📘 Commentaire biblique de l’abbé Léon Hamain
Première lecture : Genèse 23, 1-67
DU LIVRE DE LA GENESE
Texte
1 La durée de la vie de Sara fut de cent vingt-sept ans,
2 et elle mourut à Qiryat-Arba - c’est Hébron - au pays de Canaan. Abraham entra faire le deuil de Sara et la pleurer.
3 Puis Abraham se leva de devant son mort et parla ainsi aux fils de Hèt :
4 Je suis chez vous un étranger et un résident. Accordez-moi chez vous une possession funéraire pour que j’enlève mon mort et l’enterre.
…
19 Puis Abraham enterra Sara, sa femme, dans la grotte du champ de Makpéla, vis-à-vis de Mambré c’est Hébron, au pays de Canaan.
…
1 Abraham était alors un vieillard avancé en âge, et Yahvé avait béni Abraham en tout.
2 Abraham dit au plus vieux serviteur de sa maison, le régisseur de tous ses biens : Mets ta main sous ma cuisse.
3 Je te fais jurer par Yahvé, le Dieu du ciel et le Dieu de la terre, que tu ne prendras pas pour mon fils une femme parmi les filles des Cananéens au milieu desquels j’habite.
4 Mais tu iras dans mon pays, dans ma parenté, et tu choisiras une femme pour mon fils Isaac.
5 Le serviteur lui demanda : Peut-être la femme ne voudra-t-elle pas me suivre dans ce pays-ci : faudra-t-il que je ramène ton fils dans le pays d’où tu es sorti ?
6 Abraham lui répondit : Garde-toi bien de ramener mon fils là-bas.
7 Yahvé, le Dieu du ciel et le Dieu de la terre, qui m’a pris de ma maison paternelle et du pays de ma parenté, qui m’a dit et qui m’a juré qu’il donnerait ce pays-ci à ma descendance, Yahvé enverra son Ange devant toi, pour que tu prennes une femme de là-bas.
8 Et si la femme ne veut pas te suivre, tu seras quitte du serment que je t’impose. En tout cas, ne ramène pas mon fils là-bas.
…
62 Isaac était revenu du puits de Lahaï Roï, et il habitait au pays du Négeb.
63 Or Isaac sortit pour se promener dans la campagne, à la tombée du soir, et, levant les yeux, il vit que des chameaux arrivaient.
64 Et Rébecca, levant les yeux, vit Isaac. Elle sauta à bas du chameau
65 et dit au serviteur : Quel est cet homme-là, qui vient dans la campagne à notre rencontre ? Le serviteur répondit : C’est mon maître; alors elle prit son voile et se couvrit.
66 Le serviteur raconta à Isaac toute l’affaire qu’il avait faite.
67 Et Isaac introduisit Rébecca dans sa tente : il la prit et elle devint sa femme et il l’aima. Et Isaac se consola de la perte de sa mère.
Commentaire
1. Situation
Le Livre de la Genèse est le premier livre de la Bible, et le premier des 5 livres attribués à la tradition de Moïse, et dont les différents éléments qui le composent se sont additionnés pendant plusieurs siècles jusqu’au temps de la rédaction finale, aux environs du 6ème siècle, et très probablement après le retour de l’exil Babylonien.
Ce livre nous présente d’abord une histoire des origines des nations, avec la création du monde (1, 1 - 2, 3), ainsi que de l’homme et de la femme, leur descendance et l’expansion de la civilisation (2,4 - 4, 24), la vie des générations d’avant le Déluge, le Déluge (4, 25 - 6, 8), et la repopulation jusqu’au moment de la dispersion (6, 9 - 9, 29), suite à l’orgueil manifesté par les hommes de la grande ville de Babel, avec sa tour (10, 1 - 11, 9).
Nous entrons ensuite - après un court interlude nous présentant la généalogie de Sem à Terah, le père d’Abraham (11, 10 -26) - dans une seconde grande partie, l’histoire des ancètres d’sraël (11, 27 - 50, 26), qui comprend le cycle d’Abraham et de Sarah (11, 27 - 25, 18), le cycle d’Isaac et Jacob (25, 19 - 36, 43), et, finalement, l’histoire de Joseph (37, 10 - 50, 26).
Avec cette page, nous terminons, à grandes enjambées, l’histoire d’Abraham et de Sarah, premier acte (11, 27 - 25, 18) de l’histoire des Ancêtres d’Israël, qui elle-même constitue la grande seconde partie de ce grand Livre de la Genèse (11, 27 - 50, 26).
Nous voici presqu’à la fin de cette histoire, et notre prochain rendez-vous liturgique avec le Livre de la Génèse nous conduira dans le deuxième acte de cette histoire des Ancêtres d’Israël, en pleine aventure avec Jacob, l’un des deux fils d’Isaac.
Pour le moment, les grandes étapes de la vie d’Abraham, le nomade de Dieu, touchent à leur fin. A quelle étrange et grande aventure avons-nous été associés :
- l’appel de cet homme qui se met en route sur la Parole de Dieu, son séjour en Egypte, ses relations avec son neveu Lot, - la guerre d’Abraham contre des rois envahisseurs de la terre de Canaan, sur laquelle il se trouve comme étranger, mais solidaire des tribus qui y habitent,
- le récit de l’alliance conclue entre Yahvé et Abraham, la naissance d’Ismaël, un premier fils donné à Abraham par la servante de sa femme stérile, le renouvellement de la promesse de Dieu à Abraham, - la rencontre de Dieu et d’Abraham à travers la visite de trois voyageurs, la naissance d’Isaac, fils de Sarah, et l’expulsion d’Ismaël, le fils de l’esclave de Sarah,
- la mise à l’épreuve d’Abraham à qui Dieu demande le sacrifice de son fils Isaac, pour qu’en le recevant de nouveau gratuitement, Abraham comprenne que ce fils lui est totalement don de Dieu,
- et, maintenant, la mort de Sarah, et l’achat pour elle d’un tombeau par Abraham en terre de Canaan,
autant d’épisodes où nous avons pu assister au cheminement de cet homme, le Père des croyants, dans la foi.
Relisons, une fois de plus, tout le chapitre 11 et le début du chapitre 12 de la Lettre aux Hébreux dans notre Nouveau Testament, et nous mesurerons alors pleinement l’importance pour nous aujourd’hui de ces traditions sur ce grand croyant.
Mais, avant de disparaître à son tour de ce monde, Abraham va charger son plus ancien serviteur d’aller dans son propre pays d’origine chercher une épouse pour son fils Isaac. Ce seront-là les dernières paroles d’Abraham.
2. Message
Notre passage liturgique abrège très fortement le récit de la mort de Sarah, qui occupe 20 versets du chapitre 23 (23, 1 - 20), où nous assistons à la démarche de toute première importance que représente pour Abraham l’acquisition, à titre de propriété personnelle, d’un tombeau pour Sarah, sa femme, en terre même de Canaan.
En effet, l’une des 2 grandes promesses de Dieu à Abraham et Sarah, celle d’une descendance, est accomplie avec la naissance d’Isaac (21, 1 - 7), et Abraham a montré qu’il acceptait ce fils que Dieu lui avait promis, comme étant totalement un “don” de Dieu (22). Dans l’acquisition d’un petit coin de terrain pour y enterrer sa femme, Abraham, dans sa foi, réalise, symboliquement déjà, la seconde grande promesse de Dieu l’assurant de la possession de cette terre de Canaan pour sa descendance.
Il ne reste plus maintenant à Abraham qu’à s’assurer que la réponse que son fils Isaac donnera à son tour à la promesse de Dieu, sera bien celle qui convient à l’héritier de cette promesse. Il faut donc, pour commencer, qu’au nom du rappel de l’appel de Dieu à Abraham, Isaac prenne femme dans la famille et le pays des ancêtres d’où est sorti son père Abraham.
3. Decouvertes
Comme nous le découvrons en lisant le texte sans nos coupures liturgiques, Abraham achète officiellement ce lopin de terre avec un contrat de vente en bonne et due forme selon la légalité en vigueur, et en en payant tout le prix, à Ephron le Hittite.
Ainsi donc, propriétaire de plein droit d’une parcelle infime de la terre promise, celle de son tombeau, il prend possession d’une terre qui ne saurait appartenir pleinement dans l’avenir à ses descendants si le tombeau de leur ancêtre ne s’y trouvait pas !
La mission du serviteur d’Abraham envoyé chercher une épouse pour Isaac au pays des ancêtres d’Abraham est une magnifique histoire en 8 scènes qui nous est offerte si nous ouvrons notre Bible personnelle et évitons encore toutes les coupures de notre lecture liturgique :
- Abraham engage son plus ancien serviteur (c’est dire déjà l’importance de la mission confiée), par un serment formel et légal, à aller au pays de ses pères chercher une femme pour son fIls Isaac (24, 1 - 8),
- arrivé dans ce pays lointain, ce serviteur demande un signe au Dieu d’Abraham (24, 10 - 14),
- la rencontre de Rebecca représente l’accomplissement de ce signe attendu (24, 15 - 20),
- Rebecca déclare qu’elle est de la parenté d’Abraham (24, 21 - 27),
- le serviteur d’Abraham est ainsi officiellement introduit dans la famille de Rebecca (24, 28 - 33),
- le serviteur confirme l’accomplissement du signe qu’il avait demandé, et requiert officiellement le consentement de la famille de Rebecca (24, 34 - 49),
- la famille de Rebecca l’envoie avec le serviteur à la rencontre d’Isaac, et avec sa bénédiction (24, 50 - 61),
- la rencontre de Rebecca et d’Isaac et leur mariage (24, 62 - 67).
Dieu a ainsi accompagné le serviteur d’Abraham dans la mission que lui avait confiée son maître. Même si Abraham ne va plus parler dans cette histoire, il a néanmons accompli sa propre mission jusqu’au bout. Dieu, qui l’a appelé, l’a toujours accompagné de sa fidélité, de sa promesse toujours renouvelée au gré du mouvement des circonstances, et son engagement solennel par son Alliance de fidélité et de salut.
Une lecture lente de tout ce chapitre dans notre Bible en révèle ainsi toutes les merveilles. A travers le processus d’une démarche officielle d’achat d’un morceau de terrain, comme à travers les détours et les incertitudes d’une expédition lointaine, les diverses rencontres des hommes et des femmes deviennent autant de moments d’une aventure de Dieu avec son peuple. Notons comment le serviteur, en tous points obéissant à la mission qui lui est confiée, est le vivant témoin de la relation de Dieu et d’Abraham. Rebecca et sa famille accueillent la visite toute digne et humblement courtoise du serviteur comme une bénédiction de Dieu, qu’ils acceptent en laissant Rebecca devenir l’épouse d’Isaac, et ce, avec leur bénédiction.
4. Prolongement
Derrière tout cela, il y a toujours la foi d’Abraham, qui est entière réponse à l’appel de Dieu, renouvelé sans cesse à travers tous les aléas de son histoire d’homme de son temps. Cette foi, Abraham l’a manifestée de plus en plus tout au long de son parcours, où elle a porté ses fruits.
Par sa foi, l’histoire d’Abraham permet à l’histoire de Dieu parmi les hommes qu’il appelle au salut, de se manifester de façon humaine, au travers de l’appel d’un peuple par lequel il réalisera son plan de salut pour toute l’humanité.
Pour nous tous aujourd’hui, les détours de notre histoire humaine personnelle, familiale, sociale, professionnelle, politique, sont autant de “lieux” où Jésus ressuscité nous accompagne dans son Esprit, pour que l’Alliance de Dieu avec l’humanité continue “visiblement” à travers le OUI de notre foi, et de notre charité engagée dans notre témoignage de chrétiens et de chrétiennes parmi les hommes et femmes de notre temps.
Tel est tout le mystère de la présence de Dieu avec ceux qu’il appelle. “Dieu-avec-nous” conduit notre histoire pour qu’elle devienne son histoire en notre humanité, qui est ainsi appelée à le rejoindre dans l’accomplissement ultime et définitif de Jésus ressuscité, en son propre mystère de gloire.
“Dieu-avec-nous”, “Jésus-Emmanuel”, tous les jours et de plus en plus : l’avons-nous suffisamment perçu ?
Prière
*Seigneur Jésus, selon tes dernières paroles de Ressuscité en l’Evangile de Matthieu, tu “es avec nous” tous les jours jusqu’à la consommation des siècles, “habitant nos coeurs par la foi”, présent dans nos rassemblements communautaires de croyants “réunis en ton Nom”, et c’est ainsi que tu nous invites à te suivre, à mettre ta Parole en pratique et à reproduire tes gestes de miséricorde : ouvre-moi tout entier, et de plus en plus chaque jour, à cette proximité mystérieuse que tu nous offres dans la réalité et la force de ton Esprit Saint, pour que toute mon existence soit vécue comme le lieu de ton action et de ton rayonnement visible à notre époque, où ta mission continue désormais dans notre témoignage de croyants. AMEN.
04.07.2003.*
Évangile : Matthieu 9, 9-13
DE L’EVANGILE DE MATTHIEU
Texte
9 Étant sorti, Jésus vit, en passant, un homme assis au bureau de la douane, appelé Matthieu, et il lui dit : ” Suis-moi ! ” Et, se levant, il le suivit.
10 Comme il était à table dans la maison, voici que beaucoup de publicains et de pécheurs vinrent se mettre à table avec Jésus et ses disciples.
11 Ce qu’ayant vu, les Pharisiens disaient à ses disciples : ” Pourquoi votre maître mange-t-il avec les publicains et les pécheurs ? “
12 Mais lui, qui avait entendu, dit : ” Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin de médecin, mais les malades.
13 Allez donc apprendre ce que signifie : C’est la miséricorde que je veux, et non le sacrifice. En effet, je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs.”
Commentaire
1. Situation
Cet Evangile, qui porte le nom de Matthieu, trouve peut-être sa première source dans une collection de paroles de Jésus, écrites en Araméen et attribuées à l’apôtre Matthieu, par un Père de l’Eglise, Papias d’Alexandrie, vers 125.
Cet Evangile, qui reprend beaucoup de passages de l’Evangile de Marc (qui avait été écrit vers 65), mais en y ajoutant des éléments qu’il partage en grande partie avec Luc, a été très probablement rédigé entre les années 85 et 90.
A parcourir tout ce Livre, on peut se demander s’il a été composé pour des chrétiens d’origine Juive (Judéochrétiens), ou pour des chrétiens d’origine païenne, ou encore pour les deux. La position communément admise de nos jours est qu’il a été écrit pour une communauté Judéochrétienne qui s’est trouvée exclue du Judaïsme, suite à une décision par des rabbins Juifs non chrétiens de ne plus tolérer la double appartenance, à la fois Juive et chrétienne, de ces Judéochrétiens, qui avait été possible jusqu’à cette date. Rupture qui explique la dureté des propos mis dans la bouche de Jésus contre les Scribes et Pharisiens de son temps (Matth. chapitre 23).
Néanmoins, même s’il a été d’abord écrit pour confirmer une communauté Judéochrétienne dans sa découverte de la Bonne Nouvelle de Jésus, cet Evangile est ouvert également à la mission universelle auprès des païens, et il se termine par un envoi en mission par le Christ ressuscité, avec ces paroles : “allez, de toutes les nations, faites des disciples” (28, 18).
On peut diviser cet Evangile en 11 parties, qui se répondent en sens inverse (la 1ère correspondant à la dernière, la 2ème, à l’avant-dernière, etc…), concentrées autour de la 6ème partie, le “Discours en paraboles”, qui sert en quelque sorte de “pivot”. Nous obtenons ainsi le découpage suivant :
- Naissance de Jésus et commencement de sa mission (1 - 4)
- Bénédictions et Discours sur la montagne (5 - 7)
- Manifestations de l’autorité de Jésus et de ses appels (8 - 9)
- Discours sur la mission (10)
- Jésus rejeté par “cette génération” (11 - 12 )
- Discours en paraboles (13)
- Jésus reconnu par ses disciples (14 - 17)
- Discours sur la manière de vivre en communauté de croyants (18)
- De nouveau, Jésus manifeste son autorité et ses appels (19 - 22)
- Proclamation de situations malheureuses et Discours sur la venue définitive du Royaume (23 - 24)
- Passion, mort et résurrection (26 - 28)
Cette présentation fait ressortir que cet Evangile est bien rythmé par 5 grands discours de Jésus, dans lesquels l’auteur a concentré la majeure partie de son enseignement. Les 5 discours ont souvent fait penser aux 5 livres de Moïse de l’Ancien Testament. On dit volontiers que, pour Matthieu, Jésus est le “Nouveau Moïse”.
Avec notre page se poursuit une 3ème partie de cet Evangile. Après le défi qu’il a lancé en paroles tout au long de son premier discours, nous découvrons le défi semblable que Jésus lance maintenant par ses actions de miséricorde, accomplies surtout en faveur de personnes défavorisées, ou marginalisées par la société. Ces gestes, souvent spectaculaires, se trouvent regroupés en 3 triades de 3 miracles chacune, qui se déploient tout au long de cette partie de l’Evangile (en 8, 1 - 17; 8, 23 - 9, 8 et 9, 18 - 34), entourant quelques événements différents comme l’appel du disciple Matthieu (9, 4 -13) ou des prises de position de Jésus, comme celle sur les conditions nécessaires pour devenir ses disciples (8, 18 - 22) ou sur le jeûne (9, 14 - 17).
Nous assistons, en cette page, à l’appel, par Jésus, de Matthieu le publicain.
2. Message
De la même façon qu’il avait appelé à le suivre, en plein exercice de leur profession, les marins-pêcheurs André, Simon-Pierre, Jacques et Jean (4, 18 - 22), Jésus appelle maintenant Matthieu le collecteur d’impôts.
Comme les 4 premiers disciples qui l’avaient précédé, Matthieu quitte immédiatement son travail pour se mettre à la suite de Jésus.
Alors qu’il partage son repas avec Matthieu et de nombreux collègues publicains de ce dernier, Jésus s’entend reprocher, par des Pharisiens, de fréquenter ainsi des pécheurs publics. Il leur répond alors que c’est justement parce que ces gens sont tels qu’il doit leur offrir la miséricorde de Dieu, de la même façon qu’un médecin doit s’occuper des malades.
3. Decouvertes
Jésus appelle Matthieu, comme les 4 disciples qu’il avait précédemment invités à le suivre, de la même manière que, dans l’Ancien Testament, au 9ème siècle avant notre ère, le Prophète Elie avait appelé Elisée (1 Rois, 19, 19 - 21).
Le repas que prend Jésus avec Matthieu et les autres publicains semble avoir eu lieu dans la maison de Simon-Pierre, qui servait de “base” à Jésus à Capharnaüm, pour son ministère en Galilée.
En se mettant au service de l’occupant romain comme percepteurs d’impôts, et en s’attribuant un pourcentage souvent élevé sur la somme qu’ils réclamaient aux contribuables, les publicains étaient perçus comme des hommes qui s’étaient mis hors du code de l’Alliance entre Dieu et Israël, car ils désobéissaient à la Loi.
Trois temps dans la réponse de Jésus à l’accusation qu’on lui lance : - un proverbe (les malades ont besoin du médecin), - une citation d’un prophète sur la priorité de la miséricorde sur le culte liturgique (Osée, 6, 6), - une déclaration concernant sa mission (appeler les pécheurs et non pas les “justes”, c’est-à-dire ceux qui se croient ou se disent “justes”).
Jésus citera encore ce texte d’Osée en 12, 7, à propos d’un autre reproche qui lui sera fait, au sujet d’un geste de ses disciples un jour de Sabbat.
Une fois de plus, Jésus accomplit la Loi en la dépassant (5, 17 - 20), mais sans l’abolir, car il maintient que les publicains sont des pécheurs, à la différence toutefois qu’il leur offre accueil et miséricorde.
4. Prolongement
Jésus appelle qui il veut, et comme il le veut :
8 Et, en tout dernier lieu, il m’est apparu à moi aussi, comme à l’avorton.
9 Car je suis le moindre des apôtres ; je ne mérite pas d’être appelé apôtre, parce que j’ai persécuté l’Église de Dieu.
10 C’est par la grâce de Dieu que je suis ce que je suis, et sa grâce à mon égard n’a pas été stérile. Loin de là, j’ai travaillé plus qu’eux tous : oh ! non pas moi, mais la grâce de Dieu qui est avec moi.
Jésus offre à tous la grâce du salut : le jugement sur nous-mêmes ne nous appartient pas
39 Jésus dit alors : ” C’est pour un discernement que je suis venu en ce monde : pour que ceux qui ne voient pas voient et que ceux qui voient deviennent aveugles. ”
40 Des Pharisiens, qui se trouvaient avec lui, entendirent ces paroles et lui dirent : ” Est-ce que nous aussi, nous sommes aveugles ? ”
41 Jésus leur dit : ” Si vous étiez aveugles, vous n’auriez pas de péché ; mais vous dites : Nous voyons ! Votre péché demeure. ”
45 Mais parce que je dis la vérité, vous ne me croyez pas.
46 Qui d’entre vous me convaincra de péché ? Si je dis la vérité, pourquoi ne me croyez-vous pas ?
47 Qui est de Dieu entend les paroles de Dieu ; si vous n’entendez pas, c’est que vous n’êtes pas de Dieu. ”
48 Les Juifs lui répondirent : ” N’avons-nous pas raison de dire que tu es un Samaritain et que tu as un démon ? ”
49 Jésus répondit : ” Je n’ai pas un démon mais j’honore mon Père, et vous cherchez à me déshonorer.
50 Je ne cherche pas ma gloire ; il est quelqu’un qui la cherche et qui juge
3 Qu’as-tu à regarder la paille qui est dans l’œil de ton frère ? Et la poutre qui est dans ton œil à toi, tu ne la remarques pas !
4 Ou bien comment vas-tu dire à ton frère : “Laisse-moi ôter la paille de ton œil”, et voilà que la poutre est dans ton œil !
5 Hypocrite, ôte d’abord la poutre de ton œil, et alors tu verras clair pour ôter la paille de l’œil de ton frère.
1 Qu’on nous regarde donc comme des serviteurs du Christ et des intendants des mystères de Dieu.
2 Or, ce qu’en fin de compte on demande à des intendants, c’est que chacun soit trouvé fidèle.
3 Pour moi, il m’importe fort peu d’être jugé par vous ou par un tribunal humain. Bien plus, je ne me juge pas moi-même.
4 Ma conscience, il est vrai, ne me reproche rien, mais je n’en suis pas justifié pour autant ; mon juge, c’est le Seigneur.
Prière
*Seigneur Jésus, tu nous as affirmé que, hors de toi, nous ne pouvons rien faire, qu’il nous faut donc demeurer attachés à toi, et ton disciple Paul nous a répété en ton Nom que si c’est par grâce que nous sommes sauvés, nous n’y sommes pour rien car c’est un don de Dieu : ôte de mon coeur toute suffisance, fais-moi résister à toute tentation de me recentrer sur moi, de penser que je me suffis à moi-même, de juger qui que ce soit parmi mes frères et mes soeurs en humanité, et aide-moi à devenir plus pauvre de moi-même, de façon à pouvoir t’accueillir, avec foi et confiance, comme celui à qui je me remets totalement, pour vivre de toi, à partir de toi, en toutes circonstances. AMEN.
05.07.2002.*