - avec lesquels il faut faire preuve de générosité (6, 22 - 23), - face auxquels nous sommes appelés à faire un choix capital, car on ne peut servir à la fois Dieu et l’argent (6, 24), - et, finalement, à propos desquels nous n’avons pas à nous faire de soucis (6, 25 - 34).

Dans cet ensemble, nous rencontrons 3 antithèses, dont 2 dans notre page de ce jour, qui doivent nous permettre de guider nos décisions, et de spécifier concrètement nos démarches : la terre ou le ciel, les ténèbres ou la lumière, la richesse de l’argent ou Dieu.

Chacune de ces antithèses nous invite à nous situer, et à réagir, à un niveau différent de notre être : au niveau de notre coeur pour la première, de notre oeil pour la seconde, de notre engageùent total pour la troisième.

Si bien que notre détermination, prise en notre coeur, d’amasser des biens dans le ciel ou sur la terre, crée en nous soit la lumère intérieure ou les ténèbres, ce qui a une incidence sur l’état de notre oeil (c’est-à-dire de notre regard intérieur ou de notre intention profonde), qui nous pousse, dès lors, à servir Dieu ou l’argent.

3. Decouvertes

Les versets 22 - 23 ne comparent pas l’oeil à une fenêtre, mais à une lampe. L’image ici employée par Jésus suppose donc que notre oeil est l’endroit par lequel sort notre lumière intérieure. Il s’agit alors d’un mouvement qui va de l’intérieur vers l’extérieur, et non pas dans l’autre sens.

En effet, dans l’Antiquité, la théorie de notre vision, ou du fonctionnement de notre vue, postulait que nos yeux ont leur propre lumière.

D’où l’association de cette image à l’idée de “générosité”. Car, dans cette perspective, lorsque notre oeil est sain, c’est-à-dire plein de générosité (voir Proverbes,22, 9), nous sommes remplis de lumière. Ce qui signifie que notre générosité est la preuve de notre lumière intérieure, qui, ainsi, se manifeste à l’extérieur de nous-mêmes. A l’inverse, quand notre oeil n’est pas sain, c’est que nous sommes enfouis dans les ténèbres, ce qui signifie que nos expressions de convoitise sont le signe de nos ténèbres intérieures.

A noter qu’une parole de Jésus, à la fin de la parabole des “ouvriers envoyés à la vigne” corrobore cette interprétation de l’image de l’oeil :

13 Alors il répliqua en disant à l’un d’eux : “Mon ami, je ne te lèse en rien : n’est-ce pas d’un denier que nous sommes convenus ?

14 Prends ce qui te revient et va-t’en. Il me plaît de donner à ce dernier venu autant qu’à toi :

15 n’ai-je pas le droit de disposer de mes biens comme il me plaît ? Ou alors ton oeil est-il mauvais parce que je suis bon ?” (traduction TOB)

4. Prolongement

Quelques versets de l’Evangile de Jean, et de la 1ère Lettre de Jean, nous permettent d’approfondir cette relation entre notre lumière et notre générosité, dans notre marche vers Dieu à la suite de Jésus, en notre qualité de disciples :

20 Quiconque, en effet, commet le mal hait la lumière et ne vient pas à la lumière, de peur que ses œuvres ne soient démontrées coupables,

21 mais celui qui fait la vérité vient à la lumière, afin que soit manifesté que ses œuvres sont faites en Dieu. ”

9 Celui qui prétend être dans la lumière tout en haïssant son frère est encore dans les ténèbres.

10 Celui qui aime son frère demeure dans la lumière et il n’y a en lui aucune occasion de chute.

11 Mais celui qui hait son frère est dans les ténèbres, il marche dans les ténèbres, il ne sait où il va, parce que les ténèbres ont aveuglé ses yeux.

12 De nouveau Jésus leur adressa la parole et dit : ” Je suis la lumière du monde. Qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais aura la lumière de la vie. ”

39 Jésus dit alors : ” C’est pour un discernement que je suis venu en ce monde : pour que ceux qui ne voient pas voient et que ceux qui voient deviennent aveugles. ”

40 Des Pharisiens, qui se trouvaient avec lui, entendirent ces paroles et lui dirent : ” Est-ce que nous aussi, nous sommes aveugles ? ”

41 Jésus leur dit : ” Si vous étiez aveugles, vous n’auriez pas de péché ; mais vous dites : Nous voyons ! Votre péché demeure. ”

5 Or voici le message que nous avons entendu de lui et que nous vous annonçons : Dieu est Lumière, en lui point de ténèbres.

6 Si nous disons que nous sommes en communion avec lui alors que nous marchons dans les ténèbres, nous mentons, nous ne faisons pas la vérité.

7 Mais si nous marchons dans la lumière comme il est lui-même dans la lumière, nous sommes en communion les uns avec les autres, et le sang de Jésus, son Fils, nous purifie de tout péché.

7 Bien-aimés, aimons-nous les uns les autres, puisque l’amour est de Dieu et que quiconque aime est né de Dieu et connaît Dieu.

8 Celui qui n’aime pas n’a pas connu Dieu, car Dieu est Amour.

9 En ceci s’est manifesté l’amour de Dieu pour nous : Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde afin que nous vivions par lui.

Prière

*Seigneur Jésus, tu nous as fait connaître que Dieu est Lumière, et tu t’es toi-même proclamé “La Lumière du Monde”, nous invitant à te suivre pour ne pas demeurer dans les ténèbres d’une existence qui serait seulement conduite à partir de nous-mêmes, de nos projets, et en vue de la seule recherche de nous-mêmes, qui, sans toi, ne sommes que ténèbres : change sans cesse mon regard, pour qu’il laisse transparaître la lumière intérieure que tu mets en mon coeur par le don et la présence de ton Esprit Saint de vérité et d’amour, et que mon être tout entier soit ainsi un lieu où tu te manifestes pleinement, comme le révélateur de celui qui est plénitude de Lumière, de Vérité et d’Amour, ton Père avec qui tu ne fais qu’un, origine et terme d’une vie nouvelle que nous recevons de toi. AMEN.

21.06.2002.*


La Bible commentée · Liturgie du jour