📘 Commentaire biblique de l’abbé Léon Hamain


Première lecture : Ézéchiel 12, 1-12

DU LIVRE D’EZECHIEL

Texte

1 La parole de l’Éternel me fut adressée, en ces mots:
2 Fils de l’homme, tu habites au milieu d’une famille de rebelles, qui ont des yeux pour voir et qui ne voient point, des oreilles pour entendre et qui n’entendent point; car c’est une famille de rebelles.
3 Et toi, fils de l’homme, prépare tes effets de voyage, et pars de jour, sous leurs yeux! Pars, en leur présence, du lieu où tu es pour un autre lieu: peut-être verront-ils qu’ils sont une famille de rebelles.
4 Sors tes effets comme des effets de voyage, de jour sous leurs yeux; et toi, pars le soir, en leur présence, comme partent des exilés.
5 Sous leurs yeux, tu perceras la muraille, et tu sortiras tes effets par là.
6 Sous leurs yeux, tu les mettras sur ton épaule, tu les sortiras pendant l’obscurité, tu te couvriras le visage, et tu ne regarderas pas la terre; car je veux que tu sois un signe pour la maison d’Israël.
7 Je fis ce qui m’avait été ordonné: je sortis de jour mes effets comme des effets de voyage, le soir je perçai la muraille avec la main, et je les sortis pendant l’obscurité et les mis sur mon épaule, en leur présence.
8 Le matin, la parole de l’Éternel me fut adressée, en ces mots:
9 Fils de l’homme, la maison d’Israël, cette famille de rebelles ne t’a-t-elle pas dit: Que fais-tu?
10 Dis-leur: Ainsi parle le Seigneur, l’Éternel: Cet oracle concerne le prince qui est à Jérusalem, et toute la maison d’Israël qui s’y trouve.
11 Dis: Je suis pour vous un signe. Ce que j’ai fait, c’est ce qui leur sera fait: Ils iront en exil, en captivité.
12 Le prince qui est au milieu d’eux Mettra son bagage sur l’épaule pendant l’obscurité et partira; On percera la muraille pour le faire sortir; Il se couvrira le visage, Pour que ses yeux ne regardent pas la terre.

Commentaire

1. Situation

Le prophète Ezéchiel a prêché durant l’exil des déportés du royaume de Juda à Babylone, à une période des plus dramatiques de l’histoire d’Israël. Emmené en exil avec les premiers déportés de 598, donc avant la ruine de Jérusalem et le second départ en exil un peu plus de 10 ans plus tard, il y a prêché des années 593 à environ 571.

Son livre se développe en trois grandes parties : - des oracles de jugement (1, 1 - 24, 27), - des oracles contre les nations étrangères (25, 1 - 32, 32), des oracles de restauration (33, 1 - 48, 35), parmi lesquels les derniers chapitres (40, 1 - 48, 35) concernent le nouveau Temple et le nouveau Culte à Jérusalem.

Ezéchiel est connu pour la puissance de ses visions, particulièrement celle de son appel prophétique, également par ses mimes prophétiques, autant que par son insistance sur la fidélité à l’Alliance conclue avec Dieu, son sens de la grandeur, de la sainteté et de la fidélité de Yahvé-Dieu, et des exigences de la vie morale et de l’exercice du culte authentique à rendre à Dieu

2. Message

Ezéchiel est ici invité par le Seigneur à jouer devant ceux qui l’entourent le mime d’un départ en déportation, et cela selon des détails très précis en tous points. Ce qu’il accomplit avec une très grande minutie, et aux heures de la journée indiquées par le Seigneur.

Suite à cela le Seigneur parle de nouveau à Ezéchiel le lendemain pour lui communiquer l’explication qu’il doit donner des gestes qu’il a dû accomplir publiquement sur l’ordre de Dieu.

Le message ainsi annoncé par Ezéchiel de la part de Yahvé est des plus clairs : les habitants actuels de Jérusalem ne sont que des rebelles, que Dieu va abandonner à leur triste sort volontairement choisi : derrière leur roi qui se révolte contre Babylone, ils vont partir en déportation et dans des conditions semblables à celles que le prophète a dû réaliser dans son mime prophétique.

3. Decouvertes

De tels mimes prophétiques sont à considérer comme très parlants et très porteurs d’une force de réalisation, car ils sont présentés comme Parole de Dieu agissante.

Tel qu’il nous est ici présenté, ce récit semble indiquer qu’Ezéchiel se trouverait à Jérusalem parmi ceux auxquels il est censé s’adresser, car c’est bien des habitants de Jérusalem qu’il s’agit dans cette parole forte et mimée qu’il leur transmet. Mais Ezéchiel se trouve bien en exil au pays de Babylone, et il n’est nullement mentionné ici qu’il agit dans le cadre d’une vision qui l’aurait saisi et emporté : d’où comment ce message du Seigneur pourrait-il atteindre ses destinataires, les futurs déportés de la Ville Sainte ? En fait, il s’agit là d’une fausse question : Ezéchiel s’adresse tout simplement à des exilés qui rêvent d’un retour à Jérusalem et dans son Temple, et auxquels il fait comprendre que la réalité va être toute autre, avec l’arrivée parmi eux d’une seconde vague d’exilés et la destruction de la Ville Sainte.

Le 2nd Livre des Rois rapporte le départ du roi Ezéchias en déportation dans des circonstances qui semblent réaliser presque à la lettre cette prophétie d’Ezéchiel : il tentera de fuir de nuit, par une bréche ouverte dans les remparts de la ville assiégée par les Chaldéens, avant d’être rattrapé par ces derniers, fait prisonnier, conduit devant le roi Nabuchodonosor qui lui fera assister à la mise à mort de ses fils avant de lui faire crever les yeux Autant de détails sur la manière de partir en exil, et de faire cela les “yeux couverts”, donc rendus incapables de voir.

On s’est demandé de ce fait si l’explication des gestes mimés d’Ezéchiel, qui se trouve à la fin de notre passage, n’avait pas été rédigée après l’événément de la chute de Jérusalem et du départ du roi Ezéchias en déportation ayant ainsi perdu la vue. Et ce, d’autant plus que, dans le mime d’Ezéchiel, le départ en déportation simulé ayant lieu de nuit, point n’est besoin pour le prophète de se couvrir les yeux pour ne pas regarder ni voir le pays.

Reste cependant que les gestes effectués par le prophète ne sont que suggestifs, et demeurent assez vagues, et que ce que le prophète effectue à titre individuel en sortant ainsi de sa maison est assez différent d’un départ de nombreuses personnes par une brèche dans un rempart de ville fortifiée. De plus, il semble qu’à cette époque, l’on crevait habituellement les yeux des prisonniers que l’on voulait réduire en esclavage, ou des responsables qui n’avaient pas rempli leur contrat de mission. On peut donc considérer qu’Ezéchiel a voulu annoncer et signifier de façon forte la déportation des habitants de Jérusalem en exil avec tout ce qu’elle représente de douleur et de perte de dignité sans pour autant envisager le choix concret des habitants assiégés de Jérusalem et de leur roi : ou bien mourir, soit affamés, soit sous l’assaut des agresseurs, ou bien tenter de fuir par une brèche dans les remparts.

4. Prolongement

Si, dans les récits des faits et gestes de Jésus que nous relatent les Evangiles il n’est plus question de mimes prophétiques, nous assistons néanmoins à beaucoup d’actions de guérison ou de faits miraculeux de Jésus qui sont autant de “signes” du salut qu’il propose et donne à tous ceux qui croient en lui : ainsi les guérisons physiques qu’il opère annoncent-elles la guérison totale qu’il est venu réaliser en nous pour nous configurer à lui et nous faire devenir enfants et fils de Dieu à son image. Et l’efficacité même de ces gestes dans le domaine du rétablissement de la santé physique atteste bien de l’efficacité non moins forte de l’entrée dans la vie nouvelle divinisée qu’il nous offre à accueillir dans une démarche de foi pauvre et confiante.

D’autre part, Jésus, et ses premiers disciples après lui, ont chargé d’une signification porteuse d’une efficacité spirituelle selon Dieu certains gestes très simples qui nous ont été laissés comme lieu de transmission de ce qu’a vécu et apporté Jésus : la fraction d’un peu de pain que l’on partage et le faire tourner entre nous d’une coupe de vin, après avoir rendu grâces et invoqué l’Esprit Saint,, gestes qui nous communiquent le “OUI” au Père et à tous les hommes qu’a vécu Jésus en son “Heure” suprême de passage au Père au terme de sa mission risquée, la plongée dans la piscine baptismale et la remontée de ce bain comme porteurs d’une transformation radicale de tout notre être dans une conformité à l’humanité nouvelle du Christ Ressuscité.

Sans oublier le “signe” de l’amour gratuit entre frères et soeurs à la façon de Jésus et dans le don reçu de son Esprit Saint, “signe” absolument déterminant de notre situation de disciples croyants, qui se fait reconnaître ainsi.

Prière

*Seigneur Jésus, fais que notre existence, en tous ses aspects, devienne parole te révélant au travers de notre humanité saisie par toi dans ton Esprit Saint : donne-moi de vivre tellement à ton image dans le concret de mes paroles et de mes actions que je devienne annonce vivante de ta présence et de ta puissance unique de salut au milieu des hommes et des femmes de ce temps et pour eux tous. AMEN.

12.08.2004.*

Évangile : Matthieu 18, 1-35

DE L’EVANGILE DE MATTHIEU

Texte

21 Alors Pierre, s’avançant, lui dit : ” Seigneur, combien de fois mon frère pourra-t-il pécher contre moi et devrai-je lui pardonner ? Irai-je jusqu’à sept fois ? “
22 Jésus lui dit : ” Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à soixante-dix-sept fois.
23 ” A ce propos, il en va du Royaume des Cieux comme d’un roi qui voulut régler ses comptes avec ses serviteurs.
24 L’opération commencée, on lui en amena un qui devait dix mille talents.
25 Cet homme n’ayant pas de quoi rendre, le maître donna l’ordre de le vendre, avec sa femme, ses enfants et tous ses biens, et d’éteindre ainsi la dette.
26 Le serviteur alors se jeta à ses pieds et il s’y tenait prosterné en disant : “Consens-moi un délai, et je te rendrai tout. “
27 Apitoyé, le maître de ce serviteur le relâcha et lui fit remise de sa dette.
28 En sortant, ce serviteur rencontra un de ses compagnons, qui lui devait cent deniers ; il le prit à la gorge et le serrait à l’étrangler, en lui disant : “Rends tout ce que tu dois. “
29 Son compagnon alors se jeta à ses pieds et il le suppliait en disant : “Consens-moi un délai, et je te rendrai. “
30 Mais l’autre n’y consentit pas ; au contraire, il s’en alla le faire jeter en prison, en attendant qu’il eût remboursé son dû.
31 Voyant ce qui s’était passé, ses compagnons en furent navrés, et ils allèrent raconter toute l’affaire à leur maître.
32 Alors celui-ci le fit venir et lui dit : “Serviteur méchant, toute cette somme que tu me devais, je t’en ai fait remise, parce que tu m’as supplié ;
33 ne devais-tu pas, toi aussi, avoir pitié de ton compagnon comme moi j’ai eu pitié de toi ?“
34 Et dans son courroux son maître le livra aux tortionnaires, jusqu’à ce qu’il eût remboursé tout son dû.
35 C’est ainsi que vous traitera aussi mon Père céleste, si chacun de vous ne pardonne pas à son frère du fond du cœur. “
1 Et il advint, quand Jésus eut achevé ces discours, qu’il quitta la Galilée et vint dans le territoire de la Judée au-delà du Jourdain.

Commentaire

1. Situation

Cet Evangile, qui reprend beaucoup de passages de l’Evangile de Marc (qui avait été écrit vers 65), mais en y ajoutant des éléments qu’il partage en grande partie avec Luc, a été très probablement rédigé entre les années 85 et 90.

A parcourir tout ce Livre, on peut se demander s’il a été composé pour des chrétiens d’origine Juive (Judéochrétiens), ou pour des chrétiens d’origine païenne, ou encore pour les deux. Néanmoins, même s’il a été d’abord écrit pour confirmer une communauté Judéochrétienne dans sa découverte de la Bonne Nouvelle de Jésus, cet Evangile est ouvert également à la mission universelle auprès des païens, et il se termine par un envoi en mission par le Christ ressuscité, avec ces paroles : “allez, de toutes les nations, faites des disciples” (28, 18).

On peut diviser cet Evangile en 11 parties, qui se répondent en sens inverse (la 1ère correspondant à la dernière, la 2ème, à l’avant-dernière, etc…), concentrées autour de la 6ème partie, le “Discours en paraboles”, qui sert en quelque sorte de “pivot”. Nous obtenons ainsi le découpage suivant :

  • Naissance de Jésus et commencement de sa mission (1 - 4)
  • Bénédictions et Discours sur la montagne (5 - 7)
  • Manifestations de l’autorité de Jésus et de ses appels (8 - 9)
  • Discours sur la mission (10)
  • Jésus rejeté par “cette génération” (11 - 12 )
  • Discours en paraboles (13)
  • Jésus reconnu par ses disciples (14 - 17)
  • Discours sur la manière de vivre en communauté de croyants (18)
  • De nouveau, Jésus manifeste son autorité et ses appels (19 - 22)
  • Proclamation de situations malheureuses et Discours sur la venue définitive du Royaume (23 - 24)
  • Passion, mort et résurrection (26 - 28)

Cette présentation fait ressortir que cet Evangile est bien rythmé par 5 grands discours de Jésus, dans lesquels l’auteur a concentré la majeure partie de son enseignement. Les 5 discours ont souvent fait penser aux 5 livres de Moïse de l’Ancien Testament. On dit volontiers que, pour Matthieu, Jésus est le “Nouveau Moïse”.


Le 4ème discours de Jésus, le discours communautaire, que nous lisons actuellement, se déroule en 2 parties : - l’importance des “petits”, des “démunis”, qu’il faut savoir accueillir et imiter dans la communauté (18, 1 - 14), - comment se comporter en communauté de disciples de Jésus : correction fraternelle et exclusions, le pardon, avec en complément la parabole du serviteur pardonné qui ne pardonne pas (18, 15 - 35).

2. Message

Après avoir fait le point sur un certain nombre dc situations et défini un certain nombre d’attitudes (la vraie grandeur devant Dieu, le scandale causé aux “petits”, la nécessité de rechercher celui qui s’égare, les procédures dc jugement), Jésus en vient maintenant à la pratique du pardon entre frères et soeurs de la communauté. Pierre l’interroge à ce sujet de façon on ne peut plus précise : pardonner, est-ce une attitude exceptionnelle ou une attitude qu’il faut avoir constamment ?

La réponse de Jésus est absolument sans ambiguïté: il faut pardonner 70 fois 7 fois, c’est- à-dire toujours. “7” et “70” sont des chiffres symbolisant la plénitude et l’ accomplissement. Et .Jésus d’illustrer cette réponse d’une parabole sur le Royaume des cieux, mettant Dieu en scène sous le rôle du roi qui remet à l’un de ses serviteurs, qui l’en a supplié, une dette incommensurable de 60 millions de pièces d’argent, et cela sans condition aucune, simplement par pitié et par compassion. Le pardon que Dieu accorde est premier, et il dépasse tout ce qu’on peut imaginer.

Face à cela, le serviteur, bien que pardonné ainsi de façon magnifique, va se faire condamner parce qu’il n’a pas vraiment accueilli ce pardon comme un don gratuit, immérité totalement, et qu’il doit essayer de prolonger, en imitant l’attitude de Dieu qui lui a si bien pardonné. Pour quelque 100 pièces d’argent que lui doit un collègue, il exige remboursement immédiat, ne veut pas accorder le moindre délai de remboursement, et encore moins envisager de remettre la dette, et il fait jeter le débiteur en prison.

La leçon de ce récit nous est fournie au terme de la parabole, quand le roi reproche au serviteur, à qui il avait remis la totalité de son énorme dette, de n’avoir pas mesuré la dimension du don et du pardon qui lui avaient été accordés : ce serviteur aurait dû, à son tour, se comporter à l’égard de son collègue comme le roi s’était comporté envers lui.

Conclusion lumineuse : Dieu, qui nous pardonne en premier, avec une telle gratuité, attend de nous que nous pardonnions à nos frères et soeurs de tout notre coeur.

3. Decouvertes

L’importance de la somme que doit au roi le serviteur indique bien que, malgré ses paroles, il ne pourra jamais rembourser, même progressivement, avec le temps, comme il le demande. Il ne pourra s’en tirer que par une remise totale de sa dette, dans le don reçu de la miséricorde totalement gratuite. Devant Dieu, uous sommes ce serviteur, dans une situation absolument “bouchée”, et dont nous ne pouvons nous “dépétrer” sans recevoir la grâce gratuite du salut, qui est pardon et remise totale de nos péchés et autres dettes vis- à-vis du Seigneur et de ses exigences.

Notre seule attitude correcte de disciples pardonnés est donc d’être disposés à pardonner , indéfiniment, autant de fois qu’il le faudra. à nos frères et soeurs. selon le sens de l’expression “70 (ou 77) fois 7 fois”, même si nous ne pouvons y arriver sans la grâce de Dieu. La parabole répond donc entièrement à la question posée par Pierre à Jésus.

Le verset 34 laisse supposer un châtiment sans fin. dans la mesure où l’on pense que le remboursement d’une pareille somme est absolument impossible, encore que le jugement définitif n’appartient qu’à Dieu et que nous n’ayons aucun droit d’en présager l’issue pour qui que ce soit. La seule chose dont nous soyons sûrs, c’est que le don de Dieu dépassera toujours tout ce qu’on peut imaginer ou concevoir (Ephésiens, 3, 20 - 21).

A noter que la position de Jésus sur le pardon est complètement à l’inverse de celle de Lamech, concernant sa vengeance, en Genèse, 4, 15. 24. D’autre part, on s’est demandé si cette Parabole du serviteur impitoyable n’a pas d’abord été composée pour servir de commentaire imagé à l’instruction de Jésus en Matthieu, 6, 12, 14 et 15, sur la prière qu’il nous propose, le “Notre Père”, et les remarques qui la suivent, concernant le pardon.

4. Prolongement

Le pardon de Dieu, sa grâce gratuite qui nous rend justes devant lui, sont vraiment le fondement de notre existence chrétienne, si nous les accueillons dans la foi. C’est par grâce que nous sommes sauvés, nous n’y sommes pour rien, c’est un don de Dieu, écrit Paul aux Ephésiens, 2,4 -10. Voir également Colossiens, 2, 13.

Quand Jésus ressuscité apparaît à ses disciples, le soir de Pâques, dans l’Evangile de Jean, au chapitre 20, il leur donne, dans l’Esprit Saint, la capacité de remettre les péchés, c’est-à-dire de transmettre le salut qu’il apporte. en effet, ce salut, qui nous est donné dans l’Esprit Saint, qui nous rends “fils”, “héritiers” et “co-héritiers” avec le Christ, est vraiment pour nous une mort au péché, donc un pardon total : voir Romains, 8, 14 - 17 et 6, 4 - 11.

Lorsque nous nous adressons à Dieu comme Père, avec la prière que nous a laissée .Jésus, nous déclarons accepter la logique du pardon, en manifestant notre intention de pardonner à nos frères dans le prolongement du pardon reçu de Dieu. Sans cette logique, nous ne sommes pas disposés à recevoir le pardon de Dieu, d’où la formule de Jésus : “pardonne-nous nos péchés, eomme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés”. De nous-mêmes, nous ne sommes pas capables de vraiment pardonner, mais cela nous est possible avec la force reçue de Dieu qui nous sauve et nous pardonne, à la condition que nous soyons décidés à entrer dans cette logique du pardon, en essayant toujours de pardonner à nos frères et soeurs.

Prière

*Seigneur Jésus, nous avons du mal à nous rendre compte de l’extraordinaire grandeur de la gratuité de ton salut, et de la dimension de pardon qui lui est attachée, et nous sommes toujours tentés de nous justifier, de nous valoriser, à partir de nous-mêmes, en oubliant que tout est grâce et que nous avons tout reçu, ce qui nous engage à devenir d’autant plus humbles que nous avons à assumer nos responsabilités : fais que je n’oublie jamais que ma première dignité, face à ton Royaume, c’est d’être un pécheur pardonné, qui ne doit jamais douter de la miséricorde de Dieu, ni de la nécessité d’essayer de toujours mieux pardonner à tous mes frères et soeurs. AMEN.

14.08.2003.*


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