📘 Commentaire biblique de l’abbé Léon Hamain


Première lecture : Ruth 2, 1-17

DU LIVRE DE RUTH

Texte

1 Noémi avait, du côté de son mari, un parent. C’était un homme de condition qui appartenait au même clan qu’Élimélek, il s’appelait Booz.
2 Ruth la Moabite dit à Noémi : ” Permets-moi d’aller dans les champs glaner des épis derrière celui aux yeux duquel je trouverai grâce. ” Elle lui répondit : ” Va, ma fille. “
3 Ruth partit donc et s’en vint glaner dans les champs derrière les moissonneurs. Sa chance la conduisit dans une pièce de terre appartenant à Booz, du clan d’Élimélek.
4 Or voici que Booz arrivait de Bethléem : ” Que Yahvé soit avec vous! ” dit-il aux moissonneurs, et eux répondirent : ” Que Yahvé te bénisse! “
5 Booz demanda alors à celui de ses serviteurs qui commandait aux moissonneurs : ” A qui est cette jeune femme ? “
6 Et le serviteur qui commandait aux moissonneurs répondit : ” Cette jeune femme est la Moabite, celle qui est revenue des Champs de Moab avec Noémi.
7 Elle a dit : “Permets-moi de glaner et de ramasser ce qui tombe des gerbes derrière les moissonneurs. ” Elle est donc venue et elle est restée; depuis le matin jusqu’à présent elle s’est à peine reposée. “
8 Booz dit à Ruth : ” Tu entends, n’est-ce pas ma fille ? Ne va pas glaner dans un autre champ, ne t’éloigne pas d’ici mais attache-toi à mes servantes.
9 Regarde la pièce de terre qu’on moissonne et suis-les. Sache que j’ai interdit aux serviteurs de te frapper. Si tu as soif, va aux cruches et bois de ce qu’ils auront puisé. “
10 Alors Ruth, tombant la face contre terre, se prosterna et lui dit : ” Comment ai-je trouvé grâce à tes yeux pour que tu t’intéresses à moi qui ne suis qu’une étrangère ? ” -
11 ” C’est qu’on m’a bien rapporté, lui dit Booz, tout ce que tu as fait pour ta belle-mère après la mort de ton mari; comment tu as quitté ton père, ta mère et ton pays natal pour te rendre chez un peuple que tu n’avais jamais connu, ni d’hier ni d’avant-hier

13 Booz prit Ruth et elle devint sa femme. Il alla vers elle, Yahvé donna à Ruth de concevoir et elle enfanta un fils.
14 Les femmes dirent alors à Noémi : ” Béni soit Yahvé qui ne t’a pas laissé manquer aujourd’hui de quelqu’un pour te racheter. Que son nom soit proclamé en Israël!
15 Il sera pour toi un consolateur et le soutien de ta vieillesse, car il a pour mère ta bru qui t’aime, elle qui vaut mieux pour toi que sept fils. “
16 Et Noémi, prenant l’enfant, le mit sur son sein, et ce fut elle qui prit soin de lui.
17 Les voisines lui donnèrent un nom, elles dirent : ” Il est né un fils à Noémi ” et elles le nommèrent Obed. C’est le père de Jessé, père de David.

Commentaire

1. Situation

A première vue, ce Livre de Ruth se lit comme un beau conte de vie domestique, rayonnant de fidélité, de bonté, de vérité et de simplicité. Ce récit nous conduit progressivement de la tristesse à la joie, de la désolation à un nouvel accomplissement, et cela, en raison de l’initiative et du dynamisme de deux femmes menant une vie droite.

La question se pose néanmoins de la relation du message de ce conte à l’ensemble de l’Ancien Testament, et à la pratique de la Loi. D’emblée, ce Livre se signale par l’importance qu’il accorde au rôle des deux femmes qui en animent le récit, et ressemble par certains côtés au livre d’Esther, tout en insistant beaucoup plus sur la dimension religieuse de ce récit.

Bien que l’intervention directe de Yahvé-Dieu dans la vie des hommes n’y soit reconnue explicitement que deux fois (en 1, 6 et 4, 13), la fréquente invocation du Nom de Dieu dans des formules de bénédiction affirme, à sa façon, que c’est bien le Seigneur qui agit, même si sa présence n’est souvent que suggérée.

A noter toutefois qu’à deux reprises des événements significatifs sont attribués à la chance ou au hasard (voir 2, 3 et 3 ,18).

Ce Livre nous présente ainsi, d’un bout à l’autre, le récit d’une fidélité humaine et divine, chaque bénédiction divine s’accomplissant finalement à travers les actions et démarches des personnes humaines concernées.

On pense maintenant que ce Livre a dû être écrit avant l’exil Babylonien, entre l’époque de David (près de laquelle il pourrait se situer à cause de son dernier verset, qui fait de Ruth l’arrière grand-mère de David), et l’époque du Deutéronome (aux environs du 7ème siècle). Selon cette hypothèse, ce Livre aurait été écrit en support de la royauté et de la dynastie de David.

Il est facile de remarquer que ce Livre est très bien composé, en particulier que les chapitres 2 et 3 sont structurés de façon parallèle, et que ce Livre est celui qui offre le plus grand pourcentage de dialogues par rapport à l’ensemble de son texte.

2. Message

Arrivée maintenant à Behtléem de Juda avec Noémi, sa belle-mère, à laquelle elle est demeurée attachée, Ruth, qui veut se rendre utile, se propose d’aller glaner des épis, derrière les moissonneurs, dans les champs du pays. Sa chance l’ayant conduite dans le champ de Booz, riche propriétaire appartenant au clan du mari défunt de Noémi, elle s’y trouve très bien accueillie, comme étrangère, par Booz lui-même, à cause de sa bonne réputation acquise du fait qu’elle est restée très liée à sa belle-mère.

Suite à cette rencontre et à quelques autres, où, sur le conseil de Noémi, Ruth lui fit valoir son devoir de la prendre pour femme, selon la Loi, en tant que parent proche du mari de Noémi, Booz en arrive à épouser Ruth, dès qu’il s’est assuré publiquement qu’il est bien le plus proche parent auquel il appartient de donner une descendance à l’époux défunt de Noémi.

Dieu permettant à Ruth de concevoir, elle enfante un fils qu’elle confie aux soins de sa belle-mère, qui s’en trouve consolée.

Ainsi nous sont présentées, comme de véritables “justes”, remplis de droiture et de miséricorde, ces personnes qui sont les ascendants de David, l’arrière petit fils de Booz et Ruth, qui, eux-mêmes, de ce fait, seront cités nommément par l’Evangéliste Matthieu dans sa généalogie du Christ.

3. Decouvertes

Bien qu’ayant été pendant 10 ans l’épouse d’un Israélite (1, 4), Ruth est encore désignée comme la “Moabite”, une étrangère (2, 2. 6). Veuve, sans famille et donc sans ressources, elle demande que lui soient accordés les droits des pauvres,tels qu’ils sont prévus par la Loi (Lévitique, 19, 9 - 10).

Dans ces terres sans clôture, on comprend que Ruth arrive par chance dans le champ de Booz. Même si Dieu semble ne pas intervenir ici, la fréquente invocation de son Nom, au long de ce conte (2, 4; 2, 12 et 20; 3, 10; 4, 14), indique qu’il est bien considéré comme l’ultime responsable des affaires humaines.

Dès sa première rencontre de Ruth, Booz ne la onsidère pas comme une domestique, veille à ce qu’elle ait de quoi boire et qu’elle soit protégée (2, 8 - 9), tenant compte ainsi de tout ce que Ruth avait fait et continuait de faire pour sa belle-mère.

C’est Noémi qui prend l’initiative de suggérer à Ruth de s’approcher de Booz, leur parent, après s’être lavée, parfumée, revêtue d’un manteau, et de lui indiquer de quelle façon elle devait se coucher aux pieds de Booz endormi, sans s’être fait reconnaître auparavant (3, 1 - 5).

Ce que fait Ruth, qui, lorsqu’elle est identifiée par Booz, lui demande de prendre possession d’elle, au nom de sa situation de “Goël” (parent proche, chargé, de par la Loi, d’assurer le maintien dans le clan des biens de l’époux défunt de Noémi, en en rachetant le champ, ainsi que de donner au défunt une postérité, si personne d’autre n’était mieux placé que lui pour le faire) (3, 6 - 13).

Booz se fait donc reconnaître publiquement comme le “Goël” devant assumer ce devoir, et épouse Ruth.

A noter toutefois que Booz est, à proprement parler, le “Goël” de Noémi, et ne l’est de Ruth que par fiction légale, Noémi étant trop âgée pour pouvoir encore enfanter.

A noter également que, dès la naissance de son fils, on ne parle pluis guère de Ruth, mais seulement de Noémi et de l’enfant, bien que les femmes du pays disent à Noémi que Ruth vaut mieux pour elle que 7 fils.

4. Prolongement

8 - ” On t’a fait savoir, homme, ce qui est bien, ce que Yahvé réclame de toi : rien d’autre que d’accomplir la justice, d’aimer la bonté et de marcher humblement avec ton Dieu. ”

Ces hommes et ces femmes, qui pratiquent ainsi la justice, la bienveillance et le droit dans leur vie quotidienne, nous renvoient à nos propres responsabilités face à Dieu et nos frères, comme le font Paul et les autres auteurs du Nouveau Testament, dans la partie exhortative de leurs Lettres.

Puisque nous sommes, de plus, en ces temps de l’accomplissement inaugurés par la résurrection de Jésus, devenus des “hommes nouveaux” dans l’Esprit Saint, notre foi, qui agit par la charité (Galates, 5, 6), doit se manifester dans notre manière de vivre à la façon du Christ, c’est-à-dire en dépassant comme lui la justice et le droit dans le don gratuit de nous-mêmes à tous nos frères et soeurs, en signifiant ainsi prophétiquement, et en rendant présent, cet amour, reçu du Père, selon lequel Jésus le Christ nous a aimés, et nous demande, à notre tour, de le faire les uns vis-à-vis des autres (Jean, 15).

Prière

*Seigneur Jésus, tu nous as dit d’être miséricordieux, comme Dieu notre Père est miséricordieux, et nous te voyons, tout au long des récits évangéliques, accueillir, prendre en charge, pardonner ou guérir toutes les personnes qui se présentent à toi, toi qui te montres ainsi sans cesse rempli, à la fois, d’humilité, de générosité et de compassion sans limites : renforce en moi le don de ta paix, qui vient de Dieu, et qui seule me permet de vivre, à ton image et ressemblance, l’accueil, la réconciliation, la solidarité, le partage et le pardon. AMEN.

23.08.2003.*

Évangile : Matthieu 23, 1-12

DE L’EVANGILE DE MATTHIEU

Texte

1 Alors Jésus s’adressa aux foules et à ses disciples en disant :
2 ” Sur la chaire de Moïse se sont assis les scribes et les Pharisiens :
3 faites donc et observez tout ce qu’ils pourront vous dire, mais ne vous réglez pas sur leurs actes : car ils disent et ne font pas.
4 Ils lient de pesants fardeaux et les imposent aux épaules des gens, mais eux-mêmes se refusent à les remuer du doigt.
5 En tout ils agissent pour se faire remarquer des hommes. C’est ainsi qu’ils font bien larges leurs phylactères et bien longues leurs franges.
6 Ils aiment à occuper le premier divan dans les festins et les premiers sièges dans les synagogues,
7 à recevoir les salutations sur les places publiques et à s’entendre appeler “Rabbi” par les gens.
8 ” Pour vous, ne vous faites pas appeler “Rabbi” : car vous n’avez qu’un Maître, et tous vous êtes des frères.
9 N’appelez personne votre “Père” sur la terre : car vous n’en avez qu’un, le Père céleste.
10 Ne vous faites pas non plus appeler “Directeurs” : car vous n’avez qu’un Directeur, le Christ.
11 Le plus grand parmi vous sera votre serviteur.
12 Quiconque s’élèvera sera abaissé, et quiconque s’abaissera sera élevé.

Commentaire

1. Situation

Cet Evangile, qui reprend beaucoup de passages de l’Evangile de Marc (qui avait été écrit vers 65), mais en y ajoutant des éléments qu’il partage en grande partie avec Luc, a été très probablement rédigé entre les années 85 et 90.

A parcourir tout ce Livre, on peut se demander s’il a été composé pour des chrétiens d’origine Juive (Judéochrétiens), ou pour des chrétiens d’origine païenne, ou encore pour les deux. Néanmoins, même s’il a été d’abord écrit pour confirmer une communauté Judéochrétienne dans sa découverte de la Bonne Nouvelle de Jésus, cet Evangile est ouvert également à la mission universelle auprès des païens, et il se termine par un envoi en mission par le Christ ressuscité, avec ces paroles : “allez, de toutes les nations, faites des disciples” (28, 18).

On peut diviser cet Evangile en 11 parties, qui se répondent en sens inverse (la 1ère correspondant à la dernière, la 2ème, à l’avant-dernière, etc…), concentrées autour de la 6ème partie, le “Discours en paraboles”, qui sert en quelque sorte de “pivot”. Nous obtenons ainsi le découpage suivant :

  • Naissance de Jésus et commencement de sa mission (1 - 4)
  • Bénédictions et Discours sur la montagne (5 - 7)
  • Manifestations de l’autorité de Jésus et de ses appels (8 - 9)
  • Discours sur la mission (10)
  • Jésus rejeté par “cette génération” (11 - 12 )
  • Discours en paraboles (13)
  • Jésus reconnu par ses disciples (14 - 17)
  • Discours sur la manière de vivre en communauté de croyants (18)
  • De nouveau, Jésus manifeste son autorité et ses appels (19 - 22)
  • Proclamation de situations malheureuses et Discours sur la venue définitive du Royaume (23 - 24)
  • Passion, mort et résurrection (26 - 28)

Cette présentation fait ressortir que cet Evangile est bien rythmé par 5 grands discours de Jésus, dans lesquels l’auteur a concentré la majeure partie de son enseignement. Les 5 discours ont souvent fait penser aux 5 livres de Moïse de l’Ancien Testament. On dit volontiers que, pour Matthieu, Jésus est le “Nouveau Moïse”.


Avec cette page, nous entrons dans une suite de 2 Prologues au 5ème et dernier grand discours de Jésus dans IEvangilede Matthieu (23, 1 - 25, 46), ce discours constituant, dans cet Evangile, le dernier acte de la mission de Jésus avant sa passion, sa mort, et sa résurrection.

Depuis son arrivée à Jérusalem, Jésus a passé tout son temps à enseigner dans le Temple, et il a su, à chaque occasion, répondre à beaucoup de questions-pièges que lui posaient ses adversaires, qui n’admettaient ni son geste “prophétique” de purification du Temple, ni son message. Mais comme Jésus a parfaitement répondu à ses adversaires et n’a pu, de son côté, obtenir aucune réponse d’eux quand il leur a, à son tour, posé quelques questions, personne désormais n’ose plus l’interroger (21, 1 - 22,46).

C’est maintenant le tour de Jésus de prendre la Parole de façon définitive. Suite donc à 2 Prologues, le premier étant une déclaration de malheur à l’adresse des Scribes et des Pharisiens (23, 1 - 36), et le second étant une lamentation sur .Jérusalem, ville qui ne l’a pas accueilli (23, 37 - 39), iJ va se lancer dans son discours sur la fin des temps (24, 1 - 25, 46).

Notre page représente le début du 1er prologue, dans lequel Jésus déclare “malheureux !” ses plus virulents adversaires.

2. Message

Ce texte constitue une charnière entre les paraboles de jugement et les controverses avec les chefs du Peuple Juif, qui ont commencé en 21, 23, et, en même temps, il introduit son dernier discours.

Avant d’aborder les 7 proclamations de malheur aux versets 13 et suivants, proclamations qui représentent un ensemble terrible qui contraste avec les béatitudes du chapitre 5, et paraissent s’inspirer d’Isaïe 5, 8. 11. 18. 20. 21.28, Jésus commence par nous camper ses adversaires.

Ils ont beau être compétents dans leur explication de la Loi en Israël, Ieur zèle pour le Dieu de l’Alliance de l’ Ancien Testament, et, à ce titre, dignes d’être écoutés, et pris en compte, il ne faut pas our autant les imiter, car ils ne sont pas près, eux-mêmes, de mettre en pratique ce qu’ils annoncent.

D’autre part, leur enseignement manque de miséricorde et leur conception de la Loi la présente comme très dure à porter. Finalement, ce qui compte d’abord pour eux, c’est le “paraître”, les premières places, et les titres officiels.

Face à leur exemple sur ce point, Jésus nous invite à l’humilité : aucun titre ne doit désormais nous distinguer {tel que “Maître”, ou “Père”, ou tout autre). Jésus ne recommande qu’un seul comportement, le sien, celui de “Serviteur” où se situe la véritable grandeur, dans la pauvreté.

3. Decouvertes

Cette page, et ce qui la suit dans le même chapitre, nous aide à comprendre le contexte de la mort de Jésus, repoussé avec hostilité, et, en même temps, Matthieu y prend position à l’encontre des Pharisiens et scribes Juifs de son temps, qui viennent de se regrouper, après la ruine du Temple en 70 de notre ère, et qui mettent en place un Judaïsme à leur mesure, et cela, particulièrement, en interdisant à tout Juif devenu chrétien de continuer à fréquenter la Synagogue.

Beaucoup pensent que Matthieu, a, de lui-même, inséré les remarques qu’il prête à Jésus concernant les titres que nous devons refuser de porter. En les refusant, Matthieu veut se distinguer des Pharisiens qui les portent, et il nous renvoie à l’exemple du Christ, qui est justement notre seul “Maître ” et “Seigneur”, parce qu’il s’est mis, le plus humblement qu’il soit possible, à notre service.

4. Prolongement

Jésus, lui, à la différence des Pharisiens, agit et parle, réalisant une synthèse unique de ses gestes et de ses dires, en étant totalement “témoin” en tous ses comportements et paroles.

Jésus est pour nous la Vérité et le Chemin {Jean, 14, 6), il représente la droiture de Dieu à notre égard, et surtout, il nous montre ce qu’est l’amour de Dieu à l’oeuvre, amour qui dépasse tout ce qu’on peut imaginer ou concevoir {Ephésiens, 3, 20 - 21).

A nous de suivre Jésus et de l’imiter davantage dès aujourd’hui.

Prière

*Seigneur Jésus, toi qui es présent en moi par ton Esprit de Vérité et d’amour qui vient du Père et me rend conforme à toi, une fois de plus, apprends moi à te suivre en toutes mes paroles et toutes mes actions, et fais de mon existence une reflet fidèle de celle que tu as vécue autrefois parmi nous, et dont rendent compte les Evangiles et autres Ecrits du Nouveau Testament, par lesquels ceux qui furent les témoins de tes comportements et engagements humains nous ont transmis ton témoignage unique de “Fils” du Père et de “Frère universel”. AMEN.

23.08.2003.*


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