📘 Commentaire biblique de l’abbé Léon Hamain


Première lecture : Exode 12, 37-42

DU LIVRE DE L’EXODE

Texte

37 Les Israélites partirent de Ramsès en direction de Sukkot au nombre de près de six cent mille hommes de pied - rien que les hommes, sans compter leur famille.
38 Une foule mêlée monta avec eux, ainsi que du petit et du gros bétail, formant d’immenses troupeaux.
39 Ils firent cuire la pâte qu’ils avaient emportée d’Égypte en galettes non levées, car la pâte n’était pas levée : chassés d’Égypte, ils n’avaient pu s’attarder ni se préparer des provisions de route.
40 Le séjour des Israélites en Égypte avait duré quatre cent trente ans.
41 Le jour même où prenaient fin les quatre cent trente ans, toutes les armées de Yahvé sortirent du pays d’Égypte.
42 Cette nuit durant laquelle Yahvé a veillé pour les faire sortir d’Égypte doit être pour tous les Israélites une veille pour Yahvé, pour leurs générations.

Commentaire

1. Situation

Deuxième des 5 premiers livres de l’Ancien Testament rattachés à la tradition de Moïse, le Livre de l’Exode nous relate deux étapes de l’histoire d’Israël : - Les Hébreux esclaves se libèrent de la tutelle de Pharaon (1, 1 - 18, 27), - Le peuple d’Israël au Sinaï (19, 1 - 40, 38).

La 1ère partie nous montre d’abord les dangers que Pharaon fait courir au peuple d’Israël en Egypte (1, 1 - 2, 22), puis nous fait découvrir la nission que Dieu confie à Moise de faire sortir le peuple d’Egypte (2, 23 - 7, 7). Au nom du Seigneur, le Dieu d’Israël, Moïse va infliger les 10 plaies sur l’Egypte (7, 8 - 13, 16) puis conduire le peuple hors d’Egypte, en lui faisant traverser la mer des Roseaux dans laquelle sera détruite l’armée égyptienne (13, 17 - 15, 21).

Dans la 2nde partie, nous verrons comment, ayant ainsi vaincu ce Pharaon et libéré son peuple, Dieu va, au désert du Sinaï, confirmer Moïse comme le chef de son peuple, leur donner une Loi ou règle de vie, établir le signe et le lieu de sa présence au milieu d’eux, et les mettre en route, en dépit de leurs résistances et de leurs révoltes, vers la terre de Canaan (avec toute une série de séquences très détaillées : la conclusion de l’Alliance avec Dieu, qui donne les 10 commandements, les directives de Dieu concernant l’Arche, le culte et le sacerdoce, l’apostasie du peuple et le renouvellement de l’Alliance, la construction de la “Demeure”).

Mais, avant tous ces événements si importants, Moïse, serviteur de Dieu, aura anticipé dans sa propre histoire le déplacement du peuple, depuis l’Egypte jusqu’au Sinaï (chapitres 2 - 4). L’Exode (la sortie d’Egypte) va révéler Moïse grand serviteur de Dieu et le modèle à imiter pour les grandes figures bibliques qui le suivront : Josué, Jérémie, le 2nd Prophète Isaïe, et, pour nous, Jésus, qui nous sera présenté, entre autres figures, comme “le nouveau Moïse”. Partageant la souffrance du peuple, Moïse est en même temps proche de Dieu, et, par sa médiation, arrivera à maintenir le peuple en bons termes avec Yahvé son Dieu.


Nos lectures liturgiques du livre de l’Exode font de sérieuses coupures à travers ce livre.

Depuis le temps où Dieu a entendu les clameurs de son peuple opprimé (2, 23 - 25), et où il a appelé Moïse, berger au Sinaï, pour lui confier la mission de faire sortir son peuple d’Egypte et de le ramener au Sinaï, première étape avant son entrée dans la terre promise de Canaan (3, 1 - 4, 13), Moïse est donc reparti vers l’Egypte, y a rencontré Aaron et les Anciens d’Israël, a eu une première entrevue avec Pharaon (4, 18 - 6, I), et, devant le refus, maintes fois confirmé, de ce dernier, de laisser partir le peuple selon l’ordre de Dieu, a frappé l’Egypte de 9 grandes épreuves ou “plaies”, au nom du Seigneur (6, 2 - 10, 29).

Nous en sommes maintenant à la phase finale de ce combat entre Dieu et ses représentants, Moïse et Aaron, d’une part, et Pharaon, ses dignitaires et ses magiciens, d’autre part (11, 1 -13, 1). Dès le verset 1 de ce chapitre 11, Dieu fait savoir à Moïse que, cette fois, après l’épreuve de la 10ème et dernière plaie (la mort de tous les premiers-nés des Egyptiens), Pharaon laissera enfin partir le peuple d’Israël, ce que nous voyons s’accomplir en notre passage.

2. Message

Suite au fléau de la mort des premiers-nés des Egyptens en cette nuit de la Pâque libératrice d’Israël, Pharaon, pris de panique, cède aux demandes répétées de Moïse de laisser les Israélites quitter l’Egypte.

Ce passage suggère l’importance et l’ampleur de ce déplacement d’un peuple entier quittant définitivement, avec tous leurs troupeaux et possessions, une terre d’escalvage.

La hâte de ce départ immédiat, précipité, qu’on leur impose finalement, est telle que la pâte pétrie de leurs mains n’a pas eu lt temps de lever et qu’ils doivent se contenter de galettes grillées sans levain. Et par ce détail nous est expliquée la pratique des pains azymes dans les communautés Israélites durant leur célébration de la semaine de la Pâque Juive.

Ce passage nous donne en résumé non seulement l’importance quasi gigantesque de la croissance du peuple des descendants d’Abraham, en vertu de la promesse que Dieu lui avait faite d’une descendance aussi nombreuse que les étoiles du ciel, mais égalemnt de la longue durée de la présence des Hébreux en terre d’Egypte, où ils furent finalement asservis.

La dernière phrase de notre page nous rappelle le message essentiel de tout ce Livre de l’Exode : c’est Dieu qui a réalisé la libération de son peuple : c’est là son oeuvre, dont il a veillé sur l’accomplissement jusque dans le moindre détail.

3. Decouvertes

Ces récits de l’Exode concernant la Pâque et la sortie d’Egypte ne sont pas seulement une relation de cette suite d’événements fondateurs d’Israël comme peuple, mais un compte-rendu, donné à leurs contemporains et lecteurs par les auteurs de ce Livre, d’événements jugès si importants qu’ils doivent être célébrés, et ainsi revécus symboliquement par toutes les générations et à toutes les époques de la vie d’Israël.

D’où le “style” différent de la dernière phrase de notre page, comme de toutes les phrases détaillant les rituels des célébrations pascales de l’avenir.

L’évaluation donnée par notre page de 600.000 hommes ayant ainsi quitté l’Egypte, sans compter les femmes et les enfants, semble historiquement impossible, même si elle est reprise dans les recensements des chapitres 1 et 26 du Livre des Nombres. On a remarqué souvent la tendance à une grande exagération de la part de ceux qui relatent de tels “grands” événements.

Beaucoup de spécialistes estiment en effet que quelques tribus seulement, et non pas les Douze tribus d’Israël, ni la foule immense que nous rapporte la Bible, seraient sorties d’Egypte et auraient pénétré ensuite avec Josué en terre de Canaan.

La mention des 430 années de séjour des Hébreux en terre d’Egypte est considérée par beaucoup comme une donnée tardive de ce récit, c’est-à-dire provenant d’une tradition plus récente, encore qu’elle se situerait bien dans certains calendriers Juifs de l’histoire du monde.

4. Prolongement

Pour nous, cet Exode est le commencement d’un processus de libération qui ne s’est achevé que dans l’Exode défintif accompli et vécu par Jésus Christ en sa Pâque, c’est-à-dire son “Heure” de passage au Père en sa mort-résurrection-ascension, comme le mentionne bien l’épisode de la Transfiguration tel que nous le rapporte Luc :

29 Et il advint, comme il priait, que l’aspect de son visage devint autre, et son vêtement, d’une blancheur fulgurante.

30 Et voici que deux hommes s’entretenaient avec lui : c’étaient Moïse et Élie

31 qui, apparus en gloire, parlaient de son exode, qu’il allait accomplir à Jérusalem.

Paul, de son côté, nous indique comment il nous conseille de relire ces événements du Livre de l’Exode, en nous y situant aujourd’hui :

1 Car je ne veux pas que vous l’ignoriez, frères : nos pères ont tous été sous la nuée, tous ont passé à travers la mer,

2 tous ont été baptisés en Moïse dans la nuée et dans la mer,

3 tous ont mangé le même aliment spirituel

4 et tous ont bu le même breuvage spirituel - ils buvaient en effet à un rocher spirituel qui les accompagnait, et ce rocher c’était le Christ.

5 Cependant, ce n’est pas le plus grand nombre d’entre eux qui plut à Dieu, puisque leurs corps jonchèrent le désert.

6 Ces faits se sont produits pour nous servir d’exemples, pour que nous n’ayons pas de convoitises mauvaises, comme ils en eurent eux-mêmes.

7 Ne devenez pas idolâtres comme certains d’entre eux, dont il est écrit : Le peuple s’assit pour manger et boire, puis ils se levèrent pour s’amuser.

8 Et ne forniquons pas, comme le firent certains d’entre eux ; et il en tomba vingt-trois milliers en un seul jour.

9 Ne tentons pas non plus le Seigneur, comme le firent certains d’entre eux ; et ils périrent par les serpents.

10 Et ne murmurez pas, comme le firent certains d’entre eux ; et ils périrent par l’Exterminateur.

11 Cela leur arrivait pour servir d’exemple, et a été écrit pour notre instruction à nous qui touchons à la fin des temps.

Il nous invite également, à plusieurs rreprises, à en tirer les conséquences pour notre existence totalement renouvelée en Jésus Christ ressuscité et le don qu’il nous a fait de l’Esprit Saint que le Père nous envoie :

17 Si donc quelqu’un est dans le Christ, c’est une création nouvelle : l’être ancien a disparu, un être nouveau est là.

1 C’est pour que nous restions libres que le Christ nous a libérés. Donc tenez bon et ne vous remettez pas sous le joug de l’esclavage. …

13 Vous en effet, mes frères, vous avez été appelés à la liberté ; seulement, que cette liberté ne se tourne pas en prétexte pour la chair ; mais par la charité mettez-vous au service les uns des autres.

Prière

*Seigneur Jésus, l’événement unique et défintif du salut de Dieu, effectué une fois our toutes, en ta passion-mort-résurrection-ascension-don de l’Esprit, tu nous l’as communiqué par ton Esprit Saint quand nous avons été plongés en cet événement, comme en une seconde naissance, lors de notre baptême en la communauté de tes disciples, et tu nous invites ainsi à relire tout le cheminement du salut de Dieu offert à l’humanité, tout au long de l’histoire de nos Pères en Israël, comme déjà notre propre histoire à convertir et transformer dans le mystère de ta présence aujourd’hui à nos côtés selon ta Parole : aide-moi à mieux comprendre et accepter qu’un “Autre”, c’est-à-dire Dieu ton Père et notre Père, guide par toi ma vie, ainsi que celle de tous les humains qu’il appelle à partager sa gloire, et que tu me demandes, avec tous ceux qui t’ont reconnu comme leur seul “Sauveur”, de témoigner de ton message, de ton action, et de ta proximité, au coeur de notre existence. AMEN.

19.07.2003.*

Évangile : Matthieu 12, 14-21

DE L’EVANGILE DE MATTHIEU

Texte

14 Étant sortis, les Pharisiens tinrent conseil contre lui, en vue de le perdre.
15 L’ayant su, Jésus se retira de là. Beaucoup le suivirent et il les guérit tous
16 et il leur enjoignit de ne pas le faire connaître,
17 pour que s’accomplît l’oracle d’Isaïe le prophète :
18 Voici mon Serviteur que j’ai choisi, mon Bien-aimé qui a toute ma faveur. Je placerai sur lui mon Esprit et il annoncera le Droit aux nations.
19 Il ne fera point de querelles ni de cris et nul n’entendra sa voix sur les grands chemins.
20 Le roseau froissé, il ne le brisera pas, et la mèche fumante, il ne l’éteindra pas, jusqu’à ce qu’il ait mené le Droit au triomphe :
21 en son nom les nations mettront leur espérance.

Commentaire

1. Situation

Cet Evangile, qui porte le nom de Matthieu, trouve peut-être sa première source dans une collection de paroles de Jésus, écrites en Araméen et attribuées à l’apôtre Matthieu, par un Père de l’Eglise, Papias d’Alexandrie, vers 125.

Cet Evangile, qui reprend beaucoup de passages de l’Evangile de Marc (qui avait été écrit vers 65), mais en y ajoutant des éléments qu’il partage en grande partie avec Luc, a été très probablement rédigé entre les années 85 et 90.

A parcourir tout ce Livre, on peut se demander s’il a été composé pour des chrétiens d’origine Juive (Judéochrétiens), ou pour des chrétiens d’origine païenne, ou encore pour les deux. La position communément admise de nos jours est qu’il a été écrit pour une communauté Judéochrétienne qui s’est trouvée exclue du Judaïsme, suite à une décision par des rabbins Juifs non chrétiens de ne plus tolérer la double appartenance, à la fois Juive et chrétienne, de ces Judéochrétiens, qui avait été possible jusqu’à cette date. Rupture qui explique la dureté des propos mis dans la bouche de Jésus contre les Scribes et Pharisiens de son temps (Matth. chapitre 23).

Néanmoins, même s’il a été d’abord écrit pour confirmer une communauté Judéochrétienne dans sa découverte de la Bonne Nouvelle de Jésus, cet Evangile est ouvert également à la mission universelle auprès des païens, et il se termine par un envoi en mission par le Christ ressuscité, avec ces paroles : “allez, de toutes les nations, faites des disciples” (28, 18).

On peut diviser cet Evangile en 11 parties, qui se répondent en sens inverse (la 1ère correspondant à la dernière, la 2ème, à l’avant-dernière, etc…), concentrées autour de la 6ème partie, le “Discours en paraboles”, qui sert en quelque sorte de “pivot”. Nous obtenons ainsi le découpage suivant :

  • Naissance de Jésus et commencement de sa mission (1 - 4)
  • Bénédictions et Discours sur la montagne (5 - 7)
  • Manifestations de l’autorité de Jésus et de ses appels (8 - 9)
  • Discours sur la mission (10)
  • Jésus rejeté par “cette génération” (11 - 12 )
  • Discours en paraboles (13)
  • Jésus reconnu par ses disciples (14 - 17)
  • Discours sur la manière de vivre en communauté de croyants (18)
  • De nouveau, Jésus manifeste son autorité et ses appels (19 - 22)
  • Proclamation de situations malheureuses et Discours sur la venue définitive du Royaume (23 - 24)
  • Passion, mort et résurrection (26 - 28)

Cette présentation fait ressortir que cet Evangile est bien rythmé par 5 grands discours de Jésus, dans lesquels l’auteur a concentré la majeure partie de son enseignement. Les 5 discours ont souvent fait penser aux 5 livres de Moïse de l’Ancien Testament. On dit volontiers que, pour Matthieu, Jésus est le “Nouveau Moïse”.


. Entre les 2ème et 3ème grands discours de Jésus (discours missionnaire et discours parabolique), nous assistons au rejet progressif de Jésus par les gens de sa génération (11, 1 - 12, 50). Jésus a dû, pour commencer, répondre à une question de Jean Baptiste semblant mettre en doute sa mission, puis il a constaté, en se lamentant, que les villes du Lac de Galilée ne s’étaient pas ralliées à lui en se convertissant, en dépit des nombreux miracles qu’il avait accomplis chez elles.

Voici qu’il vient d’être fortement critiqué par des Pharisiens pour avoir laissé ses disciples arracher quelques épis de blé un jour de sabbat, et pour avoir abordé de front, avec eux, à la synagogue, la question de la possibilité, selon la Loi, de guérir un homme à la main désséchée un jour de sabbat (12, 1 -14). En ces deux occasions, il a défendu son action avec une très forte argumentation, allant jusqu’à se déclarant “Maître du sabbat” en tant que “Fils de l’homme”. Attitude qui suffit largement pour que ses adversaires se mettent à comploter sa mort.

2. Message

En guérissant l’homme à la main désséchée, après avoir répondu à ceux qui l’interrogeaient sur la possibilité d’effectuer pareille guérison le jour du sabbat (12, 9 - 14), Jésus démontre que son interprétation “humanitaire” du sabbat (le bien à faire à une personne passe avant l’obligation légale de ne rien faire le jour du sabbat) est garantie par Dieu, qui lui donne la capacité et la puissance de réaliser de telles guérisons.

Jésus, en ce cas, ne s’est pas opposé à la Loi, mais il l’a interprétée, de façon qui semble révolutionnaire à ses adversaires, en proclamant qu’il est toujours permis de “faire le bien” le jour du sabbat, soulignant ainsi la priorité du service de l’homme sur la Loi (12, 12).

Cela rapporté, Matthieu résume les activités de guérisons miséricordieuses de Jésus sous l’image du “Serviteur de Dieu”. Face à ses adversaires, qui déjà l’accusent et le menacent de mort, Jésus, d’une certaine façon, bat en retraire, et s’il continue de guérir et d’agir en vérité, c’est dans la discrétion, car il ne cherche pas à rendre publique son identité.

Selon une pratique manifestée tout au long de son Evangile, Matthieu nous indique ici qu’un grand texte de l’ Ancien Testament est accompli dans cette attitude de Jésus qui cherche à demeurer discret. Il s’agit ici du 1er poème du Serviteur que l’on trouve dans ce qu’on appelle le 2ème Livre du Prophète Isaïe (42, 1 - 4).

Ce poème nous montre à quel point *Dieu aime son Serviteur”, qui est rempli de l’Esprit, et qui se penche avec douceur sur tous ceux qui sont faibles, découragés, blessés. Sa mission est marquée du sceau de l’espérance et de la victoire, et se situe dans la perspective d’une ouverture à toutes les nations.

3. Decouvertes

Les 4 chants du Serviteur dans le 2ème Livre du Prophète Isaïe, visent Celui qu’on a appelé souvent le “Serviteur Souffrant”. Cependant, les 2 premiers poèmes ou chants (42, 1 - 4, et 49, 1 - 6) insistent sur l’obéissance, la docilité et l’humilité du Serviteur, qui devient le modèle du témoin, puis du martyre jusqu’à la mort, dans les 3ème et 4ème chants (50, 4 - 9; 52, 13 - 53, 12).

Matthieu cite ici le premier de ces 4 poèmes, à partir d’un texte qui n’est repris ni de la version courante de l’Hébreu, ni de la traduction grecque des Septante, alors en vigueur.

Parmi les autres citations de l’ Ancien Testament déclarées, dans l’Evangile de Matthieu , comme accomplies par Jésus en telle ou telle circonstance ou tel ou tel comportement, citons celle de l’Emmanuel, véritable Nom de “Dieu avec nous” attribué pleinement à Jésus (Matthieu, 1, 22 et Isaïe, 7, 14), celle interprétant le début de la mission publique de Jésus en Galilée comme la grande lumière qui jaillit au milieu du peuple, accomplissant ainsi la belle prophétie messianique d’Isaïe 8, 23 - 9, 1 (Matthieu, 4, 13 - 16), ou encore celle expliquant les guérisons effectuées par Jésus par l’image du Serviteur Souffrant”, prenant sur lui toutes nos misères (Matthieu, 8, 16 - 17 et Isaïe, 53, 4).

4. Prolongement

Si Jésus a été véritablement le Messie-Roi attendu par Israël, selon la grande tradition du messianisme royal et des psaumes qui l’explicitent (Psaumes 2 et 110, entre autres), c’est seulement lors de son procès, lorsqu’il est le prisonnier interrogé par Pilate, qu’il se déclare “Roi”, mais d’un Royaume qui n’est pas de ce monde (Jean, 18, 33 - 37).

Il expliquera son destin de Messie, une fois ressuscité, en faisant appel à la tradition du Serviteur Souffrant d’Isaïe, en Luc, 24, 26 - 27 et 46 - 48, message que reprendront à leur tour les premiers prédicateurs de l’Eglise primitive, née de la Pentecôte (Actes, 8, 30 - 31).

Relisons le grand et beau poème sur l’obéissance totale et absolue de Jésus en Philippiens, 2, 6 - 11, ainsi que les déclarations de Jésus, assurant qu’il ne cherche en ce monde qu’à réaliser la volonté du Père qui l’a envoyé, comme un authentique service (Jean 5, 30, entre autres citations possibles).

Cette attitude de Jésus doit désormais être la nôtre, à nous, qui sommes appelés à reproduire son image (Romans, 8, 28 - 30), ainsi qu’à reprendre son comportement (Philippiens, 2, 1 - 11, et surtout ici, précisément, 2, 1 - 5).

Prière

*Seigneur Jésus, tu nous as révélé ta capacité unique de te comporter à la fois en toute vérité ainsi que dans la discrétion et l’humilité de celui qui nous laisse toute la liberté de le suivre ou non, et bien que tu aies refusé toute ambiguïté concernant ta mission, tu as agi constamment dans le respect de tous : maintiens en mon coeur ce sens de la vérité à toujours faire davantage dans la lumière, sans jamais renoncer à être “miséricordieux comme notre Père est miséricordieux”, selon ce que tu nous as fait connaître, et ce que tu as vécu humainement, du mystère de Dieu qui t’habitait sur notre terre. AMEN.

19.07.2003.*


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