📘 Commentaire biblique de l’abbé Léon Hamain
Première lecture : Genèse 49, 15-33
DU LIVRE DE LA GENESE
Texte
29 Puis il leur donna cet ordre : Je vais être réuni aux miens. Enterrez-moi près de mes pères, dans la grotte qui est dans le champ d’Éphrôn le Hittite,
30 dans la grotte du champ de Makpéla, en face de Mambré, au pays de Canaan, qu’Abraham a achetée à Éphrôn le Hittite comme possession funéraire.
31 Là furent ensevelis Abraham et sa femme Sara, là furent ensevelis Isaac et sa femme Rébecca, là j’ai enseveli Léa.
32 C’est le champ et la grotte y comprise, qui furent acquis des fils de Hèt.
33 Lorsque Jacob eut achevé de donner ses instructions à ses fils, il ramena ses pieds sur le lit, il expira et fut réuni aux siens.
…
15 Voyant que leur père était mort, les frères de Joseph se dirent : Si Joseph allait nous traiter en ennemis et nous rendre tout le mal que nous lui avons fait ?
16 Aussi envoyèrent-ils dire à Joseph : Avant de mourir, ton père a exprimé cette volonté :
17 Vous parlerez ainsi à Joseph : Ah ! pardonne à tes frères leur crime et leur péché, tout le mal qu’ils t’ont fait ! Et maintenant, veuille pardonner le crime des serviteurs du Dieu de ton père ! Et Joseph pleura aux paroles qu’ils lui adressaient.
18 Ses frères eux-mêmes vinrent et, se jetant à ses pieds, dirent : Nous voici pour toi comme des esclaves !
19 Mais Joseph leur répondit : Ne craignez point ! Vais-je me substituer à Dieu ?
20 Le mal que vous aviez dessein de me faire, le dessein de Dieu l’a tourné en bien, afin d’accomplir ce qui se réalise aujourd’hui : sauver la vie à un peuple nombreux.
21 Maintenant, ne craignez point : c’est moi qui vous entretiendrai, ainsi que les personnes à votre charge. Il les consola et leur parla affectueusement.
22 Ainsi Joseph et la famille de son père demeurèrent en Égypte, et Joseph vécut cent dix ans.
23 Joseph vit les arrière-petits-enfants qu’il eut d’Éphraïm, de même les fils de Makir, fils de Manassé, naquirent sur les genoux de Joseph.
24 Enfin Joseph dit à ses frères : Je vais mourir, mais Dieu vous visitera et vous fera remonter de ce pays dans le pays qu’il a promis par serment à Abraham, Isaac et Jacob.
25 Et Joseph fit prêter ce serment aux fils d’Israël : Quand Dieu vous visitera, vous emporterez d’ici mes ossements.
26 Joseph mourut à l’âge de cent dix ans, on l’embauma et on le mit dans un cercueil en Égypte
Commentaire
1. Situation
Le Livre de la Genèse est le premier livre de la Bible, et le premier des 5 livres attribués à la tradition de Moïse, et dont les différents éléments qui le composent se sont additionnés pendant plusieurs siècles jusqu’au temps de la rédaction finale, aux environs du 6ème siècle, et très probablement après le retour de l’exil Babylonien.
Ce livre nous présente d’abord une histoire des origines des nations, avec la création du monde (1, 1 - 2, 3), ainsi que de l’homme et de la femme, leur descendance et l’expansion de la civilisation (2,4 - 4, 24), la vie des générations d’avant le Déluge, le Déluge (4, 25 - 6, 8), et la repopulation jusqu’au moment de la dispersion (6, 9 - 9, 29), suite à l’orgueil manifesté par les hommes de la grande ville de Babel, avec sa tour (10, 1 - 11, 9).
Nous entrons ensuite - après un court interlude nous présentant la généalogie de Sem à Terah, le père d’Abraham (11, 10 -26) - dans une seconde grande partie, l’histoire des ancètres d’sraël (11, 27 - 50, 26), qui comprend le cycle d’Abraham et de Sarah (11, 27 - 25, 18), le cycle d’Isaac et Jacob (25, 19 - 36, 43), et, finalement, l’histoire de Joseph (37, 1 - 50, 26).
Continuant de parcourir à grands pas cette histoire des Ancêtres d’Israël, et en en sautant beaucoup de passages, nous nous retrouvons maintenant à la fin de la 3ème et dernière partie de cette histoire. Bien qu’il y soit toujours question de Jacob et de ses fils, cette 3ème partie de l’histoire des Ancêtres d’Israël (37, 1 - 50, 26), dans le second grand volet du Livre de la Genèse, est considérée comme “l’Histoire de Joseph”, ce dernier en étant pour ainsi dire le pivot central qui en fait l’unité, même si les chapitres 37 et 39 - 45 sont les seuls qui le concernent entièrement et directement.
Avec cette page, nous continuons de vivre la fin et le dénouement de cette histoire de Joseph : vendu en esclavage par ses frères jaloux de lui, Joseph, suite à de nombreuses aventures où il réussit toujours, même en prison, (car partout l’on discerne ses qualités exceptionnelles de gestionnaire et d’organisateur), et, après avoir interprété les songes de deux officiers royaux et celui de Pharaon, est devenu le gouverneur de toute l’Egypte pendant une longue période de grande famine.
Joseph au sommet de sa gloire terrestre, devenu Grand Vizir de Pharaon, a donc organisé le stockage de tout le grain d’Egypte, en prévision des 7 années de famine dont il avait découvert l’annonce en interprétant un songe de Pharaon.
La famine s’étant répandue dans toute la région environnant l’Egypte, les frères de Joseph ont été obligés de se rendre, à plusieurs reprises, se ravitailler en Egypte et y acheter du grain, et donc de s’adresser à Joseph qui contrôle de près toute distribution ou vente de grain.
Joseph, qui a reconnu ses frères, mais sans se faire d’abord reconnaître par eux, a commencé par les mettre à l’épreuve de diverses manières, avant de leur révéler son identité, en leur pardonnant, dans une rencontre de haute tension dramatique, et d’organiser avec eux le transfert de leur Père Jacob en Egypte, qui constitue le sommet de toutes ces retrouvailles familiales.
Les toutes dernières pages du Livre de la Genèse, que nous lisons ce jour, nous racontent les derniers moments de Jacob et de Joseph.
2. Message
Ce texte de notre liturgie catholique romaine, fait de pièces et de morceaux, met fin à l’histoire de Jacob, ainsi qu’au grand épisode des relations de Joseph et de ses frères, en nous recentrant sur l’essentiel de l’histoire des Ancêtres d’Israël, qui a occupé toute la seconde grande partie de ce Livre de la Genèse.
En voulant que son corps mort soit enterré dans le tombeau de ses pères Abraham et Isaac, Jacob maintient la revendication et l’espérance de la possession un jour par les siens de la terre de Canaan que Dieu a promis de donner à Abraham et à sa descendance pour toujours.
La réponse que donne Joseph à ses frères, qui, leur père uns fois mort, craignent une revanche de sa part et s’offrent à devenir ses esclaves, va tout-à-fait dans le même sens : Dieu a tourné en bien le mal que ses frères lui avaient fait, et s’en est servi pour continuer d’accomplir son dessein en sauvant la famille de Jacob de la famine, famille dont la descendance est désormais porteuse de la promesse de Dieu et de son Alliance conclues avec Abraham.
Joseph réagit ainsi en croyant qui respecte le plan et l’oeuvre de Dieu : il remet ses frères debout avec son pardon, et se fait leur protecteur. Il n’est pas cependant devenu le chef de la famille : désormais, ce sont tous les fils de Jacob, chefs de file des 12 tribus d’Israël, qui sont collectivement porteurs de la promesse, Joseph lui-même ne se survivant que dans les 2 grandes tribus du Nord de la Palestine qui porteront le nom de ses deux fils, Ephraïm et Manassé.
Enfin, les dernières paroles de Joseph avant sa mort viennnet re-confirmer le projet de Dieu : le séjour des fils de Jacob-Israël en Egypte en sera qu’une parenthèse dans l’histoire du peuple de Dieu. Le Seigneur veillera à les faire retourner, le moment venu, en terre de Canaan.
3. Decouvertes
L’ordre de l’enterrer dans la grotte de MacPéla que Jacob donne à ses fils dans les derniers versets du chapitre 49 est une répétition devant tous de ce qu’il avait demandé à Joseph seul en 47, 29 - 31.
Le chapitre 50, 1 - 26, sert de conclusion à toute l’histoire des Patriarches. Comme ce sera le cas pour Moïse (Deutéronome, 34, 5 - 12), ainsi que pour Josué (Josué, 24, 29 - 31), la mort de Joseph scelle la fin d’une époque.
La plupart des grands thèmes de l’histoire des Ancêtres sont repris dans ce dernier chapitre :
- c’est Dieu qui conduit, multiplie, et protège son peuple, dont la réconciliation entre frères est désormais achevée.
- la promesse du don de la terre de Canaan à la descendance d’Abraham est bien renouvelée.
Même si la lecture n’en a pas été donnée dans notre liturgie, le traitement du corps mort de Jacob, la célébration de ses funérailles, son transfert en une procession solennelle jusqu’en terre de Canaan en présence de tous les hauts dignitaires de l’Egypte attestent de la position quasi-royale de Joseph en Egypte et de son immense prestige (50, 4 - 14).
En rapportant à Joseph le soi-disant propos de leur père Jacob les invitant à solliciter son pardon quand lui-même, leur père, serait mort, ses frères, pris de panique, inventent-ils un mensonge ? On se l’est demandé en lisant ce passage. Rien cependant ne prouve qu’ils aient été ici de mauvaise foi.
La réponse de Joseph, qui effectue ainsi la réconciliation définitive, est des plus claires et transparentes :
- la vengeance n’appartient pas aux hommes, fussent-ils princes ou en position de grande autorité, mais à Dieu seul,
- les événements vécus en toute cette affaire révèlent la main invisible de Dieu qui, dans sa fidélité et selon sa puissance au-delà de tout, accomplit à sa façon son dessein de salut. Cette affirmation représente le point culminant du message de tout le Livre de la Genèse.
En Josué, 24, 32, il nous est rapporté que, conformément aux désirs de Joseph, ses ossements furent rapatriés en Canaan. Joseph fut cependant d’abord enterré à la façon des Egyptiens, avec tous les honneurs dûs à son rang.
4. Prolongement
10 Mieux encore, Rébecca avait conçu d’un seul homme, Isaac notre père :
11 or, avant la naissance des enfants, quand ils n’avaient fait ni bien ni mal, pour que s’affirmât la liberté de l’élection divine,
12 qui dépend de celui qui appelle et non des œuvres, il lui fut dit : L’aîné servira le cadet,
13 selon qu’il est écrit : J’ai aimé Jacob et j’ai haï Ésaü.
14 Qu’est-ce à dire ? Dieu serait-il injuste ? Certes non !
15 Car il dit à Moïse : Je fais miséricorde à qui je fais miséricorde et j’ai pitié de qui j’ai pitié.
16 Il n’est donc pas question de l’homme qui veut ou qui court, mais de Dieu qui fait miséricorde.
17 Car l’Écriture dit au Pharaon : Je t’ai suscité à dessein pour montrer en toi ma puissance et pour qu’on célèbre mon nom par toute la terre.
18 Ainsi donc il fait miséricorde à qui il veut, et il endurcit qui il veut.
30 En effet, de même que jadis vous (les païens devenus chrétiens) avez désobéi à Dieu et qu’au temps présent vous avez obtenu miséricorde grâce à leur désobéissance,
31 eux (les Juifs non convertis à Jésus) de même au temps présent ont désobéi grâce à la miséricorde exercée envers vous, afin qu’eux aussi ils obtiennent au temps présent miséricorde.
32 Car Dieu a enfermé tous les hommes dans la désobéissance pour faire à tous miséricorde.
33 O abîme de la richesse, de la sagesse et de la science de Dieu ! Que ses décrets sont insondables et ses voies incompréhensibles !
34 Qui en effet a jamais connu la pensée du Seigneur ? Qui en fut jamais le conseiller ?
35 Ou bien qui l’a prévenu de ses dons pour devoir être payé de retour ?
36 Car tout est de lui et par lui et pour lui. A lui soit la gloire éternellement ! Amen.
Prière
*Seigneur Jésus, tu nous as révélé les secrets de Dieu en nous faisant comprendre, par ton obéissance et le service de tes frères et soeurs, dans un engagement jusqu’à mourir sur une croix, en étant considéré comme un malfaiteur, à quel point Dieu est “amour” et veut que tous les hommes soient sauvés dans le don gratuit de sa miséricorde à tous ceux qui veulent bien l’accueillir avec foi en se remettant entre ses mains, et tu nous as invités à entrer dans ce mystère de la communication du Dieu vivant, comme en une réalité qui toujours, et de plus en plus, paraîtra nous dépasser et nous échapper en son immense grandeur et transcendance : donne-moi une grande qualité de confiance en ce don de Dieu qui me comble et me surprend, bien au delà de tout ce que je puis imaginer et concevoir, et accorde-moi, en ton Esprit Saint, la grâce d’en témoigner réellement en pleine vérité. AMEN.
12.07.2003.*
Évangile : Matthieu 10, 24-33
DE L’EVANGILE DE MATTHIEU
Texte
24 ” Le disciple n’est pas au-dessus du maître, ni le serviteur au-dessus de son patron.
25 Il suffit pour le disciple qu’il devienne comme son maître, et le serviteur comme son patron. Du moment qu’ils ont traité de Béelzéboul le maître de maison, que ne diront-ils pas de sa maisonnée !
26 ” N’allez donc pas les craindre ! Rien, en effet, n’est voilé qui ne sera révélé, rien de caché qui ne sera connu.
27 Ce que je vous dis dans les ténèbres, dites-le au grand jour ; et ce que vous entendez dans le creux de l’oreille, proclamez-le sur les toits.
28 ” Ne craignez rien de ceux qui tuent le corps, mais ne peuvent tuer l’âme ; craignez plutôt Celui qui peut perdre dans la géhenne à la fois l’âme et le corps
29 Ne vend-on pas deux passereaux pour un as ? Et pas un d’entre eux ne tombera au sol à l’insu de votre Père !
30 Et vous donc ! vos cheveux même sont tous comptés !
31 Soyez donc sans crainte ; vous valez mieux, vous, qu’une multitude de passereaux.
32 ” Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, moi aussi je me déclarerai pour lui devant mon Père qui est dans les cieux ;
33 mais celui qui m’aura renié devant les hommes, à mon tour je le renierai devant mon Père qui est dans les cieux.
Commentaire
1. Situation
Cet Evangile, qui porte le nom de Matthieu, trouve peut-être sa première source dans une collection de paroles de Jésus, écrites en Araméen et attribuées à l’apôtre Matthieu, par un Père de l’Eglise, Papias d’Alexandrie, vers 125.
Cet Evangile, qui reprend beaucoup de passages de l’Evangile de Marc (qui avait été écrit vers 65), mais en y ajoutant des éléments qu’il partage en grande partie avec Luc, a été très probablement rédigé entre les années 85 et 90.
A parcourir tout ce Livre, on peut se demander s’il a été composé pour des chrétiens d’origine Juive (Judéochrétiens), ou pour des chrétiens d’origine païenne, ou encore pour les deux. La position communément admise de nos jours est qu’il a été écrit pour une communauté Judéochrétienne qui s’est trouvée exclue du Judaïsme, suite à une décision par des rabbins Juifs non chrétiens de ne plus tolérer la double appartenance, à la fois Juive et chrétienne, de ces Judéochrétiens, qui avait été possible jusqu’à cette date. Rupture qui explique la dureté des propos mis dans la bouche de Jésus contre les Scribes et Pharisiens de son temps (Matth. chapitre 23).
Néanmoins, même s’il a été d’abord écrit pour confirmer une communauté Judéochrétienne dans sa découverte de la Bonne Nouvelle de Jésus, cet Evangile est ouvert également à la mission universelle auprès des païens, et il se termine par un envoi en mission par le Christ ressuscité, avec ces paroles : “allez, de toutes les nations, faites des disciples” (28, 18).
On peut diviser cet Evangile en 11 parties, qui se répondent en sens inverse (la 1ère correspondant à la dernière, la 2ème, à l’avant-dernière, etc…), concentrées autour de la 6ème partie, le “Discours en paraboles”, qui sert en quelque sorte de “pivot”. Nous obtenons ainsi le découpage suivant :
- Naissance de Jésus et commencement de sa mission (1 - 4)
- Bénédictions et Discours sur la montagne (5 - 7)
- Manifestations de l’autorité de Jésus et de ses appels (8 - 9)
- Discours sur la mission (10)
- Jésus rejeté par “cette génération” (11 - 12 )
- Discours en paraboles (13)
- Jésus reconnu par ses disciples (14 - 17)
- Discours sur la manière de vivre en communauté de croyants (18)
- De nouveau, Jésus manifeste son autorité et ses appels (19 - 22)
- Proclamation de situations malheureuses et Discours sur la venue définitive du Royaume (23 - 24)
- Passion, mort et résurrection (26 - 28)
Cette présentation fait ressortir que cet Evangile est bien rythmé par 5 grands discours de Jésus, dans lesquels l’auteur a concentré la majeure partie de son enseignement. Les 5 discours ont souvent fait penser aux 5 livres de Moïse de l’Ancien Testament. On dit volontiers que, pour Matthieu, Jésus est le “Nouveau Moïse”.
Avec notre page, nous continuons la lecture de la 4ème partie de cet Evangile. Le grand discours missionnaire de Jésus (Matthieu,10, 1 - 42) nous a d’abord fait assister à la convocation, la présentation et l’envoi des 12 Apôtres de Jésus (10, 1 - 4), puis nous a détaillé le contenu de leur mission ( 10, 5 - 16), avant que Jésus évoque devant eux la perspective de persécutions à venir et leur indique quelle attitude adopter face à cette éventualité (10, 17 - 25).
Notre page correspond en grande partie au paragraphe suivant de ce discours et nous place devant les véritables réalités et les enjeux les plus importants à prendre en compte dans une attitude toute de confiance vis-à-vis du Seigneur.
2. Message
Notre texte de ce jour commence, en effet, par 2 versets que l’on peut considérer comme la conclusion des remarques précédentes de Jésus sur d’éventuelles perséscutions : les disciples doivent imiter leur maître et savoir qu’ils ont à partager son sort et son destin. Comme lui, ils seront persécutés et regardés comme des agents du Prince des démons. La mission des Apôtres se précise donc une fois de plus : c’est celle de Jésus, avec le même message à proclamer, les mêmes gestes et attitudes de miséricorde et de prise en charge à manifester, les mêmes risques à courir que Jésus.
Mais aussi avec la même assurance et la même force que Jésus. C’est bien ce qu’il atteste dans cette injonction qu’il leur répète à 3 reprises dans notre page : “soyez sans crainte…” D’abord, ne craignez pas les adversaires de l’Evangile, quelle que soit leur menace. En effet, la foi en Dieu, qui se révèle et qui va jusqu’au bout avec justice, est plus forte que toute crainte. De plus, tout sera dévoilé dans la clarté de ce document qui nous concerne et/ou concerne nos adversaires.
Ensuite, situez votre crainte au bon niveau, c’est-à-dire au niveau des valeurs suprêmes qui sont liées à la rencontre de Dieu, et qui surpassent notre vie biologique et notre passage par la mort. Nous sommes au niveau de ce q’il y a de plus profond en notre être, l’image de Dieu sur laquelle notre mort physique n’a pas de prise.
Enfin, faites confiance à Dieu, qui veille sur ce monde dont il est le sens et la référence dernière comme Créateur. Un simple regard sur l’ordre qui existe dans ce monde, ainsi que sur le comportement des oiseaux, par exemple, nous invite à faire confiance à Celui qui soutient l’univers qu’il a créé par sa Parole.
Toute crainte étant ainsi bannie, rien ne saurait nous empêcher de nous déclarer pour Jésus devant les hommes, de nous affirmer ses disciples, et Jésus, en retour, sera notre répondant auprès de Dieu dans le Royaume des cieux.
3. Decouvertes
Matthieu, au verset 28 de ce chapitre, nous parle de “l’âme”. S’inspire-t-il de la définition grecque et païenne de l’homme, présenté comme composé d’une “âme” immortelle et d’un corps “échangeable” ? Voir TOB, Matthieu, 10, 28, note “h”. Pensons plutôt que, sous le terme “âme”, Matthieu vise le principe le plus personnel de la vie qui nous vient de Dieu.
“2 moineaux”, car ce sont les êtres vivants qui coûtent le moins cher sur le marché.Cependant, en sa Providence, Dieu veille sur eux tous. Comme le dit la TOB, Matthieu, 10, 29, note “j”, Dieu n’est pas indiffférent à la mort des disciples de Jésus lors d’éventuelles persécutions. Bien au contraire, nous affirme Jésus, il est vraiment très concerné !
4. Prolongement
21 Comme le Père en effet ressuscite les morts et leur redonne vie, ainsi le Fils donne vie à qui il veut.
22 Car le Père ne juge personne; il a donné au Fils le jugement tout entier,
23 afin que tous honorent le Fils comme ils honorent le Père. Qui n’honore pas le Fils n’honore pas le Père qui l’a envoyé.
24 En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui écoute ma parole et croit à celui qui m’a envoyé a la vie éternelle et ne vient pas en jugement, mais il est passé de la mort à la vie.
25 En vérité, en vérité, je vous le dis, l’heure vient -et c’est maintenant -où les morts entendront la voix du Fils de Dieu, et ceux qui l’auront entendue vivront.
4 …Et telle est la victoire qui a triomphé du monde: notre foi.
5 Quel est le vainqueur du monde, sinon celui qui croit que Jésus est le Fils de Dieu ? …
9 Si nous recevons le témoignage des hommes, le témoignage de Dieu est plus grand. Car c’est le témoignage de Dieu, le témoignage que Dieu a rendu à son Fils.
10 Celui qui croit au Fils de Dieu a ce témoignage en lui. Celui qui ne croit pas en Dieu fait de lui un menteur, puisqu’il ne croit pas au témoignage que Dieu a rendu à son Fils.
11 Et voici ce témoignage: c’est que Dieu nous a donné la vie éternelle et que cette vie est dans son Fils.
12 Qui a le Fils a la vie; qui n’a pas le Fils n’a pas la vie.
Prière
*Seigneur Jésus, tu as toujours été le témoin fidèle de la Vérité de Dieu, que tu n’as jamais sacrifiée pour te défendre ou te protéger, car telle était ta mission, de la révéler et de la traduire en toutes tes actions, dans l’obéissance totale à la volonté et aux désirs de Dieu ton Père : donne-moi de ne jamais douter de la force de ton Esprit Saint, qui me permettra de t’annoncer par ma foi vécue, sans hésitation, en proclamant ta Parole, et en me mettant au service de mes frères et soeurs, que j’essaye d’aimer comme tu m’as aimé. AMEN.
12.07.2003.*