📘 Commentaire biblique de l’abbé Léon Hamain
Première lecture : Genèse 27, 1-29
DU LIVRE DE LA GENESE
Texte
1 Isaac était devenu vieux et ses yeux avaient faibli jusqu’à ne plus voir. Il appela son fils aîné Ésaü : Mon fils ! lui dit-il, et celui-ci répondit : Oui !
2 Il reprit : Tu vois, je suis vieux et je ne connais pas le jour de ma mort.
3 Maintenant, prends tes armes, ton carquois et ton arc, sors dans la campagne et tue-moi du gibier.
4 Apprête-moi un régal comme j’aime et apporte-le moi, que je mange, afin que mon âme te bénisse avant que je meure. -
5 Or Rébecca écoutait pendant qu’Isaac parlait à son fils Ésaü. - Ésaü alla donc dans la campagne chasser du gibier pour son père.
…
15 Rébecca prit les plus beaux habits d’Ésaü, son fils aîné, qu’elle avait à la maison, et en revêtit Jacob, son fils cadet.
16 Avec la peau des chevreaux elle lui couvrit les bras et la partie lisse du cou.
17 Puis elle mit le régal et le pain qu’elle avait apprêtés entre les mains de son fils Jacob.
18 Il alla auprès de son père et dit : Mon père ! Celui-ci répondit : Oui ! Qui es-tu, mon fils ?
19 Jacob dit à son père : Je suis Ésaü, ton premier-né, j’ai fait ce que tu m’as commandé. Lève-toi, je te prie, assieds-toi et mange de ma chasse, afin que ton âme me bénisse.
20 Isaac dit à son fils Jacob : Comme tu as trouvé vite, mon fils ! - C’est, répondit-il, que Yahvé ton Dieu m’a été propice.
21 Isaac dit à Jacob : Approche-toi donc, que je te tâte, mon fils, pour savoir si, oui ou non, tu es mon fils Ésaü.
22 Jacob s’approcha de son père Isaac, qui le tâta et dit : La voix est celle de Jacob, mais les bras sont ceux d’Ésaü !
23 Il ne le reconnut pas car ses bras étaient velus comme ceux d’Ésaü son frère, et il le bénit.
24 Il dit : Tu es bien mon fils Ésaü ? et l’autre répondit : Oui.
25 Isaac reprit : Sers-moi et que je mange de la chasse de mon fils, afin que mon âme te bénisse. Il le servit et il mangea, il lui présenta du vin et il but.
26 Son père Isaac lui dit : Approche-toi et embrasse-moi, mon fils !
27 Il s’approcha et embrassa son père, qui respira l’odeur de ses vêtements. Il le bénit ainsi : Oui, l’odeur de mon fils est comme l’odeur d’un champ fertile que Yahvé a béni.
28 Que Dieu te donne la rosée du ciel et les gras terroirs, froment et vin en abondance !
29 Que les peuples te servent, que des nations se prosternent devant toi ! Sois un maître pour tes frères, que se prosternent devant toi les fils de ta mère ! Maudit soit qui te maudira, Béni soit qui te bénira !
Commentaire
1. Situation
Le Livre de la Genèse est le premier livre de la Bible, et le premier des 5 livres attribués à la tradition de Moïse, et dont les différents éléments qui le composent se sont additionnés pendant plusieurs siècles jusqu’au temps de la rédaction finale, aux environs du 6ème siècle, et très probablement après le retour de l’exil Babylonien.
Ce livre nous présente d’abord une histoire des origines des nations, avec la création du monde (1, 1 - 2, 3), ainsi que de l’homme et de la femme, leur descendance et l’expansion de la civilisation (2,4 - 4, 24), la vie des générations d’avant le Déluge, le Déluge (4, 25 - 6, 8), et la repopulation jusqu’au moment de la dispersion (6, 9 - 9, 29), suite à l’orgueil manifesté par les hommes de la grande ville de Babel, avec sa tour (10, 1 - 11, 9).
Nous entrons ensuite - après un court interlude nous présentant la généalogie de Sem à Terah, le père d’Abraham (11, 10 -26) - dans une seconde grande partie, l’histoire des ancètres d’sraël (11, 27 - 50, 26), qui comprend le cycle d’Abraham et de Sarah (11, 27 - 25, 18), le cycle d’Isaac et Jacob (25, 19 - 36, 43), et, finalement, l’histoire de Joseph (37, 10 - 50, 26).
Toujours dans la seconde grande partie du Livre de la Genèse, nous sommes entrés dans le deuxième cycle de l’histoire des ancêtres d’Israël, celui qui nous raconte les péripéties de l’histoire d’Isaac et de son fils cadet Jacob (25, 19 - 36, 43), cycle que nous allons traverser, en sautant beaucoup de pages, en seulement trois lectures de notre liturgie.
Le passage que nous lisons aujourd’hui nous explique comment il s’est fait que ce fut Jacob, et non son frère aîné Esaü, qui devint l’héritier et le porteur de la promesse de Dieu à Abraham.
2. Message
A travers cette machination de Rebecca et de son fils préféré, Jacob, pour frustrer Esaü de la bénédiction qui lui revenait en raison de son droit d’aînesse, à travers cette tromperie et les mensonges qu’elle entraîne, s’accomplit mystérieusement le projet de Dieu, qui avait été annoncé dès la naissance de Jacob, le cadet des deux jumeaux mis au monde par Rebecca.
Isaac devenu vieux est facilement berné, et il donne sa bénédiction à Jacob, bien qu’ayant identifié sa voix, mais conduit à conclure, en le touchant, qu’il avait bien affaire à son fils Esaü. Et il considère cette bénédiction comme un acte objectif définitif, qui ne peut donc être révoqué lors de la découverte de la fraude de Jacob. C’est donc en Jacob et sa descendance que cette bénédiction fructifiera et l’accompagnera comme héritier et porteur à son tour des promesses de Dieu à Abraham.
Quelle que soit l’attitude des hommes qu’il appelle, même si, comme dans le cas présent, cette attitude est à réprouver, Dieu, qui veut que tous les hommes soient sauvés et partagent son Royaume offert gratuitement, se sert des hommes qui’il a choisis pour agir en son Nom comme ses prophètes et témoins. Et ce choix, qui n’appartient qu’à lui, il le réalise à sa façon, indépendamment de tous nos critères humains. Ce qui explique que, dans un monde de ruse et de tromperie, son dessein continue de se développer selon sa propre ligne.
3. Decouvertes
Nous ne lisons, une fois de plus, que de brefs extraits d’un très long récit, dont le contexte ne nous a pas davantage été présenté les jours précédents. Il est utile de se rappeler que, lors de la naissance des deux jumeaux Esaü et Jacob, leur mère Rebecca avait appris du Seigneur que l’aîné servirait le cadet, qu’ils se sépareraient, et que d’eux sortiraient deux peuples différents, Edom (Esaü) et Israël (Jacob) : 25, 23 - 24.
Esaü était chasseur et homme des champs tandis que Jacob menait une vie paisible sous la tente (25, 27 - 28). En échange d’un bouillon qu’il avait accepté de servir à son frère Esaü épuisé et affamé, Jacob lui avait fait jurer par serment de lui abandonner son droit d’aînesse, qu’Esaü vendit ainsi à Jacob (25, 29 - 34).
Le thème de ce récit est donc la tromperie de Jacob pour obtenir de son père la bénédiction réservée au fils aîné, ce qui lui vaudra la haine implacable d’Esaü, et l’obligera à quitter l’environnement parental pour s’en aller au loin.
Dans toute cette affaire Rebecca jour un rôle de meneur de jeu et de conspiratrice : comme elle préfère de beaucoup le “doux” Jacob au “rude” Esaü, elle n’hésite pas à courir le risque d’être maudite par son mari, Isaac. C’est donc Rebecca la première et grande responsable de cette fraude, mais Jacob, en acceptant la proposition de ruse de sa mère, en devient son complice et co-responsable de cette tromperie. La bénédiction une fois obtenue, Rebecca continuera de protéger son fils Jacob de la vengeance d’Esaü, elle en avertira Jacob et l’enverra à Haran, chez son oncle Laban (43 - 45).
Lorsqu’elle déclare craindre que son fils Jacob épouse une femme Hittite, elle se re-situe dans le cadre des promesses de Dieu à Abraham.
Si nous prenons le temps de relire entièrement ce chapitre 27 dans notre Bible, nous pouvons constater la grande habileté littéraire du narrateur de ce récit très vivant, dans lequel une série de scènes nous sont présentées distinctement et mettant en piste chaque fois seulement deux peronnages :
- Isaac et Esaü (1 - 4),
- Rebecca et Jacob (5 - 17),
- Jacob et Isaac (18 - 29),
- Esaü et Isaac (30 - 40),
- Esaü seul (41),
- Rebecca et Jacob (42 - 45),
- Rebecca et Isaac (46).
4. Prolongement
Que Dieu se serve des situations créées ou rencontrées par les hommes dans leur cheminement historique pour accomplir son dessein de salut dans les détours des ruses et conflits entre hommes, ne signifie pas pour autant q’il justifie et approuve des attitudes contraires à la vérité.
L’interprétation que donne de cet événement la Lettre aux Hébreux montre que le projet de Dieu se déroule au-delà des intentions ou des erreurs et manquements des hommes concernés. Dieu agit comme il veut, se servant de qui il veut, pour le salut de toute l’humanité. Isaac, innocent dans son erreur sur l’identité du fils qu’il a béni, n’en déduit pas moins que désormais c’est Jacob, son fils cadet, et non pas son aîné et préféré, Esaü (25, 28), qui sera après lui porteur des promesses de Dieu à Abraham : c’est bien ce que montre la suite du récit lorsque nous voyons Isaac envoyer Jacob prendre femme au pays de ses pères (28, 1 - 5) :
20 Par la foi encore, Isaac donna à Jacob et à Ésaü des bénédictions assurant l’avenir.
10 Mieux encore, Rébecca avait conçu d’un seul homme, Isaac notre père :
11 or, avant la naissance des enfants, quand ils n’avaient fait ni bien ni mal, pour que s’affirmât la liberté de l’élection divine,
12 qui dépend de celui qui appelle et non des œuvres, il lui fut dit : L’aîné servira le cadet,
13 selon qu’il est écrit : J’ai aimé Jacob et j’ai haï Ésaü.
14 Qu’est-ce à dire ? Dieu serait-il injuste ? Certes non !
15 Car il dit à Moïse : Je fais miséricorde à qui je fais miséricorde et j’ai pitié de qui j’ai pitié.
16 Il n’est donc pas question de l’homme qui veut ou qui court, mais de Dieu qui fait miséricorde.
Prière
*Seigneur Jésus, comme l’écrit ton apôtre Paul, si nous avons tous été choisis d’avance, dès avant la création du monde, pour être fils adoptifs de Dieu dans l’Esprit Saint, certains, selon le mystère du projet de Dieu, ont été mis à part pour une mission bien précise au service de la réalisation de ce projet, en tant que serviteurs chargés de révéler l’action de Dieu qui nous sauve, mais n’en demeurant pas moins, en eux-mêmes, des serviteurs inutiles : donne-moi le sens de la grandeur de Dieu, de la gratuité de son appel et de sa grâce, et n’ôte jamais de mon coeur et de mes lèvres le chant d’action de grâces pour ce don magnifique qui nous est fait d’entrer dans le mystère du Royaume où il nous partage sa vie divine. AMEN.
05.07.2003.*
Évangile : Matthieu 9, 14-17
DE L’EVANGILE DE MATTHIEU
Texte
14 Alors les disciples de Jean s’approchent de lui en disant : ” Pourquoi nous et les Pharisiens jeûnons-nous, et tes disciples ne jeûnent-ils pas ? “
15 Et Jésus leur dit : ” Les compagnons de l’époux peuvent-ils mener le deuil tant que l’époux est avec eux ? Mais viendront des jours où l’époux leur sera enlevé ; et alors ils jeûneront.
16 Personne ne rajoute une pièce de drap non foulé à un vieux vêtement ; car le morceau rapporté tire sur le vêtement et la déchirure s’aggrave.
17 On ne met pas non plus du vin nouveau dans des outres vieilles ; autrement, les outres éclatent, le vin se répand et les outres sont perdues. Mais on met du vin nouveau dans des outres neuves, et l’un et l’autre se conservent. “
Commentaire
1. Situation
Cet Evangile, qui porte le nom de Matthieu, trouve peut-être sa première source dans une collection de paroles de Jésus, écrites en Araméen et attribuées à l’apôtre Matthieu, par un Père de l’Eglise, Papias d’Alexandrie, vers 125.
Cet Evangile, qui reprend beaucoup de passages de l’Evangile de Marc (qui avait été écrit vers 65), mais en y ajoutant des éléments qu’il partage en grande partie avec Luc, a été très probablement rédigé entre les années 85 et 90.
A parcourir tout ce Livre, on peut se demander s’il a été composé pour des chrétiens d’origine Juive (Judéochrétiens), ou pour des chrétiens d’origine païenne, ou encore pour les deux. La position communément admise de nos jours est qu’il a été écrit pour une communauté Judéochrétienne qui s’est trouvée exclue du Judaïsme, suite à une décision par des rabbins Juifs non chrétiens de ne plus tolérer la double appartenance, à la fois Juive et chrétienne, de ces Judéochrétiens, qui avait été possible jusqu’à cette date. Rupture qui explique la dureté des propos mis dans la bouche de Jésus contre les Scribes et Pharisiens de son temps (Matth. chapitre 23).
Néanmoins, même s’il a été d’abord écrit pour confirmer une communauté Judéochrétienne dans sa découverte de la Bonne Nouvelle de Jésus, cet Evangile est ouvert également à la mission universelle auprès des païens, et il se termine par un envoi en mission par le Christ ressuscité, avec ces paroles : “allez, de toutes les nations, faites des disciples” (28, 18).
On peut diviser cet Evangile en 11 parties, qui se répondent en sens inverse (la 1ère correspondant à la dernière, la 2ème, à l’avant-dernière, etc…), concentrées autour de la 6ème partie, le “Discours en paraboles”, qui sert en quelque sorte de “pivot”. Nous obtenons ainsi le découpage suivant :
- Naissance de Jésus et commencement de sa mission (1 - 4)
- Bénédictions et Discours sur la montagne (5 - 7)
- Manifestations de l’autorité de Jésus et de ses appels (8 - 9)
- Discours sur la mission (10)
- Jésus rejeté par “cette génération” (11 - 12 )
- Discours en paraboles (13)
- Jésus reconnu par ses disciples (14 - 17)
- Discours sur la manière de vivre en communauté de croyants (18)
- De nouveau, Jésus manifeste son autorité et ses appels (19 - 22)
- Proclamation de situations malheureuses et Discours sur la venue définitive du Royaume (23 - 24)
- Passion, mort et résurrection (26 - 28)
Cette présentation fait ressortir que cet Evangile est bien rythmé par 5 grands discours de Jésus, dans lesquels l’auteur a concentré la majeure partie de son enseignement. Les 5 discours ont souvent fait penser aux 5 livres de Moïse de l’Ancien Testament. On dit volontiers que, pour Matthieu, Jésus est le “Nouveau Moïse”.
Avec notre page se poursuit une 3ème partie de cet Evangile. Après le défi qu’il a lancé en paroles tout au long de son premier discours, nous découvrons le défi semblable que Jésus lance maintenant par ses actions de miséricorde, accomplies surtout en faveur de personnes défavorisées, ou marginalisées par la société. Ces gestes, souvent spectaculaires, se trouvent regroupés en 3 triades de 3 miracles chacune, qui se déploient tout au long de cette partie de l’Evangile (en 8, 1 - 17; 8, 23 - 9, 8 et 9, 18 - 34), entourant quelques événements différents comme l’appel du disciple Matthieu (9, 4 -13) ou des prises de position de Jésus, comme celle sur les conditions nécessaires pour devenir ses disciples (8, 18 - 22) ou sur le jeûne (9, 14 - 17).
Dans notre page, ainsi située dans cet ensemble de situations vécues par Jésus, nous le trouvons affronté aux critiques des disciples de Jean Baptiste, qui lui reprochent (au moins indirectement, ou en utilisant un langage diplomatique ?) d’avoir déclaré, ou proposé, de faire pratiquer d’autres conceptions sur le jeûne que les leurs.
2. Message
Dans son Sermon sur la Montagne, Jésus avait déjà fait part à ses auditeurs de nouvelles approches concernant le jeûne, qu’il définissait comme une attitude “spirituelle” devant Dieu (6, 16 -18).
Jésus nous explique ici pourquoi il se situe différemment devant le jeûne pratiqué par les Pharisiens et les disciples de Jean Baptiste : c’est en fait tout simplement à cause de lui, Jésus. A cause de ce qu’il est, le Fils de l’homme, “l’époux”, dont la présence crée la fête et la joie. Face à cette proximité toute nouvelle de Dieu-avec-nous à travers Jésus, toute démarche de deuil ou de pénitence est exclue, comme ne voulant plus rien dire ou dire grand chose.
Cette “nouveauté” de Jésus est telle qu’il ne lui faut pas moins de 2 bien courtes paraboles pour la préciser. On ne peut accueillir ce qui est neuf qu’en étant neuf, ou en le devenant. Ainsi, une pièce d’étoffe neuve ne saurait être accueillie dans la force de sa nouveauté que sur un vêtement neuf. Il en va de même pour le vin nouveau qui ne peut être reçu que dans des outres neuves.
Jésus nous vient avec cette nouveauté. Il nous appartient de nous adapter à lui, c’est-à-dire de l’accueillir dans notre vie personnelle ou dans nos communautés d’Eglise, en nous laissant transformer.
La logique de la pensée de Jésus apparaît ici bien clairement: le neuf et le vieux sont incompatibles si aucun changement ne s’effectue chez l’un ou chez l’autre. Pour accueillir Jésus dans sa nouveauté, il faut nous laisser changer par, et en, cette nouveauté.
3. Decouvertes
Matthieu interprète le jeûne comme un signe de deuil. Jésus compare ses disciples à des invités aux noces, et qui, donc y participent comme à un événement de joie.
Dans les interprétations rabbiniques du Cantique des Cantiques, “l’époux” désigne souvent Dieu lui-même.
Matthieu, au niveau du vocabulaire grec qu’il emploie, insiste moins que Marc sur le thème de la “nouveauté”. En revanche, il emploie 2 mots à double sens : le terme “déchirer” ou “déchirure” qui signifie également “schisme ou séparation dans l’Eglise ou entre communautés”. De même, le terme “pièce (de tissu) signifie également “plérome” au pluriel. Matthieu interpréte ainsi la séparation entre, d’une part, le Christ, les chrétiens et, d’autre part, les disciples des Pharisiens, en particulier ceux qui ont choisi d’expulser les Judéo-chrétiens de la synagogue, comme la différence entre le “vieux”, (qui est bon) et la plénitude de ce qui est bon.
Au verset 17, Matthieu ajoute également la remarque que “l’un et l’autre se conservent”. Le vieux, qui garde sa bonté, ne peut se conserver qu’ailleurs, et donc dans la nouveauté de Jésus.
Il ne s’agit pas d’adapter l’Evangile au Judaïsme, mais de conserver les valeurs du Judaïsme dans la plénitude de l’Evangile, qui est la plénitude de Jésus, en laquelle habite toute la plénitude de Dieu.
4. Prolongement
16 Ainsi donc, désormais nous ne connaissons personne selon la chair. Même si nous avons connu le Christ selon la chair, maintenant ce n’est plus ainsi que nous le connaissons.
17 Si donc quelqu’un est dans le Christ, c’est une création nouvelle: l’être ancien a disparu, un être nouveau est là.
18 Et le tout vient de Dieu, qui nous a réconciliés avec Lui par le Christ et nous a confié le ministère de la réconciliation.
19 Car c’était Dieu qui dans le Christ se réconciliait le monde, ne tenant plus compte des fautes des hommes, et mettant en nous la parole de la réconciliation.
20 Nous sommes donc en ambassade pour le Christ; c’est comme si Dieu exhortait par nous.
16 Ainsi parle Yahvé, celui qui traça dans la mer un chemin, un sentier dans les eaux déchaînées,
17 qui fit sortir char et cheval, armée et troupe d’élite ensemble; ils se sont couchés pour ne plus se relever, ils se sont éteints, comme une mèche ils se sont consumés.
18 Ne vous souvenez plus des événements anciens, ne pensez plus aux choses passées,
19 voici que je vais faire une chose nouvelle, déjà elle pointe, ne la reconnaissez- vous pas ? Oui, je vais mettre dans le désert un chemin, et dans la steppe, des fleuves.
1 Rejetez donc toute malice et toute fourberie, hypocrisies, jalousies et toute sorte de médisances.
2 Comme des enfants nouveau-nés désirez le lait non frelaté de la parole, afin que, par lui, vous croissiez pour le salut,
3 si du moins vous avez goûté combien le Seigneur est excellent.
4 Approchez-vous de lui, la pierre vivante, rejetée par les hommes, mais choisie, précieuse aux yeux de Dieu.
5 Vous-mêmes, comme pierres vivantes, prêtez-vous à l’édification d’un édifice spirituel, pour un sacerdoce saint, en vue d’offrir des sacrifices spirituels, agréables à Dieu, par Jésus Christ.
Prière
*Seigneur Jésus, c’est selon cette création nouvelle que tu nous as donnée en ta mission, ta mort, et ta résurrection, que nous sommes appelés à reproduire, dans l’Esprit Saint, ta propre image, pour que tu sois l’aîné d’une multitude de frères et soeurs, fils et filles d’un même Père, Dieu, ton Père et notre Père : accorde-moi d’être plus pauvre de coeur et davantage détaché de moi-même, pour me laisser vraiment transformer en cette nouveauté que tu me proposes, nouveauté de ta Parole, dont je dois sans cesse me nourrir, nouveauté de ton action qu’il me faut laisser transparaître en tous mes comportements, dans la mesure où elle saisit et anime intérieurement la source de toutes mes attitudes. AMEN.
05.07.2003.*