📘 Commentaire biblique de l’abbé Léon Hamain
Première lecture : Hébreux 5, 1-10
DE LA LETTRE AUX HEBREUX
Texte
1 En effet, tout souverain sacrificateur pris du milieu des hommes est établi pour les hommes dans le service de Dieu, afin de présenter des offrandes et des sacrifice pour les péchés.
2 Il peut être indulgent pour les ignorants et les égarés, puisque la faiblesse est aussi son partage.
3 Et c’est à cause de cette faiblesse qu’il doit offrir des sacrifices pour ses propres péchés, comme pour ceux du peuple.
4 Nul ne s’attribue cette dignité, s’il n’est appelé de Dieu, comme le fut Aaron.
5 Et Christ ne s’est pas non plus attribué la gloire de devenir souverain sacrificateur, mais il la tient de celui qui lui a dit: Tu es mon Fils, Je t’ai engendré aujourd’hui!
6 Comme il dit encore ailleurs: Tu es sacrificateur pour toujours, Selon l’ordre de Melchisédek.
7 C’est lui qui, dans les jours de sa chair, ayant présenté avec de grands cris et avec larmes des prières et des supplications à celui qui pouvait le sauver de la mort, et ayant été exaucé à cause de sa piété,
8 a appris, bien qu’il fût Fils, l’obéissance par les choses qu’il a souffertes,
9 et qui, après avoir été élevé à la perfection, est devenu pour tous ceux qui lui obéissent l’auteur d’un salut éternel,
10 Dieu l’ayant déclaré souverain sacrificateur selon l’ordre de Melchisédek.
Commentaire
1. Situation
Parmi les oeuvres attribuées à Paul se trouve ce long traité célébrant la personne et l’oeuvre de Jésus Christ, et encourageant la fidélité à son Alliance. Ce document est un chef d’oeuvre dans le genre des premières homélies chrétiennes.
Cependant, les différences très nettes de style et de théologie entre ce document et les oeuvres de Paul reconnues par tous comme étant de lui, font qu’on ne peut attribuer à Paul cette Lettre aux Hébreux. Son auteur demeure donc pour nous anonyme.
Il est tout aussi difficile de dater exactement cette homélie. Elle est certainement antérieure à la 1ère Lettre de Clément de Rome aux Corinthiens, qui la cite, et qui, elle-même, ne semble pas être postérieure à l’an 110. Ce qui nous laisse, pour la composition de la Lettre aux Hébreux, une plage qui va de 50 à 90 de notre ère chrétienne, avec, peut-être, une préférence pour les années juste avant 70, compte tenu des nombreuses allusions au Temple de Jérusalem qui s’y trouvent, et de la date de destruction du Temple par les armées romaines, en 70.
Il semble assez probable que cette homélie aurait été adressée à des communautés chrétiennes d’Italie (voir Hébreux, 13, 24).
Dans cette homélie se suivent assez régulièrement des exposés doctrinaux et des exhortations. Tout le message en est centré sur le portrait du Christ, cause et source du salut, et modèle de notre conduite (2, 10; 5, 9; 9, 14; 12, 1 - 2). Les exhortations invitent à tenir bon dans la fidélité au message reçu (confession de foi, partenariat avec le Christ, et comportements que cela implique), ainsi qu’à progresser dans l’attachement au Christ, et dans l’endurance face aux défis du monde.
Cette homélie se déploie selon un plan très rigoureux : après un exorde sur la Parole définitive de Dieu en l’envoi de son Fils ( 1, 1 - 4), et avant la conclusion finale (13, 18 - 25), se succèdent 5 grandes parties : 1) Situation du Christ face à Dieu et aux hommes, finalement définie comme celle d’un “Grand Prêtre” (1, 5 - 2, 18), 2) Le Christ est prêtre, en tant qu’accrédité à la fois auprès de Dieu et des hommes (3, 1 - 5, 10), 3) Le Christ, Grand Prêtre des temps nouveaux, et prêtre d’un genre nouveau, donne accès au véritable sanctuaire, en pardonnant les péchés (5, 11 - 10, 39), 4) Ce qui est requis des chrétiens : la foi et l’endurance (11, 1 - 12, 13), 5) Tableau de l’existence chrétienne, présentée comme engagement sur le chemin de la sainteté et de la paix (12, 14 - 13, 17). A noter que chacune de ces parties est annoncée lors de la fin de la précédente : 1, 4; 2, 17; 5, 10; 10, 36 - 39; 11, 12 - 13.
Notre page se situe tout à la fin de la deuxième partie de cette homélie.
2. Message
A partir du rôle joué par le Grand prêtre Juif, notre passage nous montre à quel point Jésus est le Grand prêtre par excellence, intercesseur auprès de Dieu en notre nom, parce qu’il partage notre destinée humaine et connait de l’intérieur nos épreuves auxquelles il a eu part lors des souffrances de sa passion et de sa mort.
A la fois totalement du côté de l’humanité composée de pécheurs, bien que lui-même non pécheur, et totalement du côté de Dieu dont il est la Parole et le Fils, il est devenu pour nous le principe, le passage obligé vers le Dieu vivant qui nous sauve. Et c’est ainsi qu’il accomplit, de façon unique, le sacerdoce de Melchisédek, et non pas le service de Grand prêtre d’Aaron, auquel se rattache tout le sacerdoce rituel du Temple de Jérusalem.
Evoquant la prière de supplication de Jésus en son agonie, l’auteur souligne comment Jésus s’y est alors remis à la volonté du Père pour réaliser jusqu’au bout sa mission en prenant tous les risques sans reculer en arrirère, et comment le Père l’a exaucé en lui donnant la force d’affronter ses juges en toute vérité, et en le ressuscitant ensuite d’entre les morts.
De même, Dieu exauce notre prière en nous accordant ce qui, selon lui, nous convient le mieux dans la perspective du bien qu’il nous offre dans son plan de salut et de participation à sa gloire.
3. Decouvertes
Il s’agit, dans ce passage, d’un premier développement d’un thème introduit en 2, 17 et déjà répété en 4, 15.
L’auteur compare ici le Christ à un Grand prêtre terrestre, mentionnant les points de contact entre sa mission et le rôle du Grand prêtre Juif, tout en suggérant déjà la supériorité qui revient à Jésus en sa qualité de Grand prêtre céleste.
Les versets 5, 1 - 4 soulignent donc, à cet effet, trois aspects de la fonction du Grand prêtre terrestre des Juifs. Il est, en premier lieu, un intermédiaire qualifié, qui offre des sacrifices (en référence au Jour des Expiations de Lévitique 16). Ensuite, il doit se montrer accueillant et compatissant envers les pécheurs. Enfin - et tel est est le troisième point de comparaison avec Jésus -, il est choisi par Dieu.
Les versets 5, 5 - 10 reprennent ces trois points en les appliquant à Jésus mais dans l’ordre inverse de celui selon lequel ils avaient été présentés, et en attribuant à Jésus des versets de psaumes pour construire toute l’argumentation qui est développée à son sujet, afin de montrer comment Dieu l’a appelé, mais de façon incomparablement unique.
Le portrait de Jésus, présenté ensuite comme intercesseur et rempli de compassion en sa prière, rappelle l’agonie du Christ à Gethsémani, rapportée en Marc, 14, 32 - 43, en Matthieu, 26, 36 - 46, ainsi qu’en Luc, 22, 40 - 46. Sa prière évoque également celle du Juste que nous pouvons lire dans les psaumes 22, 1 - 2. 24; 116, 8, comme en 2 Maccabées, 11, 6, et elle nous est dite avoir été exaucée.
Il nous est enfin précisé au verset 9 comment l’offrande de Jésus en son coeur entièrement tourné vers Dieu, réalise le sacrifice parfait qui nous sauve, si nous entrons, à notre tour, dans sa démarche d’obéissance totale.
4. Prolongement
Matthieu
26.36 Là-dessus, Jésus alla avec eux dans un lieu appelé Gethsémané, et il dit aux disciples: Asseyez-vous ici, pendant que je m’éloignerai pour prier.
26.37 Il prit avec lui Pierre et les deux fils de Zébédée, et il commença à éprouver de la tristesse et des angoisses.
26.38 Il leur dit alors: Mon âme est triste jusqu’à la mort; restez ici, et veillez avec moi.
26.39 Puis, ayant fait quelques pas en avant, il se jeta sur sa face, et pria ainsi: Mon Père, s’il est possible, que cette coupe s’éloigne de moi! Toutefois, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux.
26.40 Et il vint vers les disciples, qu’il trouva endormis, et il dit à Pierre: Vous n’avez donc pu veiller une heure avec moi!
26.41 Veillez et priez, afin que vous ne tombiez pas dans la tentation; l’esprit est bien disposé, mais la chair est faible.
26.42 Il s’éloigna une seconde fois, et pria ainsi: Mon Père, s’il n’est pas possible que cette coupe s’éloigne sans que je la boive, que ta volonté soit faite!
26.43 Il revint, et les trouva encore endormis; car leurs yeux étaient appesantis.
26.44 Il les quitta, et, s’éloignant, il pria pour la troisième fois, répétant les mêmes paroles.
26.45 Puis il alla vers ses disciples, et leur dit: Vous dormez maintenant, et vous vous reposez! Voici, l’heure est proche, et le Fils de l’homme est livré aux mains des pécheurs.
26.46 Levez-vous, allons; voici, celui qui me livre s’approche
Jean
12.27 Maintenant mon âme est troublée. Et que dirais-je?… Père, délivre-moi de cette heure?… Mais c’est pour cela que je suis venu jusqu’à cette heure.
12.28 Père, glorifie ton nom! Et une voix vint du ciel: Je l’ai glorifié, et je le glorifierai encore.
12.29 La foule qui était là, et qui avait entendu, disait que c’était un tonnerre. D’autres disaient: Un ange lui a parlé.
12.30 Jésus dit: Ce n’est pas à cause de moi que cette voix s’est fait entendre; c’est à cause de vous.
12.31 Maintenant a lieu le jugement de ce monde; maintenant le prince de ce monde sera jeté dehors.
12.32 Et moi, quand j’aurai été élevé de la terre, j’attirerai tous les hommes à moi.
12.33 En parlant ainsi, il indiquait de quelle mort il devait mourir. -
Philippiens
2.1 Si donc il y a quelque consolation en Christ, s’il y a quelque soulagement dans la charité, s’il y a quelque union d’esprit, s’il y a quelque compassion et quelque miséricorde,
2.2 rendez ma joie parfaite, ayant un même sentiment, un même amour, une même âme, une même pensée.
2.3 Ne faites rien par esprit de parti ou par vaine gloire, mais que l’humilité vous fasse regarder les autres comme étant au-dessus de vous-mêmes.
2.4 Que chacun de vous, au lieu de considérer ses propres intérêts, considère aussi ceux des autres.
2.5 Ayez en vous les sentiments qui étaient en Jésus Christ,
2.6 lequel, existant en forme de Dieu, n’a point regardé comme une proie à arracher d’être égal avec Dieu,
2.7 mais s’est dépouillé lui-même, en prenant une forme de serviteur, en devenant semblable aux hommes; et ayant paru comme un simple homme , 2.8 il s’est humilié lui-même, se rendant obéissant jusqu’à la mort, même jusqu’à la mort de la croix.
2.9 C’est pourquoi aussi Dieu l’a souverainement élevé, et lui a donné le nom qui est au-dessus de tout nom,
2.10 afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse dans les cieux, sur la terre et sous la terre,
2.11 et que toute langue confesse que Jésus Christ est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père.
Prière
*Seigneur Jésus, que la façon selon laquelle tu n’as dit que “oui” au Père en toute ton existence terrestre et jusqu’en ta dernière Heure sur ta croix, m’apprenne à ne dire que par toi et en toi, dans la force de ton Esprit, le “oui” que tu attends de moi, exprimé dans ma foi qui agit par l’amour. AMEN.
17.01.2005.*
Évangile : Marc 2, 18-22
DE L’EVANGILE DE MARC
Texte
18 Les disciples de
Jean et les Pharisiens étaient en train de jeûner, et on vient lui dire :
” Pourquoi les disciples de Jean et les disciples des Pharisiens
jeûnent-ils, et tes disciples ne jeûnent-ils pas ? “
19 Jésus
leur dit : ” Les compagnons de l’époux peuvent-ils jeûner pendant que
l’époux est avec eux ? Tant qu’ils ont l’époux avec eux, ils ne peuvent
pas jeûner.
20 Mais viendront des jours où l’époux leur sera
enlevé ; et alors ils jeûneront en ce jour-là.
21 Personne ne
coud une pièce de drap non foulé à un vieux vêtement ; autrement, la pièce
neuve tire sur le vieux vêtement et la déchirure s’aggrave.
22
Personne non plus ne met du vin nouveau dans des outres vieilles ;
autrement, le vin fera éclater les outres, et le vin est perdu aussi bien
que les outres. Mais du vin nouveau dans des outres neuves ! “
Commentaire
1. Situation
L’Evangile de Marc est le plus ancien de nos 4 Evangiles. Un témoignage, datant du début du 2ème siècle, nous apprend que Marc aurait écrit son Evangile en qualité d’interprète de Pierre, avec qui il travaillait (voir 1 Pierre, 5, 13). Même si beaucoup pensent que Pierre n’a pas été l’unique source d’information de Marc, concernant les paroles et gestes de Jésus, l’on s’accorde aujourd’hui que cet Evangile a été écrit depuis Rome, par Marc, vers la fin des années 60, sans doute après la mort de Pierre (située vers 66 - 67).
Cet Evangile, centré sur le Règne de Dieu qui nous vient à travers la mission de Jésus, et que nous avons à accueillir en disciples de Jésus, se déroule en 6 grands épisodes, qui suivent le Prologue (1, 1 - 15). Ce Prologue nous présente la mission de Jean Baptiste, ainsi que le baptême, la tentation de Jésus, et son entrée dans son ministère, pour se conclure avec un résumé très synthétique du message de Jésus : “Les temps sont accomplis, le Règne de Dieu s’est approché. Convertissez-vous, et croyez à la Bonne Nouvelle”. Ainsi se suivent ensuite les 6 grands épisodes : - Jésus se révèle avec autorité en Galilée (1, 16 - 3, 6), - Jésus est rejeté en Galilée (3, 7 - 6, 6a), - Les malentendus entre Jésus et ses disciples, en Galilée et ailleurs (6, 6b - 8, 21), - Jésus instruit ses disciples, alors qu’il monte vers Jérusalem (8, 22 - 10, 52), - Les premiers jours de la semaine, unique et finale, de Jésus à Jérusalem (11, 1 - 13, 37), - Fin de la semaine de Jésus à Jérusalem avec sa passion, sa mort et la découverte du tombeau vide (14, 1 - 16, 20).
Notre passage se situe dans la 1ère étape du ministère de Jésus, qui se déroule en Galilée.
2. Message
Jésus, en dépit de la grande popularité qu’il connaît au début de son ministère, continue de surprendre par l’originalité de sa prédication, et la liberté qu’il prend avec un certain nombre de pratiques du Judaïsme : il ose déclarer le pardon des péchés de ceux qui s’adressent à lui, il appelle à sa suite, comme disciple, un publicain, et se permet de manger avec des pécheurs publics. C’est ainsi qu’on vient maintenant lui demander pourquoi ses disciples ne jeûnent pas, comme ceux des Pharisiens.
Jésus répond que sa présence et sa venue apportent un changement total dans la relation que l’on doit avoir avec Dieu et les autres hommes : le jeûne ne peut plus avoir la même signification qu’auparavant, et il n’y a aucune raison de jeûner lorsque lui-même est là.
L’audace de Jésus est ici très grande : non seulement il se compare à l’époux (image qui rappelle les relations de Dieu avec son peuple) et prétend que sa présence crée une situation de “Fête” de noces, mais encore il précise que la nouveauté qu’il nous offre représente un tel changement qu’elle ne peut s’accomoder des structures anciennes et ne peut s’adapter à elles. Avec lui, il faut absolument tout renouveler : aussi bien le tissu du vêtement qu’il propose, que les outres qui vont recevoir son vin nouveau, doivent être changés.
3. Decouvertes
Tous les Juifs devaient jeûner à certaines dates : en conséquence, le jeûne dont il est ici question vise des séances supplémentaires, et facultatives, de jeûne que certains Juifs pratiquaient par piété.
Par les images qu’il emploie, Jésus indique, on ne peut plus nettement, l’incompatibilité absolue des anciennes pratiques religieuses Juives avec la situation nouvelle qu’il révèle et vient mettre en place par sa seule présence, et sa mission prophétique bien particulières.
L’allusion à l’enlèvement et à la disparition de l’Epoux attire déjà notre attention vers la mort de Jésus, à laquelle ses comportements radicalement nouveaux, et de fait inacceptés, vont rapidement le conduire.
4. Prolongement
Lorsqu’il parle du jeûne (qu’il a lui-même pratiqué pendant 40 jours au désert, avant de se lancer dans sa mission publique ), Jésus le situe comme une manière secrète de vivre une relation de qualité avec Dieu, auquel on s’ouvre alors totalement, pour lui exprimer ainsi à quel point on attend tout de lui :
16 ” Quand vous jeûnez, ne vous donnez pas un air sombre comme font les hypocrites : ils prennent une mine défaite, pour que les hommes voient bien qu’ils jeûnent. En vérité je vous le dis, ils tiennent déjà leur récompense.
17 Pour toi, quand tu jeûnes, parfume ta tête et lave ton visage,
18 pour que ton jeûne soit connu, non des hommes, mais de ton Père qui est là, dans le secret ; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra.
Prière
*SEIGNEUR JESUS, C’EST VRAIMENT UNE CREATION NOUVELLE DE NOTRE REALITE LA PLUS PROFONDE ET LA PLUS INTERIEURE, QUE TU ES VENU ACCOMPLIR EN NOUS, POUR NOUS TRANSFORMER RADICALEMENT A TON IMAGE, ET NOUS FAIRE DEVENIR FILS DU PERE, PARTICIPANTS DE LA NATURE DIVINE, AINSI QUE DE SON ROYAUME DE GLOIRE : NE PERMETS PAS QUE J’OUBLIE LA DIMENSION DE NOUVEAUTE ABSOLUE QUE TU AS ETABLIE, UNE FOIS POUR TOUTES, EN TA MORT-RESURRECTION, ET QUE TU NOUS PROPOSES ET REPROPOSES CHAQUE JOUR PAR TON ESPRIT SAINT, DONNE-MOI UN COEUR CAPABLE DE S’EMERVEILLER TOUJOURS DEVANT LA MAGNIFICENCE DU DON DE DIEU QUE TU NOUS REVELES ET ACCORDES GRATUITEMENT. AMEN.
20.01.2003.*