📘 Commentaire biblique de l’abbé Léon Hamain


Première lecture : Juges 11, 29-39

DU LIVRE DES JUGES

Texte

29 L’esprit de Yahvé fut sur Jephté, qui parcourut Galaad et Manassé, passa par Miçpé de Galaad et, de Miçpé de Galaad, passa chez les Ammonites.
30 Et Jephté fit un vœu à Yahvé : ” Si tu livres entre mes mains les Ammonites,
31 celui qui sortira le premier des portes de ma maison pour venir à ma rencontre quand je reviendrai vainqueur du combat contre les Ammonites, celui-là appartiendra à Yahvé, et je l’offrirai en holocauste. “
32 Jephté passa chez les Ammonites pour les attaquer et Yahvé les livra entre ses mains.
33 Il les battit depuis Aroèr jusque vers Minnit vingt villes , et jusqu’à Abel-Keramim. Ce fut une très grande défaite; et les Ammonites furent abaissés devant les Israélites.
34 Lorsque Jephté revint à Miçpé, à sa maison, voici que sa fille sortit à sa rencontre en dansant au son des tambourins. C’était son unique enfant. En dehors d’elle il n’avait ni fils, ni fille.
35 Dès qu’il l’eut aperçue, il déchira ses vêtements et s’écria : ” Ah! ma fille, vraiment tu m’accables! Tu es de ceux qui font mon malheur! Je me suis engagé, moi, devant Yahvé, et ne puis revenir en arrière. “
36 Elle lui répondit : ” Mon père, tu t’es engagé envers Yahvé, traite-moi selon l’engagement que tu as pris, puisque Yahvé t’a accordé de te venger de tes ennemis, les Ammonites. “
37 Puis elle dit à son père : ” Que ceci me soit accordé! Laisse-moi libre pendant deux mois. Je m’en irai errer sur les montagnes et, avec mes compagnes, je pleurerai sur ma virginité. ” -
38 ” Va ”, lui dit-il, et il la laissa partir pour deux mois. Elle s’en alla donc, elle et ses compagnes, et elle pleura sa virginité sur les montagnes.
39 Les deux mois écoulés, elle revint vers son père et il accomplit sur elle le vœu qu’il avait prononcé. Elle n’avait pas connu d’homme. Et de là vient cette coutume en Israël :

Commentaire

1. Situation

l.e Livre des Juges est le premier d’une série de textes Bibliques qui couvrent la période qui va de la mort de Josué à l’avènement de Saül. Avec la disparition de Josué s’éteint l’époque dominée par la figure puissante de Moïse, et avec l’arrivée de Saül, se met en place l’époque de la royauté qui va durer jusqu’à l’exil Babylonien.

Ce Livre traite donc d’événements d’une époque de transition, donc de dangers et d’incertitudes, une époque qui représente en quelque sorte pour Israël une expérience du “seuil”. Ce Livre des Juges essaye d’apporter une réponse à la question suivante : comment Israël a-t-il vécu sans avoir de grand chef ?

l.a réponse est qu’il a continué d’exister vaille que vaille. Il a donc vécu, mais pas toujours bien, loin de là, et il a été amené à se situer face à des voisins envahisseurs, tels que les Midianites et les Philistins, ainsi que dans le voisinage des Cananéens qui habitaient les villes et acceptaient mal les innovations d’Israël.

Avec le Livre de Ruth, le I.ivre des Juges est le seul qui donne une grande importance aux femmes : voir les récits concernant, entre autres, Deborah et Jaël.

Il semble que ce Livre a été composé en 3 étapes : d’abord, avec la formation de collections rapportant les hauts faits de certains Juges, tels que Déborah, Gédéon, Samson, puis, peu à peu, d’autres Juges. Ensuite, vers l’époque de Jérémie et de l’école Deutéronomique du 7ème siècle, tous ces récits ont été mis en place et en forme, avec prologues, introductions et conclusions. Enfin, de nouvelles additions ont été effectuées après l’ exil Babylonien.

Après une série de Prologues (1, 1 - 3, 6), se déroule l’histoire des Juges successifs dont les récits se regroupent en deux ensembles : - de Othniel à Abimelech, incluant, entre autres, les actions de Déborah et de Gédéon (3, 7 - 9, 37), - de Tola à Samson, incluant, entre autres, les récits concernant Jephté et Samson (10, 1- 16, 31). Puis, un certain nombre d’épilogues concluent le Livre (17, 1 - 21,4).


Après une série de Prologues (1, 1 -3, 6),et un ensemble de récits concernant une 1ère série de Juges (3, 7 - 9, 57), parmi lesquels se distinguent Déborah (4, 1 - 5, 31) et Gédéon (6, 1 - 8, 35), nous nous trouvons, avec ce texte, dans les récits concernant la 2ème série de Juges (10, 1 - 16, 31), parmi lesquels Jehphté est l’une des figures qui se dégagent le plus.

2. Message

Derrière ce voeu insensé de Jephté et sa conception de Dieu qui accepte des sacrifices humains, nous découvons un homme dont la religion porte encore des caractéristiques très primitives et imparfaites, mais qui considère que la parole donnée est irréversible, surtout lorsqu’on s’est engagé face à Dieu.

La réaction de la fille de Jephté face à son destin est à la fois pleine de lucidité, en reconnaissant l’erreur terrible de son père, et de piété filiale et respectueuse, an acceptant d’en supporter les conséquences dramatiques, convaincue qu’elle est également que sion père doit tenir sa parole d’engagement vis-à-vis du Seigneur.

A cette époque où la croyance en la résurrection des morts ou en une quelqconque survie n’existait pas en Israël, mourir sans enfant étant en quelque sorte mourir deux fois, coupé de toute trace dans l’ avenir. D’où la demande de la fille de Jephté d’aller passer deux mois dans la montagne pour pleurer et assumer son destin.

3. Decouvertes

Jephté est un chef de bande qui est devenu chef du peuple en raison de ses exploits militaires. Il est important de relire tout le début de ce chapitre 11 : Jephté ne se signale pas d’abord, à la différence des autres Juges, par son ardeur quasi spontanée à résister aux rois ou chefs de guerre qui opprimaient régulièrement Israël.

Il nous est d’abord présenté comme un “marginal”, fils d’une prostituée, donc rejeté par ses frères et déshérité comme illégitime. On fait néanmoins appel à ce chef de bande peu estimé, et on passe contrat avec lui devant Yahvé, pour qu’il conduise la résistance d’Israël contre les Ammonites.

Jephté commence par négocier avec le Roi des Ammonites pour savoir quels sont ses motifs d’en vouloir à Israël, et essayer de le faire changer d’avis, démarches vaines qui vont rendre nécessaire le combat décisif, dont Yahvé sera l’arbitre.

Le voeu de Jephé est interprété à la fois comme un acte insensé de quelqu’un qui, saisi par l’esprit de Yahvé, ne cherche même plus à se contrôler, mais également comme l’expression d’une pratique idéologique courante dans le Proche Orient de cette époque, selon laquelle les responsables militaires promettaient une offrande de valeur à leurs dieux en échange de leur aide au combat.

Pratique qui n’est pas sans relation, semble-t-il, avec celle dite de “l’anathème”, selon laquelle les personnes ennemies et leurs biens étaient “vouées” au Seigneur, et donc totalement détruites, comme on peut le lire dans le Livre de Josué, 6 - 7, et le 1er Livre de Samuel, 15.

D’autre part, derrière l’immolation de la fille de Jephté, et sa démarche d’aller pleurer dans la montagne avec ses compagnes (voir versets 37 et 39), on décèle une “analogie” (d’ordre mythique) entre l’offrande par un père de sa fille à un dieu masculin, et la passage d’une fille vierge de sa maison paternelle aux responsabilités d’épouse et de mère en la maison de son mari. Ceci pour situer l’arrière plan culturel dont ces récits peuvent, à leur façon, témoigner.

A propos des sacrifices humains : selon la Bible, ils eurent lieu de temps à autre en Israêl (Genèse, 22, 1 - 19; 2 Rois, 16, 3 et 17, 7; Michée, 6, 7), ils étaient interdits par la Loi (Deutéronome, 12, 31 et Lévitique, 18, 21 et 20, 2 - 3), et les prophètes s’y opposèrent (Jérémie, 7, 31 Ezéchiel, 16,20 - 21 et 23, 39).

4. Prolongement

Jephté est considéré par la Lettre aux Hébreux, comme l’un de ces grands hommes qui “par la foi vainquirent des royaumes, exercèrent la justice, obtinrent des promesses…” (Hébreux, 11, 32 - 33).

Les “saints ” de l’Ancien Testament ne nous sont pas présentés comme tels en raison d’une quasi perfection de leur vie morale ou spirituelle, mais pour leur disponibilité à agir pour Dieu selon leur appel : ce qui est “édifiant” et digne de leçon pour nous, ce n’est ni les multiples épouses ou concubines de Gédéon, ni les “amours” de Samson, ni le massacre par Elie des 400 prophètes de Baal, mais le zèle jaloux de ces hommes pour la cause de Dieu, pour laquelle ils étaient capables de se livrer tout entiers, dans la confiance.

Jésus, à propos d’un massacre de galiléens par Pilate ou de la chute catastrophique de la tour de Siloé, a refusé d’interpréter ces évenements comme des interventions directes ou des châtiments de Dieu : certes, Dieu, dans la mesure où, selon sa puissance au-delà de tout, il est “maître de l’impossible”, peut intervenir miraculeusement dans les combats d’Israël ou la vie de l’Eglise et des croyants, mais, depuis Jésus, nous considérons de telles interventions comme exceptionnelles et rares, l’accent devant être mis sur la présence de Dieu aux côtés de ceux qui se confient à lui, pour qu’il les assiste dans leurs choix, leurs engagements ainsi que la recherche et mise en acte de sa volonté à travers les événements rencontrés.

Notre prière devrait donc moins viser l’intervention de Dieu qui résout les crises et événements que la lumière et la force qu’il nous donne pour vivre ces crises et événements selon sa volonté et son projet de salut pour tous les hommes.

Prière

*Seigneur Jésus, en homme qui aimait normalement la vie reçue de Dieu, créateur du ciel et de la terre, tu as, en toute vérité, supplié le Père de t’épargner les atroces souffrances de ta passion et de ta mort, tout en te disant tout-à-fait disponible à vivre ton engagement jsuqu’au bout : donne-moi de savoir, comme toi, prier le Père, à la fois comme celui qui peut tout, mais dont je suis totalement sûr qu’il “est-avec-moi”, qu’il veut le meilleur pour moi, et que je ne me trompe jamais en demandant, dans toute prière : “que son Nom soit sanctifié, que son Règne vienne, que sa Volonte soit faite”. AMEN.

21.08.2003.*

Évangile : Matthieu 22, 1-14

DE L’EVANGILE DE MATTHIEU

Texte

1 Et Jésus se remit à leur parler en paraboles :
2 ” Il en va du Royaume des Cieux comme d’un roi qui fit un festin de noces pour son fils.
3 Il envoya ses serviteurs convier les invités aux noces, mais eux ne voulaient pas venir.
4 De nouveau il envoya d’autres serviteurs avec ces mots : ” Dites aux invités : “Voici, j’ai apprêté mon banquet, mes taureaux et mes bêtes grasses ont été égorgés, tout est prêt, venez aux noces. “
5 Mais eux, n’en ayant cure, s’en allèrent, qui à son champ, qui à son commerce ;
6 et les autres, s’emparant des serviteurs, les maltraitèrent et les tuèrent.
7 Le roi fut pris de colère et envoya ses troupes qui firent périr ces meurtriers et incendièrent leur ville.
8 Alors il dit à ses serviteurs : “La noce est prête, mais les invités n’en étaient pas dignes.
9 Allez donc aux départs des chemins, et conviez aux noces tous ceux que vous pourrez trouver. “
10 Ces serviteurs s’en allèrent par les chemins, ramassèrent tous ceux qu’ils trouvèrent, les mauvais comme les bons, et la salle de noces fut remplie de convives.
11 ” Le roi entra alors pour examiner les convives, et il aperçut là un homme qui ne portait pas la tenue de noces.
12 “Mon ami, lui dit-il, comment es-tu entré ici sans avoir une tenue de noces ?” L’autre resta muet.
13 Alors le roi dit aux valets : “Jetez-le, pieds et poings liés, dehors, dans les ténèbres : là seront les pleurs et les grincements de dents. “
14 Car beaucoup sont appelés, mais peu sont élus. “

Commentaire

1. Situation

Cet Evangile, qui reprend beaucoup de passages de l’Evangile de Marc (qui avait été écrit vers 65), mais en y ajoutant des éléments qu’il partage en grande partie avec Luc, a été très probablement rédigé entre les années 85 et 90.

A parcourir tout ce Livre, on peut se demander s’il a été composé pour des chrétiens d’origine Juive (Judéochrétiens), ou pour des chrétiens d’origine païenne, ou encore pour les deux. Néanmoins, même s’il a été d’abord écrit pour confirmer une communauté Judéochrétienne dans sa découverte de la Bonne Nouvelle de Jésus, cet Evangile est ouvert également à la mission universelle auprès des païens, et il se termine par un envoi en mission par le Christ ressuscité, avec ces paroles : “allez, de toutes les nations, faites des disciples” (28, 18).

On peut diviser cet Evangile en 11 parties, qui se répondent en sens inverse (la 1ère correspondant à la dernière, la 2ème, à l’avant-dernière, etc…), concentrées autour de la 6ème partie, le “Discours en paraboles”, qui sert en quelque sorte de “pivot”. Nous obtenons ainsi le découpage suivant :

  • Naissance de Jésus et commencement de sa mission (1 - 4)
  • Bénédictions et Discours sur la montagne (5 - 7)
  • Manifestations de l’autorité de Jésus et de ses appels (8 - 9)
  • Discours sur la mission (10)
  • Jésus rejeté par “cette génération” (11 - 12 )
  • Discours en paraboles (13)
  • Jésus reconnu par ses disciples (14 - 17)
  • Discours sur la manière de vivre en communauté de croyants (18)
  • De nouveau, Jésus manifeste son autorité et ses appels (19 - 22)
  • Proclamation de situations malheureuses et Discours sur la venue définitive du Royaume (23 - 24)
  • Passion, mort et résurrection (26 - 28)

Cette présentation fait ressortir que cet Evangile est bien rythmé par 5 grands discours de Jésus, dans lesquels l’auteur a concentré la majeure partie de son enseignement. Les 5 discours ont souvent fait penser aux 5 livres de Moïse de l’Ancien Testament. On dit volontiers que, pour Matthieu, Jésus est le “Nouveau Moïse”.


Les événements se précipitent dans cette dernière série d’actions et de paroles de Jésus que nous rapporte Matthieu entre les 4ème et 5ème discours de .Jésus (19, 1 - 22, 46). Série très riche en interventions qui soulignent l’impact puissant de Jésus et son autorité.

Après son enseignement sur le divorce, la priorité des enfants et de ce qu’ils représentent pour le Royaume, son invitation sans succès au jeune homme riche de le suivre, et sa parabole sur les ouvriers envoyés à la vigne, où il souligne la gratuité du don de Dieu offert à tous de façon identique, nous retrouvons Jésus dans Jérusalem où il est maintenant entré, où il a purifié le Temple. Tout un ensemble de passages ont été sautés dans la lecture continue que nous faisons de cet Evangile de Matthieu dans notre liturgie catholique (de 20, 17 à 21, 46).

Jésus, entre les interventions des scribes et des Pharisiens qui contestent sa purification du Temple, où il s’est installé en quelque sorte, pour enseigner le peuple, et qui cherchent à le piéger par des questions insidieuses en vue de le faire condamner, Jésus donc, s’est remis à parler en paraboles qui visent plus ou moins directement ses adversaires : la parabole des deux fils (21, 28 - 32), celle des vignerons homicides (21, 33 - 46), et nous lisons aujourd’hui la dernière de ses paraboles (si l’on ne tient pas compte de celles qui feront partie de son dernier discours eschatologique, qu’il va bientôt prononcer) : la parabole des invités au festin du Royaume.

2. Message

Cette parabole se déroule en 3 actes : - versets 2 à 7 : 2 appels à venir au festin à ceux qui y ont été invités, appels qui se heurtent au refus des invités, - versets 8 à 10 : suite à ce refus, l’invitation est étendue à tous les hommes rencontrés, en particulier à tous les rejetés de la société et les pécheurs, - versets 11 à 14 : vérification de la tenue des invités dans la salle de noces et parole d’interprétation finale.

Le Royaume des cieux est explicitement présenté ici sous son image de banquet messianique de la fin des temps, dont l’origine se trouve au livre d’Isaïe, 25, 6 - 10. Les invités d’office sont le peuple de l’ Alliance et de la Promesse, objet, depuis l’appel fait par Dieu à Abraham, de la tendresse et de l’initiative gratuite du Seigneur qui les appelle. Les serviteurs envoyés chercher les invités désignent les prophètes. Tout est désormais prêt : nous sommes dans l’urgence absolue de la fin des temps, à laquelle il faut se conformer immédiatement, et cela est redit avec insistance (2 fois au verset 4, puis 1 fois au verset 8). Mais les invités estiment qu’il n’y a pas d’urgence pour eux, car les affaires de Dieu sont passées pour eux au second plan.

Dans cette parabole, Matthieu pose une distinction entre l’appel initial au salut et l’entrée définitive et réelle dans le Royaume, pour ceux qui ont persévéré dans l’écoute et l’attente impliquées par cet appel. Car cette entrée dans le Royaume n’est pas de soi automatique, elle suppose que l’on soit prêt et disposé à saisir immédiatement l’occasion quand elle se présente. Les croyants ne doivent pas se laisser aller à traiter d’abord de leurs affaires en les mettant à la première place de leurs préoccupations. Si l’appel de Dieu ne demeure pas prioritaire dans leur existence, ils manqueront le Royaume. Le verset 14 résume bien cette logique de la présence et de la persévérance.

L’habit de noces exigé et présenté ici comme nécessaire, est l’expression d’un coeur qui accepte de se tourner vers le Royaume où Dieu l’appelle, et d’exprimer cette acceptation, ou cette conversion, par une vie de justice selon laquelle l’on essaye de produire les oeuvres que Dieu attend de nous. Ce qui veut dire que si les pécheurs sont bien parmi les invités, ils doivent se reconnaître pour ce qu’ils sont et s’ouvrir à la conversion.

3. Decouvertes

Les versets 6 et 7 (sur l’expédition militaire contre les rebelles) rompent la logique de l’histoire que raconte la parabole. Ils constituent une intrusion qui fait allusion à la capture et à la destruction de Jérusalem par les Romains en 70 de notre ère.

Tous ceux qui sont sur les chemins et que les serviteurs convoquent au banquet sont les exclus et les rejetés d’Israël, ceux qui sont “loin ” : les publicains, les pécheurs, les bergers, et tous ceux qu’on ne peut approcher sans se souiller. Mais les pécheurs sont invités.

Les versets 11 à 13 soulignent l’importance de l’ouverture du coeur au salut que Dieu propose, ainsi que le caractère absolu du Royaume : on en fait partie ou en n’en fait pas partie.

Cependant l’image d’exclusion “pieds et poings liés”, pour être dans la logique du Royaume et de son exigence de vérité, est tout de même un peu trop forte dans la logique du récit de cette parabole du festin. Ce qui veut dire que le récit que nous rapporte Matthieu de cette parabole, est marqué déjà par toute une interprétation.

4. Prolongement

Que l’appel soit adressé d’abord aux Juifs, ensuite aux païens, il est le même pour tous (Ephésiens, 3, 1 - 12), et pour tous les temps.

Cet appel, tout de gratuité et de grâce, demande cepndant à être reçu dans l’ouverture d’un coeur qui l’accueille avec confiance, en se remettant entre les mains de Dieu, par Jésus, dans l’Esprit. Il nous faut toujours demeurer en présence de cette initiative de Dieu, qui nous rejoint et doit être considérée comme l’événement le plus important de notre histoire. Nous ne devons pas nous en laisser distraire.

Notre devise perpétuelle : “Le Royaume, d’abord et toujours, Jésus Christ d’abord et toujours, le don que Dieu nous fait d’abord et toujours”. Méfions-nous de toute “banalisation” de Dieu ou du Christ.

Notre espérance, qui ne voit pas ce qu’elle espère, mais l’attend dans la confiance et la patience, demeure toujours associée à la persévérance (Romains, 8, 24 - 25).

Prière

*Seigneur Jésus, non seulement tu accueilles tous ceux qui vont vers toi, comme le Père attend son fils prodigue, mais tu viens sans cesse nous chercher, nous transformer, et nous envoyer, porteurs de ta Parole et de ta manière de vivre, à la rencontre, à temps et à contretemps, des frères et des soeurs que tu as placès sur nos chemins de vie : donne-moi de toujours répondre à ton appel et d’en bien saisir l’urgence, ainsi que d’en mesurer l’exigence de conversion et d’accueil de ta grâce avec un coeur nouveau. AMEN.

21.08.2003.*


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