📘 Commentaire biblique de l’abbé Léon Hamain


Première lecture : Deutéronome 34, 1-12

DU LIVRE DU DEUTERONOME

Texte

1 Alors, partant des Steppes de Moab, Moïse gravit le mont Nebo, sommet du Pisga en face de Jéricho, et Yahvé lui fit voir tout le pays : le Galaad jusqu’à Dan,
2 tout Nephtali, le pays d’Éphraïm et de Manassé, tout le pays de Juda jusqu’à la mer Occidentale,
3 le Négeb, le district de la vallée de Jéricho, ville de palmiers, jusqu’à Çoar.
4 Yahvé lui dit : ” Voici le pays que j’ai promis par serment à Abraham, Isaac et Jacob, en ces termes : Je le donnerai à ta postérité. Je te l’ai fait voir de tes yeux, mais tu n’y passeras pas. “
5 C’est là que mourut Moïse, serviteur de Yahvé, en terre de Moab, selon l’ordre de Yahvé ;
6 il l’enterra dans la vallée, au pays de Moab, vis-à-vis de Bet-Péor. Jusqu’à ce jour nul n’a connu son tombeau.
7 Moïse avait cent vingt ans quand il mourut ; son œil n’était pas éteint, ni sa vigueur épuisée.
8 Les Israélites pleurèrent Moïse trente jours dans les Steppes de Moab. Les jours de pleurs pour le deuil de Moïse s’achevèrent.
9 Josué, fils de Nûn, était rempli de l’esprit de sagesse, car Moïse lui avait imposé les mains. C’est à lui qu’obéirent les Israélites agissant selon l’ordre que Yahvé avait donné à Moïse.
10 Il ne s’est plus levé en Israël de prophète pareil à Moïse, lui que Yahvé connaissait face à face.
11 Que de signes et de prodiges Yahvé lui fit accomplir au pays d’Égypte, contre Pharaon, tous ses serviteurs et tout son pays !
12 Quelle main puissante et quelle grande terreur Moïse avait mises en œuvre aux yeux de tout Israël !

Commentaire

1. Situation

Le Deutéronome est le 5ème et le dernier des 5 premiers livres de l’Ancien Testament, série connue sous le nom de Pentateuque ou encore appelée la Torah (Loi). Ce Livre, comme ceux qui le précèdent, est attribué à Moïse, c’est-à-dire qu’il reprend des traditions qui remonteraient jusqu’à lui.

En sa forme actuelle, ce Livre a été composé au terme de toute une évolution. Au-delà des différentes théories qui s’opposent sur la genèse et la composition de ce Livre, on s’accorde toutefois à penser qu’il est une relecture du Livre de la Loi trouvé dans le Temple à l’époque de Jérémie et sous le règne de Josias en Juda. (2 Rois, 22, 3 - 10). A cette époque se mettait en route un mouvement de réforme religieuse, qui se manifeste à travers le courant, ou l’école dite “Deutéronomiste”, à laquelle on doit, outre l’essentiel de ce Livre, une part importante de la composition des Livres de Josué, des Juges, de Samuel et des Rois, ensemble qu’on appelle “les premiers prophètes”. Ce mouvement réformiste, qui commence au 7ème siècle, marquera l’histoire d’Israël au moins pendant 2 siècles.

Ce Livre du Deutéronome consiste surtout en 3 discours de Moïse, dont les 2 premiers se suivent (1,1 - 4, 49 et 5, 1 - 11, 32). Une relecture de la Loi (12, 1 - 26, 15), suivie d’une conclusion où les 2 parties concernées s’engagent à en faire la base de leur relation (26, 16 - 28, 69), sépare ces 2 premiers discours du 3ème discours de Moïse (29, 1 - 30, 20). Une dernière partie nous donne les dernières volontés de Moïse, son testament, et nous raconte sa mort (31, 1 - 34, 12).


Les principaux thèmes de ce livre sont les suivants :

  • C’est d’abord un livre de la Loi que Dieu a donnée à son peuple. Il s’agit de régler la vie des croyants à mesure qu’ils se trouvent confrontés à des situations nouvelles, en les aidant à se situer face à l’exigence de Dieu en adaptant la Loi et en l’ouvrant de façon à ce qu’elle réponde aux circonstances nouvelles dans lesquelles ils se trouvent.
  • Cette Loi du Deutéronome récapitule le message des grands prophètes : ne chercher que la justice et prendre en charge tous ceux qui sont démunis et désavantagés.
  • La Loi est ce qui permet une vie morale de qualité en réponse à l’appel du Dieu d’Israël (4, 32 - 40).
  • L’Alliance est formulée de façon quasi dérmitive dans ce livre, et présentée comme nouvelle quand le peuple se trouve aux confins de Moab (23, 69), pour répondre aux besoins d’une situation nouvelle.
  • L’association entre le peuple et la terre que lui donne Yahvé-Dieu est très forte. A Dieu qui lui donne la terre, le peuple doit répondre par sa fidélité qui s’exprime spécifiquement dans sa prière et son obéissance (6, 4 - 9; 7, 6; 14, 2).

Ce livre peut, de façon plus caricaturale, se résumer ainsi : un Dieu, un peuple, un sanctuaire. Ce livre a toujours également été reconnu pour sa grande portée théologique.

Avec notre texte se termine la dernière partie de ce Livre du Deutéronome, qui traite de la fin de la mission de Moïse, et de tous les événements qui l’environnent. Ainsi se clôt le Livre du Deutéronome.

2. Message

Dans la toute proximité de la Terre Promise, Moïse, sur l’ordre du Seigneur (32, 48 - 50), gravit le Mont Nebo d’où le Seigneur lui fait contempler toute la Palestine , dans laquelle le peuple va bientôt pénétrer, mais où Yahvé-Dieu a décidé que Moïse n’entrerait pas.

Moïse peut ainsi constater que la promesse faite par Dieu à Abraham de donner cette terre à sa postérité est sur le point de s’accomplir, même s’il n’en sera plus lui-même le témoin authentique qu’il a été tout au long de sa mission.

Au moment où le texte nous fait part de la mort de Moïse, de la célébration de son deuil qui dure un mois, et où l’on nous affirme que son tombeau n’a jamais été retrouvé, l’assurance nous est doinnée que Moïse est mort en pleine vitalité, sans connaître de diminution physique dûe à son grand âge.

Josué assume, certes, la succession de Moïse, puisque ce dernier lui avait imposé les mains, mais il ne sera pas plus à la hauteur de Moïse qu’aucun autre responsable du peuple ou prophète de toute l’histoire d’Israël. Moïse demeure donc à jamais le plus grand des serviteurs de Yahvé qu’Israël ait connu, lui dont le partenariat et le dialogue avec Dieu ont été vraiment uniques, dans une rencontre particulière, dite face à face, et dans la magnitude des signes accomplis lors de la sortie d’Egypte.

3. Decouvertes

Cette scène met en application l’ordre de Dieu reçu par Moïse, et dont Moïse avait déjà rendu compte au peuple lors de son premier discours (3, 27).

La location exacte du sommet du Pisga, ici confondu avec le Mont Nebo, selon la mise en commun de différentes traditions, demeure toutefois incertaine.

Toute l’étendue de territoire que Moïse contemple ici dépasse la portée normale de la vision humaine qu’on peut avoir depuis cet endroit.

Ainsi prend fin, à l’Est du Jourdain, la mission de Moïse, l’homme qui a libéré Israël de la servitude et lui a donné la Torah.

Moïse meurt au plus grand âge qu’un être humain puisse atteindre, selon Genèse, 6, 3. Voir cependant Nombres, 33, 39 (Aaron meurt à 123 ans), ainsi que Josué, 24, 29 (Josué meurt à 110 ans).

A remarquer que, de façon paradoxale, le Deutéronome classe Moïse parmi les prophètes, dont il le déclare le plus grand, tout en soulignant son statut unique et incomparable (ce qui est contraire à 18, 18, où Moïse lui-même annonce la venue “d’un autre prophète comme lui”). Dire que Moïse a connu le Seigneur “face à face” renvoie probablement à la scène de sa rencontre de Dieu à l’Horeb, rappelée en Deutéronome, 5, 5. 31.

D’autre part, Josué nous est présenté ici comme un “homme rempli de Sagesse”. Les versets 9 - 10 de notre page mettent ainsi en relation proche, la Torah, la prophètie et la Sagesse.

Finalement, les versets 11 - 12 rappellent les grands miracles et prodiges accomplis par Moïse lors de la sortie d’Egypte, faisant de l’Exode le début d’un accompagnement puissant, accordé par Dieu-avec-Moïse, à tout le peuple.

4. Prolongement

Au moment de quitter les siens pour “passer de ce monde à son Père” (Jean, 13, 1 - 4), bien que son oeuvre soit totalement accomplie, selon le rôle, qui est le sien, d’inaugurateur définitif d’un monde qu’il transfigure et fait basculer du côté de Dieu, Jésus lui-même n’hésite pas à déclarer que le déploiement de cette oeuvre divine, accomplie par lui, continuera après lui, et sera même amplifié :

12 En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi fera, lui aussi, les œuvres que je fais ; et il en fera même de plus grandes, parce que je vais vers le Père.

13 Et tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai, afin que le Père soit glorifié dans le Fils.

14 Si vous me demandez quelque chose en mon nom, je le ferai.

7 Cependant je vous dis la vérité : c’est votre intérêt que je parte ; car si je ne pars pas, le Paraclet ne viendra pas vers vous ; mais si je pars, je vous l’enverrai.

8 Et lui, une fois venu, il établira la culpabilité du monde en fait de péché, en fait de justice et en fait de jugement :

9 de péché, parce qu’ils ne croient pas en moi ;

10 de justice, parce que je vais vers le Père et que vous ne me verrez plus ;

11 de jugement, parce que le Prince de ce monde est jugé.

De son côté, dans sa 2ème Lettre à Timothée, dont beaucoup (mais pas tous) disent qu’elle n’a pas été écrite par lui, Paul nous parle aussi de son départ et de sa mission achevée :

6 Quant à moi, je suis déjà répandu en libation et le moment de mon départ est venu.

7 J’ai combattu jusqu’au bout le bon combat, j’ai achevé ma course, j’ai gardé la foi.

8 Et maintenant, voici qu’est préparée pour moi la couronne de justice, qu’en retour le Seigneur me donnera en ce Jour-là, lui, le juste Juge, et non seulement à moi mais à tous ceux qui auront attendu avec amour son Apparition.

Prière

*Seigneur Jésus, bien que tu aies été le seul de toute l’histoire de l’humanité qui ait pu quitter ce monde en proclamant en toute vérité que “tout est accompli”, tu nous communiques, par ton Esprit Saint, ta propre efficacité, en nous demandant de manifester ton oeuvre à chaque époque de la vie de l’humanité : apprends-moi à toujours me percevoir au service de ton unique mission, quels que soient ma vocation particulière, et mes engagements dans des circuits humains bien définis, de façon à ce que toute mon existence soit le reflet, et le “lieu” de présence aujourd’hui, de ta mission de Ressuscité agissant au milieu de nous en ton Esprit Saint. AMEN.

13.08.2003.*

Évangile : Matthieu 18, 15-20

DE L’EVANGILE DE MATTHIEU

Texte

15 ” Si ton frère vient à pécher, va le trouver et reprends-le, seul à seul. S’il t’écoute, tu auras gagné ton frère.
16 S’il n’écoute pas, prends encore avec toi un ou deux autres, pour que toute affaire soit décidée sur la parole de deux ou trois témoins.
17 Que s’il refuse de les écouter, dis-le à la communauté. Et s’il refuse d’écouter même la communauté, qu’il soit pour toi comme le païen et le publicain.
18 ” En vérité je vous le dis : tout ce que vous lierez sur la terre sera tenu au ciel pour lié, et tout ce que vous délierez sur la terre sera tenu au ciel pour délié.
19 ” De même, je vous le dis en vérité, si deux d’entre vous, sur la terre, unissent leurs voix pour demander quoi que ce soit, cela leur sera accordé par mon Père qui est aux cieux.
20 Que deux ou trois, en effet, soient réunis en mon nom, je suis là au milieu d’eux. “

Commentaire

1. Situation

Cet Evangile, qui reprend beaucoup de passages de l’Evangile de Marc (qui avait été écrit vers 65), mais en y ajoutant des éléments qu’il partage en grande partie avec Luc, a été très probablement rédigé entre les années 85 et 90.

A parcourir tout ce Livre, on peut se demander s’il a été composé pour des chrétiens d’origine Juive (Judéochrétiens), ou pour des chrétiens d’origine païenne, ou encore pour les deux. Néanmoins, même s’il a été d’abord écrit pour confirmer une communauté Judéochrétienne dans sa découverte de la Bonne Nouvelle de Jésus, cet Evangile est ouvert également à la mission universelle auprès des païens, et il se termine par un envoi en mission par le Christ ressuscité, avec ces paroles : “allez, de toutes les nations, faites des disciples” (28, 18).

On peut diviser cet Evangile en 11 parties, qui se répondent en sens inverse (la 1ère correspondant à la dernière, la 2ème, à l’avant-dernière, etc…), concentrées autour de la 6ème partie, le “Discours en paraboles”, qui sert en quelque sorte de “pivot”. Nous obtenons ainsi le découpage suivant :

  • Naissance de Jésus et commencement de sa mission (1 - 4)
  • Bénédictions et Discours sur la montagne (5 - 7)
  • Manifestations de l’autorité de Jésus et de ses appels (8 - 9)
  • Discours sur la mission (10)
  • Jésus rejeté par “cette génération” (11 - 12 )
  • Discours en paraboles (13)
  • Jésus reconnu par ses disciples (14 - 17)
  • Discours sur la manière de vivre en communauté de croyants (18)
  • De nouveau, Jésus manifeste son autorité et ses appels (19 - 22)
  • Proclamation de situations malheureuses et Discours sur la venue définitive du Royaume (23 - 24)
  • Passion, mort et résurrection (26 - 28)

Cette présentation fait ressortir que cet Evangile est bien rythmé par 5 grands discours de Jésus, dans lesquels l’auteur a concentré la majeure partie de son enseignement. Les 5 discours ont souvent fait penser aux 5 livres de Moïse de l’Ancien Testament. On dit volontiers que, pour Matthieu, Jésus est le “Nouveau Moïse”.


Le 4ème discours de Jésus, le discours communautaire, que nous lisons actuellement, se déroule en 2 parties : - l’importance des “petits”, des “démunis”, qu’il faut savoir accueillir et imiter dans la communauté (18, 1 - 14), - comment se comporter en communauté de disciples de Jésus : correction fraternelle et exclusions, le pardon, avec en complément la parabole du serviteur pardonné qui ne pardonne pas (18, 15 - 35).

2. Message

Comment régler nos différends profonds, accepter ou non des comportements de pécheurs publics dans nos communautés chrétiennes ? Jésus nous propose une méthode progressive de relations avec le frère pécheur, qui assure totalement le respect des personnes et souligne l’importance de la communauté comme telle.

En effet, la communauté des disciples rassemblés est le lieu de la présence actualisée de Jésus Christ, qui, au milieu de nous, intercède avec et pour nous. Et le fait que nous soyons rassemblés au nom de Jésus donne à la communauté structurée des disciples, que nous formons, la capacité de poser des actes authentiques de discernement et de réconciliation au nom de Jésus, et donc ratifiés par Dieu.

3. Decouvertes

Lorsque toutes les tentatives de réconciliation, ou d’invitation faite au pécheur de changer son comportement (rencontres un à un, un à plusieurs, essai de règlement de la situation devant toute la communauté) ont échoué, c’est l’excommunication : voir également sur cette méthode 2 Corinthiens, 13, 1; 1Timothée, 5, 19, Deutéronome, 19, 15.

La décision finale de la communauté rassemblée a l’autorité de Dieu (18, 18 - 20). Car la présence de Jésus y est assurée, avec la prière efficace de Jésus en son sein.

Considérer le membre exclu comme un païen ou un publicain, c’est égalemeent, dans le contexte de l’Evangile, le traiter de la même façon que Jésus a traité ces gens de son temps, à la fois dans la vérité et la miséricorde, faisant tout pour sauver “ceux qui étaient perdus”.

4. Prolongement

Sans être pour autant une “recette passe partout”, ces directives de Jésus, rapportées par Matthieu, conservent tout leur poids aujourd’hui, dans nos situations, parfois difficiles, à l’intérieur de nos communautés d’Eglise de tous niveaux.

Ce que Jésus nous propose ici, c’est une mise en pratique des principes qu’il a posés dans son discours inaugural sur la Charte du Royaume, son Sermon sur la Montagne : y relire tous les propos concernant l ‘attitude à prendre vis-à-vis de ceux qui ne nous aiment pas, l’interdiction de juger, etc. (Matthieu, 5 - 7).

Voir également comment Jésus réagit concrètement dans l’Evangile de Jean, lorsqu’on lui amène une femme prise en flagrant délit d’adultère (Jean, 8, 1 - 11).

Remarquons cette réaction très forte de Paul (à noter que le mot “chair”, qu’il y emploie, signifie “l’homme dans sa dimension de faiblesse”) :

1 On n’entend parler que d’inconduite parmi vous, et d’une inconduite telle qu’il n’en existe pas même chez les païens ; c’est à ce point que l’un de vous vit avec la femme de son père !

2 Et vous êtes gonflés d’orgueil ! Et vous n’avez pas plutôt pris le deuil, pour qu’on enlevât du milieu de vous celui qui a commis cet acte !

3 Eh bien ! moi, absent de corps, mais présent d’esprit, j’ai déjà jugé, comme si j’étais présent, celui qui a perpétré une telle action.

4 Il faut qu’au nom du Seigneur Jésus, vous et mon esprit nous étant assemblés avec la puissance de notre Seigneur Jésus,

5 nous livrions cet individu à Satan pour la perte de sa chair, afin que l’esprit soit sauvé au Jour du Seigneur

Prière

*Seigneur Jésus, tu nous demandes de vivre, en communauté chrétienne, le mystère de la réconciliation de l’humanité pécheresse avec Dieu, que tu as effectuée, en étant livré, “fait péché pour nous”, au terme de ton engagement missionnaire, pour révéler la Vérité et la Miséricorde de Dieu : aide-moi à toujours porter sur mes frères et mes soeurs un regard de foi, à les considérer comme des hommes et des femmes pour lesquels tu es mort gratuitement, que tu as appelés, comme moi, à reproduire ton image en imitant tes comportements, apprends-moi à ne jamais les juger ou les scandaliser, tout en faisant effort, avec eux et toute la communauté des croyants que nous formons, pour nous situer en vérité face à des attitudes qui me paraissent objectivement contraires aux requêtes de ton Evangile. AMEN.

14.08.2002.*


La Bible commentée · Liturgie du jour