📘 Commentaire biblique de l’abbé Léon Hamain
Première lecture : Nahum 1, 1-15
DU LIVRE DE NAHUM
Texte
15 (2:1) Voici sur les montagnes Les pieds du messager qui annonce la paix! Célèbre tes fêtes, Juda, accomplis tes voeux! Car le méchant ne passera plus au milieu de toi, Il est entièrement exterminé…
1 (2:2) Le destructeur marche contre toi. Garde la forteresse! Veille sur la route! affermis tes reins! Recueille toute ta force!…
2 (2:3) Car l’Éternel rétablit la gloire de Jacob Et la gloire d’Israël, Parce que les pillards les ont pillés Et ont détruit leurs ceps…
…
1 Malheur à la ville sanguinaire, Pleine de mensonge, pleine de violence, Et qui ne cesse de se livrer à la rapine!…
2 On entend le bruit du fouet, Le bruit des roues, Le galop des chevaux, Le roulement des chars.
3 Les cavaliers s’élancent, l’épée étincelle, la lance brille… Une multitude de blessés!… une foule de cadavres!… Des morts à l’infini!… On tombe sur les morts!…
4 (C’est à cause des nombreuses prostitutions de la prostituée, Pleine d’attraits, habile enchanteresse, Qui vendait les nations par ses prostitutions Et les peuples par ses enchantements.
5 Voici, j’en veux à toi, dit l’Éternel des armées, Je relèverai tes pans jusque sur ton visage, Je montrerai ta nudité aux nations, Et ta honte aux royaumes.)
6 Je jetterai sur toi des impuretés, je t’avilirai, Et je te donnerai en spectacle.
7 Tous ceux qui te verront fuiront loin de toi, Et l’on dira: Ninive est détruite! Qui la plaindra? Où te chercherai-je des consolateurs?
Commentaire
1. Situation
Ce petit Livre prophétique de trois chapitres tout orienté par son message sur la chute de l’empire Assyrien et de Ninive sa capitale révèle de multiples couches de compositions qui rendent difficile une analyse exacte de son origine et des influences qui ont pu le marquer.
“Nahum” pourrait se traduire par “réconfort et consolation”, et de ce fait son début (1, 1) ressemble à celui du Second Prophète Isaïe (ou de la seconde partie du Livre d’Isaïe). Notons que ce nom de “Nahum” ainsi défini contraste fortement avec le message très dur du Livre tout entier.
Il est difficile de dater ce Livre. Alors que son thème unique le situe entre 663 (chute de Thèbes d’Egypte devant les Assyriens) et 612 (chute et ruine de Ninive), l’on pense que sa rédaction finale est à situer probablement au cours de l’exil ou même postérieurement à l’exil à Babylone.
Cette prophétie anti-Assyrienne se présente dans son introduction comme un “oracle qui pèse” (1, 1 ), avant de se développer successivement en une hymne théophanique (1, 2 - 8), suivie d’une série de réflexions sur la futilité de la résistance Assyrienne (1, 9 - 11), les destiins contrastés de Juda et de l’Assyrie (1, 12 - 2, 2), l’assaut contre Ninive (2, 3 - 13),, avant de se conclure par un oracle final contre Ninive (3, 1 - 17).
On s’interroge sur la véritable théologie de ce Livre tant porteur de colère, de violence et de vengeance, même si l’on peut estimer qu’un Dieu juste doit punir ceux qui commettent le mal, et manifester également sa souveraineté universelle.
2. Message
Notre passage rassemble un certain nombre d’extraits mis ensemble des chapitres 2 et 3 de ce Livre.
C’est ainsi qu’il y est d’abord question de la joie du peuple libéré, qui n’a plus à craindre la menace Assyrienne puisque le méchant vient d’être exterminé.
Il chante ensuite la destruction de Ninive, événement qu’il décrit en langage et en images violents et sanguinaires, indiquant qaue cette ville, symbole de la puissance et de la barbarie assyriennes, est traitée de la même façon qu’elle avait détruit ses adversaires.
3. Decouvertes
Si la première partie de ce passage ressemble à la description du message de paix d’Isaïe, 52 ,7, annonçant la fin de l’exil, le chapitre 3 se présente comme un oracle qui crie malheur et malédiction.
4. Prolongement
Le Nouveau Testament ne nous présente plus un “Dieu” qui détruit avec violence, sauf dans les visions d’annihilation de l’Advesaire ennemi de Dieu dans le Livre de l’Apocalypse, livre au langage très particulier et très caricatural dans ses tableaux fantastiques et volontairement exagérés.
Il s’agit de montrer que le mal et toutes les puissances qu’il peut déployer, sous la forme de destructions et de persécutions les plus atroces, ne pourra jamais l’emporter sur la victoire de Dieu par le Christ, “l’Agneau debout comme immolé”, qui, en sa mort-résurrection, sauve tous ceux qui se remettent à lui dans la confiance.
Aucun pouvoir humain qui pratique une politique d’agression, d’oppression ou de destruction ne pourra tenir devant la force de la non-violence de celui qui triomphe dans la miséricorde et le pardon.
Il nous faut donc aller au-delà des visions d’apocalypse au langage et aux images très manifestemnet forcées ; Apocalypse
19.17 Et je vis un ange qui se tenait dans le soleil. Et il cria d’une voix forte, disant à tous les oiseaux qui volaient par le milieu du ciel: Venez, rassemblez-vous pour le grand festin de Dieu, 19.18 afin de manger la chair des rois, la chair des chefs militaires, la chair des puissants, la chair des chevaux et de ceux qui les montent, la chair de tous, libres et esclaves, petits et grands. 19.19 Et je vis la bête, et les rois de la terre, et leurs armées rassemblés pour faire la guerre à celui qui était assis sur le cheval et à son armée.
19.20 Et la bête fut prise, et avec elle le faux prophète, qui avait fait devant elle les prodiges par lesquels il avait séduit ceux qui avaient pris la marque de la bête et adoré son image. Ils furent tous les deux jetés vivants dans l’étang ardent de feu et de soufre.
19.21 Et les autres furent tués par l’épée qui sortait de la bouche de celui qui était assis sur le cheval; et tous les oiseaux se rassasièrent de leur chair.
20.7 Quand les mille ans seront accomplis, Satan sera relâché de sa prison.
20.8 Et il sortira pour séduire les nations qui sont aux quatre coins de la terre, Gog et Magog, afin de les rassembler pour la guerre; leur nombre est comme le sable de la mer.
20.9 Et ils montèrent sur la surface de la terre, et ils investirent le camp des saints et la ville bien-aimée. Mais un feu descendit du ciel, et les dévora.
20.10 Et le diable, qui les séduisait, fut jeté dans l’étang de feu et de soufre, où sont la bête et le faux prophète. Et ils seront tourmentés jour et nuit, aux siècles des siècles.
Prière
*Seigneur Jésus, avant de quitter les tiens pour te rendre au jardin où tu allais être arrêté par les envoyés des grands prêtres, tu avais laissé à tes disciples ces derniers mots : “le Père est avec moi, ayez confiance, j’ai vaincu le monde, et maintenant que tu es ressuscité et entré dans la gloire de Dieu, tu es toujours avec nous dans toutes les circonstances que traverse notre existence terrestre, ce qui fait que si sans toi nous ne pouvons ruien faire, avec toi et en toi nous sommes rendus capables de tout : donne-moi de ne jamais en douter et de toujours en tenir le plus grand compte. AMEN.
06.08.2004.*
Évangile : Matthieu 16, 24-28
DE L’EVANGILE DE MATTHIEU
Texte
24 Alors Jésus dit à ses disciples : ” Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il se renie lui-même, qu’il se charge de sa croix, et qu’il me suive.
25 Qui veut en effet sauver sa vie la perdra, mais qui perdra sa vie à cause de moi la trouvera.
26 Que servira-t-il donc à l’homme de gagner le monde entier, s’il ruine sa propre vie ? Ou que pourra donner l’homme en échange de sa propre vie ?
27 ” C’est qu’en effet le Fils de l’homme doit venir dans la gloire de son Père, avec ses anges, et alors il rendra à chacun selon sa conduite.
28 En vérité je vous le dis : il en est d’ici présents qui ne goûteront pas la mort avant d’avoir vu le Fils de l’homme venant avec son Royaume.
Commentaire
1. Situation
Cet Evangile, qui reprend beaucoup de passages de l’Evangile de Marc (qui avait été écrit vers 65), mais en y ajoutant des éléments qu’il partage en grande partie avec Luc, a été très probablement rédigé entre les années 85 et 90.
A parcourir tout ce Livre, on peut se demander s’il a été composé pour des chrétiens d’origine Juive (Judéochrétiens), ou pour des chrétiens d’origine païenne, ou encore pour les deux. Néanmoins, même s’il a été d’abord écrit pour confirmer une communauté Judéochrétienne dans sa découverte de la Bonne Nouvelle de Jésus, cet Evangile est ouvert également à la mission universelle auprès des païens, et il se termine par un envoi en mission par le Christ ressuscité, avec ces paroles : “allez, de toutes les nations, faites des disciples” (28, 18).
On peut diviser cet Evangile en 11 parties, qui se répondent en sens inverse (la 1ère correspondant à la dernière, la 2ème, à l’avant-dernière, etc…), concentrées autour de la 6ème partie, le “Discours en paraboles”, qui sert en quelque sorte de “pivot”. Nous obtenons ainsi le découpage suivant :
- Naissance de Jésus et commencement de sa mission (1 - 4)
- Bénédictions et Discours sur la montagne (5 - 7)
- Manifestations de l’autorité de Jésus et de ses appels (8 - 9)
- Discours sur la mission (10)
- Jésus rejeté par “cette génération” (11 - 12 )
- Discours en paraboles (13)
- Jésus reconnu par ses disciples (14 - 17)
- Discours sur la manière de vivre en communauté de croyants (18)
- De nouveau, Jésus manifeste son autorité et ses appels (19 - 22)
- Proclamation de situations malheureuses et Discours sur la venue définitive du Royaume (23 - 24)
- Passion, mort et résurrection (26 - 28)
Cette présentation fait ressortir que cet Evangile est bien rythmé par 5 grands discours de Jésus, dans lesquels l’auteur a concentré la majeure partie de son enseignement. Les 5 discours ont souvent fait penser aux 5 livres de Moïse de l’Ancien Testament. On dit volontiers que, pour Matthieu, Jésus est le “Nouveau Moïse”.
Avec notre page, nous continuons d’accompagner Jésus dans sa 3ème grande mission apostolique, située dans l’Evangile de Matthieu, entre ses 3ème et 4ème grands discours, et au cours de laquelle il commence de se rapprocher de Jérusalem, tout en faisant découvrir à ses disciples le sens authentique, et inattendu pour eux, de sa mission, et en les préparant progressivement à son “heure” de passage au Père en sa passion-mort-résurrection.
2. Message
Suite à la déclaration de Pierre le proclamant “Christ-Fils du Dieu Vivant”, Jésus vient, pour la première fois, d’annoncer à ses disciples sa passion et sa mort prochaines, ainsi que sa résurrection.
Il précise maintenant que ses disciples doivent suivre le même chemin que lui. Il s’agit pour eux de perdre leur vie pour lui, afin de la retrouver par lui.
Le Fils de l’homme qu’est Jésus est bien celui qui propose la vie de qualité nouvelle d’enfants de Dieu à ceux qui veulent bien l’accueillir et marcher avec lui dans la confiance. C’est dans le cadre de cette proposition, et en fonction de la réception qui lui est faite, qu’il est le Juge de la fin ultime des temps.
3. Decouvertes
C’est maintenant qu’il nous faut être disciples, en pensant à notre avenir de l’achèvement définitif de la fin des temps, qui est le plus important.
Être disciple suppose que l’on suive Jésus dans un engagement pesonnel qui implique que l’on renonce totalement à soi-même, en prenant tous les risques pour le message et la cause de Jésus, qui accomplit le plan de salut de Dieu.
Telle est l’obéissance de la foi, que Jésus lui-même a vécue en premier, et qu’il nous aide à vivre aujourd’hui par son Esprit Saint, qu’il a répandu en nous suite à sa résurrection.
4. Prolongement
Message de Jésus compris à cent pour cent par Paul :
19 En effet, par la Loi je suis mort à la Loi afin de vivre à Dieu : je suis crucifié avec le Christ ;
20 et ce n’est plus moi qui vis, mais le Christ qui vit en moi. Ma vie présente dans la chair, je la vis dans la foi au Fils de Dieu qui m’a aimé et s’est livré pour moi.
14 Pour moi, que jamais je ne me glorifie sinon dans la croix de notre Seigneur Jésus Christ, qui a fait du monde un crucifié pour moi et de moi un crucifié pour le monde.
14 Car l’amour du Christ nous presse, à la pensée que, si un seul est mort pour tous, alors tous sont morts.
15 Et il est mort pour tous, afin que les vivants ne vivent plus pour eux-mêmes, mais pour celui qui est mort et ressuscité pour eux.
3 Nous vivons dans la chair, évidemment, mais nous ne combattons pas selon la chair.
4 Non, les armes de notre combat ne sont point charnelles, mais elles ont, au service de Dieu, la puissance de renverser les forteresses. Nous renversons les sophismes
5 et toute puissance altière qui se dresse contre la connaissance de Dieu, et nous faisons toute pensée captive pour l’amener à obéir au Christ.
Prière
*Seigneur Jésus, tu nous as annoncé et promis que, là où tu es, là aussi sera ton serviteur, sur le chemin de ton obéissance jusqu’à la mort de la croix, mais également dans la participation à ta gloire, dans l’unité totale avec le Père : que mon “OUI” à te suivre soit vraiment l’expression de ton propre “OUI” au Père, qu’il soit ouvert à ton Esprit que tu renouvelles en moi, pour qu’ainsi, par lui, tu me re-saisisses de l’intérieur, et que ma foi en toi soit réellement dépossession de moi-même, qui se traduise en priorité dans le service gratuit de tous mes frères et soeurs. AMEN.
09.08.2002.*