📘 Commentaire biblique de l’abbé Léon Hamain
Première lecture : Genèse 16, 1-16
DU LIVRE DE LA GENESE
Texte
1 La femme d’Abram, Saraï, ne lui avait pas donné d’enfant. Mais elle avait une servante égyptienne, nommée Agar,
2 et Saraï dit à Abram : Vois, je te prie : Yahvé n’a pas permis que j’enfante. Va donc vers ma servante. Peut-être obtiendrai-je par elle des enfants. Et Abram écouta la voix de Saraï.
3 Ainsi, au bout de dix ans qu’Abram résidait au pays de Canaan, sa femme Saraï prit Agar l’Égyptienne, sa servante, et la donna pour femme à son mari, Abram.
4 Celui-ci alla vers Agar, qui devint enceinte. Lorsqu’elle se vit enceinte, sa maîtresse ne compta plus à ses yeux.
5 Alors Saraï dit à Abram : Tu es responsable de l’injure qui m’est faite ! J’ai mis ma servante entre tes bras et, depuis qu’elle s’est vue enceinte, je ne compte plus à ses yeux. Que Yahvé juge entre moi et toi !
6 Abram dit à Saraï : Eh bien, ta servante est entre tes mains, fais-lui comme il te semblera bon. Saraï la maltraita tellement que l’autre s’enfuit de devant elle.
7 L’Ange de Yahvé la rencontra près d’une certaine source au désert, la source qui est sur le chemin de Shur.
8 Il dit : Agar, servante de Saraï, d’où viens-tu et où vas-tu ? Elle répondit : Je fuis devant ma maîtresse Saraï.
9 L’Ange de Yahvé lui dit : Retourne chez ta maîtresse et sois-lui soumise.
10 L’Ange de Yahvé lui dit : Je multiplierai beaucoup ta descendance, tellement qu’on ne pourra pas la compter.
11 L’Ange de Yahvé lui dit : Tu es enceinte et tu enfanteras un fils, et tu lui donneras le nom d’Ismaèl, car Yahvé a entendu ta détresse.
12 Celui-là sera un onagre d’homme, sa main contre tous, la main de tous contre lui, il s’établira à la face de tous ses frères.
13 A Yahvé qui lui avait parlé, Agar donna ce nom : Tu es El Roï, car, dit-elle, Ai-je encore vu ici après celui qui me voit ?
14 C’est pourquoi on a appelé ce puits le puits de Lahaï Roï; il se trouve entre Cadès et Béred.
15 Agar enfanta un fils à Abram, et Abram donna au fils qu’enfanta Agar le nom d’Ismaèl.
16 Abram avait quatre-vingt-six ans quand Agar le fit père d’Ismaèl.
Commentaire
1. Situation
Le Livre de la Genèse est le premier livre de la Bible, et le premier des 5 livres attribués à la tradition de Moïse, et dont les différents éléments qui le composent se sont additionnés pendant plusieurs siècles jusqu’au temps de la rédaction finale, aux environs du 6ème siècle, et très probablement après le retour de l’exil Babylonien.
Ce livre nous présente d’abord une histoire des origines des nations, avec la création du monde (1, 1 - 2, 3), ainsi que de l’homme et de la femme, leur descendance et l’expansion de la civilisation (2,4 - 4, 24), la vie des générations d’avant le Déluge, le Déluge (4, 25 - 6, 8), et la repopulation jusqu’au moment de la dispersion (6, 9 - 9, 29), suite à l’orgueil manifesté par les hommes de la grande ville de Babel, avec sa tour (10, 1 - 11, 9).
Nous entrons ensuite - après un court interlude nous présentant la généalogie de Sem à Terah, le père d’Abraham (11, 10 -26) - dans une seconde grande partie, l’histoire des ancètres d’sraël (11, 27 - 50, 26), qui comprend le cycle d’Abraham et de Sarah (11, 27 - 25, 18), le cycle d’Isaac et Jacob (25, 19 - 36, 43), et, finalement, l’histoire de Joseph (37, 10 - 50, 26).
Notre page fait partie du cycle d’Abraham, dont elle nous continue de nous présenter le début. Après avoir été témoins de l’appel d’Abraham par le Seigneur, de son séjour dangereux en Egypte, de sa séparation d’avec son neveu Lot, nous en arrivons aux promesses que Dieu reprécise à Abraham, concernant la descendance et la possession de la terre, qui lui ont été annoncées.
Mais comment se situer concrètement devant la lenteur apparente de la réalisation de ces promesses de Dieu ? C’est ce dont parle notre passage.
2. Message
Abraham, porteur de la promesse de Dieu d’une immense descendance, demeure pour le moment sans enfant, et son épouse stérile, Sarah, selon les usages de l’époque, lui propose de se donner, et de lui donner, un fils par l”intermédiaire de sa servante Agar. Abraham accepte cette proposition.
La suite du récit nous fait mesurer l’ampleur de la rivalité entre ces deux femmes, qui conduit Sarah à exiger d’Abraham qu’elle puisse traiter comme elle l’entend sa servante Agar, enceinte d’une enfant dont Abraham est le père. De nouveau Abraham accepte cette proposition, et Agar, fortement malmenée par Sarah, n’a plus qu’à prendre la fuite.
A travers ces événements Dieu intervient et se manifeste comme celui qui continue de réaliser son plan. Certes, Abraham aura un fils né d’Agar, qui sera néanmoins béni de Dieu, et ancêtre d’un peuple nombreux, mais sans pour autant être le fils que Dieu avait promis, et continue de prometttre, à Abraham.
3. Decouvertes
Ce récit, qui se trouve dupliqué, avec quelques variantes, en Genèse, 21, 9 - 21, traduit, une fois de plus, les menaces qui pèsent sur la promesse de Dieu de donner à Abraham une descendance nombreuse et légitime par sa femme Sarah.
Ce chapitre 16 précède la répétition de la promesse de Dieu à Abraham, avec encore plus de détails, au chapitre 17, 1 - 22. De son côté, le récit du chapitre 21, 9 - 21, suit immédiatement celui de la naissance d’Isaac (21, 1 - 8), pour confirmer que ce dernier - et lui seul - est bien l’unique héritier promis par Dieu à Abraham, même si Dieu bénit par ailleurs Isamël, le fils né d’Abraham et d’Agar, antérieurement à Isaac.
L’on pense que ce récit, concernant Agar et son enfant, a eu une existence indépendante avant d’être inséré dans le cycle d’Abraham, et l’on en conclut que la figure d’Agar avait, d’elle-même, une grande importance.
La demande de Sarah à Abraham de se donner, et donc de lui donner, un enfant par la servante de Sarah correspond à une pratique commune, et acceptée, dans le Proche Orient ancien : c’était là, semble-t-il, un droit de l’épouse.
La promesse faite par Dieu à Agar concernant l’avenir de son enfant ressemble étrangement à celle faite à Abraham. Ainsi Ismaël se trouve-t-il identifié comme l’ancêtre des Ismaélites, peuple dont les caractéristiques sont décrites au verset 12 (indépendant, vagabond, batailleur).
Le nom d’Ismaël, donné par Dieu à l’enfant que porte Agar, signifie “Dieu a écouté” (les plantes d’Agar persécutée). Quant au nom de El Roï, lié à la rencontre d’Agar avec l’Ange du Seigneur, il est considéré dans notre texte comme étant devenu le nom du lieu de la rencontre entre Agar et Dieu, lieu non identifié aujourd’hui.
4. Prolongement
La promesse de Dieu à Abraham, réalisée pour lui par la suite avec la naissance d’Isaac, nous concerne encore aujourd’hui, nous qui, par notre foi, sommes témoins à la fois de la promesse faite à cet homme, et de sa réalisation en Jésus avec toute la nouveauté que cela représente, et qui fait que nous sommes maintenant les “fils de la promesse”, mis à part dès avant la créatuion du monde pour devenir “fils adoptifs” de Dieu par, et en, Jésus le Christ, comme le chante Paul dans l’hymne de bénédiction qui ouvre sa lettre aux Ephésiens (Ephésiens, 1).
Paul avait déjà cependant repris quasi directement cette scène de la Genèse dans sa Lettre aux Galates, 4, 22 - 31 : pour lui, avec l’accomplissement réalisé en Jésus le Christ, la descendance d’Isaac, le fils de la promesse, dans la mesure où elle proclame le salut par l’observance de la Loi Juive, recule d’un cran et se trouve identifiée à la descendance d’Agar. Seuls sont désormais fils d’Abraham, selon la promesse de Dieu, ceux qui accueillent, par la foi au Christ, la libération effectuée, définitivement et une fois pour toutes, par Jésus en sa mission, sa mort et sa résurrection.
Prière
*Seigneur Jésus, tu nous invites à t’imiter dans la recherche constante de la volonté du Père, à travers les méandres des événements de notre histoire, mais, comme nous le montre le récit biblique des relations entre Abraham, Sarh et Agar, tu nous accompagnes sans cesse au détour de nos nuits, de nos hésitations, et de nos décisions, parfois surprenantes et quelquefois erronées : aide-moi à demeurer, en toutes circonstances, à l’écoute de ta Parole, et dans la ferme conviction de ta présence à nos côtés, surtout quand nous avons l’impresson d’être seuls, et apparemment éloignés de toi. AMEN.
26.03.2003.*
Évangile : Matthieu 7, 21-29
DE L’EVANGILE DE MATTHIEU
Texte
21 ” Ce n’est pas en me disant : “Seigneur, Seigneur”, qu’on entrera dans le Royaume des Cieux, mais c’est en faisant la volonté de mon Père qui est dans les cieux.
22 Beaucoup me diront en ce jour-là : “Seigneur, Seigneur, n’est-ce pas en ton nom que nous avons prophétisé ? en ton nom que nous avons chassé les démons ? en ton nom que nous avons fait bien des miracles ?“
23 Alors je leur dirai en face : “Jamais je ne vous ai connus ; écartez-vous de moi, vous qui commettez l’iniquité. “
24 ” Ainsi, quiconque écoute ces pare-les que je viens de dire et les met en pratique, peut se comparer à un homme avisé qui a bâti sa maison sur le roc.
25 La pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents ont soufflé et se sont déchaînés contre cette maison, et elle n’a pas croulé : c’est qu’elle avait été fondée sur le roc.
26 Et quiconque entend ces paroles que je viens de dire et ne les met pas en pratique, peut se comparer à un homme insensé qui a bâti sa maison sur le sable.
27 La pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents ont soufflé et se sont rués sur cette maison, et elle s’est écroulée. Et grande a été sa ruine ! “
28 Et il advint, quand Jésus eut achevé ces discours, que les foules étaient frappées de son enseignement :
29 car il les enseignait en homme qui a autorité, et non pas comme leurs scribes.
Commentaire
1. Situation
Cet Evangile, qui porte le nom de Matthieu, trouve peut-être sa première source dans une collection de paroles de Jésus, écrites en Araméen et attribuées à l’apôtre Matthieu, par un Père de l’Eglise, Papias d’Alexandrie, vers 125.
Cet Evangile, qui reprend beaucoup de passages de l’Evangile de Marc (qui avait été écrit vers 65), mais en y ajoutant des éléments qu’il partage en grande partie avec Luc, a été très probablement rédigé entre les années 85 et 90.
A parcourir tout ce Livre, on peut se demander s’il a été composé pour des chrétiens d’origine Juive (Judéochrétiens), ou pour des chrétiens d’origine païenne, ou encore pour les deux. La position communément admise de nos jours est qu’il a été écrit pour une communauté Judéochrétienne qui s’est trouvée exclue du Judaïsme, suite à une décision par des rabbins Juifs non chrétiens de ne plus tolérer la double appartenance, à la fois Juive et chrétienne, de ces Judéochrétiens, qui avait été possible jusqu’à cette date. Rupture qui explique la dureté des propos mis dans la bouche de Jésus contre les Scribes et Pharisiens de son temps (Matth. chapitre 23).
Néanmoins, même s’il a été d’abord écrit pour confirmer une communauté Judéochrétienne dans sa découverte de la Bonne Nouvelle de Jésus, cet Evangile est ouvert également à la mission universelle auprès des païens, et il se termine par un envoi en mission par le Christ ressuscité, avec ces paroles : “allez, de toutes les nations, faites des disciples” (28, 18).
On peut diviser cet Evangile en 11 parties, qui se répondent en sens inverse (la 1ère correspondant à la dernière, la 2ème, à l’avant-dernière, etc…), concentrées autour de la 6ème partie, le “Discours en paraboles”, qui sert en quelque sorte de “pivot”. Nous obtenons ainsi le découpage suivant :
- Naissance de Jésus et commencement de sa mission (1 - 4)
- Bénédictions et Discours sur la montagne (5 - 7)
- Manifestations de l’autorité de Jésus et de ses appels (8 - 9)
- Discours sur la mission (10)
- Jésus rejeté par “cette génération” (11 - 12 )
- Discours en paraboles (13)
- Jésus reconnu par ses disciples (14 - 17)
- Discours sur la manière de vivre en communauté de croyants (18)
- De nouveau, Jésus manifeste son autorité et ses appels (19 - 22)
- Proclamation de situations malheureuses et Discours sur la venue définitive du Royaume (23 - 24)
- Passion, mort et résurrection (26 - 28)
Cette présentation fait ressortir que cet Evangile est bien rythmé par 5 grands discours de Jésus, dans lesquels l’auteur a concentré la majeure partie de son enseignement. Les 5 discours ont souvent fait penser aux 5 livres de Moïse de l’Ancien Testament. On dit volontiers que, pour Matthieu, Jésus est le “Nouveau Moïse”.
Avec notre page se termine le 1er des 5 grands discours de Jésus, tels que Matthieu nous les a recomposés, 1er discours qu’on appelle habituellement le “Sermon sur la Montagne”. Mieux vaut cependant l’intituler “La Charte du Royaume de Dieu”, pour en mieux mesurer l’importance.
En effet, Jésus nous y livre les “secrets” du Règne de Dieu : d’abord, ce qu’il nous faut chercher et recevoir du véritable “bonheur” selon Dieu : les béatitudes (5, 3 - 12), ensuite, ce qu’une telle découverte fait de nous au coeur du monde et pour le monde : la saveur et la lumière (5, 13 - 16), enfin, où cela nous conduit comme style de vie : - de dépassement infini de toutes les exigences (5, 17 - 48), - de changement profond d’attitude dans la prière, l’aumône et le jeûne (6, 1 - 18), - de découverte du caractère “unique” de ce que Jésus nous propose, et du choix absolu pour marcher avec lui, qu’il attend de nous, les croyants (6, 19 - 7, 29).
2. Message
Dans cette dernière partie de ce 1er grand discours de Jésus sur la Charte du Royaume, après les 2 ensembles concernant, d’une part, notre relation à l’argent, et, d’autre part, nos comportements face aux personnes que nous rencontrons, vient une longue conclusion nous proposant toute une série d’avertissements (7, 13 - 27) :
- d’abord une invitation à ne pas nous tromper de porte ni de chemin pour aller vers la vie, en choisissant la porte étroite et le chemin resserré (7, 13 - 14),
- ensuite, un appel à nous méfier des faux prophètes, et donc à découvrir les vrais envoyés du Seigneur, qui se reconnaissent à leurs fruits, c’est-à-dire à la bonne qualité de leurs actes et de leurs manières d’être (7, 15 - 23),
- enfin, la parabole finale des deux entrepreneurs de bâtiments, assortie du message qu’il nous faut bâtir sur le roc de la solidité de Dieu, en mettant en pratique toutes les paroles que Jésus vient de prononcer dans ce discours qu’il conclut ainsi.
La lecture liturgique de ce jour, effectuée selon un autre découpage que celui que nous avons choisi de commenter hier, mercredi (7, 13 - 27), en reprend 7 versets (21 - 27), et y ajoute deux remarques de Matthieu sur la réaction des foules à ce discours de Jésus, et sur la manière de parler de Jésus (28 - 29).
En nous limitant aux seuls versets de la lecture liturgique de ce jeudi, nous pouvons résumer-situer ainsi leur enseignement, dans le contexte plus large des versets 13 - 27 : Jésus nous dit en conclusion : attention ! soyez sérieux, la porte est étroite par où vous devez passer, portez du fruit de façon à ce qu’on reconnaisse votre authenticité, cherchez à accomplir la volonté de Dieu votre Père, et construisez sur le roc de ma parole.
Ce sont seulement ces deux derniers points que reprend notre passage d’aujourd’hui.
Personne ne sera reconnu juste au jugement de Dieu uniquement à partir des belles paroles qu’il a prononcées ou des charismes spirituels qu’il a exercés. C’est sur l’amour, la justice et la miséricorde, que nous serons jugés. Ces trois valeurs correspondent bien à “l’obéissance à la volonté du Père” et aux exigences de l’ Alliance.
Suivre, en effet, la volonté de Dieu, c’est pratiquer concrètement le grand commandement que nous a prescrit Jésus, d’aimer Dieu de tout son coeur et de toutes ses forces, et son prochain comme soi-même (Matthieu, 22, 34 - 40).
Quant à la parabole de la maison construite sur le roc ou sur le sable, elle définit la sagesse du véritable disciple qui, à la fois, écoute la parole de Jésus et la met en pratique. Construire sa vie sur la solidité de la Parole de Dieu communiquée en et par Jésus, permet d’affronter toutes les difficultés de l’existence sans cesser d’avancer vers le Royaume de Dieu.
3. Decouvertes
Dans ce court extrait des Paroles de Jésus sur le jugement, il semble bien que Dieu est le Juge et Jésus, l’avocat ou le Procureur, contrairement au texte bien connu de Matthieu, 25, 31 - 46, où Jésus, en gloire de la fin des temps achevés, est lui-même le Juge.
Les paroles de Jésus sur la volonté du Père à chercher sont un défi aux chrétiens qui seraient trop sûrs d’eux-mêmes et de leur salut. Paul lui-même en 1 Corinthiens,3, 13 - 15, parle du jour du jugement où chacun sera jugé pour l’oeuvre qu’il a réalisée
La parabole des deux constructions, sur le roc et sur le sable, est, en fait, une parabole mettant en scène un homme prévoyant et un autre, qui ne l’est pas. Elle est également un retour au thème des “deux voies” entre lesquelles il faut bien choisir. Voir, plus haut dans la conclusion du discours, 7, 13 - 14.
Le contraste est entre, d’une part, “écouter et mettre en pratique”, et, d’autre part, “écouter sans mettre en pratique”. Les deux attitudes doivent être conjointes et aller dans le même sens : si l’on est ouvert pour écouter, on pratique la même ouverture pour mettre en pratique. Dans la première partie de cette page (7, 21 - 23), le contraste se situe entre “ceux qui parlent et mettent en pratique” et “ceux qui parlent sans mettre en pratique”.
De quelles paroles s’agit-il ? De celles de ce discours, semble-t-il. Pour Matthieu, suivre les paroles de Jésus, c’est choisir une sagesse qui conduit à la vie.
A noter que Matthieu précise que Jésus a terminé son discours. Matthieu le redira à propos des 4 autres grands discours de Jésus: c’est ce qui nous facilite la lecture de son Evangile structurée par ces 5 grands discours et les récits intermédiaires.
4. Prolongement
Jésus n’a cherché qu’à vivre la volonté du Père et à accomplir sons oeuvre (Jean, 5, 30 et 6, 36). Nous pourrions citer plus de 10 autres textes de l’Evangle de Jean qui vont dans le même sens. Tout au long de ce discours sur la montagne, qui est la charte du Royaume de Dieu, Jésus nous a, au fond, révélé sa propre façon de vivre en vérité, pour que nous fassions de même.
Selon tout le Nouveau Testament, les Evangiles, Paul, et Jacques, le jugement est l’attribution de Dieu seul.
Celui qui écoute la Parole de Jésus et croit en celui qui l’a envoyé ne vient pas en jugement, mais il est passé de la mort à la vie (Jean, 5, 24).Ce qui nous est demandé, ce n’est pas de jauger notre capacité d’accueil de la Parole de Jésus, encore moins de nous comparer avec les autres sur ce point, mais simplement d’accueillir cette Parole avec un coeur humble et pauvre, dans une recherche constante de la Vérité.
Prière
*Seigneur Jésus, tu es le seul qui n’a jamais connu le péché, toi qui as déclaré que tu n’étais venu en ce monde que pour faire la volonté du Père, cette volonté dont tu dis qu’elle était ta nourriture, et tu nous invites à te suivre en reprenant cette attitude d’obéissance et d’amour, que tu nous présentes comme celle du sage qui construit sa maison sur la solidité du roc : donne-moi, dans la docilité permanente à ton Esprit Saint, de faire mienne ton obéissance et de la traduire dans tous mes actes et paroles. AMEN.
26.03.2003.*