📘 Commentaire biblique de l’abbé Léon Hamain


Première lecture : Genèse 46, 1-30

DU LIVRE DE LA GENESE

Texte

1 Israël partit avec tout ce qu’il possédait. Arrivé à Bersabée, il offrit des sacrifices au Dieu de son père Isaac
2 et Dieu dit à Israël dans une vision nocturne : Jacob ! Jacob ! et il répondit : Me voici.
3 Dieu reprit : Je suis El, le Dieu de ton père. N’aie pas peur de descendre en Égypte, car là-bas je ferai de toi une grande nation.
4 C’est moi qui descendrai avec toi en Égypte, c’est moi aussi qui t’en ferai remonter, et Joseph te fermera les yeux.
5 Jacob partit de Bersabée, et les fils d’Israël firent monter leur père Jacob, leurs petits enfants et leurs femmes sur les chariots que Pharaon avait envoyés pour le prendre.
6 Ils emmenèrent leurs troupeaux et tout ce qu’ils avaient acquis au pays de Canaan et ils vinrent en Égypte, Jacob et tous ses descendants avec lui :
7 ses fils et les fils de ses fils, ses filles et les filles de ses fils, bref tous ses descendants, il les emmena avec lui en Égypte.

28 Israël envoya Juda en avant vers Joseph pour que celui-ci parût devant lui en Goshèn, et ils arrivèrent à la terre de Goshèn.
29 Joseph fit atteler son char et monta à la rencontre de son père Israël en Goshèn. Dès qu’il parut devant lui, il se jeta à son cou et pleura longtemps en le tenant embrassé.
30 Israël dit à Joseph : Pour lors, je puis mourir, après que j’ai vu ton visage et que tu es encore vivant !

Commentaire

1. Situation

Le Livre de la Genèse est le premier livre de la Bible, et le premier des 5 livres attribués à la tradition de Moïse, et dont les différents éléments qui le composent se sont additionnés pendant plusieurs siècles jusqu’au temps de la rédaction finale, aux environs du 6ème siècle, et très probablement après le retour de l’exil Babylonien.

Ce livre nous présente d’abord une histoire des origines des nations, avec la création du monde (1, 1 - 2, 3), ainsi que de l’homme et de la femme, leur descendance et l’expansion de la civilisation (2,4 - 4, 24), la vie des générations d’avant le Déluge, le Déluge (4, 25 - 6, 8), et la repopulation jusqu’au moment de la dispersion (6, 9 - 9, 29), suite à l’orgueil manifesté par les hommes de la grande ville de Babel, avec sa tour (10, 1 - 11, 9).

Nous entrons ensuite - après un court interlude nous présentant la généalogie de Sem à Terah, le père d’Abraham (11, 10 -26) - dans une seconde grande partie, l’histoire des ancètres d’sraël (11, 27 - 50, 26), qui comprend le cycle d’Abraham et de Sarah (11, 27 - 25, 18), le cycle d’Isaac et Jacob (25, 19 - 36, 43), et, finalement, l’histoire de Joseph (37, 1 - 50, 26).


Continuant de parcourir à grands pas cette histoire des Ancêtres d’Israël, et en en sautant beaucoup de passages, nous nous retrouvons maintenant dans la 3ème partie de cette histoire. Bien qu’il y soit toujours question de Jacob et de ses fils, cette 3ème partie de l’histoire des Ancêtres d’Israël (37, 1 - 50, 26), dans le second grand volet du Livre de la Genèse, est considérée comme “l’Histoire de Joseph”, ce dernier en étant pour ainsi dire le pivot central qui en fait l’unité, même si les chapitres 37 et 39 - 45 sont les seuls qui le concernent entièrement et directement.

A la différence des récits concernant Abraham, Isaac et Jacob, qui constituent des cycles ou des chaînes d’événements, l’histoire de Joseph se déroule selon une intrigue bien menée qui l’anime de bout en bout, qui offre des analyses pénétrantes de la psychologie des différents personnages, et semble bien au fait, par ailleurs, des moeurs Egyptiennes.

Bien qu’on n’y rencontre guère de théophanies ou apparitions de Dieu (sauf une fois à la fin, et ce n’est pas Joseph qui en fait alors l’expérience), Dieu y est sans cesse à l’oeuvre à travers les actions, et même en dépit des péchés des hommes. Il y est présent avec sa capacité de bénédiction, tantôt d’une manière explicite dans l’interprétation des rêves et songes aux chapitres 40 et 41, mais, le plus souvent, de façon discrète et secrète qui ne sera révélée qu’au moment des interprétations qu’en fournira Joseph lui-même en 45, 5 - 8 et 50, 20 : Dieu a permis que tout concourt au bien présent et à venir de la descendance de Jacob à travers cette histoire de querelles et de jalousies entre frères. On peut donc dire que, de fait, Dieu a guidé toute cette aventure à sa façon.

On s’est demandé si, derrière cette histoire (qui ressemble quelque peu à un “roman” et a des ressemblances frappantes avec le genre des contes de sagesse), ne se posait pas la question de la monarchie en Israël à l’époque de sa mise en place au temps de Samuel. Une question est posée : un frère peut-il gouverner ses frères ? question que le 1er Livre de Samuel aborde avec ses deux approches contradictoires, l’une en faveur de la royauté, l’autre dans une attitude de refus face à la royauté.

Avec cette page, nous continuons de vivre la fin et le dénouement de cette histoire de Joseph : vendu en esclavage par ses frères jaloux de lui, Joseph, suite à de nombreuses aventures où il réussit toujours, même en prison, (car partout l’on discerne ses qualités exceptionnelles de gestionnaire et d’organisateur), et, après avoir interprété les songes de deux officiers royaux et celui de Pharaon, est devenu le gouverneur de toute l’Egypte pendant une longue période de grande famine.

Joseph au sommet de sa gloire terrestre, devenu Grand Vizir de Pharaon, a donc organisé le stockage de tout le grain d’Egypte, en prévision des 7 années de famine dont il avait découvert l’annonce en interprétant un songe de Pharaon.

La famine s’étant répandue dans toute la région environnant l’Egypte, les frères de Joseph sont obligés de se rendre, à plusieurs reprises, se ravitailler en Egypte et y acheter du grain, et donc de s’adresser à Joseph qui contrôle de près toute distribution ou vente de grain.

Joseph, qui a reconnu ses frères, mais sans se faire d’abord reconnaître par eux, a commencé par les mettre à l’épreuve de diverses manières, avant de leur révéler son identité, en leur pardonnant, dans une rencontre de haute tension dramatique, et d’organiser avec eux le transfert de leur Père Jacob en Egypte.

2. Message

Ce chapitre 46, suite aux chapitres 44 et 45, nous font assiter au 3ème acte des retrouvailles de Joseph et de sa famille, la famille de Jacob, le porteur actuel des promesses de Dieu à Abraham et à sa descendance.

Après avoir rencontré ses frères venus en Egypte se ravitailler pendant la grande famine, et les avoir mis quelque temps à l’épreuve en faisant monter très haut la tension dans ses relations avec eux, en particulier en exigeant d’eux qu’ils viennent la fois suivante accompagnés de leur jeune frère Benjamin, qu’il fait ensuite accuser de vol et se propose de garder avec lui en esclavage, Joseph a fini, dans une scène de très forte émotion, par se faire reconnaître par ses frères ébahis de le trouver là, à ce poste.

En ce moment crucial, alors que ses frères pouvaient craindre sa vengeance, Joseph a tiré les leçons de leurs conflits fraternels et frasques de jeunesse. Le fait d’avoir été vendu par ses frères comme esclave en Egypte lui a permis d’atteindre ce pouvoir et de sauver ainsi Jacob et les siens de la famine. Le temps du pardon et de la réconciliation est donc arrivé.

A travers et au delà de ces querelles fratricides Joseph a attesté, avec foi, que Dieu a agi et poursuivi son accompagnement de la descendance d’Abraham.

D’où la grande importance de ces pages, qui sont reliées à toute l’histoire antérieure des Patriarches, comme nous le constatons encore plus dans l’épisode relaté ce jour. Jacob, en route vers l’Egypte suite à l’invitation de Joseph et avec toute sa descendance, de par son arrêt à Bersheba et l’apparition de Dieu qui l’interpelle en une vision, est bien resitué dans la ligne de la promesse faite à Abraham. Dieu, certes, l’envoie en Egypte, lui, le porteur de la promesse et de l’Alliance. Sa démarche se trouve ainsi bien replacée dans le plan de Dieu. En Egypte, la croissance de la descendance de Jacob continuera, il deviendra un grand peuple, et la terre promise dont il s’éloigne aujourd’hui et pour un très long séjour des siens à l’étranger, qui va durer plusieurs siècles, n’est pas perdue pour autant. Car Dieu y fera revenir son peuple Israël.

La rencontre de Jacob avec Joseph, son fils disparu et perdu, que rapporte cette page, est bien l’un des sommets de toute cette histoire de Joseph, après celle de Joseph et de ses frères quand il s’est fait reconnaître d’eux. Jacob a désormais atteint le terme de sa mission dans le projet de Dieu : il a vécu tout ce qui lui était demandé, il a beaucoup souffert et payé le prix des tricheries et tromperies de sa jeunesse. Joseph pourra lui fermer les yeux au milieu de ses frères et de toute sa descendance.

3. Decouvertes

Joseph, comme personnage, est bien différent d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, en ce sens qu’il n’est pas porteur, comme eux, de la promesse reçue de Dieu. Lue dans le contexte du Livre de la Genèse tout entier, l’histoire de Joseph est celle du salut pour sa famille, qui est la descendance d’Abraham, famille qui est préservée de la faim.

De cette façon, Joseph contribue au maintien de la promesse faite à Abraham d’une descendance innombrable. Mais cela se fait au détriment de la terre, car Israël va devoir quitter Canaan pour l’Egypte, où l’attendra bientôt l’oppression d’un esclavage, dont Moïse devra ensuite, quelques siècles plus tard, le libérer.

L’histoire de Joseph, du point de vue du déroulement des événements du I.ivre de la Genèse, explique pourquoi et comment Jacob-Israël est venu en Egypte et y a retrouvé son fils perdu. Du point de vue donc de la suite des événements, on aurait pu se contenter des chapitres 37 et 45 - 46, mis bout à bout, mais quelle richesse aurions-nous perdue en ne découvrant pas ce drame, ces jalousies, et l’action de Dieu qui demeure présent et agissant en dépit de tout cela !

Tous les moments de ces retrouvailles de Joseph avec ses frères, et avec son père Jacob, sont ainsi porteurs du même message, et n’appellent pas de nouveau commentaire, car c’est le récit même du temps fort de l’histoire qui continue, et dont il nous suffit de constater la grande intensité dramatique qui nous aide à nous situer dans ce déroulement narratif avec nos propres questions sur la façon selon laquelle Dieu nous accompagne aujord’hui.

Notre passage a été coupé entre le v. 8 et le verset 28 par une longue présentation des descendants de Jacob.

Au verset 3, nous assistons à la dernière théophanie patriarchale.

Au verset 4, Dieu promet de nouveau son accompagnement permanent: “Moi, je descendrai avec toi en Egypte.” Là où sont ceux que Dieu a appelés, là est le Seigneur qui propose toujours et partout son assistance.

4. Prolongement

A travers toutes les difficultés et facilités de notre existence, Dieu est là, tout proche, à côté de nous, pour que nous sachions toujours vivre de sa Parole, de sa miséricorde et de sa promesse.

Pour nous, c’est par et avec Jésus ressuscité (Matthieu, 28, 20), que Dieu nous accompagne tous les jours et nous invite à rayonner l’Evangile de sa gloire, rayonnement qui suppose que notre horizon soit celui du projet de Dieu, au-delà de nos familles, de nos communautés, de notre environnement, de notre expérience.

C’est seulement à cette condition que nous pouvons regarder le monde avec cet “autre” regard, celui de la foi, celui de la charité miséricordieuse qui met debout, celui des fils adoptifs de Dieu et des images du Christ, que nous sommes devenus.

Prière

*Seigneur Jésus, quand tu as quitté notre monde terrestre pour t’en retourner vers le Père en cette “Heure ” pascale de ta passion, de ta mort, de ta réusrrection et du don de ton Esprit Saint, tu as proclamé avec force et beaucoup d’insistance que tu reviendrais parmi nous “autrement”, nous assurant même de ta présence chaque jour jusqu’à la consommation des siècles de toute l’histoire des hommes : aide-moi à ne jamais mettre le moins du monde en doute ce fait que tu “es-avec moi”, “l’Emmanuel”, sans cesse à mes côtés, à me proposer de réentendre et de mieux comprendre ta Parole, et de grandir dans l’imitation concrète de tout ce que tu as vécu comme obéissance au Père et comme partage gratuit de la miséricorde de Dieu, tout au long de ton parcours historique au coeur de notre humanité. AMEN.

11.07.2003.*

Évangile : Matthieu 10, 16-23

DE L’EVANGILE DE MATTHIEU

Texte

16 Voici que je vous envoie comme des brebis au milieu des loups ; montrez-vous donc prudents comme les serpents et candides comme les colombes.
17 ” Méfiez-vous des hommes : ils vous livreront aux sanhédrins et vous flagelleront dans leurs synagogues ;
18 vous serez traduits devant des gouverneurs et des rois, à cause de moi, pour rendre témoignage en face d’eux et des païens.
19 Mais, lorsqu’on vous livrera, ne cherchez pas avec inquiétude comment parler ou que dire : ce que vous aurez à dire vous sera donné sur le moment,
20 car ce n’est pas vous qui parlerez, mais l’Esprit de votre Père qui parlera en vous.
21 ” Le frère livrera son frère à la mort, et le père son enfant ; les enfants se dresseront contre leurs parents et les feront mourir.
22 Et vous serez haïs de tous à cause de mon nom, mais celui qui aura tenu bon jusqu’au bout, celui-là sera sauvé.
23 ” Si l’on vous pourchasse dans telle ville, fuyez dans telle autre, et si l’on vous pourchasse dans celle-là, fuyez dans une troisième ; en vérité je vous le dis, vous n’achèverez pas le tour des villes d’Israël avant que ne vienne le Fils de l’homme.

Commentaire

1. Situation

Cet Evangile, qui porte le nom de Matthieu, trouve peut-être sa première source dans une collection de paroles de Jésus, écrites en Araméen et attribuées à l’apôtre Matthieu, par un Père de l’Eglise, Papias d’Alexandrie, vers 125.

Cet Evangile, qui reprend beaucoup de passages de l’Evangile de Marc (qui avait été écrit vers 65), mais en y ajoutant des éléments qu’il partage en grande partie avec Luc, a été très probablement rédigé entre les années 85 et 90.

A parcourir tout ce Livre, on peut se demander s’il a été composé pour des chrétiens d’origine Juive (Judéochrétiens), ou pour des chrétiens d’origine païenne, ou encore pour les deux. La position communément admise de nos jours est qu’il a été écrit pour une communauté Judéochrétienne qui s’est trouvée exclue du Judaïsme, suite à une décision par des rabbins Juifs non chrétiens de ne plus tolérer la double appartenance, à la fois Juive et chrétienne, de ces Judéochrétiens, qui avait été possible jusqu’à cette date. Rupture qui explique la dureté des propos mis dans la bouche de Jésus contre les Scribes et Pharisiens de son temps (Matth. chapitre 23).

Néanmoins, même s’il a été d’abord écrit pour confirmer une communauté Judéochrétienne dans sa découverte de la Bonne Nouvelle de Jésus, cet Evangile est ouvert également à la mission universelle auprès des païens, et il se termine par un envoi en mission par le Christ ressuscité, avec ces paroles : “allez, de toutes les nations, faites des disciples” (28, 18).

On peut diviser cet Evangile en 11 parties, qui se répondent en sens inverse (la 1ère correspondant à la dernière, la 2ème, à l’avant-dernière, etc…), concentrées autour de la 6ème partie, le “Discours en paraboles”, qui sert en quelque sorte de “pivot”. Nous obtenons ainsi le découpage suivant :

  • Naissance de Jésus et commencement de sa mission (1 - 4)
  • Bénédictions et Discours sur la montagne (5 - 7)
  • Manifestations de l’autorité de Jésus et de ses appels (8 - 9)
  • Discours sur la mission (10)
  • Jésus rejeté par “cette génération” (11 - 12 )
  • Discours en paraboles (13)
  • Jésus reconnu par ses disciples (14 - 17)
  • Discours sur la manière de vivre en communauté de croyants (18)
  • De nouveau, Jésus manifeste son autorité et ses appels (19 - 22)
  • Proclamation de situations malheureuses et Discours sur la venue définitive du Royaume (23 - 24)
  • Passion, mort et résurrection (26 - 28)

Cette présentation fait ressortir que cet Evangile est bien rythmé par 5 grands discours de Jésus, dans lesquels l’auteur a concentré la majeure partie de son enseignement. Les 5 discours ont souvent fait penser aux 5 livres de Moïse de l’Ancien Testament. On dit volontiers que, pour Matthieu, Jésus est le “Nouveau Moïse”.


Avec notre page, nous continuons la lecture de la 4ème partie de cet Evangile, le choix des Douze apôtres par Jésus, et leur envoi en mission, munis de toutes les directives que Jésus énonce dans le 2ème de ses 5 grands discours, appelé le discours apostolique ou encore le discours sur la mission.

2. Message

Dans son discours apostolique, après avoir défini l’objet de sa mission, que doivent reproduire ses apôtres (10, 1 - 7), ainsi que les conditions pratiques de sa réalisation (10, 8 - 15), Jésus annonce ouvertement les persécutions qui l’accompagneront, et la ligne de conduite à tenir en pareil cas.

Prudence et astuce sont de rigueur dans un monde hostile, où il ne faut pas naïvement se fier aux hommes, qui, parce qu’ils refusent le message de Jésus, vont accuser et faire condamner ses envoyés. Cette mission risque même de valoir aux disciples la division d’avec leurs proches, voire même une agressivité déclarée.

S’il conseille aux siens de ne pas se jeter dans la gueule du loup, Jésus leur demande toutefois de ne pas hésiter à témoigner de lui en toutes occasions, dans la conviction que c’est l’Esprit du Père qui parlera en eux, et que, dans ces circonstances mêmes, la Bonne Nouvelle de Jésus sera prêchée.

3. Decouvertes

Ces prédictions de Jésus concernent tous ses envoyés, tant d’avant que d’après sa résurrection. Les Douze représentent ici pour Matthieu les missionnaires de tous les temps.

Cette annonce de persécutions, à cause de sa tonalité “apocalyptique” et “eschatologique”, vaut ainsi donc pour tous les temps, considérés comme une seule période, depuis ce discours initial jusqu’au retour en gloire du Fils de l’homme (voir aussi 24, 9 - 14).

Toutes ces persécutions annoncées aux disciples correspondent à différents moments de la passion de Jésus : comme lui, ils seront livrés (26, 45), traduits devant les autorités (26, 59), flagellés (20, 19 et 27, 26), conduits devant les gouverneurs (26, 57 - 59 et 27, 11 - 26), trahis ou lachés par leurs proches (26, 47 - 56).

Leur sort sera celui de Jésus (10, 24 - 25), puisqu’ils sont chargés de la mission même de Jésus, dont ils doivent imiter les comportements.

4. Prolongement

Cela a continué après la résurrection de Jésus, et cela continue toujours à notre époque :

9 Car Dieu, ce me semble, nous a, nous les apôtres, exhibés au dernier rang, comme des condamnés à mort ; oui, nous avons été livrés en spectacle au monde, aux anges et aux hommes.

10 Nous sommes fous, nous, à cause du Christ, mais vous, vous êtes prudents dans le Christ ; nous sommes faibles, mais vous, vous êtes forts ; vous êtes à l’honneur, mais nous dans le mépris.

11 Jusqu’à l’heure présente, nous avons faim, nous avons soif, nous sommes nus, maltraités et errants ;

12 nous nous épuisons à travailler de nos mains. On nous insulte et nous bénissons ; on nous persécute et nous l’endurons ;

13 on nous calomnie et nous consolons. Nous sommes devenus comme l’ordure du monde, jusqu’à présent l’universel rebut.

4 Au contraire, nous nous recommandons en tout comme des ministres de Dieu : par une grande constance dans les tribulations, dans les détresses, dans les angoisses,

5 sous les coups, dans les prisons, dans les désordres, dans les fatigues, dans les veilles, dans les jeûnes ;

6 par la pureté, par la science, par la patience, par la bonté, par un esprit saint, par une charité sans feinte,

7 par la parole de vérité, par la puissance de Dieu ; par les armes offensives et défensives de la justice ;

8 dans l’honneur et l’ignominie, dans la mauvaise et la bonne réputation ; tenus pour imposteurs, et pourtant véridiques ;

9 pour gens obscurs, nous pourtant si connus ; pour gens qui vont mourir, et nous voilà vivants ; pour gens qu’on châtie, mais sans les mettre à mort ;

10 pour tristes, nous qui sommes toujours joyeux ; pour pauvres, nous qui faisons tant de riches ; pour gens qui n’ont rien, nous qui possédons tout.

13 Et qui vous ferait du mal, si vous devenez zélés pour le bien ?

14 Heureux d’ailleurs quand vous souffririez pour la justice ! N’ayez d’eux aucune crainte et ne soyez pas troublés.

15 Au contraire, sanctifiez dans vos cœurs le Seigneur Christ, toujours prêts à la défense contre quiconque vous demande raison de l’espérance qui est en vous.

16 Mais que ce soit avec douceur et respect, en possession d’une bonne conscience, afin que, sur le point même où l’on vous calomnie, soient confondus ceux qui décrient votre bonne conduite dans le Christ.

17 Car mieux vaudrait souffrir en faisant le bien, si telle était la volonté de Dieu, qu’en faisant le mal.

18 Le Christ lui-même est mort une fois pour les péchés, juste pour des injustes, afin de nous mener à Dieu. Mis à mort selon la chair, il a été vivifié selon l’esprit.

Prière

*Seigneur Jésus, tu as toujours été le témoin fidèle de la Vérité de Dieu, que tu n’as jamais sacrifiée pour te défendre ou te protéger, car telle était ta mission, de la révéler et de la traduire en toutes tes actions, dans l’obéissance totale à la volonté et aux désirs de Dieu ton Père : donne-moi de ne jamais douter de la force de ton Esprit Saint, qui me permettra de t’annoncer par ma foi vécue, sans hésitation, en proclamant ta Parole, et en me mettant au service de mes frères et soeurs, que j’essaye d’aimer comme tu m’as aimé. AMEN.

12.07.2002.*


La Bible commentée · Liturgie du jour