📘 Commentaire biblique de l’abbé Léon Hamain
Première lecture : Amos 3, 1-8
DU LIVRE D’AMOS
Texte
1 Écoutez cette parole que Yahvé prononce contre vous, enfants d’Israël, contre toute la famille que j’ai fait monter du pays d’Égypte :
2 Je n’ai connu que vous de toutes les familles de la terre, c’est pourquoi je vous châtierai pour toutes vos fautes. La vocation prophétique est irrésistible.
3 Deux hommes vont-ils ensemble sans s’être concertés ?
4 Le lion rugit-il dans la forêt sans avoir une proie ? Le lionceau donne-t-il de la voix, de sa tanière, sans qu’il ait rien pris ?
5 Le passereau tombe-t-il dans le filet, à terre, sans qu’il y ait de piège ? Le filet se soulève-t-il du sol sans rien attraper ?
6 Sonne-t-on du cor dans une ville sans que le peuple soit effrayé ? Arrive-t-il un malheur dans une ville sans que Yahvé en soit l’auteur ?
7 Mais le Seigneur Yahvé ne fait rien qu’il n’en ait révélé le secret à ses serviteurs les prophètes.
8 Le lion a rugi : qui ne craindrait ? Le Seigneur Yahvé a parlé : qui ne prophétiserait ?
Commentaire
1. Situation
Amos, prophète du 8ème siècle, juste avant la conquête et la déportation du royaume du Nord par l’Assyrie.
Il est probablement le plus ancien des prophèts écrivains. Cependant, dans les Bibles, son oeuvre se trouve toujours après celle d’Osée, et quelquefois de Joël, et précédant soit celle de Michée, soit celle d’Obadiah, tous prophètes qui furent ses contemporains.
D’autre part son livre révèle des liens et affinités de vocabulaire et de thèmes avec ceux de tous ces prophètes : voir Amos, 1, 2 et Joël, 4, 16; Amos, 9, 2 et Obadiah, 1 - 4; Amos, 9, 13 - 15 et Osée 14, 4 - 8, ainsi que Joël, 4, 18; Amos, 9, 2 - 3 et Jonas, 1, 3.
Selon Amos, depuis Jérusalem, Yahvé-Dieu juge les transgressions d’Israêl, de Juda et des nations voisines. Il reproche particulièrement à Israël : l’oppression des pauvres, la perversion de la justice, le rejet des prophètes, une fausse attitude religieuse, et une trompeuse confiance en soi. Le seul espoir d’Israël, c’est de choisir Yahvé, dans la justice et la compassion (5, 1 - 27).
Le livre d’Amos développe les points suivants : - jugement de Dieu à l’égard des nations, y compris Israël et Juda, (1, 1 - 2, 16), - accusations contre Israël et appel à ce peuple (3, 1 - 6, 14), - visions, interprétations, paroles de jugement et de salut (7, 1 - 9, 15).
Trois hypothèses sur le livre actuel d’Amos : il nous livre de près la prédication d’Amos, ou bien, une couche primitive a été remaniée au 7ème siècle et revue après l’exil, ou encore, une tradition primitive d’oracles et de poèmes a été mise en forme après l’exil ? La plupart hésitent entre la 2ème et la 3ème hypothèses.
2. Message
Si Dieu demande des comptes à Israël, c’est que ce peuple est le seul qu’il ait choisi d’aimer, et de libérer de la servitude Egyptienne.
D’un regard sur la nature, les relations humaines, la vie en société et les événements de l’histoire, il ressort qu’il n’y a pas d’effet sans cause (3, 3 - 5b), ni de cause sans effet (3, 5c - 6. 8).
En conséquence, si le prophète prophétise, c’est que Dieu a parlé, et si Yahvé parle, le prophète ne peut pas ne pas prophétiser (3, 7 - 8).
3. Decouvertes
La famille-nation d’Israël se distingue de toutes les autres familles-nations de la terre (3, 1 - 2. Voir Genèse, 12, 3).
Aux questions que pose ici Amos, les réponses sont évidentes.
Le choix des comparaisons utilisées dans ces questions laisse pressentir un message de malheur.
Le verset 7 suppose que Yahvé tient conseil avec ses prophètes (voir Isaïe, 6, 1 - 8), qui, de plus, y sont définis comme serviteurs (ambassadeurs, messagers) de Yahvé.
A noter toutefois que ce verset 7 rompt le développement du texte poétique par une remarque d’allure prosaïque.
L’action de “rugir”, qui concerne le lion au verset 4, est appliqué à Yahvé au verset 8, ainsi qu’en 1, 2.
L’interdiction faite aux prophètes de prophétiser (2, 11 - 12) implique que, si Dieu parle et envoie inévitablement des prophètes qu’on ne veut pas écouter, le châtiment venant de Dieu sera tout autant inévitable.
4. Prolongement
Cet appel à l’évidence et au réalisme concernant l’intervention de Dieu par ses prophètes est repris et accompli par Jésus, à propos de sa propre mission. S’il a lui-même été refusé ou rejeté par beaucoup, d’autres, également nombreux et dont nous sommes, l’ont accueilli, et sont appelés à partager son destin, mais dans la force de son Esprit-Saint:
4 Ce qui fut en lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes.
5 et la lumière luit dans les ténèbres et les ténèbres ne l’ont pas saisie…
11 Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas accueilli.
12 Mais à tous ceux qui l’ont accueilli, il a donné pouvoir de devenir enfants de Dieu, à ceux qui croient en son nom,
13 lui qui ne fut engendré ni du sang, ni d’un vouloir de chair, ni d’un vouloir d’homme, mais de Dieu.
14 Et le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous, et nous avons contemplé sa gloire, gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité.
20 Rappelez-vous la parole que je vous ai dite : Le serviteur n’est pas plus grand que son maître. S’ils m’ont persécuté, vous aussi ils vous persécuteront ; s’ils ont gardé ma parole, la vôtre aussi ils la garderont.
21 Mais tout cela, ils le feront contre vous à cause de mon nom, parce qu’ils ne connaissent pas celui qui m’a envoyé.
22 Si je n’étais pas venu et ne leur avais pas parlé, ils n’auraient pas de péché ; mais maintenant ils n’ont pas d’excuse à leur péché.
23 Qui me hait, hait aussi mon Père.
24 Si je n’avais pas fait parmi eux les œuvres que nul autre n’a faites, ils n’auraient pas de péché ; mais maintenant ils ont vu et ils nous haïssent, et moi et mon Père.
25 Mais c’est pour que s’accomplisse la parole écrite dans leur Loi : Ils m’ont haï sans raison.
24 Père, ceux que tu m’as donnés, je veux que là où je suis, eux aussi soient avec moi, afin qu’ils contemplent ma gloire, que tu m’as donnée parce que tu m’as aimé avant la fondation du monde.
25 Père juste, le monde ne t’a pas connu, mais moi je t’ai connu et ceux-ci ont reconnu que tu m’as envoyé.
26 Je leur ai fait connaître ton nom et je le leur ferai connaître, pour que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux et moi en eux. “
Prière
*Seigneur Jésus, tu es venu nous rencontrer, tu nous as parlé au nom de Dieu ton Père, et ton engagement d’obéissance jusqu’à en mourir, pour nous annoncer et accomplir en nous le salut de Dieu, est la preuve que Dieu nous aime gratuitement, sans aucun merite de notre part : donne-moi d’accueillir, avec realisme et ouverture, toutes tes paroles ainsi que tous les gestes et signes, dont tu nous as gratifies au cours de ton ministère, et fais en sorte que je ne mette pas obstacle, en me repliant sur moi-même, à la présence et aux impulsions en moi de ton Esprit Saint, par qui tu demeures en moi avec le Père. AMEN.
- 07.2002.*
Évangile : Matthieu 8, 23-27
DE L’EVANGILE DE MATTHIEU
Texte
23 Puis il monta dans la barque, suivi de ses disciples.
24 Et voici qu’une grande agitation se fit dans la mer, au point que la barque était couverte par les vagues. Lui cependant dormait.
25 S’étant approchés, ils le réveillèrent en disant : ” Au secours, Seigneur, nous périssons ! “
26 Il leur dit : ” Pourquoi avez-vous peur, gens de peu de foi ? ” Alors, s’étant levé, il menaça les vents et la mer, et il se fit un grand calme.
27 Saisis d’étonnement, les hommes se dirent alors : ” Quel est celui-ci, que même les vents et la mer lui obéissent ? “
Commentaire
1. Situation
Cet Evangile, qui porte le nom de Matthieu, trouve peut-être sa première source dans une collection de paroles de Jésus, écrites en Araméen et attribuées à l’apôtre Matthieu, par un Père de l’Eglise, Papias d’Alexandrie, vers 125.
Cet Evangile, qui reprend beaucoup de passages de l’Evangile de Marc (qui avait été écrit vers 65), mais en y ajoutant des éléments qu’il partage en grande partie avec Luc, a été très probablement rédigé entre les années 85 et 90.
A parcourir tout ce Livre, on peut se demander s’il a été composé pour des chrétiens d’origine Juive (Judéochrétiens), ou pour des chrétiens d’origine païenne, ou encore pour les deux. La position communément admise de nos jours est qu’il a été écrit pour une communauté Judéochrétienne qui s’est trouvée exclue du Judaïsme, suite à une décision par des rabbins Juifs non chrétiens de ne plus tolérer la double appartenance, à la fois Juive et chrétienne, de ces Judéochrétiens, qui avait été possible jusqu’à cette date. Rupture qui explique la dureté des propos mis dans la bouche de Jésus contre les Scribes et Pharisiens de son temps (Matth. chapitre 23).
Néanmoins, même s’il a été d’abord écrit pour confirmer une communauté Judéochrétienne dans sa découverte de la Bonne Nouvelle de Jésus, cet Evangile est ouvert également à la mission universelle auprès des païens, et il se termine par un envoi en mission par le Christ ressuscité, avec ces paroles : “allez, de toutes les nations, faites des disciples” (28, 18).
On peut diviser cet Evangile en 11 parties, qui se répondent en sens inverse (la 1ère correspondant à la dernière, la 2ème, à l’avant-dernière, etc…), concentrées autour de la 6ème partie, le “Discours en paraboles”, qui sert en quelque sorte de “pivot”. Nous obtenons ainsi le découpage suivant :
- Naissance de Jésus et commencement de sa mission (1 - 4)
- Bénédictions et Discours sur la montagne (5 - 7)
- Manifestations de l’autorité de Jésus et de ses appels (8 - 9)
- Discours sur la mission (10)
- Jésus rejeté par “cette génération” (11 - 12 )
- Discours en paraboles (13)
- Jésus reconnu par ses disciples (14 - 17)
- Discours sur la manière de vivre en communauté de croyants (18)
- De nouveau, Jésus manifeste son autorité et ses appels (19 - 22)
- Proclamation de situations malheureuses et Discours sur la venue définitive du Royaume (23 - 24)
- Passion, mort et résurrection (26 - 28)
Cette présentation fait ressortir que cet Evangile est bien rythmé par 5 grands discours de Jésus, dans lesquels l’auteur a concentré la majeure partie de son enseignement. Les 5 discours ont souvent fait penser aux 5 livres de Moïse de l’Ancien Testament. On dit volontiers que, pour Matthieu, Jésus est le “Nouveau Moïse”.
Avec notre page se poursuit une 3ème partie de cet Evangile. Après le défi qu’il a lancé en paroles tout au long de son premier discours, nous découvrons le défi semblable que Jésus lance maintenant par ses actions de miséricorde, accomplies surtout en faveur de personnes défavorisées, ou marginalisées par la société. Ces gestes, souvent spectaculaires, se trouvent regroupés en 3 triades de 3 miracles chacune, qui se déploient tout au long de cette partie de l’Evangile : en 8, 1 - 17; 8, 23 - 9, 8 et 9, 18 - 34. Mais Jèsus, pour autant, ne cesse pas de répondre, en paroles et en actes appropriés, aux événements qu’il rencontre. Nous assistons, en cette page, au premier miracle de la deuxième des trois séries.
2. Message
Ce signe accompli par Jésus est porteur de nombreuses significations pour les disciples de tous les temps de l’Eglise.
Jésus a pris la décison de passer de l’autre côté du lac, et il est monté le premier dans la barque. Les disciples de tous les temps doivent, comme les tout premiers appelés, suivre Jésus dans sa propre mission, en mettant en lui toute leur foi.
Comme dans tout miracle, une action puissante de Jésus vient à bout d’un obstacle à surmonter, et le résultat bien confirmé nous en est attesté. Dans ce cas précis, c’est par sa seule parole que Jésus effectue, à la façon d’un exorcisme, cet apaisement de la mer démontée ainsi que du vent qui la soulève.
Ce récit de la tempête apaisée constitue un exemple remarquablement chargé de sens sur les dangers et la gloire de la condition de disciple. La mer et la tempête sont les symboles du monde et de toutes ses difficultés (voir Psaumes 65, 5 et 69, 1 - 2), et le bateau représente l’Eglise dans les commentaires de nombreux Pères de l’Eglise. Se dégage ainsi un message central de cette page : être disciple requiert que l’on ait foi en Jésus au moment de l’épreuve.
De plus, si les témoins de ce signe se posent la question de l’identité de Jésus, le miracle est déjà, de lui-même, porteur d’un message sur Jésus : il est un plus grand prophète que Jonas (comparer le verset 24 avec Jonas, 1, 4). En effet, à la différence de Jonas, Jésus ne prie pas Dieu mais s’adresse directement aux éléments déchaînés et calme ainsi les forces du mal qui menacent l’ordre créé. Il exerce le pouvoir de Dieu lui-même (psaume 65, 7 et Isaïe, 51, 9 - 10)
3. Decouvertes
Si le récit du miracle lui-même, en son déroulement, est le même en Matthieu qu’en Marc, 4, 31 - 41, la manière dont Matthieu nous le relate est remplie d’insistances particulières, parmi lesquelles, en plus de la différence quant à sa sobriété des détails rapportés, nous pouvons noter ceux-ci :
-
la tempête nous est présentée ici comme littéralement “un grand séisme”, semblable à celui accompagnant la grande théophanie du Sinaï au temps de Moïse et de l’Exode (Exode, 19, 18), ou encore la manifestation-apparition de Dieu à Job (Job, 38, 1), ou encore également la mort ainsi que la résurrection de Jésus, respectivement en Matthieu, 27, 51. 54 et Matthieu, 28, 2. 4. Un tel séisme renvoie aux grands bouleversement liés à la fin ultime des temps.
-
alors que dans le récit de Marc, Jésus reproche aux disciples de manquer totalement de foi, Jésus leur reproche ici leur foi insuffisante : “hommes de peu de foi”.
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Si Jésus, comme dans le récit de Marc, pratique une sorte d’exorcisme sur la mer, Matthieu ne nous rapporte pas les paroles prononcées alors par Jésus et nous présente les choses comme étant vues de loin ou de l’extérieur (comme également dans la description du verset 24).
-
si par cette action, Jésus contribue, comme en Marc, à faire poser une question de fond sur son identité profonde, Matthieu précise que ce sont les “hommes” qui s’interrogent, et ne parle plus des disciples présents avec Jésus dans la barque, visant ainsi les croyants éventuels de tous les temps, en plus de ceux de la communauté à laquelle il envoie son Evangile.
4. Prolongement
On peut se demander si les versets suivants des psaumes 107 et 104 n’ont pas influencé la compositon de ce récit. Ils peuvent toutefois nous aider à le méditer enle relisant :
23 Descendus en mer sur des navires, ils faisaient négoce parmi les grandes eaux;
24 ceux-là ont vu les œuvres de Yahvé, ses merveilles parmi les abîmes.
25 Il dit et fit lever un vent de bourrasque qui souleva les flots;
26 montant aux cieux, descendant aux gouffres, sous le mal leur âme fondait;
27 tournoyant, titubant comme un ivrogne, leur sagesse était toute engloutie.
28 Et ils criaient vers Yahvé dans la détresse, de leur angoisse il les a délivrés.
29 Il ramena la bourrasque au silence et les flots se turent.
30 Ils se réjouirent de les voir s’apaiser, il les mena jusqu’au port de leur désir.
31 Qu’ils rendent grâce à Yahvé de son amour, de ses merveilles pour les fils d’Adam!
32 Qu’ils l’exaltent dans l’assemblée du peuple, au conseil des anciens qu’ils le louent !
5 Tu poses la terre sur ses bases, inébranlable pour les siècles des siècles.
6 De l’abîme tu la couvres comme d’un vêtement, sur les montagnes se tenaient les eaux.
7 A ta menace, elles prennent la fuite, à la voix de ton tonnerre, elles s’échappent;
8 elles sautent les montagnes, elles descendent les vallées vers le lieu que tu leur as assigné;
9 tu mets une limite à ne pas franchir, qu’elles ne reviennent couvrir la terre.
Paul nous a raconté, à plusieurs reprises, ses tribulations de disciple et d’apôtre, jouet de toutes sortes de difficultés, et il a tenu bon dans sa foi, sûr que c’est dans la faiblesse de sa croix acceptée que Jésus a été le suprême vainqueur de toutes les forces du mal, et qu’il nous donne, en son Esprit Saint, d’avoir part à sa victoire :
24 Cinq fois j’ai reçu des Juifs les trente-neuf coups de fouet ;
25 trois fois j’ai été battu de verges ; une fois lapidé ; trois fois j’ai fait naufrage. Il m’est arrivé de passer un jour et une nuit dans l’abîme !
26 Voyages sans nombre, dangers des rivières, dangers des brigands, dangers de mes compatriotes, dangers des païens, dangers de la ville, dangers du désert, dangers de la mer, dangers des faux frères !
27 Labeur et fatigue, veilles fréquentes, faim et soif, jeûnes répétés, froid et nudité !
28 Et sans parler du reste, mon obsession quotidienne, le souci de toutes les Églises !
29 Qui est faible, que je ne sois faible ? Qui vient à tomber, qu’un feu ne me brûle ?
30 S’il faut se glorifier, c’est de mes faiblesses que je me glorifierai.
Prière
*Seigneur Jésus, de la même façon que tu n’as jamais douté de la présence du Père à tes côtés, au moment où tous les tiens te laissaient seul en ta passion et ta mort, tu nous demandes de croire en ta parole, nous assurant que tu es toujours avec nous, allant jusqu’à inscrire en nous les mots du témoignage que nous devons te rendre devant ceux qui nous persécutent ou nous causent des difficultés : approfondis ma confiance en toi, afin que je te reconnaisse en toutes circonstances comme celui qui est pour moi “le chemin, la vérité, la vie et la lumière du monde”. AMEN.
01.07.2003.*