📘 Commentaire biblique de l’abbé Léon Hamain


Première lecture : Exode 3, 1-12

DU LIVRE DE L’EXODE

Texte

1 Moïse faisait paître le petit bétail de Jéthro, son beau-père, prêtre de Madiân ; il l’emmena par-delà le désert et parvint à la montagne de Dieu, l’Horeb.
2 L’Ange de Yahvé lui apparut, dans une flamme de feu, du milieu d’un buisson. Moïse regarda : le buisson était embrasé mais le buisson ne se consumait pas.
3 Moïse dit : ” Je vais faire un détour pour voir cet étrange spectacle, et pourquoi le buisson ne se consume pas. “
4 Yahvé vit qu’il faisait un détour pour voir, et Dieu l’appela du milieu du buisson. ” Moïse, Moïse ”, dit-il, et il répondit : ” Me voici. “
5 Il dit : ” N’approche pas d’ici, retire tes sandales de tes pieds car le lieu où tu te tiens est une terre sainte. “
6 Et il dit : ” Je suis le Dieu de tes pères, le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob. ” Alors Moïse se voila la face, car il craignait de fixer son regard sur Dieu.
7 Yahvé dit : ” J’ai vu, j’ai vu la misère de mon peuple qui est en Égypte. J’ai entendu son cri devant ses oppresseurs ; oui, je connais ses angoisses.
8 Je suis descendu pour le délivrer de la main des Égyptiens et le faire monter de cette terre vers une terre plantureuse et vaste, vers une terre qui ruisselle de lait et de miel, vers la demeure des Cananéens, des Hittites, des Amorites, des Perizzites, des Hivvites et des Jébuséens.
9 Maintenant, le cri des Israélites est venu jusqu’à moi, et j’ai vu l’oppression que font peser sur eux les Égyptiens.
10 Maintenant va, je t’envoie auprès de Pharaon, fais sortir d’Égypte mon peuple, les Israélites. “
11 Moïse dit à Dieu : ” Qui suis-je pour aller trouver Pharaon et faire sortir d’Égypte les Israélites ? “
12 Dieu dit : ” Je serai avec toi, et voici le signe qui te montrera que c’est moi qui t’ai envoyé. Quand tu feras sortir le peuple d’Égypte, vous servirez Dieu sur cette montagne.

Commentaire

1. Situation

Deuxième des 5 premiers livres de l’Ancien Testament rattachés à la tradition de Moïse, le Livre de l’Exode nous relate deux étapes de l’histoire d’Israël : - Les Hébreux esclaves se libèrent de la tutelle de Pharaon (1, 1 - 18, 27), - Le peuple d’Israël au Sinaï (19, 1 - 40, 38).

La 1ère partie nous montre d’abord les dangers que Pharaon fait courir au peuple d’Israël en Egypte (1, 1 - 2, 22), puis nous fait découvrir la nission que Dieu confie à Moise de faire sortir le peuple d’Egypte (2, 23 - 7, 7). Au nom du Seigneur, le Dieu d’Israël, Moïse va infliger les 10 plaies sur l’Egypte (7, 8 - 13, 16) puis conduire le peuple hors d’Egypte, en lui faisant traverser la mer des Roseaux dans laquelle sera détruite l’armée égyptienne (13, 17 - 15, 21).

Dans la 2nde partie, nous verrons comment, ayant ainsi vaincu ce Pharaon et libéré son peuple, Dieu va, au désert du Sinaï, confirmer Moïse comme le chef de son peuple, leur donner une Loi ou règle de vie, établir le signe et le lieu de sa présence au milieu d’eux, et les mettre en route, en dépit de leurs résistances et de leurs révoltes, vers la terre de Canaan (avec toute une série de séquences très détaillées : la conclusion de l’Alliance avec Dieu, qui donne les 10 commandements, les directives de Dieu concernant l’Arche, le culte et le sacerdoce, l’apostasie du peuple et le renouvellement de l’Alliance, la construction de la “Demeure”).

Mais, avant tous ces événements si importants, Moïse, serviteur de Dieu, aura anticipé dans sa propre histoire le déplacement du peuple, depuis l’Egypte jusqu’au Sinaï (chapitres 2 - 4). L’Exode (la sortie d’Egypte) va révéler Moïse grand serviteur de Dieu et le modèle à imiter pour les grandes figures bibliques qui le suivront : Josué, Jérémie, le 2nd Prophète Isaïe, et, pour nous, Jésus, qui nous sera présenté, entre autres figures, comme “le nouveau Moïse”. Partageant la souffrance du peuple, Moïse est en même temps proche de Dieu, et, par sa médiation, arrivera à maintenir le peuple en bons termes avec Yahvé son Dieu.


Moïse, né d’une famille de la tribu de Lévi, a été préservé de la mort par l’astuce de sa mère et la compassion de la fille de Pharaon, qui l’a adopté. Devenu adulte, il a pris conscience du dur esclavage de son peuple, et est allé jusqu’à tuer un Egyptien qui maltraitait un esclave Hébreu. En essayant d’intervenir en arbitre auprès des siens, il découvre que son meurtre de l’Egyptien a été découvert et doit donc s’enfuir hors d’Egypte, au pays de Madian, près du Sinaï, pour éviter les poursuites. (2, 1 - 21).

C’est là que nous le retouvons, après avoir appris la mort de Pharaon et son remplacement par un successeur, et l’entrée en scène de Dieu, qui se souvient de son peuple qui gémit dans sa servitude. Dieu est ainsi nommé 5 fois en 3 versets (2, 23 - 25). Il va désormais intervenir pour faire avancer la réalisation de la promesse et de l’alliance conclues avec les ancêtres d’Israël.

2. Message

Dans les chapitres 1 et 2 de ce Livre de l’Exode, Pharaon tenait la place de Dieu face au peuple d’Israël, cherchant à annuler les promesses anciennes, d’abord, d’une descendance nombreuse (par les travaux forcés et la mise à mort des enfants mâles des Hébreux), et, ensuite, de la possession d’une terre, en refusant qu’ils quittent l’Egypte (1, 10) pour aller s’installer ailleurs.

Un conflit va donc éclater et se développer entre Dieu et ses serviteurs (Moïse et Aaron), d’une part, et Pharaon et ses magiciens,d’autre part. La question est de savoir qui va conduire et être le maîtrre des Hébreux. Comme Pharaon est le maître en terre d’Egypte, il va falloir que le peuple Hébreu sorte de ce pays pour servir Yahvé son Dieu, d’abord au Sinaï, puis en terre promise de Canaan.

Dieu se manifeste donc à Moïse, qui garde les troupeaux de son beau-père Jéthro, prêtre de Madian, aux confins de l’Horeb (le Sinaï). A cet endroit, appelé la Montagne de Dieu, Dieu lui apparaît. Le buisson qui brûle sans se consumer est le lieu d’où sort la voix de Dieu qui interpelle Moïse. Ce dernier reconnaît la sainteté du lieu, s’entend effectivement appelé par son nom, et rencontre ainsi le Dieu de ses pères, qui, d’ailleurs, se présente comme tel (3, 1 - 6).

Les versets 7 et 8 sont doublés par les versets 8 et 9, qui viennent sans doute d’une autre source. Dieu précise qu’il intervient parce qu’il a vu et entendu la souffrance et le cri de son peuple opprimé (2, 23 - 25). Il a donc décidé de le faire sortir d’Egypte, en se servant de Moïse.

Moïse résiste à l’appel de Dieu, qui, cependant, lui promet d’être avec lui, et lui donne comme signe l’annonce que le peuple, une fois libéré de la servitude Egyptienne, viendra servir Dieu et le vénérer en ce lieu même de la Montagne du Sinaï.

3. Decouvertes

Comme beaucoup d’autres hommes appelés par Dieu dans la suite de l’histoire d’Israël, par exemple Gédéon (Juges, 6), ou Jérémie (Jérémie, 1, 4 -10), Moïse a du mal à se laisser convaincre par Dieu pour son envoi en mission. Il va présenter 4 objections dans les versets qui suivent notre texte de ce jour, objections qui devront être surmontées par des signes et un dialogue avec Dieu (3, 9 - 12; 3, 13 - 22; 4, 1 - 9; 4, 10 - 17).

La réponse de Dieu à Moise, au verset 12 qui conclut notre page, n’est pas sans ambiguïté. Dans les autres appels de serviteurs de Dieu tout au long de l’histoire d’Israël, par exemple celui de Gédéon, pour le citer de nouveau (Juges, 6, 36 - 40), un signe venant de Dieu est donné avant que se réalise la mission annoncée par Dieu, et il s’agit alors d’un encouragement à accomplir la mission confiée.

Ici, au verset 12 de notre page, et cela est unique dans toute la Bible, le signe ne sera manifesté qu’une fois la mission accomplie, pour la valider après coup: “Vous rendrez un culte à Dieu sur cette montagne”.

Peut-être l’annonce par Dieu qu’il sera avec Moïse (3, 12a), cette proximité clairement promise, est-elle un signe, mais cela ressemble plutôt à une promesse explicite. De fait, Dieu sera partout avec Moïse et lui permettra d’accomplir en son nom prodiges et miracles. Mais il nous faut noter que, pour le moment, Moïse ne reçoit aucun signe avant le début de sa mission.

4. Prolongement

Dieu choque, surprend, appelle, envoie. Dans le cas de l’appel à devenir disciple du Christ, manifesté à tout chrétien conscient des enjeux de sa foi en Jésus, il y a, ou il y a eu, un ou plusieurs temps ou moments forts qui déclenchent un “tournant” dans l’existence, où l’on assume sa vie comme étant désormais une vie “pour un autre”, à qui l’on répond.

Ecoutons ce que Paul nous transmet de sa “relecture” de sa rencontre de Jésus ressuscité qui l’a terrassé sur le chemin de Damas :

15 Mais quand Celui qui dès le sein maternel m’a mis à part et appelé par sa grâce daigna

16 révéler en moi son Fils pour que je l’annonce parmi les païens, aussitôt, sans consulter la chair et le sang,

17 sans monter à Jérusalem trouver les apôtres mes prédécesseurs, je m’en allai en Arabie, puis je revins encore à Damas.

Face à cet appel que Jésus nous fait, de vivre pour lui et de marcher avec lui, nous avons à resituer tous nos projets, toutes nos relations, car son exigence est grande, si grande même que seule la foi, don de l’Esprit, nous rend capables d’y répondre (Marc, 8, 34 - 38; Matthieu, 10, 37 - 39).

Prière

*Seigneur Jésus, de même que Dieu a rejoint Moïse pour l’appeler au service de son dessein, de même que tu es allé chercher Saül-Paul, le persécuteur de tes disciples, en le terrassant avant de le constituer ton témoin privilégié auprès de ceux qui ne croyaient pas au Dieu unique, ainsi inscris-tu ton appel à chacun de nous au coeur des circonstances que nous traversons, dans la mesure où nous croyons, selon ta Parole, que, Ressuscité des morts, tu es “avec-nous” tous les jours jusqu’à la consommation de siècles : aide-moi à ne jamais douter, si peu que ce soit, que tu m’es toujours proche, et que ton appel à te suivre se module et s’adapte à toutes les situations que je rencontre, et qu’il m’est possible de l’entendre et d’y répondre chaque fois que je relis mon existence concrète, dans la foi, à la Lumière de ta Parole. AMEN.

16.07.2003.*

Évangile : Matthieu 11, 25-30

DE L’EVANGILE DE MATTHIEU

Texte

25 En ce temps-là Jésus prit la parole et dit : ” Je te bénis, Père, Seigneur du ciel et de la terre, d’avoir caché cela aux sages et aux intelligents et de l’avoir révélé aux tout-petits.
26 Oui, Père, car tel a été ton bon plaisir.
27 Tout m’a été remis par mon Père, et nul ne connaît le Fils si ce n’est le Père, et nul ne connaît le Père si ce n’est le Fils, et celui à qui le Fils veut bien le révéler.
28 ” Venez à moi, vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau, et moi je vous soulagerai.
29 Chargez-vous de mon joug et mettez-vous à mon école, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez soulagement pour vos âmes.
30 Oui, mon joug est aisé et mon fardeau léger. “

Commentaire

1. Situation

Cet Evangile, qui porte le nom de Matthieu, trouve peut-être sa première source dans une collection de paroles de Jésus, écrites en Araméen et attribuées à l’apôtre Matthieu, par un Père de l’Eglise, Papias d’Alexandrie, vers 125.

Cet Evangile, qui reprend beaucoup de passages de l’Evangile de Marc (qui avait été écrit vers 65), mais en y ajoutant des éléments qu’il partage en grande partie avec Luc, a été très probablement rédigé entre les années 85 et 90.

A parcourir tout ce Livre, on peut se demander s’il a été composé pour des chrétiens d’origine Juive (Judéochrétiens), ou pour des chrétiens d’origine païenne, ou encore pour les deux. La position communément admise de nos jours est qu’il a été écrit pour une communauté Judéochrétienne qui s’est trouvée exclue du Judaïsme, suite à une décision par des rabbins Juifs non chrétiens de ne plus tolérer la double appartenance, à la fois Juive et chrétienne, de ces Judéochrétiens, qui avait été possible jusqu’à cette date. Rupture qui explique la dureté des propos mis dans la bouche de Jésus contre les Scribes et Pharisiens de son temps (Matth. chapitre 23).

Néanmoins, même s’il a été d’abord écrit pour confirmer une communauté Judéochrétienne dans sa découverte de la Bonne Nouvelle de Jésus, cet Evangile est ouvert également à la mission universelle auprès des païens, et il se termine par un envoi en mission par le Christ ressuscité, avec ces paroles : “allez, de toutes les nations, faites des disciples” (28, 18).

On peut diviser cet Evangile en 11 parties, qui se répondent en sens inverse (la 1ère correspondant à la dernière, la 2ème, à l’avant-dernière, etc…), concentrées autour de la 6ème partie, le “Discours en paraboles”, qui sert en quelque sorte de “pivot”. Nous obtenons ainsi le découpage suivant :

  • Naissance de Jésus et commencement de sa mission (1 - 4)
  • Bénédictions et Discours sur la montagne (5 - 7)
  • Manifestations de l’autorité de Jésus et de ses appels (8 - 9)
  • Discours sur la mission (10)
  • Jésus rejeté par “cette génération” (11 - 12 )
  • Discours en paraboles (13)
  • Jésus reconnu par ses disciples (14 - 17)
  • Discours sur la manière de vivre en communauté de croyants (18)
  • De nouveau, Jésus manifeste son autorité et ses appels (19 - 22)
  • Proclamation de situations malheureuses et Discours sur la venue définitive du Royaume (23 - 24)
  • Passion, mort et résurrection (26 - 28)

Cette présentation fait ressortir que cet Evangile est bien rythmé par 5 grands discours de Jésus, dans lesquels l’auteur a concentré la majeure partie de son enseignement. Les 5 discours ont souvent fait penser aux 5 livres de Moïse de l’Ancien Testament. On dit volontiers que, pour Matthieu, Jésus est le “Nouveau Moïse”.


Le deuxième discours de Jésus, portant sur la mission apostolique, une fois terminé, Matthieu nous donne un nouveau compte-rendu d’activités et paroles de Jésus (11, 1 - 12, 50).

Le thème global de cette partie intermédiaire entre les 2ème et 3ème discours de Jésus est la découverte que fait Jésus qu’il est plus ou moins rejeté par ses contemporains, et sa réaction à cet état de fait. C’est dire qu’il se trouve affronté à des refus de croire et des contestations grandissantes.

Jésus vient tout juste de répondre à la question que Jean Baptiste lui pose depuis sa prison en lui envoyant quelques disciples l’interroger. Jésus a poursuivi en faisant l’éloge de Jean Baptiste, tout en concluant que le plus petit dans le Royaume des cieux est plus grand que lui, et en ajoutant, en présentant la parabole des gamins mauvais joueurs sur la place, que la “génération présente” n’ a su accueillir ni Jean Baptiste, ni lui-même, Jésus.

Bien que Jésus agisse autrement que l’avait, semble-t-il, prévu Jean Baptiste, en insistant davantage sur la miséricorde que sur le jugement de Dieu qui purifie son “aire”, et bien qu’il prenne ainsi ses distances par rapport à Jean en signalant que les prédictions des prophètes de l’Ancien Testament sont accomplies par lui, il ne s’en daclare pas moins tout-à-fait solidaire de Jean Baptiste et de sa mission.

2. Message

Cette page fait suite à une réponse que Jésus vient de donner aux envoyés de Jean Baptiste, qui s’interroge sur son comportement, déroutant de miséricorde, de dépassement de la Loi, et d’une idée traditionnelle de la justice de Dieu.

Jésus, en trois temps, nous situe face à la révélation extraordinaire qu’il nous apporte de Dieu :

  • Dans sa prière il loue le Père et lui rend grâces d’avoir caché son mystère aux puissants et de l’avoir révélé aux pauvres de cœur.
  • Ensuite, il nous résume le contenu de ce mystère qu’il révèle et qui est la relation du Père à Jésus, et réciproquement, ce qui fait que Jésus est le seul authentique révélateur du Père.
  • Enfin, il nous invite, en allant à lui, à entrer toujours plus dans cette révélation, qui est toute de douceur, de paix, de repos (Hébreux, 4, 1 - 13) et proposition d’une exigence très réduite en quantité, mais de dimension infinie en qualité, dans la mesure où nous laissons la grâce de l’Esprit Saint l’assumer en nous.

3. Decouvertes

Dans ce message, Jésus continue d’accomplir tout le message qui s’est développé tout au long de l’Ancien Testament : Nouveau Moïse, il va beaucoup plus loin dans la connaissance et l’intimité de Dieu, qui était déjà remarquable (voir Exode 33, 12 - 14).

En effet, lui seul a vu Dieu et nous le fait connaître (Jean, 1, 1 - 18).

De plus il accomplit les prophètes, par exemple, Zacharie, 9, 9 - 10.

Egalement, il est en plénitude la Sagesse de Dieu, qui, dans le livre des Proverbes (8, 32 - 9, 6 : à relire), et, surtout, en Siracide 51, 1 - 30 (à relire également avec notre page), nous offrait cette richesse d’une manière de vivre selon Dieu.

4. Prolongement

Pour nous, 2 séries de questions :

A. Venant de chaque partie de cette page : sommes-nous assez ” pauvres ” pour accueillir cette révélation de Dieu en Jésus ? Jésus est-il vraiment pour nous ” LA REVELATION ” totale de Dieu, qui contient tout, ? Est-ce que nous retournons sans cesse, au delà de toutes nos méditations, à la contemplation de son mystère qui se déploie dans les évangiles, et que les autres textes du NT nous approfondissent ? Serions saturés de lui, alors que sans cesse il nous invite à jeter de nouveau notre existence en lui pour avoir la plénitude de vie ?

B. Venant de l’accomplissement : rencontrer ainsi Jésus, est-ce que cela unifie totalement notre existence et notre histoire en toutes ses expressions de paroles, de gestes, et d’engagements ? Notre dialogue contemplatif avec Jésus, en sa présence permanente, et en nos moments de silence face à lui, est-il le ” sommet ” de toute notre activité de chaque jour ? Cette démarche nous ” accomplit ” - elle réellement ? Notre vie serait-elle encore ” compartimentée ”, et donc divisée ?

Prière

*Seigneur Jésus, toi seul nous as révélé le secret de Dieu, ton Père, que nul, sinon toi, n’a jamais vu, et tu nous invites à nous rapprocher encore davantage de toi, pour découvrir l’accueil plein de douceur, d’humilité et de miséricorde, que le Père nous offre à travers toi, dans l’accomplissement de son projet de salut : aide-moi à ne plus compter sur moi, à devenir pauvre et petit, pour mieux recevoir le mystère de la révélation plénière de Dieu que tu nous apportes, et pour le connaître davantage, en me laissant prendre en charge totalement par toi, dans le don de ton Esprit Saint. AMEN.

  1. 07.2002.*

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