📘 Commentaire biblique de l’abbé Léon Hamain


Première lecture : Genèse 15, 1-21

DU LIVRE DE LA GENESE

Texte

1 Après ces événements, la parole de Yahvé fut adressée à Abram, dans une vision : Ne crains pas, Abram ! Je suis ton bouclier, ta récompense sera très grande.
2 Abram répondit : Mon Seigneur Yahvé, que me donnerais-tu ? Je m’en vais sans enfant…
3 Abram dit : Voici que tu ne m’as pas donné de descendance et qu’un des gens de ma maison héritera de moi.
4 Alors cette parole de Yahvé lui fut adressée : Celui-là ne sera pas ton héritier, mais bien quelqu’un issu de ton sang.
5 Il le conduisit dehors et dit : Lève les yeux au ciel et dénombre les étoiles si tu peux les dénombrer et il lui dit : Telle sera ta postérité.
6 Abram crut en Yahvé, qui le lui compta comme justice.
7 Il lui dit : Je suis Yahvé qui t’ai fait sortir d’Ur des Chaldéens, pour te donner ce pays en possession.
8 Abram répondit : Mon Seigneur Yahvé, à quoi saurai-je que je le posséderai ?
9 Il lui dit : Va me chercher une génisse de trois ans, une chèvre de trois ans, un bélier de trois ans, une tourterelle et un pigeonneau.
10 Il lui amena tous ces animaux, les partagea par le milieu et plaça chaque moitié vis-à-vis de l’autre; cependant il ne partagea pas les oiseaux.
11 Les rapaces s’abattirent sur les cadavres, mais Abram les chassa.
12 Comme le soleil allait se coucher, une torpeur tomba sur Abram et voici qu’un grand effroi le saisit.
13 Yahvé dit à Abram : Sache bien que tes descendants seront des étrangers dans un pays qui ne sera pas le leur. Ils y seront esclaves, on les opprimera pendant quatre cents ans.
14 Mais je jugerai aussi la nation à laquelle ils auront été asservis et ils sortiront ensuite avec de grands biens.
15 Pour toi, tu t’en iras en paix avec tes pères, tu seras enseveli dans une vieillesse heureuse.
16 C’est à la quatrième génération qu’ils reviendront ici, car jusque-là l’iniquité des Amorites n’aura pas atteint son comble.
17 Quand le soleil fut couché et que les ténèbres s’étendirent, voici qu’un four fumant et un brandon de feu passèrent entre les animaux partagés.
18 Ce jour-là Yahvé conclut une alliance avec Abram en ces termes : A ta postérité je donne ce pays, du Fleuve d’Égypte jusqu’au Grand Fleuve, le fleuve d’Euphrate,
19 les Qénites, les Qenizzites, les Qadmonites,
20 les Hittites, les Perizzites, les Rephaïm,
21 les Amorites, les Cananéens, les Girgashites et les Jébuséens.

Commentaire

1. Situation

Le Livre de la Genèse est le premier livre de la Bible, et le premier des 5 livres attribués à la tradition de Moïse, et dont les différents éléments qui le composent se sont additionnés pendant plusieurs siècles jusqu’au temps de la rédaction finale, aux environs du 6ème siècle, et très probablement après le retour de l’exil Babylonien.

Ce livre nous présente d’abord une histoire des origines des nations, avec la création du monde (1, 1 - 2, 3), ainsi que de l’homme et de la femme, leur descendance et l’expansion de la civilisation (2,4 - 4, 24), la vie des générations d’avant le Déluge, le Déluge (4, 25 - 6, 8), et la repopulation jusqu’au moment de la dispersion (6, 9 - 9, 29), suite à l’orgueil manifesté par les hommes de la grande ville de Babel, avec sa tour (10, 1 - 11, 9).

Nous entrons ensuite - après un court interlude nous présentant la généalogie de Sem à Terah, le père d’Abraham (11, 10 -26) - dans une seconde grande partie, l’histoire des ancètres d’sraël (11, 27 - 50, 26), qui comprend le cycle d’Abraham et de Sarah (11, 27 - 25, 18), le cycle d’Isaac et Jacob (25, 19 - 36, 43), et, finalement, l’histoire de Joseph (37, 10 - 50, 26).


Notre page fait partie du cycle d’Abraham, dont elle nous continue de nous présenter le début. Après avoir été témoins de l’appel d’Abraham par le Seigneur, de son séjour dangereux en Egypte, de sa séparation d’avec son neveu Lot, nous en arrivons aux promesses que Dieu reprécise à Abraham, concernant la descendance et la possession de la terre, qui lui ont été annoncées.

Et nous le rejoignons juste au moment où il revient d’une intervention dans une guerre locale pour secourir son neveu Lot.

2. Message

Abraham reçoit de Yahvé, son Dieu, confirmation des promesses antérieures qui lui avaient déjà été faites (12, 2. 7; 13, 14 - 17) : il aura une descendance (v. 1 - 6), et sa descendance possèdera le pays de Canaan, qu’il parcourt actuellement en nomade. Et cet engagement de Dieu à son égard se traduit par un rite d’alliance entre Dieu et Abraham (v. 7 - 21).

La relation entre Dieu et Abraham prend ici un tour très existentiel. Dans chacune des deux parties de cette page (v.1 - 6 et v. 7 - 21), nous entendons d’abord une très nette affirmation du Seigneur, qu’Abraham met en question en raison d’obstacles qu’il perçoit bien concrètement : il n’a pas encore réussi à avoir d’enfant (v. 2 - 3), et rien ne lui indique qu’il deviendra maître de cette terre qu’il vient de libérer d’envahisseurs, mais en refusant toute récompense pour le service rendu (14, 21 - 24). D’où sa demande d’un signe (verset 8).

Puis Dieu répond à chacune des deux hésitations d’Abraham par une parole qui renforce sa promesse - et il obtient alors la foi d’Abraham (versets 4 - 6) - dans le premier cas, et qui se concrétise en démarche de célébration d’alliance dans le second (versets 18 - 21).

3. Decouvertes

Ces deux sections de notre page (I - 6 et 7 - 21) sont faites pour être lues ensemble, du fait qu’on ne peut savoir que c’est Dieu qui continue de parler au v. 7, qu’en ayant lu et connaissant ce qui précède.

Si ces deux sections sont bâties selon le même schéma (Parole affirmative du Seigneur, réponse hésitante d’Abraham, Parole et gestes rassurants de Dieu, comme indiqué ci- dessus), nous constatons qu’Abraham répond à Dieu une première fois par une complainte, et, la seconde fois, en demandant un signe. Dieu confirme alors sa promesse en accordant le signe requis, au v. 5 (invitation à compter les étoiles du ciel), ainsi que par un serment et un rite d’alliance, aux v. 9- 21.

Abraham est invité à dépasser sa souffrance de ne pas avoir de fils pour poursuivre son action et son témoignage. Car Dieu lui assure qu’il aura réellement un fils né de lui, et à partir duquel se multipliera une immense descendance.

Pour avoir cru au Seigneur, Abraham est jugé être juste par le Seigneur lui-même.

Le rite ancien qui consistait à couper des animaux en deux et à marcher entre les morceaux ainsi séparés, traduit une alliance solennelle assortie de la menace, pour quiconque la violerait, d’un sort semblable à celui de ces animaux dépecés.

Abraham chasse les oiseaux de proie, qu’on doit interpréter comme des signes de mauvais présage.

Le profond sommeil qui s’empare d’Abraham annonce une intervention divine.

Cependant, ce sommeil mystérieux devient vision clarifiant la promesse du v. 7, et annonçant les 400 années de servitude en Egypte, car c’est seulement après ce délai que les descendants d’Abraham possèderont la terre de Canaan.

La fumée, le brasier et la torche représentent Dieu qui, passant sous cette forme entre les morceaux d’animaux, s’engage par serment dans ce rite d’alliance avec Abraham (encore que certains spécialistes préfèrent ne voir ici qu’un serment).

4. Prolongement

Pour nous, l’alliance définitive de Dieu avec toute l’humanité, appelée à devenir un Israël Nouveau, s’est réalisée dans l’obéissance de Jésus au Père en prenant tous les risques, pour nous révéler ainsi l’accomplissement et la nouveauté du salut.

Mis à mort dans cette disponibilité totale, il révéle ainsi par sa démarche, un amour extraordinaire et infini de Dieu pour nous, un engagement totalement inattendu et extrême, dont la conclusion ne pourra être que celle-ci : Dieu est amour. Voir Romains, 5, 6 - 9; 8, 31 - 32; 1 Jean, 4, 8 -12.

Telle est la nouvelle alliance proclamée, célébrée et réalisée par .Jésus en sa mort-résurrection, ainsi que dans les gestes anticipateurs effectués lors de son dernier repas avec ses disciples (Luc, 22, 17 - 20), et réactualisés par nous en chacune de nos Eucharisties en Eglise.

Et nous avons à reprendre à notre compte la foi d’Abraham, comme nous l’explique très bien Paul, qui fait une relecture pour nous, aujourd’hui, de notre page en Romains, 4, 20 - 25 :

20 appuyé sur la promesse de Dieu, sans hésitation ni incrédulité, mais avec une foi puissante, il (Abraham) rendit gloire à Dieu,

21 certain que tout ce que Dieu a promis, il est assez puissant ensuite pour l’accomplir.

22 Voilà pourquoi ce lui fut compté comme justice.

23 Or quand l’Écriture dit que sa foi lui fut comptée, ce n’est point pour lui seul ; elle nous visait également,

24 nous à qui la foi doit être comptée, nous qui croyons en celui qui ressuscita , d’entre les morts Jésus notre Seigneur,

25 livré pour nos fautes et ressuscité pour notre justification.

Prière

*Seigneur Jésus, dans la force de ton Esprit Saint, tu me permets de te reconnaître comme le Seigneur de ma vie, et de me remettre, par toi, entre les mains du Père, avec un coeur de pauvre, et donc une foi semblable à celle d’Abraham : aide-moi à aller jusqu’au bout de ma démarche de foi, à vraiment me tourner sans cesse vers toi qui m’accueilles et me conduis vers le Père, ainsi qu’à situer toute mon existence de chaque jour dans la perpective première du Règne de Dieu en moi, que tu me proposes et me donnes gratuitement, si je m’ouvre à ton appel et à ta présence. AMEN.

25.06.2003.*

Évangile : Matthieu 7, 13-27

DE L’EVANGILE DE MATTHIEU

Texte

13 ” Entrez par la porte étroite. Large, en effet, et spacieux est le chemin qui mène à la perdition, et il en est beaucoup qui s’y engagent ;
14 mais étroite est la porte et resserré le chemin qui mène à la Vie, et il en est peu qui le trouvent.
15 ” Méfiez-vous des faux prophètes, qui viennent à vous déguisés en brebis, mais au-dedans sont des loups rapaces.
16 C’est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez. Cueille-t-on des raisins sur des épines ? ou des figues sur des chardons ?
17 Ainsi tout arbre bon produit de bons fruits, tandis que l’arbre gâté produit de mauvais fruits.
18 Un bon arbre ne peut porter de mauvais fruits, ni un arbre gâté porter de bons fruits.
19 Tout arbre qui ne donne pas un bon fruit, on le coupe et on le jette au feu.
20 Ainsi donc, c’est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez.
21 ” Ce n’est pas en me disant : “Seigneur, Seigneur”, qu’on entrera dans le Royaume des Cieux, mais c’est en faisant la volonté de mon Père qui est dans les cieux.
22 Beaucoup me diront en ce jour-là : “Seigneur, Seigneur, n’est-ce pas en ton nom que nous avons prophétisé ? en ton nom que nous avons chassé les démons ? en ton nom que nous avons fait bien des miracles ?“
23 Alors je leur dirai en face : “Jamais je ne vous ai connus ; écartez-vous de moi, vous qui commettez l’iniquité. “
24 ” Ainsi, quiconque écoute ces pare-les que je viens de dire et les met en pratique, peut se comparer à un homme avisé qui a bâti sa maison sur le roc.
25 La pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents ont soufflé et se sont déchaînés contre cette maison, et elle n’a pas croulé : c’est qu’elle avait été fondée sur le roc.
26 Et quiconque entend ces paroles que je viens de dire et ne les met pas en pratique, peut se comparer à un homme insensé qui a bâti sa maison sur le sable.
27 La pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents ont soufflé et se sont rués sur cette maison, et elle s’est écroulée. Et grande a été sa ruine ! “

Commentaire

1. Situation

Cet Evangile, qui porte le nom de Matthieu, trouve peut-être sa première source dans une collection de paroles de Jésus, écrites en Araméen et attribuées à l’apôtre Matthieu, par un Père de l’Eglise, Papias d’Alexandrie, vers 125.

Cet Evangile, qui reprend beaucoup de passages de l’Evangile de Marc (qui avait été écrit vers 65), mais en y ajoutant des éléments qu’il partage en grande partie avec Luc, a été très probablement rédigé entre les années 85 et 90.

A parcourir tout ce Livre, on peut se demander s’il a été composé pour des chrétiens d’origine Juive (Judéochrétiens), ou pour des chrétiens d’origine païenne, ou encore pour les deux. La position communément admise de nos jours est qu’il a été écrit pour une communauté Judéochrétienne qui s’est trouvée exclue du Judaïsme, suite à une décision par des rabbins Juifs non chrétiens de ne plus tolérer la double appartenance, à la fois Juive et chrétienne, de ces Judéochrétiens, qui avait été possible jusqu’à cette date. Rupture qui explique la dureté des propos mis dans la bouche de Jésus contre les Scribes et Pharisiens de son temps (Matth. chapitre 23).

Néanmoins, même s’il a été d’abord écrit pour confirmer une communauté Judéochrétienne dans sa découverte de la Bonne Nouvelle de Jésus, cet Evangile est ouvert également à la mission universelle auprès des païens, et il se termine par un envoi en mission par le Christ ressuscité, avec ces paroles : “allez, de toutes les nations, faites des disciples” (28, 18).

On peut diviser cet Evangile en 11 parties, qui se répondent en sens inverse (la 1ère correspondant à la dernière, la 2ème, à l’avant-dernière, etc…), concentrées autour de la 6ème partie, le “Discours en paraboles”, qui sert en quelque sorte de “pivot”. Nous obtenons ainsi le découpage suivant :

  • Naissance de Jésus et commencement de sa mission (1 - 4)
  • Bénédictions et Discours sur la montagne (5 - 7)
  • Manifestations de l’autorité de Jésus et de ses appels (8 - 9)
  • Discours sur la mission (10)
  • Jésus rejeté par “cette génération” (11 - 12 )
  • Discours en paraboles (13)
  • Jésus reconnu par ses disciples (14 - 17)
  • Discours sur la manière de vivre en communauté de croyants (18)
  • De nouveau, Jésus manifeste son autorité et ses appels (19 - 22)
  • Proclamation de situations malheureuses et Discours sur la venue définitive du Royaume (23 - 24)
  • Passion, mort et résurrection (26 - 28)

Cette présentation fait ressortir que cet Evangile est bien rythmé par 5 grands discours de Jésus, dans lesquels l’auteur a concentré la majeure partie de son enseignement. Les 5 discours ont souvent fait penser aux 5 livres de Moïse de l’Ancien Testament. On dit volontiers que, pour Matthieu, Jésus est le “Nouveau Moïse”.


Avec notre page se termine le 1er des 5 grands discours de Jésus, tels que Matthieu nous les a recomposés, 1er discours qu’on appelle habituellement le “Sermon sur la Montagne”. Mieux vaut cependant l’intituler “La Charte du Royaume de Dieu”, pour en mieux mesurer l’importance.

En effet, Jésus nous y livre les “secrets” du Règne de Dieu : d’abord, ce qu’il nous faut chercher et recevoir du véritable “bonheur” selon Dieu : les béatitudes (5, 3 - 12), ensuite, ce qu’une telle découverte fait de nous au coeur du monde et pour le monde : la saveur et la lumière (5, 13 - 16), enfin, où cela nous conduit comme style de vie : - de dépassement infini de toutes les exigences (5, 17 - 48), - de changement profond d’attitude dans la prière, l’aumône et le jeûne (6, 1 - 18), - de découverte du caractère “unique” de ce que Jésus nous propose, et du choix absolu pour marcher avec lui, qu’il attend de nous, les croyants (6, 19 - 7, 29).

2. Message

Dans cette dernière partie de ce 1er grand discours de Jésus sur la Charte du Royaume, après les 2 ensembles concernant, d’une part, notre relation à l’argent, et, d’autre part, nos comportements face aux personnes que nous rencontrons, vient une longue conclusion nous proposant toute une série d’avertissements (7, 13 - 27) :

  • d’abord une invitation à ne pas nous tromper de porte ni de chemin pour aller vers la vie, en choisissant la porte étroite et le chemin resserré (7, 13 - 14),

  • ensuite, un appel à nous méfier des faux prophètes, et donc à découvrir les vrais envoyés du Seigneur, qui se reconnaissent à leurs fruits, c’est-à-dire à la bonne qualité de leurs actes et de leurs manières d’être (7, 15 - 23),

  • enfin, la parabole finale des deux entrepreneurs de bâtiments, assortie du message qu’il nous faut bâtir sur le roc de la solidité de Dieu, en mettant en pratique toutes les paroles que Jésus vient de prononcer dans ce discours qu’il conclut ainsi.

3. Decouvertes

Ce que Jésus nous dit de la porte et du chemin étroits n’est en rien une déclaration concernant le nombre des sauvés (qui appartient au secret de Dieu : voir Luc, 13, 23 - 24 et Matthieu, 19, 25 - 26, ainsi que Ephésiens, 2, 4 - 10), mais une incitation à mener une existence de qualité : il nous faut agir comme si un petit nombre seulement seraient susceptibles de recevoir la vie, c’est-à-dire en prenant l’Evangile le plus possible au sérieux, selon une attitude de foi. En effet, Jésus nous déclare dans l’Evangile de Jean que celui qui croit échappe au jugement (Jean, 5, 24).

L’identité des faux prophètes, dont parle Jésus, et auxquels pense certainement Matthieu lorsqu’il adresse son Evangile à une ou plusieurs communautés Judéo-chrétiennes, nous est inconnue. Les paroles de Jésus rapportées par l’Evangéliste visent probablement des disciples ou des chrétiens, ou encore des gens qui se prétendent tels (voir les versets 7, 21 - 23, ainsi que 24, 23 - 25). L’insistance sur les fruits qui nous font reconnaître est significative du discernement qu’il faut opérer. Tout le contexte du Nouveau Testament nous oriente du côté de l’amour fraternel, qui accomplit la Loi (Romains, 13, 8 - 10), ou des fruits de l’Esprit (Galates, 5, 22 - 25).

Le bon choix à faire pour affronter les difficultés de la vie quotidienne ou l’épreuve de la fin ultime des temps, qu’on appelle le jugement de Dieu, c’est de mettre en pratique les paroles de ce discours que Jésus vient de prononcer. Ainsi notre existence dans l’histoire des hommes peut-elle se comparer à une construction bâtie sur le roc, et qui, de ce fait, résiste à toutes les tempêtes et intempéries.

4. Prolongement

Quel chemin prenons-nous : celui de Jésus, selon une vie de qualité ? Quels fruits portons-nous en Eglise : ceux de notre recherche de nous-mêmes (fruits de la chair, énumérés en Galates, 5, 19 - 21) ou ceux de notre attitude d’accueil, d’ouverture, de pauvreté et de pardon (fruits de l’Espri, énumérés en Galates, 5, 22 - 25) ? Comment vivons-nous, concrètement et ensemble, en communautés de croyants, notre obéissance aux paroles de Jésus, qui, seul est notre solidité inébranlable ?

4 Et du lieu où je vais, vous savez le chemin. ”

5 Thomas lui dit : ” Seigneur, nous ne savons pas où tu vas. Comment saurions-nous le chemin ? ”

6 Jésus lui dit : ” Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie. Nul ne vient au Père que par moi.

19 Or on sait bien tout ce que produit la chair : fornication, impureté, débauche,

20 idolâtrie, magie, haines, discorde, jalousie, emportements, disputes, dissensions, scissions,

21 sentiments d’envie, orgies, ripailles et choses semblables - et je vous préviens, comme je l’ai déjà fait, que ceux qui commettent ces fautes-là n’hériteront pas du Royaume de Dieu.

22 - Mais le fruit de l’Esprit est charité, joie, paix, longanimité, serviabilité, bonté, confiance dans les autres,

23 douceur, maîtrise de soi : contre de telles choses il n’y a pas de loi.

24 Or ceux qui appartiennent au Christ Jésus ont crucifié la chair avec ses passions et ses convoitises.

25 Puisque l’Esprit est notre vie, que l’Esprit nous fasse agir.

26 Ne cherchons pas la vaine gloire, en nous provoquant les uns les autres, en nous enviant mutuellement.

20 Car la construction que vous êtes a pour fondation les apôtres et prophètes, et pour pierre d’angle le Christ Jésus lui-même.

21 En lui toute construction s’ajuste et grandit en un temple saint, dans le Seigneur ;

22 en lui, vous aussi, vous êtes intégrés à la construction pour devenir une demeure de Dieu, dans l’Esprit

Prière

*Seigneur Jésus, c’est à nos fruits de vérité et de charité que nous sommes reconnus comme tes disciples et tes envoyés, et ces fruits que tu attends de nous sont la mise en pratique de tes paroles qui conduisent à la vie, ainsi que de ta façon d’aimer, en nous aimant les uns les autres : apprends-moi à te suivre chaque jour dans la foi comme un vrai disciple, rends-moi docile à ton Esprit Saint, sans lequel je ne puis mesurer la qualité de tous les dons que tu me fais, le don de sa présence gratuite en nos coeurs, et de la capacité que tu m’accordes de pouvoir t’imiter en toutes circonstances. AMEN.

26.06.2002.*


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