📘 Commentaire biblique de l’abbé Léon Hamain


Première lecture : Lamentations 2, 2

DU LIVRE DES LAMENTATIONS

Texte

2 Le Seigneur a englouti sans pitié
tous les pâturages de Jacob.
Dans sa fureur,
il a démoli les forteresses de la ville de Juda,
il les a jetées à terre,
il a profané la royauté avec ses princes.

10 Ils sont assis par terre, ils restent silencieux,
les anciens de la ville de Sion ;
ils ont répandu de la poussière sur leur tête,
ils ont revêtu des habits de deuil ;
les jeunes filles de Jérusalem inclinent le front jusqu’à terre.
11 Mes yeux sont ravagés par les larmes,
mes entrailles frémissent,
mon coeur défaille,
à cause du désastre de la ville de mon peuple,
car les enfants et les tout-petits
s’effondrent dans les rues de la cité.
12 Ils demandent à leur mère :
« Où sont le blé et le vin ? »
Ils s’affaissent, comme des blessés, dans les rues de la ville,
ils expirent sur le sein de leur mère.
13 Que pourrais-je te dire ?
A quoi te comparer, Jérusalem ?
Comment te consoler, vierge, fille de Sion ?
Ton désastre est infini comme la mer :
qui donc pourrait te guérir ?
14 Tes prophètes avaient des visions trompeuses et vides ;
au lieu de dévoiler tes fautes,
ce qui aurait évité ta chute,
ils ont trouvé pour toi dans leurs visions
des oracles trompeurs et illusoires.

18 Que ton coeur crie vers le Seigneur !
Rempart de la ville de Sion,
laisse couler nuit et jour le torrent de tes larmes ;
sans relâche, que tes yeux ne cessent de pleurer.
19 Lève-toi, pousse des cris à toutes les heures de la nuit ;
répands ton coeur comme de l’eau
en présence du Seigneur ;
lève les mains vers lui, pour sauver tes petits enfants,
qui meurent de faim à tous les carrefours.
(texte de la version liturgique catholique romaine de la Bible)

Commentaire

1. Situation

Ce petit Livre nous propose toute une série de plaintes suite à un désastre qui a frappé la ville de Jérusalem et ses habitants.

Il se compose de 5 Lamentations poétiques qui ressemblent beaucoup à celles qu’on trouve en de multiples endroits du Livre des Psaumes.

Quatre de ces cinq poèmes sont appelés “acrostiques” du fait que chacun des versets qui les composent commence par une lettre différente de l’alphabet hébreu. Ce procédé représente davantage, semble-t-il, une simple mise en ordre du texte et de son contenu, plutôt que le résultat d’une composition qui aurait été élaborée pendant une longue période. Il paraît donc tout-à-fait possible que ce Livre ait été écrit presque immédiatement après le désastre qu’il pleure.

Pour la plupart des spécialistes il n’est plus question d’attribuer aujourd’hui ce Livre au Prophète Jérémie, dont le style d’écriture est bien différent. Tous maintiennent cependant qu’il commente ainsi en pleurant la chute et la ruine de Jérusalem lors de sa capture et de sa destruction complète par l’armée de Nabuchodonosor en 587 avant Jésus-Christ, et qu’il aurait été écrit quelques mois environ après cet événement.

On s’est demandé, et on continue de la faire, si ce Livre a un message théologique d’ensemble. On est plutôt porté à penser qu’il traduit une réaction humaine typique et spontanée face à une immense catastrophe, relue dans la foi au Seigneur.

2. Message

Deuil après la ruine : les croyants qui interprètent la catastrophe de la destruction de Jérusalem comme une manifestation de la colère de Dieu devant l’infidélité permanente de son peuple, n’ont plus qu’à pleurer, méditer sur leur détresse, ravagés de tristesse et accablés de douleur.

L’auteur de cette Lamentation regarde en face cette ruine immense qui semble n’avoir jamais eu son pareil, et dont les survivants sont affrontés à la misère et à la famine.

Tous sont néanmoins invités à se tourner vers Dieu, à crier vers lui sans répit et sans se lasser, dans les pleurs et les larmes. Il faut continuer de se confier au Seigneur dans cet environnement de nuit de souffrance et de mort.

3. Decouvertes

Ce passage fait partie d’un ensemble 2, 1 - 22 qui commence par l’interjection “Oh” ! “combien” ! (ou “comme” !) initiant un nouveau chant de deuil sur la cité dévastée, dont la plupart des fléaux qui l’atteignent se trouvent ensuite énumérés.

Il y est question de la colère de Dieu qui s’est abattue (2, 1 - 4), il y est précisé que Dieu a agi sans pitié (2, 17. 21), et a “humilié” la fille de Sion (seule fois où ce terme “humilier” se trouve dans tout l’Ancien Testament), qu’il a détruit son propre tabernacle (2, 6), qu’il ne protège donc plus du tout la ville sainte contre laquelle il a eu un comportement d’ennemi (2, 4).

Il n’y a plus personne, ni prince, ni prophète pour exercer quelque autorité que ce soit sur la ville (2, 7 - 9), la faim y règne et conduit les habitants aux pires extrémités (2, 20). Aucune aide n’est plus possible et les moqueurs eux-mêmes se mettent de la partie (2, 13 - 15).

Puisque le Seigneur est considéré comme la cause de tous ces malheurs, il faut laisser les coeurs crier vers lui (2, 18), dans la prière et la repentance (2, 19).

Peut-on imaginer situation plus désastreuse ?

4. Prolongement

Au moment où Jésus meurt sur la croix, des manifestations et expressions de nuit, de deuil et de pénitence nous sont rapportés dans les Evangiles : Luc 23

23.27 Il était suivi d’une grande multitude des gens du peuple, et de femmes qui se frappaient la poitrine et se lamentaient sur lui.

23.28 Jésus se tourna vers elles, et dit: Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi; mais pleurez sur vous et sur vos enfants.

23.29 Car voici, des jours viendront où l’on dira: Heureuses les stériles, heureuses les entrailles qui n’ont point enfanté, et les mamelles qui n’ont point allaité!

23.30 Alors ils se mettront à dire aux montagnes: Tombez sur nous! Et aux collines: Couvrez-nous!

23.31 Car, si l’on fait ces choses au bois vert, qu’arrivera-t-il au bois sec?

23.44 Il était déjà environ la sixième heure, et il y eut des ténèbres sur toute la terre, jusqu’à la neuvième heure.

23.45 Le soleil s’obscurcit, et le voile du temple se déchira par le milieu.

23.46 Jésus s’écria d’une voix forte: Père, je remets mon esprit entre tes mains. Et, en disant ces paroles, il expira.

23.47 Le centenier, voyant ce qui était arrivé, glorifia Dieu, et dit: Certainement, cet homme était juste.

23.48 Et tous ceux qui assistaient en foule à ce spectacle, après avoir vu ce qui était arrivé, s’en retournèrent, se frappant la poitrine.

Nos liturgies de la mort de Jésus ont, dans cette perspective, composé les “Impropères” du Vendredi Saint, ainsi que le “Stabat Mater”.

Il n’en reste pas moins que, depuis la résurrection de Jésus, et le don qu’il nous fait de la présence constante de son Esprit Saint au coeur de nos vies, toute catastrophe est en quelque sorte “rachetée” et “intégrée” dans le mystère de la mort-résurrection de Jésus et de la création nouvelle de “fils” ou de “fille” de Dieu qui nous est, de ce fait, accordée gratuitement comme manifestation du salut de Dieu.

Prière

*Seigneur Jésus, combien de fois ne nous as-tu pas dit : “ne craignez pas.. n’ayez pas peur… ne pleurez pas…”, et, dans ton testament à tes disciples, la veille de ton départ de ce monde en ta mort sur une croix tu leur confirmais : “je m’en vais et je reviens vers vous”, leur indiquant que leur lamentation ne serait que de courte durée, et que leur tristesse se changerait en une joie que rien ne pourrait leur ravir : donne-moi de ne ne jamais douter que tu m’accordes ta présence de Ressuscité dans ton Esprit Saint, dans tous les dédales et les circonstances de mon existence, ce dont je ne devrais jamais douter un instant. AMEN.

26.06.2004.*

Évangile : Matthieu 8, 5-17

DE L’EVANGILE DE MATTHIEU

Texte

5 Comme il était entré dans Capharnaüm, un centurion s’approcha de lui en le suppliant :
6 ” Seigneur, dit-il, mon enfant gît dans ma maison, atteint de paralysie et souffrant atrocement. “
7 Il lui dit : ” Je vais aller le guérir. ” -
8 ” Seigneur, reprit le centurion, je ne mérite pas que tu entres sous mon toit ; mais dis seulement un mot et mon enfant sera guéri.
9 Car moi, qui ne suis qu’un subalterne, j’ai sous moi des soldats, et je dis à l’un : Va ! et il va, et à un autre : Viens ! et il vient, et à mon serviteur : Fais ceci ! et il le fait. “
10 Entendant cela, Jésus fut dans l’admiration et dit à ceux qui le suivaient : ” En vérité, je vous le dis, chez personne je n’ai trouvé une telle foi en Israël.
11 Eh bien ! je vous dis que beaucoup viendront du levant et du couchant prendre place au festin avec Abraham, Isaac et Jacob dans le Royaume des Cieux,
12 tandis que les fils du Royaume seront jetés dans les ténèbres extérieures : là seront les pleurs et les grincements de dents. “
13 Puis il dit au centurion : ” Va ! Qu’il t’advienne selon ta foi ! ” Et l’enfant fut guéri sur l’heure.
14 Étant venu dans la maison de Pierre, Jésus vit sa belle-mère alitée, avec la fièvre.
15 Il lui toucha la main, la fièvre la quitta, elle se leva et elle le servait.
16 Le soir venu, on lui présenta beaucoup de démoniaques ; il chassa les esprits d’un mot, et il guérit tous les malades,
17 afin que s’accomplît l’oracle d’Isaïe le prophète : Il a pris nos infirmités et s’est chargé de nos maladies.

Commentaire

1. Situation

Cet Evangile, qui porte le nom de Matthieu, trouve peut-être sa première source dans une collection de paroles de Jésus, écrites en Araméen et attribuées à l’apôtre Matthieu, par un Père de l’Eglise, Papias d’Alexandrie, vers 125.

Cet Evangile, qui reprend beaucoup de passages de l’Evangile de Marc (qui avait été écrit vers 65), mais en y ajoutant des éléments qu’il partage en grande partie avec Luc, a été très probablement rédigé entre les années 85 et 90.

A parcourir tout ce Livre, on peut se demander s’il a été composé pour des chrétiens d’origine Juive (Judéochrétiens), ou pour des chrétiens d’origine païenne, ou encore pour les deux. La position communément admise de nos jours est qu’il a été écrit pour une communauté Judéochrétienne qui s’est trouvée exclue du Judaïsme, suite à une décision par des rabbins Juifs non chrétiens de ne plus tolérer la double appartenance, à la fois Juive et chrétienne, de ces Judéochrétiens, qui avait été possible jusqu’à cette date. Rupture qui explique la dureté des propos mis dans la bouche de Jésus contre les Scribes et Pharisiens de son temps (Matth. chapitre 23).

Néanmoins, même s’il a été d’abord écrit pour confirmer une communauté Judéochrétienne dans sa découverte de la Bonne Nouvelle de Jésus, cet Evangile est ouvert également à la mission universelle auprès des païens, et il se termine par un envoi en mission par le Christ ressuscité, avec ces paroles : “allez, de toutes les nations, faites des disciples” (28, 18).

On peut diviser cet Evangile en 11 parties, qui se répondent en sens inverse (la 1ère correspondant à la dernière, la 2ème, à l’avant-dernière, etc…), concentrées autour de la 6ème partie, le “Discours en paraboles”, qui sert en quelque sorte de “pivot”. Nous obtenons ainsi le découpage suivant :

  • Naissance de Jésus et commencement de sa mission (1 - 4)
  • Bénédictions et Discours sur la montagne (5 - 7)
  • Manifestations de l’autorité de Jésus et de ses appels (8 - 9)
  • Discours sur la mission (10)
  • Jésus rejeté par “cette génération” (11 - 12 )
  • Discours en paraboles (13)
  • Jésus reconnu par ses disciples (14 - 17)
  • Discours sur la manière de vivre en communauté de croyants (18)
  • De nouveau, Jésus manifeste son autorité et ses appels (19 - 22)
  • Proclamation de situations malheureuses et Discours sur la venue définitive du Royaume (23 - 24)
  • Passion, mort et résurrection (26 - 28)

Cette présentation fait ressortir que cet Evangile est bien rythmé par 5 grands discours de Jésus, dans lesquels l’auteur a concentré la majeure partie de son enseignement. Les 5 discours ont souvent fait penser aux 5 livres de Moïse de l’Ancien Testament. On dit volontiers que, pour Matthieu, Jésus est le “Nouveau Moïse”.


Notre page appartient à la 3ème partie de cet Evangile, nous montrant l’autorité de Jésus en acte dans ses oeuvres de miséricorde. Une série de récits intermédiaires nous relatant le ministère de Jésus va nous conduire à la lecture de son 2ème grand discours, le discours sur la mission, qui formera la partie suivante de l’Evangile.

Dans le Discours sur la Charte du Royaume, ou Sermon sur la Montagne, Matthieu nous a présenté Jésus Messie de Dieu en sa Parole. Il nous le fait maintenant découvrir comme Messie par ses actes au Nom de Dieu. En 9 récits de miracles, 10 à vrai dire, car l’un d’eux reprend deux événements miraculeux, Matthieu nous révèle la puissance de Jésus, que certains ont volontiers mise en relation avec la force d’intervention de Moïse infligeant les 10 plaies de Dieu sur l’Egypte de Pharaon, la différence importante étant ici toutefois que Jésus répand non pas le châtiment ni l’épreuve, mais la miséricorde, la guérison, la libération et la paix.

Cette série de miracles est cependant interrompue à deux reprises, par des paroles de Jésus sur les conditions à remplir pour le suivre en qualité de disciple (8, 18 -22), ainsi que par l’épisode de l’appel de Matthieu le publicain, suivi de remarques de Jésus sur le jeûne et la comparaison du “neuf” et du “vieux” pour situer la nouveauté de son Evangile.

Notre page commence avec l’arrivée de Jésus à Capharnaûm, au moment où, après être descendu de la montagne des béatitudes et avoir guéri un lépreux en le touchant (8, 1 -4), il entre dans la bourgade.

2. Message

Ce récit de miracle-guérison contraste fortement avec le précédent, la guérison du lépreux, que Jésus a renvoyé immédiatement se montrer aux prêtres, selon les règlements de la Torah Juive. Ici, nous percevons comme une avant-première de la mission auprès des païens, vers lesquels le Ressuscité enverra les siens lors de sa dernière apparition sur la Montagne de Galilée (Matthieu, 28, 16 - 20). Nous sommes ici dans un tout autre environnement humain et culturel que lors de la situation du miracle précédent : un païen s’approche de Jésus, comment va-t-il l’accueillir ?

En effet, Jésus répond à l’appel de ce centurion, officier subalterne de la puissance occupante, en s’offrant d’aller lui guérir son serviteur à domicile (notons toutefois qu’une autre traduction du texte est possible pour ce v. 7, et selon laquelle Jésus répond par une question, qui semble créer un obstacle, mais qui n’en soulignera que plus la démarche de foi du centurion : voir la traduction de TOB et note “j”). Mais le centurion, pour obtenir sans doute une réponse immédiate de Jésus, sans pour autant l’obliger à manquer aux dispositions de la Loi Juive sur la fréquentation des non-Juifs, manifeste sur le champ et publiquement sa foi en Jésus, en se situant à un niveau de profondeur et d’engagement qui ne peut que provoquer une réponse ouverte de Jésus.

Cette foi n’est pas simplement la reconnaissance du grand pouvoir de guérison de Jésus, ni de sa capacité de guérir à distance. Comme l’indique très bien TOB, Matthieu., 6, 10, note “k”, la foi de ce centurion s’appuie sur ce qu’il perçoit de Jésus lorsqu’il se trouve ainsi en sa présence : pour lui, Jésus doit être soumis à Dieu, dont il reçoit tout, de la même façon qu’un centurion romain, en raison de sa soumission à l’empereur, reçoit tous ses pouvoirs de lui. Jésus “respire” tant la soumission à Dieu qu’il paraît à cet homme disposer de la puissance de Dieu qui lui est donnée.

Jésus constate cette foi, dont il fait immédiatement grand éloge, en la situant par rapport à la foi hésitante ou inexistante des Juifs pourtant “héritiers du Royaume”. Il guérit donc, d’une parole prononcée à distance, le serviteur de ce centurion, et s’en va paser ensuite quelque temps dans la maison de Simon-Pierre, où il prend immédiatement l’initiative de guérir la belle-mère de Simon.

Cette page se clôt sur un rappel sommaire de toutes les guérisons effectuées par Jésus et nous offre une interprétation de ce qui se passe quand Jésus effectue ainsi des guérisons : il prend sur lui toutes nos misères, dont il se charge, comme le Serviteur de Dieu qui nous est décrit au 2ème Livre d’Isaïe, cité ici (Isaïe, 53, 4), à la différence toutefois qu’ici Jésus ne nous est pas présenté comme portant nos péchés, mais toutes nos limites, maladies, faiblesses et imperfections en tous genres, se révélant ainsi non seulement comme “Serviteur” souffrant, mais surtout comme “Sauveur”, dans la mesure où, nous guérissant et nous donnant la paix, il effectue ce “merveilleux échange” de nous donner sa “santé-sainteté” en tous domaines, en échange de nos misères les plus grandes.

3. Decouvertes

Notons la délicatesse du centurion au verset 8 : en demandant à Jésus de se contenter d’un mot pour guérir son serviteur, il fait preuve de politesse, d’humilité et de sa réticence à laisser entrer Jésus, en se souillant ainsi selon la Loi Juive, dans une maison de païen.

Remarquons son argumentation de croyant déclarant à Jésus, avec un aplomb tout de simplicité: “tu disposes au moins, face à la maladie de mon serviteur, de la même autorité que j’ai moi-même lorsque je donne des ordres à mes soldats. Alors, donne ton ordre, dis une parole, et, bien que je ne mérite rien dans mon indignité, mon serviteur sera guéri”.

Ces paroles du centurion sont devenues une réponse tellement classique qu’elles font désormais partie de notre liturgie latine pour souligner notre indignité fondamentale à recevoir le Seigneur au coeur de notre vie.

Jésus fait l’éloge de la foi de cet homme, qu’il estime digne de participer pour cela au banquet du Royaume des cieux avec tous les croyants authentiques de l’histoire d’Israël, avec tous ceux qui, comme lui ce jour, ont vécu ou vivent selon l’attitude de foi d’Abraham. Cette attitude de foi consiste à compter totalement sur Dieu, sans calcul, sans hésitation, sans rien chercher d’autre que de se remettre entre ses mains.

Cette foi est une démarche d’ouverture toujours renouvelée, et elle ouvre les portes du Royaume, lequel n’est pas un dû, ni une valeur que l’on possède, mais tout simplement un don absolument gratuit, qu’il nous appartient de recevoir tel qu’il nous est offert.

4. Prolongement

Foi du centurion, foi d’Abraham, foi de Jésus “initiateur de notre foi, et qui la mène à son accomplissement” (Hébreux, 12, 2), telle est notre foi qui essaye chaque jour de dire notre “Oui” au Père à la façon de Jésus, et selon la puissance de Jésus en nous, comme nous le dit Paul en 2 Cororinthiens, 1, 19 - 20.

Cependant, cette attitude de foi est toujours libérante, dans la mesure où elle n’existe que si nous nous quittons nous-mêmes pour nous attacher au Christ (Romains, 6, 15 - 23). Elle est tout le contraire de la banalité ou de la revendication d’un dû, même si une promesse nous a été faite, car elle suppose “ouverture” en vue d’une rencontre de l’autre auquel on se remet en toute confiance, ce qui ne va pas sans une démarche authentique et concrète d’engagement.

Prière

*Seigneur Jésus, toi le seul qui n’ait jamais péché, tu es notre modèle de pauvreté et d’humilité, dans une confiance totale et une obéissance permanente au Père dont tu ne cherches qu’à accomplir la volonté face à toutes les personnes et tous les événeents rencontrés : donne-moi de savoir toujours me tourner vers toi comme tu te tournes vers le Père, avec la simplicité d’un enfant qui ne doute jamais qu’il sera pris en charge par ceux qui l’aiment. AMEN.

28.06.2003.*


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