📘 Commentaire biblique de l’abbé Léon Hamain


Première lecture : 1 Samuel 16, 1-14

DU 1er LIVRE DE SAMUEL

Texte

1 L’Éternel dit à Samuel: Quand cesseras-tu de pleurer sur Saül? Je l’ai rejeté, afin qu’il ne règne plus sur Israël. Remplis ta corne d’huile, et va; je t’enverrai chez Isaï, Bethléhémite, car j’ai vu parmi ses fils celui que je désire pour roi.
2 Samuel dit: Comment irai-je? Saül l’apprendra, et il me tuera. Et l’Éternel dit: Tu emmèneras avec toi une génisse, et tu diras: Je viens pour offrir un sacrifice à l’Éternel.
3 Tu inviteras Isaï au sacrifice; je te ferai connaître ce que tu dois faire, et tu oindras pour moi celui que je te dirai.
4 Samuel fit ce que l’Éternel avait dit, et il alla à Bethléhem. Les anciens de la ville accoururent effrayés au-devant de lui et dirent: Ton arrivée annonce-t-elle quelque chose d’heureux?
5 Il répondit: Oui; je viens pour offrir un sacrifice à l’Éternel. Sanctifiez-vous, et venez avec moi au sacrifice. Il fit aussi sanctifier Isaï et ses fils, et il les invita au sacrifice.
6 Lorsqu’ils entrèrent, il se dit, en voyant Éliab: Certainement, l’oint de l’Éternel est ici devant lui.
7 Et l’Éternel dit à Samuel: Ne prends point garde à son apparence et à la hauteur de sa taille, car je l’ai rejeté. L’Éternel ne considère pas ce que l’homme considère; l’homme regarde à ce qui frappe les yeux, mais l’Éternel regarde au coeur.
8 Isaï appela Abinadab, et le fit passer devant Samuel; et Samuel dit: L’Éternel n’a pas non plus choisi celui-ci.
9 Isaï fit passer Schamma; et Samuel dit: L’Éternel n’a pas non plus choisi celui-ci.
10 Isaï fit passer ses sept fils devant Samuel; et Samuel dit à Isaï: L’Éternel n’a choisi aucun d’eux.
11 Puis Samuel dit à Isaï: Sont-ce là tous tes fils? Et il répondit: Il reste encore le plus jeune, mais il fait paître les brebis. Alors Samuel dit à Isaï: Envoie-le chercher, car nous ne nous placerons pas avant qu’il ne soit venu ici.
12 Isaï l’envoya chercher. Or il était blond, avec de beaux yeux et une belle figure. L’Éternel dit à Samuel: Lève-toi, oins-le, car c’est lui!
13 Samuel prit la corne d’huile, et l’oignit au milieu de ses frères. L’esprit de l’Éternel saisit David, à partir de ce jour et dans la suite. Samuel se leva, et s’en alla à Rama.
14 L’esprit de l’Éternel se retira de Saül, qui fut agité par un mauvais esprit venant de l’Éternel.

Commentaire

1. Situation

Les 2 Livres de Samuel s’occupent de la période durant laquelle deux événements importants se déroulent en Israël : l’un est l’apparition du prophétisme avec l’émergence de Samuel comme prophète pour tout le peuple d’Israël, l’autre est l’institution de la royauté.

Ainsi le 1er Livre commence immédiatement avec l’entrée en scène de Samuel, et le 2nd se termine juste à la veille du tansfert de la royauté de David à son fils Salomon, dans le cadre d’une succession dynastique.

Ce qui est en jeu dans ces 2 Livres, c’est, d’une part, la survivance et la stabilité d’Israël en tant que peuple unifié et nation, et, d’autre part, la continuité de la compréhension que ce peuple a de lui-même comme “peuple de Dieu”, porteur de la promesse de Dieu à Abraham et de l’Alliance conclue à l’époque de Moïse.

Ces Livres traitent successivement :

  • du changement qui se produit en Israël, lié à l’apparition de Samuel et au rôle que l’on veut faire jouer à l’Arche d’alliance (1 Samuel, 1, 1 - 7, 17),
  • de l’avènement de la royauté avec le choix de Saül (I Samuel, 8, 1 - 12, 25),
  • de la lente stabilisation de la royauté avec la décadence de Saül et la montée de David (1 Samuel,13, 1 - 2 Samuel, 5, 10),
  • de la centralisation du royaume sur Jérusalem (2 Samuel, 5, 11 - 12, 31),
  • des essais infructueux pour renverser David (2 Samuel, 13, 1 - 20, 25),
  • de la préparation par David de sa succession (2 Samuel, 21, 1 - 24, 25).

Dans la 3ème partie des Livres de Samuel. où nous nous trouvons avec ce passage (1 Samuel, 13,1 - 2 Samuel, 5, 10), et qui se caractérise par une lente mise en place de la royauté, nous voyons le système royal s’établir à travers, d’une part. le déclin de Saül, et, d’autre part, la montée de David.

Période très troublée, s’il en est, car les deux hommes vont s’affronter dans un combat quasi permanent qui va durer jusque après la mort de Saül, et ce n’est qu’au chapitre 5 du 2ème Livre de Samuel, que David sera, de façon indiscutable et ferme, roi reconnu par les 12 tribus d’Israël.

2. Message

Yahvé, qui a rejeté Saül, que pleure Samuel, envoie maintenant ce dernier choisir en son Nom un nouveau roi pour Israël parmi les fils de Jessé (Isaï dans la version de la Bible de L. Segond que nous citons), en prenant bien soin de permettre à Samuel d’être protégé contre une éventuelle vengeance de Saül.

Samuel, ce chef - prophète dont l’autorité est incontestée en tout Israël, avoue craindre pour sa vie, lui dont la venue fait peur aux gens de Béthléem qui se demandent peut-être s’il ne vient pas vérifier leur conduite, ou qui, peut-être également déjà informés de la rupture entre Saül et Samuel, ne voudraient pas prendre parti ou se compromettre.

Parmi tous les fils de Jessé, l’élu de Dieu est le tout dernier auquel on ne pense pas, et c’est lui que Samuel oint sur l’ordre précis de Yahvé qui lui rappelle que Dieu seul peut regarder et connaître le coeur des hommes, et donc faire un bon choix, en connaissance de cause, pour une mission au service de son peuple.

3. Decouvertes

On a du mal à situer cet épisode dans la carrière de David, car il n’en sera plus jamais question dans les récits qui vont suivre. De plus, les frères de David semblent ignorer cette onction (17, 28), et rien ne semble changer radicalement dans la vie de David pour le moment (17, 14 - 28). Pour David lui-même, Saül demeurera jusqu’à sa mort le “oint” de Yahvé.

C’est seulement après la disparition de Saül que, bien plus tard, à Hébron, David sera “oint” par les hommes de Juda (2 Samuel, 2, 4), puis par les anciens d’Israël (2 Samuel, 5, 3).

Dans notre page, l’onction se déroule dans la famille de Jessé, avant le repas sacrificiel, au cours duquel on consommera une partie de la viande immolée.

Notons que l’ensemble 1 Samuel, 16, 1 - 2 Samuel, 1, 27 traite de l’ascension de David vers la royauté. L’on pense que cet ensemble aurait d’abord constitué une unité indépendante avant d’être inclus dans les Livres de Samuel. Cette ascension se fait d’ailleurs progressivement, car, bien que David soit devenu l’élu de Dieu, Saül le rejeté n’en continuera pas moins de régner, et David ne se montrera guère soucieux de s’emparer du Royaume en livrant combat à “l’oint” du Seigneur.

Le présent récit de l’élection de David par Samuel contient des traits communs à celui de l’éléction de Saül qu’avait effectuée auparavant le même Samuel : dans les deux cas, le choix est celui de Yahvé-Dieu et non des hommes, c’est parmi les plus petits que ce choix se réalise (Saül étant de la plus petite famille de la plus petite tribu d’Israël, et David étant le plus petit et le plus jeune des fils de Jessé), et lorsque le choix est effectué, l’élu est absent (Saül parmi les bagages (1 Samuel, 10, 17 - 24), et David aux champs).

Néanmoins une grande différence existe désormais, dans la mesure où Saül est rejeté et David appelé, car l’Esprit du Seigneur repose maintenant sur David, tandis qu’un mauvais esprit, venant également du Seigneur va commencer de malmener Saül (16, 13 - 14).

4. Prolongement

Jésus est le “Roi” définitif que Dieu s’est choisi, roi d’une royauté qui n’est pas de ce monde, et qu’il a exprimée en ce monde en se faisant serviteur de tous, et en accpetant d’être traité comme le plus bas des esclaves humiliés, lorsqu’on l’a pendu au bois (Galates, 3, 13).

A cette royauté du Christ nous avons part, en l’imitant dans notre service total de nos frères et soeurs, attitude qui révèle que le dynamisme de cette royauté du Christ est l’amour à la façon de Dieu.

De plus, lorsqu’à son tour, lui, Jésus, l’envoyé de Dieu, chargé de conduire le plan de Dieu à son accomplissement, a appelé des disciples, il n’en a rejeté aucun : il a prévenu Pierre et Judas des tentations ou des défaillances qui les menaçaient, mais a rétabli Pierre , qui l’avait renié trois fois, dans sa confiance, sa mission et son intimité.

Prière

*Seigneur Jésus, depuis que tu es ressuscité des morts et que tu nous as donné ton Esprit, nous sommes tous appelés à te suivre et à reproduire ton image, car Dieu, ton Père et notre Père, a fait de nous ses fils et tes co-héritiers, en raison de ton obéissance qui nous a tous et toutes sauvés : que je n’aie d’autre but chaque jour que de t’imiter au mieux en toutes mes démarches et expressions, de façon à témoigner visiblement de toi, en ce monde où je me trouve placé par le cours de mon histoire. AMEN.

20.01.2004.*

Évangile : Marc 2, 23-28

DE L’EVANGILE DE MARC

Texte

23 Et il advint qu’un jour de sabbat il passait à travers les moissons et ses
disciples se mirent à se frayer un chemin en arrachant les épis.
24 Et les Pharisiens lui disaient: ” Vois! Pourquoi font-ils le jour du
sabbat ce qui n’est pas permis ? “
25 II leur dit: ” N’avez-vous jamais lu ce que fit David, lorsqu’il fut dans le
besoin et qu’il eut faim, lui et ses compagnons,
26 comment il entra dans la demeure de Dieu, au temps du grand prêtre
Abiathar, et mangea les pains d’oblation qu’il n’est permis de manger qu’aux
prêtres, et en donna aussi à ses compagnons ? “
27 Et il leur disait: ” Le sabbat a été fait pour l’homme, et non l’homme
pour le sabbat,
28 en sorte que le Fils de l’homme est maître même du sabbat. “

Commentaire

1. Situation

L’Evangile de Marc est le plus ancien de nos 4 Evangiles. Un témoignage, datant du début du 2ème siècle, nous apprend que Marc aurait écrit son Evangile en qualité d’interprète de Pierre, avec qui il travaillait (voir 1 Pierre, 5, 13). Même si beaucoup pensent que Pierre n’a pas été l’unique source d’information de Marc, concernant les paroles et gestes de Jésus, l’on s’accorde aujourd’hui que cet Evangile a été écrit depuis Rome, par Marc, vers la fin des années 60, sans doute après la mort de Pierre (située vers 66 - 67).

Cet Evangile, centré sur le Règne de Dieu qui nous vient à travers la mission de Jésus, et que nous avons à accueillir en disciples de Jésus, se déroule en 6 grands épisodes, qui suivent le Prologue (1, 1 - 15). Ce Prologue nous présente la mission de Jean Baptiste, ainsi que le baptême, la tentation de Jésus, et son entrée dans son ministère, pour se conclure avec un résumé très synthétique du message de Jésus : “Les temps sont accomplis, le Règne de Dieu s’est approché. Convertissez-vous, et croyez à la Bonne Nouvelle”.

Ainsi se suivent ensuite les 6 grands épisodes :

  • Jésus se révèle avec autorité en Galilée (1, 16 - 3, 6),
  • Jésus est rejeté en Galilée (3, 7 - 6, 6a),
  • Les malentendus entre Jésus et ses disciples, en Galilée et ailleurs (6, 6b - 8, 21),
  • Jésus instruit ses disciples, alors qu’il monte vers Jérusalem (8, 22 - 10, 52),
  • Les premiers jours de la semaine, unique et finale, de Jésus à Jérusalem (11, 1 - 13, 37),
  • Fin de la semaine de Jésus à Jérusalem avec sa passion, sa mort et la découverte du tombeau vide (14, 1 - 16, 20).

Dans le 3ème temps de la révélation de Jésus manifestant son autorité en Galilée, premier grand épisode de l’Evangile de Marc (1, 16 - 3, 6), suite à l’appel des 4 premiers disciples, et aux 5 événements de Capharnaüm, regroupés en presque une journée, nous retrouvons Jésus déjà engagé dans une série de 5 conflits ou controverses (2, 1 - 3, 6).

La première de ces 5 controverses portait sur son affirmation que le Fils de l’homme a sur terre le pouvoir de remettre les péchés, associée à la guérison d’un paralytique (2, 1 - 12).

Après une 2ème controverse, liée à son appel du publicain Lévi (2, 13 - 17), Jésus a dû ensuite expliquer pourquoi ses disciples n’étaient pas tenus de jeûner, face à la nouveauté de sa présence et de sa mission (2, 18 - 22).

Avec notre page, nous abordons maintenant un 4ème conflit avec les Scribes et les Pharisiens portant, cette fois, sur la mise en application du commandement sur le Sabbat.

2. Message

Les Pharisiens contestent un geste des disciples de Jésus, qu’ils interprètent comme une violation de la Loi sur le Sabbat.

La réponse de Jésus se fait en deux temps : d’abord, par analogie avec une situation vécue par David dans l’ Ancien Testament, alors qu’il avait faim et qu’il obtint alors, d’un prêtre, de la nourriture réservée aux seuls prêtres, et ce, contrairement aux prescriptions de la Loi (1 Samuel, 21, 1 - 6).

S’il n’est pas question directement du Sabbat dans cet événement de l’ Ancien Testament que rappelle Jésus, il s’y trouve, cependant, un principe sous-jacent, et qui semble très important pour “relativiser” la Loi, à savoir que la Loi ne peut s’opposer à la nécessité.

Ce qu’on pourrait, en l’interprétant de façon plus élargie, traduire par : La Loi est faite pour l’homme et non pas l’homme pour la Loi.

Aux versets 27 - 28, Jésus proclame explicitement cette destination du Sabbat, qui est fait pour l’homme et non pas l’homme pour le Sabbat. C’est bien là une affirmation on ne peut plus radicale de Jésus, qui, en même temps, déclare sous forme de principe, ce qui a été, et sera toujours, sa pratique personnelle (voir 1, 21 - 28 et 3, 1 - 6).

Et c’est cela qu’il vient nous révéler en tant que Fils de l’homme, qui propose la Loi Nouvelle des “temps accomplis”, où paraît le Royaume de Dieu. Jésus déclare solennellement qu’il lui appartient, à lui, le Fils de l’homme, d’interpréter ainsi, à nouveaux frais, la Loi sur le Sabbat.

3. Decouvertes

Au verset 24, les Pharisiens considèrent que les disciples de Jésus font plus ou moins “la moisson” le jour du Sabbat.

Selon 1 Samuel, 21, 1 - 2, le Grand Prêtre concerné par le rappel de Jésus est Ahimélech, qui était le Père d’ Abiathar.

Au verset 25, selon Lévitique, 24, 5 - 9, douze gâteaux étaient disposés en 2 rangées devant Dieu dans le sanctuaire. Ces gâteaux étaient, par la suite, consommés par les seuls prêtres. C’est ce qu’on appelait les “pains de la Présence”.

4. Prolongement

Jésus nous a libérés de la Loi vécue pour elle-même, pour la dépasser dans l’exigence de la Vérité et de l’Amour gratuit et miséricordieux. Pour lui, quand il s’agit de rendre un service important à un frère, la Loi ne saurait jamais être un obstacle, et il nous dit ici qu’il en va de même, en cas de nécessité, quand il n’y a pas moyen de faire autrement.

Cependant, cette libération, cette liberté, que le Christ nous rend dans le don de son Esprit après sa résurrection, ne doivent jamais devenir pour nous le choix de la facilité ou de nos aises. Ecoutons Paul sur ce point :

1 C’est pour que nous restions libres que le Christ nous a libérés. Donc tenez bon et ne vous remettez pas sous le joug de l’esclavage.

13 Vous en effet, mes frères, vous avez été appelés à la liberté; seulement, que cette liberté ne se tourne pas en prétexte pour la chair; mais par la charité mettez-vous au service les uns des autres.

14 Car une seule formule contient toute la Loi en sa plénitude: Tu aimeras ton prochain comme toi-même.

15 Mais si vous vous mordez et vous vous dévorez les uns les autres, prenez garde que vous allez vous entre-détruire.

16 Or je dis: laissez-vous mener par l’Esprit et vous ne risquerez pas de satisfaire la convoitise charnelle.

17 Car la chair convoite contre l’esprit, et l’esprit contre la chair; il y a entre eux antagonisme, si bien que vous ne faites pas ce que vous voudriez.

18 Mais si l’Esprit vous anime, vous n’êtes pas sous la Loi.

19 Or on sait bien tout ce que produit la chair: fornication, impureté, débauche,

20 idolâtrie, magie, haines, discorde, jalousie, emportements, disputes, dissensions, scissions,

21 sentiments d’envie, orgies, ripailles et choses semblables -et je vous préviens, comme je l’ai déjà fait, que ceux qui commettent ces fautes-là n’hériteront pas du Royaume de Dieu.

22 -Mais le fruit de l’Esprit est charité, joie, paix, longanimité, serviabilité, bonté, confiance dans les autres,

23 douceur, maîtrise de soi: contre de telles choses il n’y a pas de loi.

24 Or ceux qui appartiennent au Christ Jésus ont crucifié la chair avec ses passions et ses convoitises.

25 Puisque l’Esprit est notre vie, que l’Esprit nous fasse agir .

Prière

*Seigneur Jésus, tu nous as libérés de la Loi pour que nous vivions selon les exigences de ta vérité que nous garantit la présence de ton Esprit Saint, mais cette libération doit devenir un affranchissement de nous-mêmes pour nous attacher totalement à toi, qui est la source de toute authentique liberté, et sans qui nous ne pouvons rien faire ni recevoir la vraie vie selon Dieu : aide-moi à ne désirer que de vivre en ta présence en demeurant en toi, qui demeures en moi, et qui, par ton Esprit me conduis partout, sur les sentiers de la volonté du Père, ainsi que dans le domaine de l’amour, de ce véritable amour qui vient de lui, jusqu’à moi, par ton intermédiaire. AMEN.

20.01.2004.*


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