📘 Commentaire biblique de l’abbé Léon Hamain


Première lecture : Genèse 17, 1-22

DU LIVRE DE LA GENESE

Texte

1 Lorsqu’Abram eut atteint quatre-vingt-dix-neuf ans, Yahvé lui apparut et lui dit : Je suis El Shaddaï, marche en ma présence et sois parfait.
2 J’institue mon alliance entre moi et toi, et je t’accroîtrai extrêmement.
3 Et Abram tomba la face contre terre. Dieu lui parla ainsi :
4 Moi, voici mon alliance avec toi : tu deviendras père d’une multitude de nations.
5 Et l’on ne t’appellera plus Abram, mais ton nom sera Abraham, car je te fais père d’une multitude de nations.
6 Je te rendrai extrêmement fécond, de toi je ferai des nations, et des rois sortiront de toi.
7 J’établirai mon alliance entre moi et toi, et ta race après toi, de génération en génération, une alliance perpétuelle, pour être ton Dieu et celui de ta race après toi.
8 A toi et à ta race après toi, je donnerai le pays où tu séjournes, tout le pays de Canaan, en possession à perpétuité, et je serai votre Dieu.
9 Dieu dit à Abraham : Et toi, tu observeras mon alliance, toi et ta race après toi, de génération en génération.
10 Et voici mon alliance qui sera observée entre moi et vous, c’est-à-dire ta race après toi : que tous vos mâles soient circoncis.
11 Vous ferez circoncire la chair de votre prépuce, et ce sera le signe de l’alliance entre moi et vous.
12 Quand ils auront huit jours, tous vos mâles seront circoncis, de génération en génération. Qu’il soit né dans la maison ou acheté à prix d’argent à quelque étranger qui n’est pas de ta race,
13 on devra circoncire celui qui est né dans la maison et celui qui est acheté à prix d’argent. Mon alliance sera marquée dans votre chair comme une alliance perpétuelle.
14 L’incirconcis, le mâle dont on n’aura pas coupé la chair du prépuce, cette vie-là sera retranchée de sa parenté : il a violé mon alliance.
15 Dieu dit à Abraham : Ta femme Saraï, tu ne l’appelleras plus Saraï, mais son nom est Sara.
16 Je la bénirai et même je te donnerai d’elle un fils; je la bénirai, elle deviendra des nations, et des rois de peuples viendront d’elle.
17 Abraham tomba la face contre terre, et il se mit à rire car il se disait en lui-même : Un fils naîtra-t-il à un homme de cent ans, et Sara qui a quatre-vingt-dix ans va-t-elle enfanter ?
18 Abraham dit à Dieu : Oh ! qu’Ismaèl vive devant ta face !
19 Mais Dieu reprit : Non, mais ta femme Sara te donnera un fils, tu l’appelleras Isaac, j’établirai mon alliance avec lui, comme une alliance perpétuelle, pour être son Dieu et celui de sa race après lui.
20 En faveur d’Ismaèl aussi, je t’ai entendu : je le bénis, je le rendrai fécond, je le ferai croître extrêmement, il engendrera douze princes et je ferai de lui une grande nation.
21 Mais mon alliance, je l’établirai avec Isaac, que va t’enfanter Sara, l’an prochain à cette saison.
22 Lorsqu’il eut fini de lui parler, Dieu remonta d’auprès d’Abraham

Commentaire

1. Situation

Le Livre de la Genèse est le premier livre de la Bible, et le premier des 5 livres attribués à la tradition de Moïse, et dont les différents éléments qui le composent se sont additionnés pendant plusieurs siècles jusqu’au temps de la rédaction finale, aux environs du 6ème siècle, et très probablement après le retour de l’exil Babylonien.

Ce livre nous présente d’abord une histoire des origines des nations, avec la création du monde (1, 1 - 2, 3), ainsi que de l’homme et de la femme, leur descendance et l’expansion de la civilisation (2,4 - 4, 24), la vie des générations d’avant le Déluge, le Déluge (4, 25 - 6, 8), et la repopulation jusqu’au moment de la dispersion (6, 9 - 9, 29), suite à l’orgueil manifesté par les hommes de la grande ville de Babel, avec sa tour (10, 1 - 11, 9).

Nous entrons ensuite - après un court interlude nous présentant la généalogie de Sem à Terah, le père d’Abraham (11, 10 -26) - dans une seconde grande partie, l’histoire des ancètres d’sraël (11, 27 - 50, 26), qui comprend le cycle d’Abraham et de Sarah (11, 27 - 25, 18), le cycle d’Isaac et Jacob (25, 19 - 36, 43), et, finalement, l’histoire de Joseph (37, 10 - 50, 26).


Notre page fait partie du cycle d’Abraham, qu’elle continue de nous développer. Après avoir été témoins de l’appel d’Abraham par le Seigneur, de son séjour dangereux en Egypte, de sa séparation d’avec son neveu Lot, nous en arrivons aux promesses que Dieu reprécise à Abraham, concernant la descendance et la possession de la terre, qui lui ont été annoncées.

La lenteur apparente de la réalisation des promesses de Dieu ne doit pas cependant devenir un obstacle. Après la demande de Sara à Abraham de lui donner un fils par sa servante Agar, Ismaël, et les difficultés, jalousies et violences qui ont suivi, Dieu maintient avec force sa promesse, qu’il réalisera en tous points. C’est ce dont parle notre passage.

2. Message

Nouveau rappel de l’Alliance de Dieu avec Abraham, renouvelée ici après la fugue et le retour d’Agar, que sa maîtresse, Sara, maltraitait, et la naissance d’Ismaël. Ces faits nouveaux n’empêchent pas le Seigneur de maintenir ses promesses à Abraham et de les préciser fortement.

Oui, en dépit se son grand âge et de celui de son épouse, ainsi que du ridicule apparent de cette situation, c’est de Sara que, d’ici un an, Abraham aura un fils, qu’il devra nommer Isaac, et avec qui Dieu conclura une alliance perpétuelle pour sa race et sa descendance.

En dépit donc du rire sceptique d’Abraham, et de son souhait que devant Dieu grandisse Ismaël (en qui il semble encore placer son espérance pour l’avenir de sa descendance), l’Alliance promise par Dieu ne sera poursuivie qu’avec le fils à venir d’Abraham et de Sara. Dieu est fidèle : il accomplira tout ce qu’il a promis.

En réponse à la demande d’Abraham, Dieu bénira néanmoins Ismaël jusqu’à en faire l’ancêtre d’un grand peuple, mais sans lui accorder le privilège gratuit de l’Alliance, conclue exclusivement entre Dieu et la descendance d’Abraham selon la promesse, c’est-à-dire avec Isaac, et, plus tard, avec Jacob-Israël.

Ces précisions s’accompagnent de deux nouveautés importantes dont Dieu prend l’initiative : d’abord, il change le nom d’Abraham (présenté auparavant comme “Abram”), pour signifier qu’il est maître de la vie de cet homme qu’il a appelé et qu’il conduit. Ensuite, il prescrit que tous les hommes et les enfants mâles de la famille et de la maison d’Abraham doivent désormais être circoncis, pour que soit marqué dans leur chair le signe de cette Alliance de Dieu avec Abraham et sa descendance.

3. Decouvertes

Ce chapitre, qui se prolonge jusqu’au verset 27, traite principalement et spécifiquement de l’Alliance de Dieu avec Abraham et sa descendance : le mot “aliance” y revient 13 fois.

Les éléments nouveaux de cette Alliance, qui sont rapportés dans ce texte, sont particulièrement significatifs :

  • Dieu, pour la première fois s’y présente comme “El Shaddaï” (Dieu tout puissant), ce qui semble impliquer qu’Abraham ne connaissait pas “Yahvé” par son nom.
  • Une nouvelle étape commence pour Abraham, et c’est pour cela que lui-même (verset 9) et Sara (verset 15) reçoivent un nom nouveau (ces changements de nom “d’Abram” en “Abraham” et de “Saraï” en “Sara” ne figurent pas dans nos lectures liturgiques). Via Ismaël, Abraham sera le père, non plus seulement d’un seul peuple, mais de nombreuses nations, bien que le lien spécifique de l’Alliance soit réservé perpétuellemnt et uniquement à la descendance d’Abraham par Sara.
  • A l’Alliance qu’il propose ainsi gratuitement, Dieu demande maintenant une réponse, la circoncision (rite non pratiqué chez les peuples de Mésopotamie, d’où vient Abraham), et, pour la première fois, il est mentionné que la non exécution de clauses de l’Alliance par des membres du peuple entraînera pour eux l’exclusion de tous les biens offerts par Dieu dans le cadre de cette Alliance.
  • Aux versets 15 - 20, une promesse spéciale est accordée à Sara, ainsi qu’une bénédiction spécifique pour Ismaël.
  • A propos du “rire” sceptique d’Abraham, qui accompagne sa prostration respectueuse devant Dieu, il s’explique comme jeu de mots sur le nom d’Isaac, qui signifie “il a ri” ou “Dieu rit” (voir également plus loin, 18, 12).

Les versets 23 - 27, qui concluent ce chapitre 17 de la Genèse, nous relatent l’obéissance immédiate d’Abraham, qui se soumet à la circoncision et y soumet tous les hommes de sa maison.

4. Prolongement

La Lettre de Paul aux Romains, et la Lettre aux Hébreux nous offrent une relecture de ces épisodes de l’histoire d’Abraham et de Sara :

16 Aussi dépend-il de la foi, afin d’être don gracieux, et qu’ainsi la promesse soit assurée à toute la descendance, qui se réclame non de la Loi seulement, mais encore de la foi d’Abraham, notre père à tous,

17 comme il est écrit : Je t’ai établi père d’une multitude de peuples - notre père devant Celui auquel il a cru, le Dieu qui donne la vie aux morts et appelle le néant à l’existence.

18 Espérant contre toute espérance, il crut et devint ainsi père d’une multitude de peuples, selon qu’il fut dit : Telle sera ta descendance.

19 C’est d’une foi sans défaillance qu’il considéra son corps déjà mort - il avait quelque cent ans - et le sein de Sara, mort également ;

20 appuyé sur la promesse de Dieu, sans hésitation ni incrédulité, mais avec une foi puissante, il rendit gloire à Dieu,

21 certain que tout ce que Dieu a promis, il est assez puissant ensuite pour l’accomplir.

22 Voilà pourquoi ce lui fut compté comme justice.

23 Or quand l’Écriture dit que sa foi lui fut comptée, ce n’est point pour lui seul ; elle nous visait également,

24 nous à qui la foi doit être comptée, nous qui croyons en celui qui ressuscita d’entre les morts Jésus notre Seigneur,

25 livré pour nos fautes et ressuscité pour notre justification.

1 Or la foi est la garantie des biens que l’on espère, la preuve des réalités qu’on ne voit pas.

2 C’est elle qui a valu aux anciens un bon témoignage.

8 Par la foi, Abraham obéit à l’appel de partir vers un pays qu’il devait recevoir en héritage, et il partit ne sachant où il allait.

9 Par la foi, il vint séjourner dans la Terre promise comme en un pays étranger, y vivant sous des tentes, ainsi qu’Isaac et Jacob, héritiers avec lui de la même promesse.

10 C’est qu’il attendait la ville pourvue de fondations dont Dieu est l’architecte et le constructeur.

11 Par la foi, Sara, elle aussi, reçut la vertu de concevoir, et cela en dépit de son âge avancé, parce qu’elle estima fidèle celui qui avait promis.

12 C’est bien pour cela que d’un seul homme, et déjà marqué par la mort, naquirent des descendants comparables par leur nombre aux étoiles du ciel et aux grains de sable sur le rivage de la mer, innombrables…

13 C’est dans la foi qu’ils moururent tous sans avoir reçu l’objet des promesses, mais ils l’ont vu et salué de loin, et ils ont confessé qu’ils étaient étrangers et voyageurs sur la terre.

Prière

*Seigneur Jésus, tu es le “chef” de notre foi, que tu conduis à sa perfection, pour l’avoir vécue comme fidélité totale à ta mission de miséricorde et d’ouverture, dans l’obéissance au Père, tout a long de ton parcours humain sur notre terre, jusqu’en ta passion et ta mort sur la croix : aide-moi à me remettre toujours plus entre tes mains avec confiance et abandon, accomplissant de mon mieux en conscience ce que je discerne comme étant la volonté de Dieu en ma vie, mais dans la conviction que sans toi , et la force de ton Esprit, je ne puis absolument rien faire qui soit dans la perspective de ton Royaume. AMEN.

27.06.2003.*

Évangile : Matthieu 8, 1-4

DE L’EVANGILE DE MATTHIEU

Texte

1 Quand il fut descendu de la montagne, des foules nombreuses se mirent à le suivre.
2 Or voici qu’un lépreux s’approcha et se prosterna devant lui en disant : ” Seigneur, si tu le veux, tu peux me purifier.”
3 Il étendit la main et le toucha, en disant : ” Je le veux, sois purifié. ” Et aussitôt sa lèpre fut purifiée.
4 Et Jésus lui dit : ” Garde-toi d’en parler à personne, mais va te montrer au prêtre et offre le don qu’a prescrit Moïse : ce leur sera une attestation. “

Commentaire

1. Situation

Cet Evangile, qui porte le nom de Matthieu, trouve peut-être sa première source dans une collection de paroles de Jésus, écrites en Araméen et attribuées à l’apôtre Matthieu, par un Père de l’Eglise, Papias d’Alexandrie, vers 125.

Cet Evangile, qui reprend beaucoup de passages de l’Evangile de Marc (qui avait été écrit vers 65), mais en y ajoutant des éléments qu’il partage en grande partie avec Luc, a été très probablement rédigé entre les années 85 et 90.

A parcourir tout ce Livre, on peut se demander s’il a été composé pour des chrétiens d’origine Juive (Judéochrétiens), ou pour des chrétiens d’origine païenne, ou encore pour les deux. La position communément admise de nos jours est qu’il a été écrit pour une communauté Judéochrétienne qui s’est trouvée exclue du Judaïsme, suite à une décision par des rabbins Juifs non chrétiens de ne plus tolérer la double appartenance, à la fois Juive et chrétienne, de ces Judéochrétiens, qui avait été possible jusqu’à cette date. Rupture qui explique la dureté des propos mis dans la bouche de Jésus contre les Scribes et Pharisiens de son temps (Matth. chapitre 23).

Néanmoins, même s’il a été d’abord écrit pour confirmer une communauté Judéochrétienne dans sa découverte de la Bonne Nouvelle de Jésus, cet Evangile est ouvert également à la mission universelle auprès des païens, et il se termine par un envoi en mission par le Christ ressuscité, avec ces paroles : “allez, de toutes les nations, faites des disciples” (28, 18).

On peut diviser cet Evangile en 11 parties, qui se répondent en sens inverse (la 1ère correspondant à la dernière, la 2ème, à l’avant-dernière, etc…), concentrées autour de la 6ème partie, le “Discours en paraboles”, qui sert en quelque sorte de “pivot”. Nous obtenons ainsi le découpage suivant :

  • Naissance de Jésus et commencement de sa mission (1 - 4)
  • Bénédictions et Discours sur la montagne (5 - 7)
  • Manifestations de l’autorité de Jésus et de ses appels (8 - 9)
  • Discours sur la mission (10)
  • Jésus rejeté par “cette génération” (11 - 12 )
  • Discours en paraboles (13)
  • Jésus reconnu par ses disciples (14 - 17)
  • Discours sur la manière de vivre en communauté de croyants (18)
  • De nouveau, Jésus manifeste son autorité et ses appels (19 - 22)
  • Proclamation de situations malheureuses et Discours sur la venue définitive du Royaume (23 - 24)
  • Passion, mort et résurrection (26 - 28)

Cette présentation fait ressortir que cet Evangile est bien rythmé par 5 grands discours de Jésus, dans lesquels l’auteur a concentré la majeure partie de son enseignement. Les 5 discours ont souvent fait penser aux 5 livres de Moïse de l’Ancien Testament. On dit volontiers que, pour Matthieu, Jésus est le “Nouveau Moïse”.


Avec notre page commence une 3ème partie de cet Evangile, nous montrant l’autorité de Jésus en acte dans ses oeuvres de miséricorde. Une série de récits intermédiaires nous relatant le ministère de Jésus va nous conduire à la lecture de son 2ème grand discours, le discours sur la mission, qui formera la partie suivante de l’Evangile.

2. Message

Jésus descend donc de la montagne, au sommet de laquelle il vient de prononcer son 1er grand discours sur la charte du Royaume.

Et voici qu’immédiatement un lépreux l’aborde et l’interpelle pour lui demander de le guérir s’il le veut. En le touchant, Jésus enfreint la Loi qui interdisait tout contact proche avec de tels malades, considérés comme impurs, tout en la dépassant au nom du service de l’homme, dans la miséricorde.

Cependant, en envoyant l’homme qu’il vient ainsi de guérir se montrer au prêtre, Jésus observe en même temps cette Loi de Moïse (Lévitique, 13, 49).

Nous constatons donc que Jésus illustre bien, par son comportement, l’enseignement de base qu’il vient de proclamer dans son discours sur la Montagne : il n’est pas venu abolir les enseignements des Livres de la Loi, ni ceux des Livres des Prophètes, mais les accomplir, tout en les dépassant radicalement (5, 17 - 48).

3. Decouvertes

Après le défi qu’il a lancé en paroles tout au long de son premier discours, nous découvrons le défi semblable que Jésus lance maintenant par ses actions de miséricorde, accomplies surtout en faveur de personnes défavorisées, ou marginalisées par la société. Ces gestes, souvent spectaculaires, se trouvent regroupés en 3 triades de 3 miracles chacune, qui se déploient tout au long de cette partie de l’Evangile (8, 1 - 9, 34). En plus de la première triade, dans laquelle se trouve notre page (8, 1 - 17), les deux autres se lisent en 8, 23 - 9, 8 et 9, 18 - 34.

Cette purification d’un lépreux, à laquelle nous assistons, constitue la première guérison de cette première triade, qui nous raconte ensuite la guérison du fils du centurion de Capharnaüm, ainsi que celle de la belle-mère de Pierre.

L’autorité de Jésus, constatée dans sa manière de parler, et reconnue à la fin de son premier discours (7,28 - 29), se manifeste tout autant dans la manière selon laquelle Jésus se comporte et parle au lépreux : “Je le veux, sois guéri”.

La “lèpre” dont il est ici question ne correspond probablement pas à la maladie que nous mettons sous ce nom aujourd’hui. Il faut y voir une maladie de la peau, semblable à celle constatée dans le Livre des Nombres (Nombres, 12), lorsque Moïse guérit Myriam, ainsi que dans le 2ème Livres des Rois (5, 1 - 14), lorsqu’Elisée guérit le général Syrien Naaman.

Notons cependant la dimension eschatologique de ce genre de guérison. En 11, 5, Jésus répond à la question des envoyés de Jean-Baptiste avec des signes de la fin des temps, liés à l’apparitin du Messie, dont la purification des lépreux, et, dans ses consignes de mission aux Douze, au cours de son 2ème grand discours missionnaire, Jésus leur demande spécifiquement de guérir les lépreux, et donc de l’imiter sur ce point également (10, 8).

4. Prolongement

Ce que les deux disciples , qui s’en retournent à Emmaüs, le soir de Pâques, racontent à son sujet au Christ ressuscité qui les rejoint sur la route, correspond bien à l’image forte que Jésus avait imprégnée chez tous ceux qui l’avaient rencontré tout au long de son ministère :

19 ” Quoi donc ? ” leur dit-il. Ils lui dirent : ” Ce qui concerne Jésus le Nazarénien, qui s’est montré un prophète puissant en œuvres et en paroles devant Dieu et devant tout le peuple,

Même si les Actes des Apôtres nous racontent des miracles de guérison du même genre que ceux de Jésus, accomplis par Pierre et Paul, et qui montraient la continuité de leur mission par rapport à celle de Jésus, manifestant ainsi que “l’affaire Jésus” continuait bien après sa mort, en la puissance de son Nom et dans la force de son Esprit, et même si Jésus, dans son dernier discours avant sa mort, a promis à ceux qui croient en lui qu’ils feraient les mêmes oeuvres que lui, et même des oeuvres plus grandes que les siennes, parce qu’il allait vers le Père (Jean, 14, 12), ce n’est pas par des signes prodigieux et spectaculaires que nous avons aujourd’hui à le rendre visible, mais par notre témoignage, personnel et communautaire, en paroles et en actes, témoignage animé par son Esprit qui habite en nous, et nous fait reproduire les comportements de Jésus.

Comme l’écrit Paul au Corinthiens, nous avons tous, les uns face aux autres, à nous édifier dans l’imitation de Jésus le Christ :

1 Montrez-vous mes imitateurs, comme je le suis moi-même du Christ.

Prière

*Seigneur Jésus, après avoir rendu le beau témoignage de ta propre mission, tu attends de nous qu’à notre tour nous soyons tes témoins, par notre parole et par notre manière de t’imiter en toutes nos démarches, vécues avec toi, dans la force de ton Esprit : apprends-moi à rendre compte de l’espérance qui est en nous tous qui croyons en toi, et à faire connaître ton Nom, chaque fois qu’on m’interroge sur mes comportements ou mes attitudes, qui doivent être autant d’occasions de montrer que toi seul es celui qui donne sens à ma vie, en m’orientant sans cesse vers le Père. AMEN.

28.06.2002.*


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