📘 Commentaire biblique de l’abbé Léon Hamain
Première lecture : Nombres 11, 4-15
DU LIVRE DES NOMBRES
Texte
4 Le ramassis de gens qui s’était mêlé au peuple fut saisi de fringale. Les Israélites eux-mêmes recommencèrent à pleurer, en disant : ” Qui nous donnera de la viande à manger ?
5 Ah ! quel souvenir ! le poisson que nous mangions pour rien en Égypte, les concombres, les melons, les laitues, les oignons et l’ail !
6 Maintenant nous dépérissons, privés de tout ; nos yeux ne voient plus que de la manne ! “
7 La manne ressemblait à de la graine de coriandre et avait l’aspect du bdellium.
8 Le peuple s’égaillait pour la récolter ; puis on la broyait à la meule ou on l’écrasait au pilon ; enfin on la faisait cuire dans un pot pour en faire des galettes. Elle avait le goût d’un gâteau à l’huile.
9 Quand la rosée tombait la nuit sur le camp, la manne y tombait aussi.
10 Moïse entendit pleurer le peuple, chaque famille à l’entrée de sa tente. La colère de Yahvé s’enflamma d’une grande ardeur. Moïse en fut très affecté,
11 et il dit à Yahvé :” Pourquoi fais-tu du mal à ton serviteur ? Pourquoi n’ai-je pas trouvé grâce à tes yeux, que tu m’aies imposé la charge de tout ce peuple ?
12 Est-ce moi qui ai conçu tout ce peuple, est-ce moi qui l’ai enfanté, que tu me dises : “Porte-le sur ton sein, comme la nourrice porte l’enfant à la mamelle, au pays que j’ai promis par serment à ses pères” ?
13 Où trouverais-je de la viande à donner à tout ce peuple, quand ils m’obsèdent de leurs larmes en disant : “Donne-nous de la viande à manger” ?
14 Je ne puis, à moi seul, porter tout ce peuple : c’est trop lourd pour moi.
15 Si tu veux me traiter ainsi, tue-moi plutôt ! Ah ! si j’avais trouvé grâce à tes yeux, que je ne voie plus mon malheur !
Commentaire
1. Situation
Le Livre des Nombres, est le 4ème des 5 Livres qui se rattachent à la tradition de Moïse. Comme les 4 autres, à partir de documents établis à différentes périodes de l’histoire d’Israël à partir de l’an 1000 environ, il a été mis en forme, en sa rédaction finale, après le retour de l’exil Babylonien. En plus de nous rapporter la tradition de Moïse, son but était d’aider la restauration du culte après l’exil, en reportant les ordonnances alors adoptées dans la tradition de Moïse.
Le message fondamental des Nombres est de nous montrer qu’il est possible de vivre en peuple de Dieu, même lorsqu’on pérégrine et marche dans un désert, loin de ses bases ou sans avoir encore de base, comme c’est le cas du peuple de l’Exode.
Ce livre traite successivement : - de l’organisation de la communauté au Sinaï, avant son départ (1, 1 - 10, 10), - de la marche dans le désert, depuis le Sinaï jusqu’aux plaines de Moab (10, 11 - 21, 35), - des préparatifs à l’entrée dans la terre promise, lorsque le peuple a atteint les plaines de Moab (22, 1 - 36, 13).
Notre page se situe au débit de cette marche vers les plaines de Moab.
2. Message
Le peuple a beaucoup de mal à accepter les contraintes du désert, il ne supporte plus de manger la manne, il réclame de la viande et se met à regretter les légumes plantureux d’Egypte.
Devant la réaction de colère de Dieu face à ces murmures et complaintes du peuple, dont il est également bien le témoin, Moïse fait part au Seigneur du poids écrasant de la tâche qui lui incombe : il en a assez de porter ce peuple à bout de bras, comme une mère son enfant. C’est pourquoi, de son côté, il supplie le Seigneur, car il a besoin d’aide.
3. Decouvertes
Cette page fait partie d’un ensemble qui va du verset 4 au verset 35 de ce chapitre 11.
Dans le peuple les murmures succèdent aux murmures, la nostalgie du confort alimentaire de l’Egypte grandit, ces Hébreux regrettent finalement d’avoir été libérés de leur esclavage pesant (11, 20 ), et se redisent prêts, une fois de plus, à retourner en Egypte.
Cependant, en une description précise et qui fait contraste avec le reste du passage, la manne nous y est présentée comme une nourriture de qualité.
La façon selon laquelle Moïse s’adresse ici au Seigneur ressemble fort au langage des psaumes de lamentation. Moïse se plaint à Yahvé de lui avoir donné une charge trop lourde, avec trop peu de moyens et de ressources pour répondre aux besoins et récriminations du peuple.
Dieu, qui est bien celui qui a enfanté ce peuple d’Israël, se doit de le porter avec son prophète, et ne pas laisser Moïse seul à assumer cette tâche.
4. Prolongement
Jésus, de son côté, a dû supporter avec une grande patience les manifestations d’incroyance et d’incompréhension de ses disciples. Il en a été de même pour Paul, dans toute sa mission apostolique :
14 Ils avaient oublié de prendre des pains et ils n’avaient qu’un pain avec eux dans la barque.
15 Or il leur faisait cette recommandation : ” Ouvrez l’œil et gardez-vous du levain des Pharisiens et du levain d’Hérode. ”
16 Et eux de faire entre eux cette réflexion, qu’ils n’ont pas de pains.
17 Le sachant, il leur dit : ” Pourquoi faire cette réflexion, que vous n’avez pas de pains ? Vous ne comprenez pas encore et vous ne saisissez pas ? Avez-vous donc l’esprit bouché,
18 des yeux pour ne point voir et des oreilles pour ne point entendre ? Et ne vous rappelez-vous pas,
19 quand j’ai rompu les cinq pains pour les cinq mille hommes, combien de couffins pleins de morceaux vous avez emportés ? ” Ils lui disent : ” Douze ” -
20 ” Et lors des sept pour les quatre mille hommes, combien de corbeilles pleines de morceaux avez-vous emportées ? ” Et ils disent : ” Sept. ”
21 Alors il leur dit : ” Ne comprenez-vous pas encore ? ”
19 Depuis longtemps, vous vous imaginez que nous nous défendons devant vous. C’est devant Dieu, dans le Christ, que nous parlons. Et tout cela, bien-aimés, pour votre édification.
20 Je crains, en effet, qu’à mon arrivée je ne vous trouve pas tels que je voudrais, et que vous me trouviez tel que vous ne voudriez pas ; qu’il n’y ait discorde, jalousie, animosités, disputes, calomnies, commérages, insolences, désordres.
21 Je crains qu’à ma prochaine visite mon Dieu ne m’humilie à votre sujet, et que je n’aie à mener le deuil sur plusieurs de ceux qui ont péché précédemment et ne se sont pas repentis pour leurs actes d’impureté, de fornication et de débauche.
Paul, comme l’avait été Jésus, sera rejeté et condamné dans la persécution, mais il est conscient que la force du Ressuscité lui est et lui sera toujours donnée, ce qui est également notre cas : Jésus, qui a vécu son obéissance à sa mission jusqu’au bout en prenant tous les risques, est bien celui qui désormais nous accompagne en toutes circonstances, y compris les adversités et persécutions que nous rencontrons quand nous essayons de lui rendre témoignage, et, comme Paul, nous avons sans cesse à le reconnaître :
9 Mais il (le Seigneur Jésus) m’a déclaré : ” Ma grâce te suffit : car la puissance se déploie dans la faiblesse. ” C’est donc de grand cœur que je me glorifierai surtout de mes faiblesses, afin que repose sur moi la puissance du Christ.
10 C’est pourquoi je me complais dans les faiblesses, dans les outrages, dans les détresses, dans les persécutions et les angoisses endurées pour le Christ ; car, lorsque je suis faible, c’est alors que je suis fort. …
4 Certes, il (le Christ) a été crucifié en raison de sa faiblesse, mais il est vivant par la puissance de Dieu. Et nous aussi, nous sommes faibles en lui, bien sûr, mais nous vivrons avec lui, par la puissance de Dieu, à votre égard.
5 Examinez-vous vous-mêmes pour voir si vous êtes dans la foi. Éprouvez-vous vous-mêmes. Ne reconnaissez-vous pas que Jésus Christ est en vous ?
Prière
*Seigneur Jésus, dans la mesure où, selon la puissance de ton Esprit Saint, nous découvrons quelle mission de témoins tu nous confies, en qualité de disciples et d’apôtres : aide-moi à croire, au-delà de mes faiblesses et incapacités, et au-delà de ma condition de pécheur, que je suis vraiment capable, en toi qui me rends fort, d’accomplir tout ce que tu me demandes selon la volonté du Père. AMEN.
04.08.2003.*
Évangile : Matthieu 14, 13-21
DE L’EVANGILE DE MATTHIEU
Texte
13 L’ayant appris, Jésus se retira en barque dans un lieu désert, à l’écart ; ce qu’apprenant, les foules partirent à sa suite, venant à pied des villes.
14 En débarquant, il vit une foule nombreuse et il en eut pitié ; et il guérit leurs infirmes.
15 Le soir venu, les disciples s’approchèrent et lui dirent : ” L’endroit est désert et l’heure est déjà passée ; renvoie donc les foules afin qu’elles aillent dans les villages s’acheter de la nourriture. “
16 Mais Jésus leur dit : ” Il n’est pas besoin qu’elles y aillent ; donnez-leur vous-mêmes à manger. ” -
17 ” Mais, lui disent-ils, nous n’avons ici que cinq pains et deux poissons. ” Il dit :
18 ” Apportez-les-moi ici. “
19 Et, ayant donné l’ordre de faire étendre les foules sur l’herbe, il prit les cinq pains et les deux poissons, leva les yeux au ciel, bénit, puis, rompant les pains, il les donna aux disciples, qui les donnèrent aux foules.
20 Tous mangèrent et furent rassasiés, et l’on emporta le reste des morceaux : douze pleins couffins !
21 Or ceux qui mangèrent étaient environ cinq mille hommes, sans compter les femmes et les enfants.
Commentaire
1. Situation
Cet Evangile, qui reprend beaucoup de passages de l’Evangile de Marc (qui avait été écrit vers 65), mais en y ajoutant des éléments qu’il partage en grande partie avec Luc, a été très probablement rédigé entre les années 85 et 90.
A parcourir tout ce Livre, on peut se demander s’il a été composé pour des chrétiens d’origine Juive (Judéochrétiens), ou pour des chrétiens d’origine païenne, ou encore pour les deux. Néanmoins, même s’il a été d’abord écrit pour confirmer une communauté Judéochrétienne dans sa découverte de la Bonne Nouvelle de Jésus, cet Evangile est ouvert également à la mission universelle auprès des païens, et il se termine par un envoi en mission par le Christ ressuscité, avec ces paroles : “allez, de toutes les nations, faites des disciples” (28, 18).
On peut diviser cet Evangile en 11 parties, qui se répondent en sens inverse (la 1ère correspondant à la dernière, la 2ème, à l’avant-dernière, etc…), concentrées autour de la 6ème partie, le “Discours en paraboles”, qui sert en quelque sorte de “pivot”. Nous obtenons ainsi le découpage suivant :
- Naissance de Jésus et commencement de sa mission (1 - 4)
- Bénédictions et Discours sur la montagne (5 - 7)
- Manifestations de l’autorité de Jésus et de ses appels (8 - 9)
- Discours sur la mission (10)
- Jésus rejeté par “cette génération” (11 - 12 )
- Discours en paraboles (13)
- Jésus reconnu par ses disciples (14 - 17)
- Discours sur la manière de vivre en communauté de croyants (18)
- De nouveau, Jésus manifeste son autorité et ses appels (19 - 22)
- Proclamation de situations malheureuses et Discours sur la venue définitive du Royaume (23 - 24)
- Passion, mort et résurrection (26 - 28)
Cette présentation fait ressortir que cet Evangile est bien rythmé par 5 grands discours de Jésus, dans lesquels l’auteur a concentré la majeure partie de son enseignement. Les 5 discours ont souvent fait penser aux 5 livres de Moïse de l’Ancien Testament. On dit volontiers que, pour Matthieu, Jésus est le “Nouveau Moïse”.
Avec notre page, qui se situe dans la 7ème division de l’Evangile de Matthieu (selon le schéma indiqué plus haut), nous avançons dans la partie du ministère de Jésus, au cours de laquelle il commence de se rapprocher de Jérusalem, tout en faisant découvrir à ses disciples le sens authentique, et inattendu pour eux, de sa mission, et en les préparant progressivement à son “heure” de passage au Père en sa passion-mort-résurrection. Et cela se situe dans un environnement où l’incroyance, voire les menaces directes de persécution, se manifestent ouvertement.
2. Message
Il existe 6 récits de la multiplication des pains par Jésus dans nos 4 Evangiles, dont 2 se trouvent dans cet Evangile de Matthieu.
Les circonstances précises de ce signe de Jésus varient cependant dans ces différents récits, et vont de la quasi nécessité absolue (en Matthieu, 15, 32 - 33, les gens sont avec Jésus depuis trois jours dans un endroit désert), à la gratuité la plus frappante (en Jean 6, 1 - 15, Jésus se préoccupe de donner à manger à la foule dès qu’il la voit le rejoindre). Dans le cas présent, Jésus pouvait encore se permettre de renvoyer la foule pour que ces gens aillent se procurer de la nourriture dans les villages voisins.
Jésus choisit cependant d’inviter 5000 hommes, auxquels il faut ajouter les femmes et les enfants, à un repas partagé entre tous, qu’il leur propose, à partir de la mutiplication de 5 pains et de 2 poissons.
Jésus se comporte ici en chef de communauté, selon les traditions des repas célébrés en Israël les jours de fêtes religieuses, repas où l’on pratiquait des gestes de bénédiction sur le pain et la coupe de vin, au début et à la fin du repas.
Ces gestes, que reprend ici Jésus (prendre, lever les yeux au ciel ou rendre grâces, bénir, rompre les pains et les distribuer - Matthieu ne parle que de bénédiction pour les poissons - ) concernent ici toute la substance du repas, dans lequel tous mangent à leur faim.
Jésus associe ses disciples à ses gestes : il leur revient ainsi d’organiser la foule en faisant asseoir les gens, et de distribuer le repas du miracle.
Rien ne doit se perdre de ce repas, qui est un don de Dieu, dont on ramasse les morceaux qui restent.
3. Decouvertes
Dans ce passage, ce miracle est situé dans le contexte d’une attitude d’immense compassion de Jésus, qui a pitié de cette foule, dont il guérit les malades (et à laquelle il ne prêche pas), attitude de réelle prise en charge que nous retrouvons tout au long des Evangiles.
Ici, comme dans les récits semblables de 1 Rois, 17, 8 - 16, de 2 Rois, 4, 42 - 44, et de Jean, 21, 4 - 8, le miracle n’est pas la conséquence d’une demande qui aurait été faite à Jésus : c’est la traduction, en une action précise, de la bonté suréminente et spontanée de Jésus.
En dépit de ce qu’affirment beaucoup d’opinions exprimées à ce sujet, il n’est pas certain que les chiffres mentionnés dans ce texte (5 pains, 2 poissons, 12 paniers, 5000 hommes) aient une signification symbolique.
A comparer ce passage avec celui de Matthieu, 26, 20 - 24, nous y lisons l’anticipation des gestes eucharistiques accomplis par Jésus lors de son dernier repas, et donc une anticipation du banquet messianique de la fin des temps, image du Royaume de Dieu achevé, après son inauguration en la mort-résurrection de Jésus et le don de l’Esprit Saint.
A le comparer avec le récit de ce qui s’est passé dans le miracle du prophète Elisée en 2 Rois, 4, 42 - 44, où beaucoup d’aspects ressemblent au déroulement de notre texte, il apparaît que Jésus achève l’image d’Elisée comme prophète de la fin des temps.
De plus, l’allusion à l’endroit désert où Jésus pensait se retirer en traversant la mer, après la mort de Jean Baptiste, nous rappelle le désert du Sinaï, où, après avoir traversé la Mer des Roseaux, le peuple d’Israël reçut le don de la manne (dont nous parle la première lecture de ce jour) au temps de Moïse.
Autant dire que ce signe de Jésus conduit à leur achèvement des gestes et situations semblables de l’Ancien Testament, tout en anticipant les gestes eucharistiques de son dernier repas, ainsi que le banquet messianique de la fin ultime des temps.
4. Prolongement
Notons que ce signe de Jésus est effectué à un moment critique, pour ne pas dire de crise. De même qu’il s’était “retiré” après l’annonce de l’arrestation de Jean Baptiste (4, 12), Jésus se “retire” cette fois, en apprenant la mort de ce prophète, qui annonce déjà la sienne à venir.
Mais “l’Heure” de Jésus n’est pas encore venue, et, en d’autres occasions, comme après des discussions houleuses avec ses adversaires, Jésus se “retirera” encore de l’avant-scène (voir Matthieu, 15, 1 - 21 et 16, 1 - 5). Lors de son séjour à Jérusalem, quelques jours avant son arrestation, il ira, selon tous les Evangiles, tous les soirs se “mettre à l’abri”, si bien que les autorités auront besoin d’un indicateur (Judas Iscariote) pour le trouver et s’emparer de lui.
C’est lorsque son “Heure” sera venue, que Jésus, la veille de sa mort, refera les mêmes gestes sur le pain, puis sur la coupe de vin, lors de son dernier repas. L’eucharistie que nous célébrons en Eglise, depuis la résurrection de Jésus et le don de l’Esprit Saint, nous renvoie toujours à l‘“Heure” la plus critique de la plus grande crise de l’histoire du salut du monde :
26 Chaque fois en effet que vous mangez ce pain et que vous buvez cette coupe, vous annoncez la mort du Seigneur, jusqu’à ce qu’il vienne.
Prière
*Seigneur Jésus, en nous disant : “venez à moi vous tous qui peinez, et je vous soulagerai”, tu as manifesté en paroles ce que tu accomplissais tous les jours tout au long de ton ministère au coeur de notre monde, et tu as ainsi révélé à quel point Dieu était riche en miséricorde, miséricorde et pardon dont tu as témoigné en notre faveur, en vivant jusqu’à l’extrême de ta mort sur la croix ton engagement prophétique pour la Vérité de ton message et l’authenticité de tes gestes de grâce et de gratuité : donne-moi, dans la lecture de ta Parole en Eglise, comme dans la célébration des gestes eucharistiques de ton dernier repas, gestes que tu nous as demandé de répéter “en mémoire de toi”, de vivre toute mon existence dans une unité profonde avec toi, et par toi, dans l’Esprit Saint, avec le Père qui fait de moi son fils, et me rend capable de reproduire chaque jour ton image. AMEN.
04.08.2003.*