📘 Commentaire biblique de l’abbé Léon Hamain
Première lecture : Exode 14, 1-31
DU LIVRE DE L’EXODE
Texte
21 Moïse étendit la main sur la mer, et Yahvé refoula la mer toute la nuit par un fort vent d’est ; il la mit à sec et toutes les eaux se fendirent.
22 Les Israélites pénétrèrent à pied sec au milieu de la mer, et les eaux leur formaient une muraille à droite et à gauche.
23 Les Égyptiens les poursuivirent, et tous les chevaux de Pharaon, ses chars et ses cavaliers pénétrèrent à leur suite au milieu de la mer.
24 A la veille du matin, Yahvé regarda de la colonne de feu et de nuée vers le camp des Égyptiens, et jeta la confusion vers le camp des Égyptiens.
25 Il enraya les roues de leurs chars qui n’avançaient plus qu’à grand-peine. Les Égyptiens dirent : ” Fuyons devant Israël car Yahvé combat avec eux contre les Égyptiens !“
26 Yahvé dit à Moïse : ” Étends ta main sur la mer, que les eaux refluent sur les Égyptiens, sur leurs chars et sur leurs cavaliers. “
27 Moïse étendit la main sur la mer et, au point du jour, la mer rentra dans son lit. Les Égyptiens en fuyant la rencontrèrent, et Yahvé culbuta les Égyptiens au milieu de la mer.
28 Les eaux refluèrent et recouvrirent les chars et les cavaliers de toute l’armée de Pharaon, qui avaient pénétré derrière eux dans la mer. Il n’en resta pas un seul.
29 Les Israélites, eux, marchèrent à pied sec au milieu de la mer, et les eaux leur formèrent une muraille à droite et à gauche.
30 Ce jour-là, Yahvé sauva Israël des mains des Égyptiens, et Israël vit les Égyptiens morts au bord de la mer.
31 Israël vit la prouesse accomplie par Yahvé contre les Égyptiens. Le peuple craignit Yahvé, il crut en Yahvé et en Moïse son serviteur
1 Alors Moïse et les Israélites chantèrent pour Yahvé le chant que voici :
Commentaire
1. Situation
Deuxième des 5 premiers livres de l’Ancien Testament rattachés à la tradition de Moïse, le Livre de l’Exode nous relate deux étapes de l’histoire d’Israël : - Les Hébreux esclaves se libèrent de la tutelle de Pharaon (1, 1 - 18, 27), - Le peuple d’Israël au Sinaï (19, 1 - 40, 38).
La 1ère partie nous montre d’abord les dangers que Pharaon fait courir au peuple d’Israël en Egypte (1, 1 - 2, 22), puis nous fait découvrir la nission que Dieu confie à Moise de faire sortir le peuple d’Egypte (2, 23 - 7, 7). Au nom du Seigneur, le Dieu d’Israël, Moïse va infliger les 10 plaies sur l’Egypte (7, 8 - 13, 16) puis conduire le peuple hors d’Egypte, en lui faisant traverser la mer des Roseaux dans laquelle sera détruite l’armée égyptienne (13, 17 - 15, 21).
Dans la 2nde partie, nous verrons comment, ayant ainsi vaincu ce Pharaon et libéré son peuple, Dieu va, au désert du Sinaï, confirmer Moïse comme le chef de son peuple, leur donner une Loi ou règle de vie, établir le signe et le lieu de sa présence au milieu d’eux, et les mettre en route, en dépit de leurs résistances et de leurs révoltes, vers la terre de Canaan (avec toute une série de séquences très détaillées : la conclusion de l’Alliance avec Dieu, qui donne les 10 commandements, les directives de Dieu concernant l’Arche, le culte et le sacerdoce, l’apostasie du peuple et le renouvellement de l’Alliance, la construction de la “Demeure”).
Mais, avant tous ces événements si importants, Moïse, serviteur de Dieu, aura anticipé dans sa propre histoire le déplacement du peuple, depuis l’Egypte jusqu’au Sinaï (chapitres 2 - 4). L’Exode (la sortie d’Egypte) va révéler Moïse grand serviteur de Dieu et le modèle à imiter pour les grandes figures bibliques qui le suivront : Josué, Jérémie, le 2nd Prophète Isaïe, et, pour nous, Jésus, qui nous sera présenté, entre autres figures, comme “le nouveau Moïse”. Partageant la souffrance du peuple, Moïse est en même temps proche de Dieu, et, par sa médiation, arrivera à maintenir le peuple en bons termes avec Yahvé son Dieu.
Toujours dans la première partie du Livre de l’Exode, qui traite de la libération des fils d’Israël de l’esclavage de Pharaon (Exode, 1, 1 - 15, 31), nous en sommes au moment où le grand tournant de cette aventure a été franchi. Après la 10ème plaie d’Egypte, concomitante de la célébration de la 1ère Pâque des Hébreux, la nuit du passage de Dieu qui les libère, Pharaon a donné l’ordre à Moïse et Aaron de faire sortir Israël du milieu de son peuple (12, 31 - 40). Et le peuple tout entier s’est mis en route sous la conduite de Moïse.
Nous entrons maintenant dans le dernier épisode de ce combat entre Dieu et Pharaon : Pharaon et son armée doivent être totalement anéantis dans une guerre sainte (14, 28), Et après cette victoire définitive, le peuple entier n’aura plus qu’à proclamer la louange de son Dieu par un grand cantique d’action de grâces (15, 1 - 21).
Auparavant, pour tendre un piège à Pharaon, et l’inviter à poursuivre Israël, Dieu ordonne à Moïse de changer d’itinéraire avec le peuple, en revenant sur le grand trajet normal et habituel, alors que c’est lui-même qui leur avait fait prendre une route différente de la plus courte et la plus directe (13, 17 - 18). Pharaon, ainsi provoqué, va croire Israël perdu et tournant en rond dans le désert, et il va entrer dans le piège qui lui est tendu. (14, 1 - 9).
Compte-rendu nous est donné ici de l’événement lui-même.
2. Message
Conformément aux instructions qu’il a reçues du Seigneur, Moïse étend le bras contre la Mer des Roseaux, que le Seigneur assèche par un grand vent de toute une nuit (1ère version), ou dans laquelle il ouvre un passage bien sec entre deux murailles d’eau (2ème version). Tout se déroule ensuite de la façon que le Seigneur avait annoncée à Moïse.
Les Egyptiens qui s’engagent dans la mer à la suite des Hébreux sont vite pris au piège, car le Seigneur fausse les roues de leurs chars, et ils n’auront plus le temps de faire demi-tour et marche arrière, car le Seigneur, par le bras de Moïse, fait revenir la mer en son lit, recouvrant ainsi de ses eaux l’armée de Pharaon.
Victoire totale du Seigneur contre Pharaon, dont tout Israël est témoin, qui, de ce fait, reconnaît la puissance de Yahvé ainsi que la mission de Moïse, et entonne un cantique d’action de grâces.
3. Decouvertes
Malgré les difficultés dûes aux détails contradictoires de la description de l’événement de la traversée de la Mer des Roseaux, contradictions enregistrées souvent dans la reconnaissance de deux versions différentes de ce qui s’est passé et qui se retrouvent côte à côte dans notre texte, un message central s’impose de toute façon : Israël est sauvé et les Egyptiens sont détruits par la seule puissance de Yahvé-Dieu.
Que le Seigneur ait utilisé les éléments naturels ou le bras de Moïse agissant miraculeusement sur son ordre, il a triomphé ici personnellement et complètement des ennemis d’Israël, qui sont ses propres ennemis.
4. Prolongement
Cette victoire de Dieu annonce son triomphe contre toutes les forces du Mal, réalisé une fois pour toutes en la mission, la mort et la résurrection de Jésus.
Cette victoire achevée ainsi dans un événement unique, qui est le sommet du plan de Dieu, est ensuite offerte comme un don permanent à toutes les générations de croyants qui ont suivi le passage historique de Jésus :
- rappelons-nous l’une des dernières paroles de Jésus en son dernier discours le soir du Jeudi Saint, rapporté dans l’Evangile de Jean :
32 Voici venir l’heure - et elle est venue - où vous serez dispersés chacun de votre côté et me laisserez seul. Mais je ne suis pas seul : le Père est avec moi.
33 Je vous ai dit ces choses, pour que vous ayez la paix en moi. Dans le monde vous aurez à souffrir. Mais gardez courage ! J’ai vaincu le monde. ”
-
c’est par grâce que nous sommes sauvés : nous n’y sommes pour rien, c’est un don de Dieu (Ephésiens 2, 5 - 11).
-
dans le don qui nous est fait d’une nouvelle naissance dans notre baptême, la victoire unique du Christ ressuscité nous est donnée à accueillir dans la foi :
1 Quiconque croit que Jésus est le Christ est né de Dieu ; et quiconque aime celui qui a engendré aime celui qui est né de lui.
2 Nous reconnaissons que nous aimons les enfants de Dieu à ce que nous aimons Dieu et que nous pratiquons ses commandements.
3 Car l’amour de Dieu consiste à garder ses commandements. Et ses commandements ne sont pas pesants
4 puisque tout ce qui est né de Dieu est vainqueur du monde. Et telle est la victoire qui a triomphé du monde : notre foi.
5 Quel est le vainqueur du monde, sinon celui qui croit que Jésus est le Fils de Dieu ?
- le livre de l’Apocalypse du Nouveau Testament nous détaille dans le langage de la fin des temps tous les aspects et tous les enjeux de cette victoire finale du Messie Crucifié-Ressuscité : y relire les chapitres 19 et 20.
Prière
*Seigneur Jésus, ta victoire définitive sur les forces du Mal nous est offerte en permanence dans le don que tu nous fais de ton Esprit Saint, à nous que tu as libérés une fois pour toutes de tous nos esclavages : donne-moi de demeurer toujours vraiment libre, ouvert le plus possible à ton Esprit Saint qui m’habite et m’accorde ainsi ta présence, rends-moi d’autant plus affranchi de moi-même que je suis davantage attaché à toi dans toutes les dimensions de mon être. AMEN.
22.07.2003.*
Évangile : Matthieu 12, 46-50
DE L’EVANGILE DE MATTHIEU
Texte
46 Comme il parlait encore aux foules, voici que sa mère et ses frères se tenaient dehors, cherchant à lui parler.
[
47 ].
48 A celui qui l’en informait Jésus répondit : ” Qui est ma mère et qui sont mes frères ? “
49 Et tendant sa main vers ses disciples, il dit : ” Voici ma mère et mes frères.
50 Car quiconque fait la volonté de mon Père qui est aux cieux, celui-là m’est un frère et une sœur et une mère. “
Commentaire
1. Situation
Cet Evangile, qui porte le nom de Matthieu, trouve peut-être sa première source dans une collection de paroles de Jésus, écrites en Araméen et attribuées à l’apôtre Matthieu, par un Père de l’Eglise, Papias d’Alexandrie, vers 125.
Cet Evangile, qui reprend beaucoup de passages de l’Evangile de Marc (qui avait été écrit vers 65), mais en y ajoutant des éléments qu’il partage en grande partie avec Luc, a été très probablement rédigé entre les années 85 et 90.
A parcourir tout ce Livre, on peut se demander s’il a été composé pour des chrétiens d’origine Juive (Judéochrétiens), ou pour des chrétiens d’origine païenne, ou encore pour les deux. La position communément admise de nos jours est qu’il a été écrit pour une communauté Judéochrétienne qui s’est trouvée exclue du Judaïsme, suite à une décision par des rabbins Juifs non chrétiens de ne plus tolérer la double appartenance, à la fois Juive et chrétienne, de ces Judéochrétiens, qui avait été possible jusqu’à cette date. Rupture qui explique la dureté des propos mis dans la bouche de Jésus contre les Scribes et Pharisiens de son temps (Matth. chapitre 23).
Néanmoins, même s’il a été d’abord écrit pour confirmer une communauté Judéochrétienne dans sa découverte de la Bonne Nouvelle de Jésus, cet Evangile est ouvert également à la mission universelle auprès des païens, et il se termine par un envoi en mission par le Christ ressuscité, avec ces paroles : “allez, de toutes les nations, faites des disciples” (28, 18).
On peut diviser cet Evangile en 11 parties, qui se répondent en sens inverse (la 1ère correspondant à la dernière, la 2ème, à l’avant-dernière, etc…), concentrées autour de la 6ème partie, le “Discours en paraboles”, qui sert en quelque sorte de “pivot”. Nous obtenons ainsi le découpage suivant :
- Naissance de Jésus et commencement de sa mission (1 - 4)
- Bénédictions et Discours sur la montagne (5 - 7)
- Manifestations de l’autorité de Jésus et de ses appels (8 - 9)
- Discours sur la mission (10)
- Jésus rejeté par “cette génération” (11 - 12 )
- Discours en paraboles (13)
- Jésus reconnu par ses disciples (14 - 17)
- Discours sur la manière de vivre en communauté de croyants (18)
- De nouveau, Jésus manifeste son autorité et ses appels (19 - 22)
- Proclamation de situations malheureuses et Discours sur la venue définitive du Royaume (23 - 24)
- Passion, mort et résurrection (26 - 28)
Cette présentation fait ressortir que cet Evangile est bien rythmé par 5 grands discours de Jésus, dans lesquels l’auteur a concentré la majeure partie de son enseignement. Les 5 discours ont souvent fait penser aux 5 livres de Moïse de l’Ancien Testament. On dit volontiers que, pour Matthieu, Jésus est le “Nouveau Moïse”.
Dernier incident de cette série d’événements qui ont lieu pour Jésus entre ses 2ème et 3ème grands discours, compte tenu de la façon selon laquelle tout cela nous est rapporté dans l’Evangile de Matthieu (Matthieu, 11, 1 - 12, 50).
Comme nous avons pu le constater à mesure que se déroulent ces événements, Jésus se perçoit de plus en plus rejeté par ses contemporains, “ceux de cette génération” : il a pu regretter l’incroyance des bourgades du Lac de Galilée, il s’est, à diverses reprises, affronté à des Pharisiens à propos de l’observance du sabbat, on vient tout récemment de l’accuser d’être l’agent de Béelzéboul, le Prince des démons, au nom duquel il chasserait les démons, enfin, pressé de démontrer son caractère de Messie par un signe, il a évoqué, pour toute réponse, le signe de Jonas (Matthieu, 11, 1 - 12, 45).
Cela précisé, il n’en continue pas moins d’annoncer aux foules la Bonne Nouvelle du Royaume, et c’est dans l’un de ces moments que les membres de sa famille le rejoignent et cherchent à le rencontrer.
2. Message
A une remarque qu’on lui fait, concernant sa famille qui l’attend et voudrait le voir, Jésus répond que sa famille est constituée des disciples qui l’entourent.
Sans renier les liens naturels de la famille humaine, Jésus insiste sur la priorité d’une “autre” famille, dans laquelle les croyants entrent “volontairement”, et qui est faite de tous ceux qui, comme lui, Jésus, cherchent à accomplir la volonté du Père.
L’on peut donc conclure que c’est la communauté des croyants qui est la vraie famille de Jésus.
3. Decouvertes
Suite à la querelle avec les Pharisiens qui a précédé immédiatement notre page de ce jour (Matthieu, 12, 22 - 45), cet épisode souligne la nouveauté de l’Israël rénové que Jésus est en train de constituer avec ceux qui acceptent de le suivre comme des disciples : il s’agit bien là d’une authentique famille spirituelle dont l’origine est Dieu lui-même, découvert et présenté comme “Père”.
C’est dire que Dieu est la source d’un lien spécifique entre tous ceux qui se rattachent à lui en accomplissant sa volonté : on peut même dire qu’il est lui-même “ce” lien unissant tous ceux qui le reconnaissent comme Père.
Vers la fin de son 1er discours sur la charte du Royaume (7, 21), Jésus avait déjà défini le véritable disciple, non pas comme celui qui se contente de dire “Seigneur, *Seigneur”, mais comme celui qui fait la volonté du Père.
A noter que le verset 47 ne figure pas dans tous les manuscrits.
Dans la Bible, le mot “frère” peut désigner soit les fils de la même mère, soit les proches parents. La tradition catholique, qui tient que Marie n’a pas eu d’autre enfant que Jésus, selon sa virginité perpétuelle, interprète donc l’expression “les frères de Jésus”, dans le sens de “cousins” ou “proches” de Jésus. Les traditions protestantes, qui admettent que Marie aurait pu avoir plusieurs enfants, n’hésitent pas à donner à cette expression “les frères de Jésus” une explication plus littérale, et plus conforme au sens du mot grec employé.
On a remarqué la solennité du geste de Jésus sur ses disciples au verset 49 : certains prétendent qu’il ressemble à un geste “d’ordination”.
La réponse de Jésus dans notre texte implique une définition du vrai disciple : il est celui qui obéit à Dieu et agit selon la foi
4. Prolongement
Ce que Jésus déclare le concernant, à propos de sa mère et de ses frères, il le dit également de nous-mêmes : nous ne pouvons le suivre, en qualité de disciples, sans avoir avec lui un lien privilégié, d’un autre ordre, mais qui surpasse toutes nos relations humaines les plus chères et les plus intimes (Matthieu, 10, 37).
C’est en raison de notre relation à Dieu notre “Père” que l’on devient frères et proches de Jésus. Nous sommes d’après la résurrection : par l’Esprit Saint du Ressuscité, nous sommes devenus “fils” comme Jésus et “cohéritiers” avec lui. C’est donc, à partir du Père, par Jésus et dans l’Esprit, que nous sommes vraiment, dans la communauté des croyants, frères et soeurs les uns des autres (Galates, 4, 4 - 7).
D’où la grande souffrance de constater des communautés, des Eglises, de disciples de Jésus divisés : division qui doit nous atteindre au plus profond car Dieu est vraiment l’unité de ceux qui suivent Jésus (Jean, 17, 21 - 23).
Prière
*Seigneur Jésus, tu nous appelles toutes et tous à ne faire qu’un avec toi, et, par toi, à devenir “uns”avec le Père et tous nos frères et soeurs dans la foi et la charité qui sont autant d’aspects du don que Dieu nous fait, dans la présence agissante en nous de ton Esprit Saint, qui est l’Esprit du Père, et cette grâce doit transfigurer et donner un sens nouveau et plus profond à toutes nos relations humaines les plus proches et les plus chères, que nous devons désormais considérer comme “saisies” en toi, et comme une dimension particulière de notre attachement à toi, et de l’ouverture universelle que cela suppose, à tous ceux qui, comme nous, essayent de vivre selon la volonté du Père : apprends-moi à transformer la qualité de toutes mes relations humaines, en les regardant et en les vivant, non plus à partir de moi, mais à partir de toi et donc de Dieu, qui seul en est l’authentique source, en tant que créateur, donneur de vrai sens, et nous faisant entrer dans la création nouvelle où toutes et tous nous devenons vraiment, d’une façon nouvelle et au-delà de tout, ses enfants bien-aimés. AMEN.
22.07.2003.*