📘 Commentaire biblique de l’abbé Léon Hamain


Première lecture : 1 Thessaloniciens 4, 9-12

DE LA 1ère LETTRE DE PAUL AUX THESSALONICIENS

Texte

9 Sur l’amour fraternel, vous n’avez pas besoin qu’on vous écrive, car vous avez personnellement appris de Dieu à vous aimer les uns les autres,
10 et vous le faites bien envers tous les frères de la Macédoine entière. Mais nous vous engageons, frères, à faire encore des progrès
11 en mettant votre honneur à vivre calmes, à vous occuper chacun de vos affaires, à travailler de vos mains, comme nous vous l’avons ordonné.
12 Ainsi vous mènerez une vie honorable au regard de ceux du dehors et vous n’aurez besoin de personne.

Commentaire

1. Situation

La 1ère l.ettre de Paul aux Thessaloniciens est considérée non seulement comme la 1ère lettre de Paul, écrite en 50 ou 51, mais encore comme le 1er écrit du Nouveau Testament.

Puisque cette lettre utilise des données traditionnelles plus anciennes qu’elle, et, particulièrement, des formules résumant la foi chrétienne (1, 9 - 10; 4, 14; 5, 10), elle est un témoin de l’Evangile, tel qu’il a été proclamé et vécu entre les années 30 et 50, soit dans l’intervalle entre la mort-résurrection de Jésus et le reste des textes du Nouveau Testament. On constate immédiatement que cette lettre nous fournit le plus ancien témoignage écrit de l’importance attachée à la mort-résurrection du Christ par les toutes premières générations chrétiennes.

A l’époque de Paul, Thessalonique était une ville portuaire de Macédoine, située à quelque 150 kilomètres à l’Ouest de Philippes, et dont l’importance tenait de sa proximifé de la voie Romaine “Egnatienne”, qui traversait les Balkans. Cette ville jouait donc un rôle à la fois politique, économique et commercial très reconnu.

Paul a écrit cette lettre depuis Corinthe, presque aussitôt après l’arrivée de Timothée qui venait de Thessalonique, où Paul l’avait envoyé, alors qu’il se trouvait lui-même à Athènes, et dans l’impossibilité de pouvoir s’y rendre en personne. Timothée venait juste donc de lui apporter de bonnes nouvelles de cette jeune Eglise. ainsi que quelques questions que se posaient les Tbessaloniciens concernant le sort de ceux qui sont morts. En grande partie, les détails de cette Lettre correspondent aisément au compte-rendu que Luc, dans les Actes des Apôtres, donnera de la 2ème mission de Paul : re!ire Actes, 16, 16 - 40; 17, 1 - 15 et 18, 5.

Cette Lettre n’est ni doctrinale, ni axée sur des consignes de comportement moral : son style est celui d’une lettre personnelle, construite à la façon des lettres personnelles de l’époque. Seuls quelques versets, en 4, 13 - 18 et 5, 1 - 11, présentent un enseignement quelque peu étendu sur la question de la fin des temps, exprimé dans le langage imagé, caricatural et symbolique des récits apocalyptiques.

Après la salutation du premier verset, cette lettre traduit d’abord l’action de grâces de Paul pour ce qu’il constate de la vie chrétienne des Thessaloniciens (1, 2 - 3, 13). Elle prend ensuite le ton d’une exhortation familière (4, 1 - 12), puis répond aux questions que se posent les Thessaloniciens sur Ia fin des temps (4, 13 - 5, 11), avant de se terminer par une seconde exhortation (5, 12 - 22 ), suivie d’une finale (5, 23 - 28).


Avec cette page nous concluons la 2ème partie de cette Lettre de Paul selon le plan général proposé ci-dessus (l’exhortation éthique).

2. Message

En terminant cette brève exhortation, Paul constate que les Thessaloniciens ont bien compris et mettent en pratique l’attitude chrétienne fondamentale de l’amour fraternel. C’est là un don de Dieu qui porte du fruit dans leur vie et permet à leur témoignage de rayonner à travers tout le pays de Macédoine.

Et si Paul les engage ensuite à faire de nouveaux progrès, c’est dans le sens d’une vie unifiée et toute entière dynamisée par par cette attitude d’amour. Ce qui doit se traduire dans une sérénité constante, une manière de se situer en vérité dans les situations rencontrées, et dans la pratique nécessaire du travail de sorte que chacun puisse subsister de façon normale. En effet, la charité fraternelle ne peut s’accompagner d’oisiveté.

3. Decouvertes

Le terme grec “philadelphia”, qui se traduit par “amour fraternel” se trouve très rarement dans le Nouveau Testament. Employé seulement une autre fois par Paul (Romains, 12, 10), on le rencontre également en Hébreux, 13, 1; 1 Pierre, 1, 22, et, à deux reprises en 2 Pierre,1, 7. Est-ce parce qu’il connaissait une certaine vogue dans les courants philophiques de l’époque ?

On s’est demandé par ailleurs la raison pour laquelle Paul donne ses autres conseils précis concernant le calme, ce que nous appellerions le “devoir d’état” lié à la condition de chacun, et le travail manuel (indiquant par là que les chrétiens de Thessalonique étaient de “petites gens”).

Beaucoup pensent que l’apôtre souhaitait que ces chrétiens, artisans urbains ou ouvriers pour la la plupart, donc n’occupant pas un niveau social élevé, conservent un profil bas et n’attirent pas d’antipathie sur eux, en tant que groupe humain caractérisé.

4. Prolongement

On sait que Jésus a ramené tout l’exigence chrétienne à l’amour de Dieu (par la pratique de l’obéissance à ce qu’il attend de nous), totalement inséparable de l’amour du prochain (Matthieu, 22, 34 - 40), et qu’il nous a invités à demeurer dans son propre amour qu’il nous transmet et qui lui vient du Père (Jean, 15).

Dans une de ses formules les plus ramassées concernant toujours l’essentiel de notre engagement de croyant, Paul a, de son côté, déclaré que ce qui est efficace, c’est “la foi agissant par l’amour” (Galates, 5, 6).

Dans le domaine du travail artisanal ou professionnel, Paul avait fait pour lui-même le choix de vivre sa charité apostolique de prédicateur de l’Evangile, et de témoin du Christ face à ses communautés, en continuant de pratiquer son métier (relire 1 Corinthiens, 9) et, sauf rares exceptions (Philippiens, 4, 14 - 17), en ne se faisant pas aider par ses Eglises.

Il tenait, d’une part, à ne pas dépendre de ses communautés pour sa subsistance (1 Thessaloniciens, 2, 9), mais, d’autre part, en demeurant ainsi bien incrusté dans la société civile de son époque, peut-être cherchait-il à mieux situer publiquement son activité d’évangélisation :

10 J’ai eu grande joie dans le Seigneur à voir enfin refleurir votre intérêt pour moi ; il était bien toujours vivant, mais vous ne trouviez pas d’occasion.

11 Ce n’est pas mon dénuement qui m’inspire ces paroles ; j’ai appris en effet à me suffire en toute occasion.

12 Je sais me priver comme je sais être à l’aise. En tout temps et de toutes manières, je me suis initié à la satiété comme à la faim, à l’abondance comme au dénuement.

13 Je puis tout en Celui qui me rend fort.

Ces paroles demeurent pour nous un témoignage et une appel.

Prière

*Seigneur Jésus, tu nous es présenté comme “le charpentier” ou “le fils du charpentier”, métier noble de ton temps, mais tu nous as annoncé, d’autre part, que “le Fils de l’homme”, que tu déclarais être, “n’avait pas une pierre où reposer la tête”, et que “ta nourriture consistait à faire la volonté de Dieu ton Père”, et tu nous démontrais ainsi à quel point d’unité tu savais mener ta vie d’homme et demeurer entièrement au service de l’annonce de ton Evangile et de ton engagement de miséricorde à l’égard de tous, qui révélait l’attitude même de Dieu qui nous sauve : apprends-moi à vivre en vérité toutes les dimensions de mon existence humaine saisie par toi, pour que je te suive vraiment comme un disciple et devienne toujous plus un “lieu ” visible de ta présence et de ton action actuelles de Ressuscité dans ton Esprit Saint. AMEN.

30.08.2003.*

Évangile : Matthieu 25, 14-30

DE L’EVANGILE DE MATTHIEU

Texte

14 ” C’est comme un homme qui, partant en voyage, appela ses serviteurs et leur remit sa fortune.
15 A l’un il donna cinq talents, deux à un autre, un seul à un troisième, à chacun selon ses capacités, et puis il partit. Aussitôt
16 celui qui avait reçu les cinq talents alla les faire produire et en gagna cinq autres.
17 De même celui qui en avait reçu deux en gagna deux autres.
18 Mais celui qui n’en avait reçu qu’un s’en alla faire un trou en terre et enfouit l’argent de son maître.
19 Après un long temps, le maître de ces serviteurs arrive et il règle ses comptes avec eux.
20 Celui qui avait reçu les cinq talents s’avança et présenta cinq autres talents : “Seigneur, dit-il, tu m’a remis cinq talents : voici cinq autres talents que j’ai gagnés. ” -
21 “C’est bien, serviteur bon et fidèle, lui dit son maître, en peu de choses tu as été fidèle, sur beaucoup je t’établirai ; entre dans la joie de ton seigneur”.
22 Vint ensuite celui qui avait reçu deux talents : “Seigneur, dit-il, tu m’as remis deux talents : voici deux autres talents que j’ai gagnés. ” -
23 “C’est bien, serviteur bon et fidèle, lui dit son maître, en peu de choses tu as été fidèle, sur beaucoup je t’établirai ; entre dans la joie de ton seigneur”.
24 Vint enfin celui qui détenait un seul talent : “Seigneur, dit-il, j’ai appris à te connaître pour un homme âpre au gain : tu moissonnes où tu n’as point semé, et tu ramasses où tu n’as rien répandu.
25 Aussi, pris de peur, je suis allé enfouir ton talent dans la terre : le voici, tu as ton bien. “
26 Mais son maître lui répondit : “Serviteur mauvais et paresseux ! tu savais que je moissonne où je n’ai pas semé, et que je ramasse où je n’ai rien répandu ?
27 Eh bien ! tu aurais dû placer mon argent chez les banquiers, et à mon retour j’aurais recouvré mon bien avec un intérêt.
28 Enlevez-lui donc son talent et donnez-le à celui qui a les dix talents.
29 Car à tout homme qui a, l’on donnera et il aura du surplus ; mais à celui qui n’a pas, on enlèvera ce qu’il a.
30 Et ce propre à rien de serviteur, jetez-le dehors, dans les ténèbres : là seront les pleurs et les grincements de dents. “

Commentaire

1. Situation

Cet Evangile, qui reprend beaucoup de passages de l’Evangile de Marc (qui avait été écrit vers 65), mais en y ajoutant des éléments qu’il partage en grande partie avec Luc, a été très probablement rédigé entre les années 85 et 90.

A parcourir tout ce Livre, on peut se demander s’il a été composé pour des chrétiens d’origine Juive (Judéochrétiens), ou pour des chrétiens d’origine païenne, ou encore pour les deux. Néanmoins, même s’il a été d’abord écrit pour confirmer une communauté Judéochrétienne dans sa découverte de la Bonne Nouvelle de Jésus, cet Evangile est ouvert également à la mission universelle auprès des païens, et il se termine par un envoi en mission par le Christ ressuscité, avec ces paroles : “allez, de toutes les nations, faites des disciples” (28, 18).

On peut diviser cet Evangile en 11 parties, qui se répondent en sens inverse (la 1ère correspondant à la dernière, la 2ème, à l’avant-dernière, etc…), concentrées autour de la 6ème partie, le “Discours en paraboles”, qui sert en quelque sorte de “pivot”. Nous obtenons ainsi le découpage suivant :

  • Naissance de Jésus et commencement de sa mission (1 - 4)
  • Bénédictions et Discours sur la montagne (5 - 7)
  • Manifestations de l’autorité de Jésus et de ses appels (8 - 9)
  • Discours sur la mission (10)
  • Jésus rejeté par “cette génération” (11 - 12 )
  • Discours en paraboles (13)
  • Jésus reconnu par ses disciples (14 - 17)
  • Discours sur la manière de vivre en communauté de croyants (18)
  • De nouveau, Jésus manifeste son autorité et ses appels (19 - 22)
  • Proclamation de situations malheureuses et Discours sur la venue définitive du Royaume (23 - 25)
  • Passion, mort et résurrection (26 - 28)

Cette présentation fait ressortir que cet Evangile est bien rythmé par 5 grands discours de Jésus, dans lesquels l’auteur a concentré la majeure partie de son enseignement. Les 5 discours ont souvent fait penser aux 5 livres de Moïse de l’Ancien Testament. On dit volontiers que, pour Matthieu, Jésus est le “Nouveau Moïse”.


Jésus, dans cette 10ème partie de l’Evangile, selon le découpage proposé ci-dessus, est toujours à Jérusalem, où il a purifié le Temple, et s’est fait immédiatement prendre à partie par les chefs du peuple et les grands prêtres qui lui ont demandé les raisons de son comportement, et qu’il a, à son tour, vigoureusement mis en cause par quelques paraboles, avant de les contraindre au silence par les réponses impeccables qu’il a fournies à leurs questions-pièges (21 - 22), et de les prendre violemment à partie dans le prologue de son dernier discours (23).

Maintenant, avec ce chapitre 25, nous sommes dans le deuxième volet du dernier des 5 discours que Matthieu fait prononcer à Jésus dans son Evangile, le Discours sur la fin des temps.

En effet, après nous avoir annoncé son retour définitif comme le Fils de l’homme en gloire, dans un langage “apocalyptique” rempli d’images “caricaturalement” exagérées (pour souligner les dimensions uniques de cet événement et nous obliger à sortir des constructions courantes de notre imagination sur ce qui n’est en aucune façon “représentable”), Jésus nous invite à nous situer face à cet événement ultime, que sa résurrection a déjà inauguré, mais qui n’est pas achevé, par une série de quatre paraboles-allégories, composées d’éléments symboliques, et dont nous lisons ici la troisième.

2. Message

Cette parabole nous met en scène un maître qui confie une mission précise à ses serviteurs, pour qu’ils la remplissent, pendant qu’il est lui-même absent, en voyage, et auxquels il demande de lui en rendre compte à son retour.

A partir du rapport d’activité de chacun des trois serviteurs concernés, nous pouvons mesurer quel degré de responsabilité leur avait été accordé. Chacun d’entre eux avait reçu une somme d’argent en dépot à faire fructifier. Le contraste entre ce qu’ont réussi les deux premiers serviteurs, à savoir doubler la mise en obtenant une rendement de 100 % et l’absence de produits avouée par le troisième, fait ressortir la “fainéantise” de ce dernier, qui s’est contenté de conserver le dépot de son maître en lieu sûr, avant de le lui remettre en l’état, sans la moindre plus-value.

L’éloge rendu par le maître aux deux premiers serviteurs, ainsi que le jugement de condamnation totale qu’il porte à l’encontre du troisième, manifestent on ne peut plus clairement ce que ce maître attendait de chacun d’eux : qu’il assume sa responsabilité avec dynamisme et confiance, en osant prendre des risques pour obtenir un résultat, sans se replier sur soi dans la peur en ne cherchant qu’à préserver le dépot confié, dans la seule crainte qu’il puisse disparaître.

Cette parabole, comme les trois autres de la fin de ce dernier grand discours de Jésus en Matthieu, se présente, en même temps comme un allégorie, dont les principaux termes désignent chacun une réalité particulière de l’événement du retour du Fils de l’homme : le maître qui confie la mission à ses serviteurs, c’est Jésus lui-même lorsqu’il quitte ce monde après sa résurrection à venir, les serviteurs sont notre Eglise, la période de longue durée correspondant au temps du voyage du maître est celle qui sépare le départ de Jésus, lors de sa résurrection, du moment de l’entrée de toute l’humanité transformée dans cette même résurrection finale, le retour du maître signifie la phase finale de la mission de Jésus paraissant comme le Christ en gloire, c’est à dire l’heure justement du transfert de l’humanité dans la gloire de Dieu, au terme de l’histoire des hommes. La reddition des comptes évoque la dimension de jugement de cette phase ultime, avec, en récompense, le partage de la joie du Seigneur dans le banquet messianique et la communion avec Dieu dans la Jérusalem céleste, dont sont exclus ceux qui n’ont pas rempli leur mission.

Jésus nous a donc confié son message de salut et de conversion au Règne de Dieu, ainsi que la mémoire de tout ce qu’il a vécu dans son parcours terrestre jusqu’en sa mort-résurrection et le don de son Esprit, pour que nous en témoignions, comme lui, par notre parole, et l’engagement de toute notre existence, à sa façon, comme prophètes de son Royaume, pour les hommes et les femmes de notre temps de l’histoire, où il nous demande d’actualiser et de rendre présente, sa propre mission, en fonction des dons que nous avons reçus de Dieu.

3. Decouvertes

Les deux attitudes humaines profondes contrastées dans cette parabole sont celles de la peur, liée à la méfiance et au repli sur soi possessif, et celle de la confiance active et responsable, qui s’ouvre à l’avenir, en prenant des risques.

Ce qui est neuf dans cette parabole, par rapport aux autres paraboles sur la fin des temps, le retour du Seigneur, et notre vie écclésiale dans cet “entre deux” séparant la phase initiale et la phase finale de cette fin des temps, c’est que les chrétiens ont reçu une mission et des dons correspondant à leurs capacités (verset 15), et que c’est l’usage qu’ils ont fait de ces dons qui comptera à l’heure de la reddition des comptes du jugement final.

Le talent, valait plus de 6000 francs, ou environ 1000 dollars ou 1000 euros. Le lien établi, dans la présente parabole, entre le ou les “talents” confiés et les “capacités” de ceux qui les reçoivent, est, semble-t-il, à l’origine d’un nouveau sens du mot “talent”, comme synonyme de “don” ou “d’aptitude”, et d’une interprétation de cette parabole comme une invitation faite à tous, de la part de Jésus et de Dieu, de développer au mieux leurs capacités humaines en vue de réussir leur vie. Argument qui a souvent été utilisé dans le cadre de l’éducation des jeunes.

Cependant, le sens réel de cette parabole, qui utilise le mot “talent” dans sa signification monétaire et économique, se situe bien dans le sens de la mission confiée (liée au don du salut offert aux croyants, et des charismes divers qui peuvent l’accompagner) d’être, à la fois des disciples et des missionnaires engagés à la suite de Jésus, et pour la cause de l’Evangile de Jésus , actifs avec Jésus dans l’Esprit Saint, chargés simultanément d’être témoins et images du Christ et de transmettre aux autres ce qu’ils ont reçu. Et c’est au niveau de cette réponse que nous apportons au Christ qu’il nous appartient de vivre en mettant en valeur, pour lui et pour l’Evangile, et non plus pour nous, tout autant nos capacités humaines naturelles (intelligence théorique et pratique, savoir faire, force de caractère, maîtrises diverses acquises par l’éducation et la formation) que les charismes reçus de l’Esprit Saint dans notre adhésion au Christ par la foi qui agit dans l’amour (Galates, 5, 6).

On ne peut donc pas ne pas remarquer le langage “économique” utilisé par Jésus dans cette parabole-allégorie : faire fructifier une grande somme d’argent, placer en banque, rechercher et acquérir des produits financiers ou intérêts. Certains n’ont pas manqué d’y voir une justification de l’usure et d’un capitalisme modéré. A noter toutefois que la “Loi” de Moïse, dans l’Ancien Testament, interdisait nettement le prêt à intérêt (Exode, 22, 24; Lévitique 25, 35 - 38; Deutéronome, 23, 20 - 21).

On a vu dans cette parabole un commentaire de Marc, 4, 24 - 25, ainsi qu’un développement de Marc, 13, 34. On y a lu également un reproche à l’égard des Sadducéens, parti religieux qui regroupait de nombreux prêtres et grand prêtres, qui affichaient une conception “statique”, opposée à tout développement ou toute évolution, des traditions d’Israël.

4. Prolongement

24 Et il leur disait : ” Prenez garde à ce que vous entendez ! De la mesure dont vous mesurez, on mesurera pour vous, et on vous donnera encore plus.

25 Car celui qui a, on lui donnera, et celui qui n’a pas, même ce qu’il a lui sera enlevé. ”

34 Il en sera comme d’un homme parti en voyage : il a quitté sa maison, donné pouvoir à ses serviteurs, à chacun sa tâche, et au portier il a recommandé de veiller.

15 ” Méfiez-vous des faux prophètes, qui viennent à vous déguisés en brebis, mais au-dedans sont des loups rapaces.

16 C’est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez. Cueille-t-on des raisins sur des épines ? ou des figues sur des chardons ?

17 Ainsi tout arbre bon produit de bons fruits, tandis que l’arbre gâté produit de mauvais fruits.

18 Un bon arbre ne peut porter de mauvais fruits, ni un arbre gâté porter de bons fruits.

19 Tout arbre qui ne donne pas un bon fruit, on le coupe et on le jette au feu.

20 Ainsi donc, c’est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez.

43 ” Aussi, je vous le dis : le Royaume de Dieu vous sera retiré pour être confié à un peuple qui lui fera produire ses fruits ”

22 - Mais le fruit de l’Esprit est charité, joie, paix, longanimité, serviabilité, bonté, confiance dans les autres,

23 douceur, maîtrise de soi : contre de telles choses il n’y a pas de loi.

5 Qu’est-ce donc qu’Apollos ? Et qu’est-ce que Paul ? Des serviteurs par qui vous avez embrassé la foi, et chacun d’eux selon ce que le Seigneur lui a donné.

6 Moi, j’ai planté, Apollos a arrosé ; mais c’est Dieu qui donnait la croissance.

7 Ainsi donc, ni celui qui plante n’est quelque chose, ni celui qui arrose, mais celui qui donne la croissance : Dieu.

8 Celui qui plante et celui qui arrose ne font qu’un, mais chacun recevra son propre salaire selon son propre labeur.

Prière

*Seigneur Jésus, au moment où tu nous prends en charge pour nous sauver et nous faire devenir de Dieu les enfants d’adoption, tu confies à chacun d’entre nous le soin de prolonger ta mission avec les dons de l’Esprit que tu nous as impartis, et que tu nous demandes de faire fructifier pour la cause de l’unique Règne de Dieu : donne-moi le sens du service de la volonté du Père et de la croissance de tous les hommes et de toutes les femmes que je rencontre, et auxquels tu m’as chargé d’annoncer ta Bonne Nouvelle et de faire découvrir ta présence active en leur vie, dès qu’ils s’ouvrent quelque peu à toi avec un coeur qui attend une valeur qui les dépasse. AMEN.

30.08.2003.*


La Bible commentée · Liturgie du jour