📘 Commentaire biblique de l’abbé Léon Hamain


Première lecture : Genèse 22, 1-19

DU LIVRE DE LA GENESE

Texte

1 Après ces événements, il arriva que Dieu éprouva Abraham et lui dit : Abraham ! Abraham ! Il répondit : Me voici !
2 Dieu dit : Prends ton fils, ton unique, que tu chéris, Isaac, et va-t’en au pays de Moriyya, et là tu l’offriras en holocauste sur une montagne que je t’indiquerai.
3 Abraham se leva tôt, sella son âne et prit avec lui deux de ses serviteurs et son fils Isaac. Il fendit le bois de l’holocauste et se mit en route pour l’endroit que Dieu lui avait dit.
4 Le troisième jour, Abraham, levant les yeux, vit l’endroit de loin.
5 Abraham dit à ses serviteurs : Demeurez ici avec l’âne. Moi et l’enfant nous irons jusque là-bas, nous adorerons et nous reviendrons vers vous.
6 Abraham prit le bois de l’holocauste et le chargea sur son fils Isaac, lui-même prit en mains le feu et le couteau et ils s’en allèrent tous deux ensemble.
7 Isaac s’adressa à son père Abraham et dit : Mon père ! Il répondit : Oui, mon fils ! - Eh bien, reprit-il, voilà le feu et le bois, mais où est l’agneau pour l’holocauste ?
8 Abraham répondit : C’est Dieu qui pourvoira à l’agneau pour l’holocauste, mon fils, et ils s’en allèrent tous deux ensemble.
9 Quand ils furent arrivés à l’endroit que Dieu lui avait indiqué, Abraham y éleva l’autel et disposa le bois, puis il lia son fils Isaac et le mit sur l’autel, par-dessus le bois.
10 Abraham étendit la main et saisit le couteau pour immoler son fils.
11 Mais l’Ange de Yahvé l’appela du ciel et dit : Abraham ! Abraham ! Il répondit : Me voici !
12 L’Ange dit : N’étends pas la main contre l’enfant ! Ne lui fais aucun mal ! Je sais maintenant que tu crains Dieu : tu ne m’as pas refusé ton fils, ton unique.
13 Abraham leva les yeux et vit un bélier, qui s’était pris par les cornes dans un buisson, et Abraham alla prendre le bélier et l’offrit en holocauste à la place de son fils.
14 A ce lieu, Abraham donna le nom de Yahvé pourvoit, en sorte qu’on dit aujourd’hui : Sur la montagne, Yahvé pourvoit.
15 L’Ange de Yahvé appela une seconde fois Abraham du ciel
16 et dit : Je jure par moi-même, parole de Yahvé : parce que tu as fait cela, que tu ne m’as pas refusé ton fils, ton unique,
17 je te comblerai de bénédictions, je rendrai ta postérité aussi nombreuse que les étoiles du ciel et que le sable qui est sur le bord de la mer, et ta postérité conquerra la porte de ses ennemis.
18 Par ta postérité se béniront toutes les nations de la terre, parce que tu m’as obéi.
19 Abraham revint vers ses serviteurs et ils se mirent en route ensemble pour Bersabée. Abraham résida à Bersabée.

Commentaire

1. Situation

Le Livre de la Genèse est le premier livre de la Bible, et le premier des 5 livres attribués à la tradition de Moïse, et dont les différents éléments qui le composent se sont additionnés pendant plusieurs siècles jusqu’au temps de la rédaction finale, aux environs du 6ème siècle, et très probablement après le retour de l’exil Babylonien.

Ce livre nous présente d’abord une histoire des origines des nations, avec la création du monde (1, 1 - 2, 3), ainsi que de l’homme et de la femme, leur descendance et l’expansion de la civilisation (2,4 - 4, 24), la vie des générations d’avant le Déluge, le Déluge (4, 25 - 6, 8), et la repopulation jusqu’au moment de la dispersion (6, 9 - 9, 29), suite à l’orgueil manifesté par les hommes de la grande ville de Babel, avec sa tour (10, 1 - 11, 9).

Nous entrons ensuite - après un court interlude nous présentant la généalogie de Sem à Terah, le père d’Abraham (11, 10 -26) - dans une seconde grande partie, l’histoire des ancètres d’sraël (11, 27 - 50, 26), qui comprend le cycle d’Abraham et de Sarah (11, 27 - 25, 18), le cycle d’Isaac et Jacob (25, 19 - 36, 43), et, finalement, l’histoire de Joseph (37, 10 - 50, 26).


Notre page fait partie du cycle d’Abraham, qu’elle continue de nous développer.

Depuis son premier appel par Dieu (12, 1 -9), Abraham a cheminé, est passé par l’Egypte, s’est séparé de son neveu Lot, et a vaincu des rois envahisseurs qui avaient capturé Lot,

De son côté, Dieu, en dépit de la lenteur apparente des réalisations de ses promesses à Abraham, les lui a nettement renouvelées et précisées, continuant de lui annoncer une descendance issue de son sang, ainsi que la possession de la terre de Canaan, même après la naissance d’Ismaël qu’Abraham a engendré de sa servante, Hagar, que Sarah lui avait envoyée,

Selon donc cette promesse de Dieu, maintes fois renouvelée, un fils est finalement né de Sarah à Abraham. Dieu a donc bel et bien tenu parole et Abraham a eu raison de lui faire confiance et de croire en lui.

Cependant, des difficultés concrètes apparaissent rapidement : Abraham, qui a donc maintenant deux fils, l’un né de Agar, l’esclave de Sarah, Ismaël, l’autre né de son épouse Sarah, Isaac, se voit contraint de chasser Agar et son fils, dont Sarah ne tolère plus la présence. De plus, voici que Dieu vient lui demander une démarche quasi impossible et apparemment totalement en contradiction avec sa promesse d’une descendance.

2. Message

Situation extrême et dramatique à laquelle se trouve confronté Abraham, en cette scène, où Dieu lui demande le renoncement le plus total à la réalisation, qui vient de s’accomplir, de la promese qu’il lui avait faite, et renouvelée si souvent, d’un fils né de Sarah, et qui serait le porteur de sa bénédiction pour une immense descendance.

Et cela, au nom de l’obéissance à Dieu, l’auteur et l’acteur de cette promesse.

Abraham avait déjà tout quitté pour répondre dans la foi à la promesse de Dieu, mais il est ici conduit à effectuer un grand pas de plus, pour aller jusqu’au bout de l’obéissance absolue et inconditionnelle. Comme il répond OUI au Seigneur qui le met ainsi à l’épreuve, Dieu constate sa foi et lui renouvelle une fois de plus sa bénédiction.

Cependant, en même temps, Dieu réprouve les sacrifices humains souvent pratiqués à cette époque ancienne : la vie qui nous est donnée par Dieu en ce monde doit toujours être respectée, et ce, d’autant plus qu’elle est appelée à se trouver traansfigurée dans la vie éternelle de Dieu lui-même.

3. Decouvertes

Ce texte a été interprété très souvent et déjà dès le Nouveau Testament, en Hébreux, 11, 17 et Jacques, 2, 21. La plupart des spécialistes de la Bible estiment pourtant qu’il n’existe aucune interprétation totalement adéquate de ce passage.

Ce récit est d”une qualité littéraire exceptionnelle, tout rempli qu’il est de précisions, de fine sensibilité chez les personnsages, de sens psychologique. On se demande pourtant pourquoi l’auteur nous l’a composé : peut-être existait-il, à l’arrière plan, le souvenir de sacrifices humains de premiers-nés au Proche Orient, mais cette pratique a toujours été absolument interdite et considérée avec horreur en Israël.

Cette page relate clairement que Dieu veut mettre Abraham à l’épreuve, vérifier jusqu’où va son obéissance, et à quel point il craint le Seigneur. Cela est indiqué dès le verset 1. Abraham se voit obligé de choisir entre obéir à un acte incompréhensible et repoussant et l’amour total qu’il a pour son fils Isaac, amour auquel fait allusion le verset 2.

Remarquons l’ironie dramatique de la situation : Dieu n’avait pas l’intention que soit accompli l’acte qu’il demande à Abraham d’exécuter, mais Abraham ne pouvait pas le savoir.

Avec ce passage, nous atteignons le point culminant des risques et dangers attachés à la promesse de Dieu. Après l’accomplissement miraculeux de la promesse, maintes fois répétée, que Dieu a faite à Abraham de la future naissance d’Isaac, voici l’existence de cet enfant vouée à une fin tragique prématurée.

Tous les détails du voyage vers la montagne du sacrifice, ainsi que les préparatifs de l’holocauste, nous sont rapportés avec une précision méticuleuse.

L’Ange de Yahvé, dont l’intervention empêche l’acte fatal à l’encontre du jeune Isaac, n’est autre que Yahvé-Dieu lui-même.

Le nom “Dieu pourvoit” donné par Abraham à la montagne de ce sacrifice est à lire en écho à la réponse évasive qu’Abraham avait donnée à Isaac, lorsque celui-ci l’interrogeait sur la victime de l’holocauste.

Les versets 15 - 18 représentent probablement une addition postérieure soulignant une deuxième fois dans cette page l’obéissance d’Abraham et renouvelant tous les aspects de la promesse de Dieu à Abraham, qui en est maintenant déclaré digne.

4. Prolongement

Relectures directes de ce passage dans le Nouveau Testament :

17 Par la foi, Abraham, mis à l’épreuve, a offert Isaac, et c’est son fils unique qu’il offrait en sacrifice, lui qui était le dépositaire des promesses,

18 lui à qui il avait été dit : C’est par Isaac que tu auras une postérité.

19 Dieu, pensait-il, est capable même de ressusciter les morts ; c’est pour cela qu’il recouvra son fils, et ce fut un symbole.

20 Veux-tu savoir, homme insensé, que la foi sans les œuvres est stérile ?

21 Abraham, notre père, ne fut-il pas justifié par les œuvres quand il offrit Isaac, son fils, sur l’autel ?

22 Tu le vois : la foi coopérait à ses œuvres et par les œuvres sa foi fut rendue parfaite.

23 Ainsi fut accomplie cette parole de l’Écriture : Abraham crut à Dieu, cela lui fut compté comme justice et il fut appelé ami de Dieu. ”

Le don qu’Abraham fait à Dieu de son fils unique, selon une obéissance qui montre que pour lui il s’agit d’aimer Dieu plus que tout, est annonce du don gratuit que Dieu lui-même nous fait, par amour, de son unique Fils :

31 Que dire après cela ? Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ?

32 Lui qui n’a pas épargné son propre Fils mais l’a livré pour nous tous, comment avec lui ne nous accordera-t-il pas toute faveur ?

10 En ceci consiste l’amour : ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, mais c’est lui qui nous a aimés et qui a envoyé son Fils en victime de propitiation pour nos péchés.

11 Bien-aimés, si Dieu nous a ainsi aimés, nous devons, nous aussi, nous aimer les uns les autres.

Prière

*Seigneur Jésus, ton obéissance au Père jusqu’au don de ta vie, pour tous ceux auprés desquels tu étais envoyé pour les sauver gratuitement, a été à la fois la manifestation de l’amour gratuit du Père qui t’avait envoyé en mission parmi nous et ta réponse parfaite à cette démarche du Père : fais-moi découvrir à quel point toutes mes expressions de ce OUI que je dois, avec toi, dans l’Esprit, adresser au Père ainsi qu’à tous mes frères et soeurs, sont le fruit en moi de cet amour de Dieu qui m’a rejoint et a transformé mon existence. AMEN.

03.07.2003.*

Évangile : Matthieu 9, 1-8

DE L’EVANGILE DE MATTHIEU

Texte

1 S’étant embarqué, il traversa et vint dans sa ville.
2 Et voici qu’on lui apportait un paralytique étendu sur un lit. Jésus, voyant leur foi, dit au paralytique : ” Aie confiance, mon enfant, tes péchés sont remis. “
3 Et voici que quelques scribes se dirent par-devers eux : ” Celui-là blasphème. “
4 Et Jésus, connaissant leurs sentiments, dit : ” Pourquoi ces mauvais sentiments dans vos cœurs ?
5 Quel est donc le plus facile, de dire : Tes péchés sont remis, ou de dire : Lève-toi et marche ?
6 Eh bien ! pour que vous sachiez que le Fils de l’homme a le pouvoir sur la terre de remettre les péchés, lève-toi, dit-il alors au paralytique, prends ton lit et va-t-en chez toi. “
7 Et se levant, il s’en alla chez lui.
8 A cette vue, les foules furent saisies de crainte et glorifièrent Dieu d’avoir donné un tel pouvoir aux hommes.

Commentaire

1. Situation

Cet Evangile, qui porte le nom de Matthieu, trouve peut-être sa première source dans une collection de paroles de Jésus, écrites en Araméen et attribuées à l’apôtre Matthieu, par un Père de l’Eglise, Papias d’Alexandrie, vers 125.

Cet Evangile, qui reprend beaucoup de passages de l’Evangile de Marc (qui avait été écrit vers 65), mais en y ajoutant des éléments qu’il partage en grande partie avec Luc, a été très probablement rédigé entre les années 85 et 90.

A parcourir tout ce Livre, on peut se demander s’il a été composé pour des chrétiens d’origine Juive (Judéochrétiens), ou pour des chrétiens d’origine païenne, ou encore pour les deux. La position communément admise de nos jours est qu’il a été écrit pour une communauté Judéochrétienne qui s’est trouvée exclue du Judaïsme, suite à une décision par des rabbins Juifs non chrétiens de ne plus tolérer la double appartenance, à la fois Juive et chrétienne, de ces Judéochrétiens, qui avait été possible jusqu’à cette date. Rupture qui explique la dureté des propos mis dans la bouche de Jésus contre les Scribes et Pharisiens de son temps (Matth. chapitre 23).

Néanmoins, même s’il a été d’abord écrit pour confirmer une communauté Judéochrétienne dans sa découverte de la Bonne Nouvelle de Jésus, cet Evangile est ouvert également à la mission universelle auprès des païens, et il se termine par un envoi en mission par le Christ ressuscité, avec ces paroles : “allez, de toutes les nations, faites des disciples” (28, 18).

On peut diviser cet Evangile en 11 parties, qui se répondent en sens inverse (la 1ère correspondant à la dernière, la 2ème, à l’avant-dernière, etc…), concentrées autour de la 6ème partie, le “Discours en paraboles”, qui sert en quelque sorte de “pivot”. Nous obtenons ainsi le découpage suivant :

  • Naissance de Jésus et commencement de sa mission (1 - 4)
  • Bénédictions et Discours sur la montagne (5 - 7)
  • Manifestations de l’autorité de Jésus et de ses appels (8 - 9)
  • Discours sur la mission (10)
  • Jésus rejeté par “cette génération” (11 - 12 )
  • Discours en paraboles (13)
  • Jésus reconnu par ses disciples (14 - 17)
  • Discours sur la manière de vivre en communauté de croyants (18)
  • De nouveau, Jésus manifeste son autorité et ses appels (19 - 22)
  • Proclamation de situations malheureuses et Discours sur la venue définitive du Royaume (23 - 24)
  • Passion, mort et résurrection (26 - 28)

Cette présentation fait ressortir que cet Evangile est bien rythmé par 5 grands discours de Jésus, dans lesquels l’auteur a concentré la majeure partie de son enseignement. Les 5 discours ont souvent fait penser aux 5 livres de Moïse de l’Ancien Testament. On dit volontiers que, pour Matthieu, Jésus est le “Nouveau Moïse”.


Avec notre page se poursuit une 3ème partie de cet Evangile. Après le défi qu’il a lancé en paroles tout au long de son premier discours, nous découvrons le défi semblable que Jésus lance maintenant par ses actions de miséricorde, accomplies surtout en faveur de personnes défavorisées, ou marginalisées par la société. Ces gestes, souvent spectaculaires, se trouvent regroupés en 3 triades de 3 miracles chacune, qui se déploient tout au long de cette partie de l’Evangile (en 8, 1 - 17; 8, 23 - 9, 8 et 9, 18 - 34), entourant quelques événements différents comme l’appel du disciple Matthieu (9,4 -13) ou des prises de position de Jésus, comme celle sur les conditions nécessaires pour devenir ses disciples (8, 18 - 22) ou sur le jeûne (9, 14 - 17).

Nous assistons, en cette page, au troisième miracle de la deuxième des trois séries.

2. Message

Jésus rentre tout juste d’un passage par le pays des Gadaréniens où il a libéré deux possédés violents et dangereux, guérisons qui se sont accompagnées de la ruine d’un troupeau de porcs (8, 28 - 34).

Alors que dans l’Evangile de Marc, le miracle de la guérison du paralytique (Marc, 2, 1 - 5a et 11 - 12) est bien situé à part de l’acte de pardon (2, 5b -10), Matthieu a fondu davantage, semble-t-il, ces deux parties en un ensemble plus unifié, et n’a pas repris la description détaillée et pittoresque de l’arrivée du paralytique que l’on descend devant Jésus à travers le toit.

En guérissant ainsi le paralytique, Jésus démontre qu’il a le pouvoir de faire, comme de faire constater ce qu’il annonce dans l’ordre des choses visibles, et donc qu’on peut le croire sur parole quand il parle de son action agissante sur les coeurs dans le pardon des péchés.

En cette circonstance précise, ce sont seulement quelques scribes qui protestent intérieurement contre la déclaration de Jésus qui annonce au paralytique que ses péchés sont pardonnés. Lors de l’appel de Matthieu, qui suit cette page dans l’Evangile, ce seront des pharisiens qui s’opposent à Jésus (9, 11) avant qu’interviennent des disciples de Jean Baptiste qui l’interpellent sur le fait que ses disciples ne jeûnent pas (9, 14).

En accusant Jésus de blasphème, les scribes soulignent que le don du pardon est une prérogative divine. De plus, qui peut pardonner les péchés dans une société donnée, contrôle en fait cette société. N’oublions pas que c’est sur une accusation semblable de blasphème que Jésus sera condamné à être crucifié (26, 65).

Du point de vue de la visibilité extérieure, il est plus facile d’affirmer que les péchés sont pardonnés (ce qui n’est jamais vérifiable de manière évidente) que de dire “Iève-toi et marche”, ordre dont l’éxécution est immédiatement et nécessairement visible et contrôlable.

3. Decouvertes

Le dernier verset de cette page est très intéressant à étudier. Le pardon des péchés y est affirmé comme conféré par Dieu et par des hommes. Et, en ce cas, il ne s’agit plus seulement de Jésus seul, en tant que Fils de l’homme (verset 6), mais d’une capacité remise à ceux qui ont autorité en Eglise, dans les communautés. Cela est bien en consonnance avec d’autres passages de l’Evangile de Matthieu, en particulier avec ce que Jésus déclare à ses disciples dans le 4ème discours, le Discours Communautaire (Matthieu 18, 17; voir aussi 16, 18).

Matthieu écrit son Evangile pour les chrétiens de la 2ème, et plutôt même de la 3ème génération. Quand on a la foi au Christ, on accepte de suivre ceux qu’il a choisis pour continuer, après lui, son action de salut.

4. Prolongement

Paul, dans ce verset, maintes fois cité, de la 2ème Lettre aux Corinthiens, nous montre comment Jésus a contribué au pardon objectif de nos fautes par Dieu, et le sens que prend ainsi le mystère de sa mort :

21 Celui qui n’avait pas connu le péché, Il l’a fait péché pour nous, afin qu’en lui nous devenions justice de Dieu.

Dans sa Lettre aux Romains, parlant de notre baptême comme entrée dans le mystère de la mort et de la résurrection du Christ, Paul précise :

10 Sa mort fut une mort au péché, une fois pour toutes; mais sa vie est une vie à Dieu.

11 Et vous de même, considérez que vous êtes morts au péché et vivants à Dieu dans le Christ Jésus.

12 Que le péché ne règne donc plus dans votre corps mortel de manière à vous plier à ses convoitises.

13 Ne faites plus de vos membres des armes d’injustice au service du péché; mais offrez-vous à Dieu comme des vivants revenus de la mort et faites de vos membres des armes de justice au service de Dieu.

14 Car le péché ne dominera pas sur vous: vous n’êtes pas sous la Loi, mais sous la grâce.

Nous nous souvenons que le dernier message de Jésus ressuscité aux siens dans l’Evangile de Jean (Jean, 20, 22 - 23), leur annonce qu’il répand sur eux l’Esprit et leur transmet ainsi la capacité de remettre ou de retenir les péchés. Mesurons-nous le don de Dieu que cette remise des péchés nous accorde ? D’où cette exclamation de Paul aux Colossiens :

13 Vous qui étiez morts du fait de vos fautes et de votre chair incirconcise, Il vous a fait revivre avec lui ! Il nous a pardonné toutes nos fautes ! …

12 ensevelis avec lui lors du baptême, vous en êtes aussi ressuscités avec lui, parce que vous avez cru en la force de Dieu qui l’a ressuscité des morts.

Prière

*Seigneur Jésus, par ton OUI au Père lors de ton passage pascal en la mort et ta résurrection, tu nous as fait passer de la mort à la vie, au statut de création nouvelle et à la dignité d’enfants de Dieu, fils, héritiers et cohéritiers avec toi du Royaume, tout en nous précisant que cette transformation totale était l’oeuvre de ton Esprit en nos coeurs, nous remettant tous nos péchés : fais-moi vivre tous mes instants dans la conviction que Dieu m’a, par toi, réconcilié avec lui, comme avec tous mes frères et soeurs, m’invitant à traduire cette situation nouvelle en toutes mes attitudes et paroles. AMEN.

03.07.2003.*


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