📘 Commentaire biblique de l’abbé Léon Hamain
Première lecture : Exode 16, 1-15
DU LIVRE DE L’EXODE
Texte
1 Ils partirent d’Élim, et toute la communauté des Israélites arriva au désert de Sîn, situé entre Élim et le Sinaï, le quinzième jour du second mois qui suivit leur sortie d’Égypte.
2 Toute la communauté des Israélites se mit à murmurer contre Moïse et Aaron dans le désert.
3 Les Israélites leur dirent : ” Que ne sommes-nous morts de la main de Yahvé au pays d’Égypte, quand nous étions assis auprès de la marmite de viande et mangions du pain à satiété !A coup sûr, vous nous avez amenés dans ce désert pour faire mourir de faim toute cette multitude. “
4 Yahvé dit à Moïse : ” Je vais faire pleuvoir pour vous du pain du haut du ciel. Les gens sortiront et recueilleront chaque jour leur ration du jour ; je veux ainsi les mettre à l’épreuve pour voir s’ils marcheront selon ma loi ou non.
5 Et le sixième jour, quand ils prépareront ce qu’ils auront rapporté, il y en aura le double de ce qu’ils recueillent chaque jour. “
6 Moïse et Aaron dirent à toute la communauté des Israélites : ” Ce soir vous saurez que c’est Yahvé qui vous a fait sortir du pays d’Égypte
7 et au matin vous verrez la gloire de Yahvé. Car il a entendu vos murmures contre Yahvé. Et nous, que sommes-nous pour que vous murmuriez contre nous ? “
8 Moïse dit : ” Yahvé vous donnera ce soir de la viande à manger et, au matin, du pain à satiété, car Yahvé a entendu vos murmures contre lui. Nous, que sommes-nous ? Ce n’est pas contre nous que vont vos murmures, mais contre Yahvé. “
9 Moïse dit à Aaron : ” Dis à toute la communauté des Israélites : Approchez-vous devant Yahvé, car il a entendu vos murmures. “
10 Comme Aaron parlait à toute la communauté des Israélites, ils se tournèrent vers le désert, et voici que la gloire de Yahvé apparut dans la nuée.
11 Yahvé parla à Moïse et lui dit :
12 ” J’ai entendu les murmures des Israélites. Parle-leur et dis-leur : Au crépuscule vous mangerez de la viande et au matin vous serez rassasiés de pain. Vous saurez alors que je suis Yahvé votre Dieu. “
13 Le soir, des cailles montèrent et couvrirent le camp, et au matin, il y avait une couche de rosée tout autour du camp.
14 Cette couche de rosée évaporée, apparut sur la surface du désert quelque chose de menu, de granuleux, de fin comme du givre sur le sol.
15 Lorsque les Israélites virent cela, ils se dirent l’un à l’autre : ” Qu’est-ce cela ? ” car ils ne savaient pas ce que c’était. Moïse leur dit : ” Cela, c’est le pain que Yahvé vous a donné à manger.
Commentaire
1. Situation
Deuxième des 5 premiers livres de l’Ancien Testament rattachés à la tradition de Moïse, le Livre de l’Exode nous relate deux étapes de l’histoire d’Israël : - Les Hébreux esclaves se libèrent de la tutelle de Pharaon (1, 1 - 18, 27), - Le peuple d’Israël au Sinaï (19, 1 - 40, 38).
La 1ère partie nous montre d’abord les dangers que Pharaon fait courir au peuple d’Israël en Egypte (1, 1 - 2, 22), puis nous fait découvrir la nission que Dieu confie à Moise de faire sortir le peuple d’Egypte (2, 23 - 7, 7). Au nom du Seigneur, le Dieu d’Israël, Moïse va infliger les 10 plaies sur l’Egypte (7, 8 - 13, 16) puis conduire le peuple hors d’Egypte, en lui faisant traverser la mer des Roseaux dans laquelle sera détruite l’armée égyptienne (13, 17 - 15, 21).
Dans la 2nde partie, nous verrons comment, ayant ainsi vaincu ce Pharaon et libéré son peuple, Dieu va, au désert du Sinaï, confirmer Moïse comme le chef de son peuple, leur donner une Loi ou règle de vie, établir le signe et le lieu de sa présence au milieu d’eux, et les mettre en route, en dépit de leurs résistances et de leurs révoltes, vers la terre de Canaan (avec toute une série de séquences très détaillées : la conclusion de l’Alliance avec Dieu, qui donne les 10 commandements, les directives de Dieu concernant l’Arche, le culte et le sacerdoce, l’apostasie du peuple et le renouvellement de l’Alliance, la construction de la “Demeure”).
Mais, avant tous ces événements si importants, Moïse, serviteur de Dieu, aura anticipé dans sa propre histoire le déplacement du peuple, depuis l’Egypte jusqu’au Sinaï (chapitres 2 - 4). L’Exode (la sortie d’Egypte) va révéler Moïse grand serviteur de Dieu et le modèle à imiter pour les grandes figures bibliques qui le suivront : Josué, Jérémie, le 2nd Prophète Isaïe, et, pour nous, Jésus, qui nous sera présenté, entre autres figures, comme “le nouveau Moïse”. Partageant la souffrance du peuple, Moïse est en même temps proche de Dieu, et, par sa médiation, arrivera à maintenir le peuple en bons termes avec Yahvé son Dieu.
Toujours dans la première partie du Livre de l’Exode, qui traite de la libération des fils d’Israël de l’esclavage de Pharaon et de leur sortie d’Egypte en route vers Canaan (Exode, 1, 1 - 18, 27), nous en sommes arrivés à ce qui est effectivement une transition vers la seconde partie, le long épisode du séjour d’Israël au Sinaï.
Si la sortie d’Egypte, sanctionnée par la grande victoire de Yahvé-Dieu contre les Egyptiens lors de la traversée triomphale de la Mer des Roseaux , est bel et bien achevée, et la libération du peuple de son esclavage totalement assurée (1, 1 - 15, 21), il faut néanmoins rejoindre la Montagne de Dieu au Sinaï, occasion, dans une marche à travers le désert de la Péninsule, de voir comment les Israélites vont se comporter en hommes libres, c’est-à-dire libérés intérieurement (15, 22 -18, 27). Car les difficultés liées à la vie du désert ne tardent pas à surgir, au cours de cette “période transitoire”.
2. Message
La liberté est dure à vivre. Dans l’esclavage on était épuisé sous les corvées, mais du moins on avait de quoi manger. Dès après trois jours de marche suite à la traversée de la Mer et au chant de victoire, il n’y avait guère que des eaux amères à boire et le peuple a commencé de murmurer contre Moïse, qui a imploré le Seigneur qui est venu une première fois à la rescousse en indiquant à Moîse le moyen d’adoucir cette eau (15, 22 - 27).
Le peuple vient maintenant de quitter l’Oasis d’Elim, avec ses sources d’eau et ses palmiers, pour aborder la tranche de désert qui sépare Elim du Sinaï. Cette fois, c’est la nourriture qui fait défaut.
Devant les récriminations du peuple qui se prend à regretter le confort relatif de son séjour en Egypte, qui s’en trouve d’autant plus magnifié par ce contraste du désert, le Seigneur intervient pour offrir à son peuple de la viande sous la forme d’un vol de cailles qui tombe sur le camp, et surtout une nourriture quotidienne, la “Manne”, qu’il lui faudra collecter de nouveau chaque matin, dans la confiance, sans faire de provisions pour le lendemain, sauf dans le cas du sabbat.
Par cette réponse le Seigneur fait donc appel à la confiance de son peuple. Va-t-il l’obtenir?
3. Decouvertes
Le “désert” dans la Bible, dont il est question ici, n’est pas le désert de sable - genre Saharien - entièrement quasi dépourvu de toute végétation, mais plutôt une”steppe” où il pleut rarement et qui porte une végétation dispersée, où tout au plus, moutons et chèvres peuvent paître.
Trois épisodes, dont deux concernant le manque d’eau et celui-ci concernant le manque de nourriture, nous donnent l’occasion de découvrir comment les Israélites vivent leur relation à Moïse, d’une part, et à Yahvé-Dieu, d’autre part.
Face aux murmures proférés contre Moîse, Dieu intervient ici chaque fois pour fournir aux Hébreux ce dont ils ont besoin.
Dieu se révéle ainsi patient et miséricordieux, mais il met en même temps son peuple à l’épreuve de façon à vérifier sa fidélité et son obéissance.
Avant même l’arrivée au Sinaï et la législation qui y sera promulguée, Dieu pose déjà, en ces occasions où le peuple crie sa plainte, des exigences qui feront partie ensuite officiellement de cette législation prochaine. Tel est bien le cas, ici dans notre passage, de l’injonction d’une double collecte de Manne à effectuer le Vendredi, pour que le Sabbat du lendemain soit respecté.
Se retrouvent également dans le Livre des Nombres un certain nombre d’épisodes où Israël nous est décrit murmurant contre Moïse et contre Dieu. Mais, à la différence de ces textes du Livre de l’Exode que nous lisons, se Dieu y intervient, c’est pour sanctionner fortement ce peuple qu manque de foi en lui : voir Nombres, chapitres 11, 12, 14, 15, et 20, 2 - 13.
4. Prolongement
Le message théologique de notre page est très clair : la vie, pour Israël, dépend de sa confiance envers le Seigneur, et de son obéissance à ce que Yahvé-Dieu lui demande.
Ce message dépasse de très loin cependant cette expérience du désert, et il va demeurer valable tout au long de l’histoire d’Israël, ainsi que pour notre propre cheminement de chrétiens croyant au Christ Jésus. N’est-ce pas ce que Paul nous dit, de son côté :
8 Car c’est bien par la grâce que vous êtes sauvés, moyennant la foi. Ce salut ne vient pas de vous, il est un don de Dieu ?
Prière
*Seigneur Jésus, tu es venu nous révéler le salut de Dieu tout en nous en faisant le don, mais en exigeant de notre part cette remise de nous-mêmes entre les mains de Dieu, par une foi qui fait confiance totale au Seigneur : apprends-moi à me dépouiller de plus en plus de moi-même, pour me remettre à toi, et par toi au Père, avec la confiance d’un enfant et d’un “pauvre de coeur” qui se laisse conduire en toutes circonstances, et met toute son existence, avec toutes ses capacités reçues ou acquises, à la disposition de son Seigneur, comme lieu et signe de son salut et de sa présence. AMEN.
23.07.2003.*
Évangile : Matthieu 13, 1-23
DE L’EVANGILE DE MATTHIEU
Texte
1 En ce jour-là, Jésus sortit de la maison et s’assit au bord de la mer.
2 Et des foules nombreuses s’assemblèrent auprès de lui, si bien qu’il monta dans une barque et s’assit ; et toute la foule se tenait sur le rivage.
3 Et il leur parla de beaucoup de choses en paraboles. Il disait : ” Voici que le semeur est sorti pour semer.
4 Et comme il semait, des grains sont tombés au bord du chemin, et les oiseaux sont venus tout manger.
5 D’autres sont tombés sur les endroits rocheux où ils n’avaient pas beaucoup de terre, et aussitôt ils ont levé, parce qu’ils n’avaient pas de profondeur de terre ;
6 mais une fois le soleil levé, ils ont été brûlés et, faute de racine, se sont desséchés.
7 D’autres sont tombés sur les épines, et les épines ont monté et les ont étouffés.
8 D’autres sont tombés sur la bonne terre et ont donné du fruit, l’un cent, l’autre soixante, l’autre trente.
9 Entende qui a des oreilles ! “
10 Les disciples s’approchant lui dirent : ” Pourquoi leur parles-tu en paraboles ? ” -
11 ” C’est que, répondit-il, à vous il a été donné de connaître les mystères du Royaume des Cieux, tandis qu’à ces gens-là cela n’a pas été donné.
12 Car celui qui a, on lui donnera et il aura du surplus, mais celui qui n’a pas, même ce qu’il a lui sera enlevé.
13 C’est pour cela que je leur parle en paraboles : parce qu’ils voient sans voir et entendent sans entendre ni comprendre.
14 Ainsi s’accomplit pour eux la prophétie d’Isaïe qui disait : Vous aurez beau entendre, vous ne comprendrez pas ; vous aurez beau regarder, vous ne verrez pas.
15 C’est que l’esprit de ce peuple s’est épaissi : ils se sont bouché les oreilles, ils ont fermé les yeux, de peur que leurs yeux ne voient, que leurs oreilles n’entendent, que leur esprit ne comprenne, qu’ils ne se convertissent, et que je ne les guérisse.
16 ” Quant à vous, heureux vos yeux parce qu’ils voient ; heureuses vos oreilles parce qu’elles entendent.
17 En vérité je vous le dis, beaucoup de prophètes et de justes ont souhaité voir ce que vous voyez et ne l’ont pas vu, entendre ce que vous entendez et ne l’ont pas entendu !
18 ” Écoutez donc, vous, la parabole du semeur.
19 Quelqu’un entend-il la Parole du Royaume sans la comprendre, arrive le Mauvais qui s’empare de ce qui a été semé dans le cœur de cet homme : tel est celui qui a été semé au bord du chemin.
20 Celui qui a été semé sur les endroits rocheux, c’est l’homme qui, entendant la Parole, l’accueille aussitôt avec joie ;
21 mais il n’a pas de racine en lui-même, il est l’homme d’un moment : survienne une tribulation ou une persécution à cause de la Parole, aussitôt il succombe.
22 Celui qui a été semé dans les épines, c’est celui qui entend la Parole, mais le souci du monde et la séduction de la richesse étouffent cette Parole, qui demeure sans fruit.
23 Et celui qui a été semé dans la bonne terre, c’est celui qui entend la Parole et la comprend : celui-là porte du fruit et produit tantôt cent, tantôt soixante, tantôt trente. “
Commentaire
1. Situation
Cet Evangile, qui reprend beaucoup de passages de l’Evangile de Marc (qui avait été écrit vers 65), mais en y ajoutant des éléments qu’il partage en grande partie avec Luc, a été très probablement rédigé entre les années 85 et 90.
A parcourir tout ce Livre, on peut se demander s’il a été composé pour des chrétiens d’origine Juive (Judéochrétiens), ou pour des chrétiens d’origine païenne, ou encore pour les deux. Néanmoins, même s’il a été d’abord écrit pour confirmer une communauté Judéochrétienne dans sa découverte de la Bonne Nouvelle de Jésus, cet Evangile est ouvert également à la mission universelle auprès des païens, et il se termine par un envoi en mission par le Christ ressuscité, avec ces paroles : “allez, de toutes les nations, faites des disciples” (28, 18).
On peut diviser cet Evangile en 11 parties, qui se répondent en sens inverse (la 1ère correspondant à la dernière, la 2ème, à l’avant-dernière, etc…), concentrées autour de la 6ème partie, le “Discours en paraboles”, qui sert en quelque sorte de “pivot”. Nous obtenons ainsi le découpage suivant :
- Naissance de Jésus et commencement de sa mission (1 - 4)
- Bénédictions et Discours sur la montagne (5 - 7)
- Manifestations de l’autorité de Jésus et de ses appels (8 - 9)
- Discours sur la mission (10)
- Jésus rejeté par “cette génération” (11 - 12 )
- Discours en paraboles (13)
- Jésus reconnu par ses disciples (14 - 17)
- Discours sur la manière de vivre en communauté de croyants (18)
- De nouveau, Jésus manifeste son autorité et ses appels (19 - 22)
- Proclamation de situations malheureuses et Discours sur la venue définitive du Royaume (23 - 24)
- Passion, mort et résurrection (26 - 28)
Cette présentation fait ressortir que cet Evangile est bien rythmé par 5 grands discours de Jésus, dans lesquels l’auteur a concentré la majeure partie de son enseignement. Les 5 discours ont souvent fait penser aux 5 livres de Moïse de l’Ancien Testament. On dit volontiers que, pour Matthieu, Jésus est le “Nouveau Moïse”.
Avec notre page, nous commençons l’écoute du 3ème discours de Jésus, le discours en paraboles. Suite à sa 2ème mission en Galilée, au cours de laquelle Jésus a rencontré de plus en plus d’incompréhension et de difficultés de la part de ses contemporains, qu’il identifie sous le nom de “cette génération”, Jésus explique les raisons de cette contestation, et la situe dans la perspective de la réussite finale de sa mission et du plan de salut de Dieu.
2. Message
La fin de cette parabole, qui nous est développée en trois temps (la parabole propement dite : v. 1 - 9, la raison du choix par Jésus de ce type de langage : v. 10 - 17, interprétation de cette parabole relue en ses éléments détaillés, sous forme “d’allégorie” : v. 18 - 23), nous détaille les obstacles de la mission : l’action du diable, adversaire du plan de Dieu, le manque de force et de caractère de ceux qui suivraient volontiers Jésus, ou leur trop grand attachement aux richesses et aux soucis du monde. Mais est-ce vraiment l’échec de la mission de Jésus et du dessein de Dieu ?
Mais, avant cette dernière partie, il y en a deux autres. La parabole, proprement dite, d’abord, comme énigme sans aucune explication, porte en elle-même sa propre logique : en effet le semeur ne sortirait pas pour semer s’il n’était certain, qu’en dépit d’endroits où le terrain est mauvais, et des pertes qui en résultent, il va faire une récolte fructueuse. Sa démarche est donc une démarche de confiance. Ainsi en va-t-il de la mission de Jésus, de la Parole de Dieu, de son dessein de salut, malgré les difficultés et échecs rencontrés.
Dans la partie centrale, un peu surprenante, de notre page, Jésus nous donne la raison de son emploi des paraboles : c’est une manière de parler qui dévoile et cache à la fois, qui demande donc qu’on accepte de réfléchir sérieusement, de se remettre en cause, de changer de vie, donc , de se convertir. Cela signifie une intelligence d’abord du ” cœur ” avant de comprendre, c’est-à-dire une ouverture, une attente, une pauvreté.
3. Decouvertes
Dans ce discours, Jésus utilise le genre des paraboles. Sous ce nom l’on distingue 3 types de discours : d’abord, la parabole au sens brut, comme celle du semeur, dans les 9 premiers versets de notre page de ce jour, où il n’y a aucun point de comparaison, ni aucune ” clé ” d’interprétation, dans une ” histoire ” qui nous est racontée comme une énigme.
Ensuite, la parabole comme récit global, assorti d’une clé telle que : ” le royaume des cieux est semblable à… “.
Enfin, l’allégorie, qui est un récit où chaque élément est interprété comme signifiant une réalité bien spécifique. Ainsi en est-il dans l’explication que Jésus donne de la parabole du semeur, à la fin de notre page, où il identifie la semence comme la Parole de Dieu, et les différents types de terrains comme autant d’attitudes de ceux qui reçoivent cette Parole.
Une interprétation remarquable de la présente parabole du semeur, lue comme histoire énigmatique à comprendre dans sa globalité, nous est fournie dans un passage du 2ème prophète Isaïe, 55, 9 - 11, où nous est ainsi attestée l’efficacité du projet de Dieu, réalisée par Jésus, au cours de sa mission de la “fin des temps”, mission de prédication , de gestes de miséricorde, et de d’engagement dans son “Heure” de passage au Père en sa mort-résurrection-don de l’Esprit Saint.
4. Prolongement
La dernière partie explicative nous interpelle-t-elle directement et facilement en nous posant la question : quelle sorte de terrain suis-je face à la Parole de Dieu ? Ou quel genre de terrain suis-je devenu ? Car rien n’est jamais acquis définitivement, et nous n’avons jamais fini de progresser. S’arrêter d’avancer dans l’écoute de la Parole ce n’est plus être une bonne terre, c’est redevenir un terrain encombré, qui fait obstacle.
Ne faisons pas cependant l’impasse sur la grande question que nous pose la parabole elle-même, en la 1ère partie de cette page : avons-nous, aujourd’hui, confiance dans cette mission de Jésus en son Eglise? Que vaut notre espérance ? Douterions-nous de Dieu et de la présence de Jésus dans son Esprit Saint , dans nos personnes et nos communautés ?
10 De même que la pluie et la neige descendent des cieux et n’y retournent pas sans avoir arrosé la terre, sans l’avoir fécondée et l’avoir fait germer pour fournir la semence au semeur et le pain à manger,
11 ainsi en est-il de la parole qui sort de ma bouche, elle ne revient pas vers moi sans effet, sans avoir accompli ce que j’ai voulu et réalisé l’objet de sa mission.
Dans la partie centrale, apparaît une dernière question : si rien n’est évident, si rien n’est du ” tout cuit ”, dans le mystère de Dieu, qui suppose méditation priante, dans l’ouverture et la pauvreté du coeur, où en sont nos yeux et nos oreilles ? Est-ce que nous réfléchissons au sens de notre vie de chrétien, de notre action, de nos choix fondamentaux ? Sommes-nous des aveuglés ou des sourds, sûrs de nous-mêmes, ou, au contraire, des disciples, prêts à suivre Jésus de nouveau , ou de façon toujours renouvelée ?
Prière
*Seigneur Jésus, tu es venu en notre monde, comme Parole de Dieu faite chair, pour accomplir, jusqu’à son terme, la grande mission du salut de Dieu, et tu as vécu cet engagement d’obéissance dans une confiance absolue à Dieu ton Père, par delà tous les obstacles, difficultés, contestations ou rejets rencontrés : apprends-moi à ne jamais douter de ta victoire, que tu me communiques dans la force de ton Esprit, et donne-moi de demeurer toujours fidèle à ta Parole, d’en témoigner comme d’une grâce qui produit son fruit, d’abord dans mon humilité, et, ensuite, quand je l’annonce avec une espérance que rien ne saurait arrêter. AMEN.
26.07.2002.*