📘 Commentaire biblique de l’abbé Léon Hamain
Première lecture : 1 Thessaloniciens 4, 13-18
DE LA 1ère LETTRE DE PAUL AUX THESSALONICIENS
Texte
13 Nous ne voulons pas, frères, que vous soyez ignorants au sujet des morts ; il ne faut pas que vous vous désoliez comme les autres, qui n’ont pas d’espérance.
14 Puisque nous croyons que Jésus est mort et qu’il est ressuscité, de même, ceux qui se sont endormis en Jésus, Dieu les emmènera avec lui.
15 Voici en effet ce que nous avons à vous dire, sur la parole du Seigneur. Nous, les vivants, nous qui serons encore là pour l’Avènement du Seigneur, nous ne devancerons pas ceux qui seront endormis.
16 Car lui-même, le Seigneur, au signal donné par la voix de l’archange et la trompette de Dieu, descendra du ciel, et les morts qui sont dans le Christ ressusciteront en premier lieu ;
17 après quoi nous, les vivants, nous qui serons encore là, nous serons réunis à eux et emportés sur des nuées pour rencontrer le Seigneur dans les airs. Ainsi nous serons avec le Seigneur toujours.
18 Réconfortez-vous donc les uns les autres de ces pensées.
Commentaire
1. Situation
La 1ère l.ettre de Paul aux Thessaloniciens est considérée non seulement comme la 1ère lettre de Paul, écrite en 50 ou 51, mais encore comme le 1er écrit du Nouveau Testament.
Puisque cette lettre utilise des données traditionnelles plus anciennes qu’elle, et, particulièrement, des formules résumant la foi chrétienne (1, 9 - 10; 4, 14; 5, 10), elle est un témoin de l’Evangile, tel qu’il a été proclamé et vécu entre les années 30 et 50, soit dans l’intervalle entre la mort-résurrection de Jésus et le reste des textes du Nouveau Testament. On constate immédiatement que cette lettre nous fournit le plus ancien témoignage écrit de l’importance attachée à la mort-résurrection du Christ par les toutes premières générations chrétiennes.
A l’époque de Paul, Thessalonique était une ville portuaire de Macédoine, située à quelque 150 kilomètres à l’Ouest de Philippes, et dont l’importance tenait de sa proximifé de la voie Romaine “Egnatienne”, qui traversait les Balkans. Cette ville jouait donc un rôle à la fois politique, économique et commercial très reconnu.
Paul a écrit cette lettre depuis Corinthe, presque aussitôt après l’arrivée de Timothée qui venait de Thessalonique, où Paul l’avait envoyé, alors qu’il se trouvait lui-même à Athènes, et dans l’impossibilité de pouvoir s’y rendre en personne. Timothée venait juste donc de lui apporter de bonnes nouvelles de cette jeune Eglise. ainsi que quelques questions que se posaient les Tbessaloniciens concernant le sort de ceux qui sont morts. En grande partie, les détails de cette Lettre correspondent aisément au compte-rendu que Luc, dans les Actes des Apôtres, donnera de la 2ème mission de Paul : re!ire Actes, 16, 16 - 40; 17, 1 - 15 et 18, 5.
Cette Lettre n’est ni doctrinale, ni axée sur des consignes de comportement moral : son style est celui d’une lettre personnelle, construite à la façon des lettres personnelles de l’époque. Seuls quelques versets, en 4, 13 - 18 et 5, 1 - 11, présentent un enseignement quelque peu étendu sur la question de la fin des temps, exprimé dans le langage imagé, caricatural et symbolique des récits apocalyptiques.
Après la salutation du premier verset, cette lettre traduit d’abord l’action de grâces de Paul pour ce qu’il constate de la vie chrétienne des Thessaloniciens (1, 2 - 3, 13). Elle prend ensuite le ton d’une exhortation familière (4, 1 - 12), puis répond aux questions que se posent les Thessaloniciens sur Ia fin des temps (4, 13 - 5, 11), avant de se terminer par une seconde exhortation (5, 12 - 22 ), suivie d’une finale (5, 23 - 28).
Avec cette page nous entrons dans la 3ème partie de cette Lettre de Paul selon le plan général proposé ci-dessus (enseignement de Paul sur la fin des temps et le retour du Seigneur).
2. Message
Paul répond ici, semble-t-il, aux questions que se posaient, ou que posaient, les Thessaloniciens concernant le sort de ceux qui sont morts et le retour du Seigneur à la fin des temps, questions dont ce passage nous montre que pour eux, comme pour Paul, elles étaient conjointes.
Première affirmation de Paul à ce sujet : de même que Jésus est ressuscité après sa mort, Dieu ressuscitera ceux qui sont morts.
Deuxième affirmation de Paul : cette résurrection coïncidera avec le retour du Seigneur, dont Paul parle ici comme d’un événement qu’il attend dans un avenir proche, avant sa propre mort.
Conclusion : lors de ce retour du Seigneur, tous, qu’ils soient alors morts ou vivants, seront emportés auprès de Dieu pour y demeurer à jamais. Vérité pleine d’espérance et de consolation face à la mort de nos frères et soeurs.
3. Decouvertes
Cette page fait partie d’un ensemble (4, 13 - 5, 11) concernant le retour du Seigneur, retour auquel Paul avait déjà fait allusion en 1, 10; 2, 19, et 3, 13, sans entrer dans les détails.
On s’est demandé dans quelle mesure le langage de ces toutes premières affirmations sur la fin des temps qui nous soient parvenues était apparenté à des hypothèses ambiantes à l’époque, et dites “millénaristes”, qui envisageaient une prochaine transformation de notre monde, à la fois restauratrice pour ceux dont l’existence a été valeureuse, et destructrice des forces d’oppression.
Notre page semble indiquer que certains des membres de la communauté de Thessalonique, sans doute convertis par Paul, étaient depuis décédés : d’où la question : comment seront-ils présents à la parousie (retour) du Christ en gloire ?
Dans son argumentation, Paul distingue deux sortes d’hommes : ceux qui vivent dans l’espérance (1, 3), et le reste, c’est-à-dire ceux qui n’ont pas d’espérance (4, 14 ). Et le fondement de cette espérance, c’est que la foi au Christ ressuscité est conviction profonde que Dieu prendra avec lui, par Jésus et en Jésus, ceux qui sont morts en étant disciples du Christ.
Au verset 15, Paul fait mention de son autorité, lorsqu’il déclare que son message se fonde sur la Parole du Seigneur, message dont le coeur est bien que ceux qui seront vivants au moment de ce retour en gloire du Seigneur ne seront pas plus avantagés que ceux qui sont morts.
Les traits descriptifs des versets 16 - 17 s’inspirent du “mouvement” attribué au Christ en sa Pâque, Jésus étant successivement “descendu” dans la mort et ensuite “exalté”, “monté” à la droite de Dieu (Actes, 2, 33 et Romains, 8, 34). Selon ce langage, le “retour” du Seigneur sera donc une “redescente” préalable à une “remontée” avec tous ceux qui sont à lui en qualité de disciples et croyants.
Le langage ici employé suppose, d’autre part, une conception du cosmos, ou de l’univers créé, selon laquelle le “ciel” est situé au-dessus de la terre. Le “signal” donné, ou le coup de tompette, sera l’appel adressé aux morts pour qu’ils se “lèvent” de leurs tombeaux. A noter qu’en 1 Corinthiens, 15, 52, Paul reparle de la sonnerie de trompette en lien avec la résurrection et la fin des temps (voir également dans l’Ancien Testament : Isaïe, 27, 13 et Sophonie, 1, 14 - 16).
L’objet de ce message de Paul ainsi présenté est de persuader les Thessaloniciens qu’il existe un autre ordre de réalité que le monde actuel, et que, dès à présent, il doit en être tenu compte à l’horizon de la vie quotidienne de chaque croyant qui vit sa foi au Christ.
4. Prolongement
On a remarqué une évolution de Paul lui-même dans le langage qu’il emploie concernant la vie après la mort dans le Christ ressuscité, ainsi que le retour du Seigneur dans sa gloire :
Ce dont il parle ici comme d’un événement proche lui paraîtra bientôt prendre du retard, et devoir se dérouler dans un avenir bien plus lointain, dont l’Esprit Saint nous donne l’assurance, même si la mort survient, qui est finalement envisagée comme une étape positive :
1 Nous savons en effet que si cette tente - notre maison terrestre - vient à être détruite, nous avons un édifice qui est l’œuvre de Dieu, une maison éternelle qui n’est pas faite de main d’homme, dans les cieux.
2 Aussi gémissons-nous dans cet état, ardemment désireux de revêtir par-dessus l’autre notre habitation céleste,
3 si toutefois nous devons être trouvés vêtus, et non pas nus.
4 Oui, nous qui sommes dans cette tente, nous gémissons, accablés ; nous ne voudrions pas en effet nous dévêtir, mais nous revêtir par-dessus, afin que ce qui est mortel soit englouti par la vie.
5 Et Celui qui nous a faits pour cela même, c’est Dieu, qui nous a donné les arrhes de l’Esprit.
6 Ainsi donc, toujours pleins de hardiesse, et sachant que demeurer dans ce corps, c’est vivre en exil loin du Seigneur,
7 car nous cheminons dans la foi, non dans la claire vision…
8 Nous sommes donc pleins de hardiesse et préférons quitter ce corps pour aller demeurer auprès du Seigneur.
9 Aussi bien, que nous demeurions en ce corps ou que nous le quittions, avons-nous à cœur de lui plaire.
10 Car il faut que tous nous soyons mis à découvert devant le tribunal du Christ, pour que chacun recouvre ce qu’il aura fait pendant qu’il était dans son corps, soit en bien, soit en mal.
Au terme de l’évolution de son approche, Paul présentera l’étape envisagée de sa mort individuelle comme le passage d’une communion au Christ dans notre existence terrestre de croyants à une présence mystérieuse d’accomplissement avec lui :
21 Pour moi, certes, la Vie c’est le Christ et mourir représente un gain.
22 Cependant, si la vie dans cette chair doit me permettre encore un fructueux travail, j’hésite à faire un choix…
23 Je me sens pris dans cette alternative : d’une part, j’ai le désir de m’en aller et d’être avec le Christ, ce qui serait, et de beaucoup, bien préférable ;
24 mais de l’autre, demeurer dans la chair est plus urgent pour votre bien.
Prière
*Seigneur Jésus, tu nous as affirmé avec force que tu es la “Ressurection et la Vie” et que “celui qui croit en toi, fût-il mort, il vivra”, et, d’autre part, ton apôtre Paul nous a appris, de son côté, que dés maintenant nous sommes dejà “ressuscités avec toi”, et que “notre vie est cachée avec la tienne en Dieu” : donne-moi de rayonner cette espérance et cette réalité dans une foi qui éclaire toutes mes paroles et donne un sens nouveau à tous mes comportements dans l’histoire de ce monde où tu me demandes de porter, à ma façon, témoignage de toi auprès de tous mes frères et soeurs. AMEN.
01.09.2003.*
Évangile : Luc 4, 16-30
DE L’EVANGILE DE LUC
Texte
16 Il vint à Nazara où il avait été élevé, entra, selon sa coutume le jour du sabbat, dans la synagogue, et se leva pour faire la lecture.
17 On lui remit le livre du prophète Isaïe et, déroulant le livre, il trouva le passage où il était écrit :
18 L’Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu’il m’a consacré par l’onction, pour porter la bonne nouvelle aux pauvres. Il m’a envoyé annoncer aux captifs la délivrance et aux aveugles le retour à la vue, renvoyer en liberté les opprimés
,
19 proclamer une année de grâce du Seigneur.
20 Il replia le livre, le rendit au servant et s’assit. Tous dans la synagogue tenaient les yeux fixés sur lui.
21 Alors il se mit à leur dire : ” Aujourd’hui s’accomplit à vos oreilles ce passage de l’Écriture. “
22 Et tous lui rendaient témoignage et étaient en admiration devant les paroles pleines de grâce qui sortaient de sa bouche. Et ils disaient : ” N’est-il pas le fils de Joseph, celui-là ? “
23 Et il leur dit : ” A coup sûr, vous allez me citer ce dicton : Médecin, guéris-toi toi-même. Tout ce qu’on nous a dit être arrivé à Capharnaüm, fais-le de même ici dans ta patrie. “
24 Et il dit : ” En vérité, je vous le dis, aucun prophète n’est bien reçu dans sa patrie.
25 ” Assurément, je vous le dis, il y avait beaucoup de veuves en Israël aux jours d’Élie, lorsque le ciel fut fermé pour trois ans et six mois, quand survint une grande famine sur tout le pays ;
26 et ce n’est à aucune d’elles que fut envoyé Élie, mais bien à une veuve de Sarepta, au pays de Sidon.
27 Il y avait aussi beaucoup de lépreux en Israël au temps du prophète Élisée ; et aucun d’eux ne fut purifié, mais bien Naaman, le Syrien. “
28 Entendant cela, tous dans la synagogue furent remplis de fureur.
29 Et, se levant, ils le poussèrent hors de la ville et le menèrent jusqu’à un escarpement de la colline sur laquelle leur ville était bâtie, pour l’en précipiter.
30 Mais lui, passant au milieu d’eux, allait son chemin…
Commentaire
1. Situation
Luc est l’auteur d’une oeuvre en deux volumes qui se suivent, et sont écrits pour être lus en suivant : l’Evangile, et les Actes des Apôtres. Luc nous est régulièrement présenté comme disciple et accompagnateur de Paul, bien que nous ne trouvions rien dans son oeuvre des grands thèmes théologiques développés dans les Epîtres de Paul.
Luc a écrit ses 2 Livres entre les années 80 et 90 de notre ère, soit plus de 50 ans après la mort de Jésus, 30 ans après les lettres authentiques de Paul, et quelque 20 ans après l’Evangile de Marc. Ce qui ne veut pas dire que les traditions qu’il reprend ne sont pas aussi anciennes que celles de ceux qui ont écrit avant lui. Cela indique toutefois qu’il s’adresse à des communautés chrétiennes déjà différentes, pour leur annoncer la Bonne Nouvelle de Jésus.
Son Evangile se déroule en huit étapes :
- un Prologue (Luc, 1, 1 - 4) au destinataire de cet Evangile, un certain Théophile, dont nous ne savons rien par ailleurs, Prologue auquel fait écho le Prologue des Actes des Apôtres (Actes, 1, 1 - 5).
- un résumé de toute la Bonne Nouvelle de Jésus, en qui toutes les promesses de Dieu sont accomplies, autour du thème de son Enfance (Luc, 1, 5 - 2, 52).
- la préparation de son ministère public (Luc, 3, 1 - 4, 13).
- le ministère de Jésus en Galilée (Luc, 4, 14 - 9, 50).
- le voyage de Jésus vers Jérusalem (Luc, 9, 51 - 19, 27).
- le rejet de Jésus par Jérusalem (Luc, 19, 28 - 21, 38).
- le dernier repas de Jésus et sa mise au rang des pécheurs dans sa condamnation et son éxécution (Luc, 22, 1 - 23, 56a).
- la victoire décisive de Jésus, sa promesse de l’Esprit et son ascension (Luc, 23, 56b - 24, 53).
Comme Luc n’a pas connnu Jésus, il se présente comme un historien qui s’est informé avec soin sur les événements concernant Jésus, comme il le dit dans son Prologue (1, 1 - 4).
Comme celui de Matthieu, l’Evangle de Luc débute par un “Evangile de l’Enfance” du Christ, dans lequel, aux travers des récits de l’enfance du Seigneur, nous est déjà annoncée, en filigrane, toute la Bonne Nouvelle de Jésus, y compris sa mort et sa résurrection, et cela tout en nous développant le thème de l’accomplissement de la plénitude des temps et du retour de Dieu dans son Temple, au milieu de son peuple, selon les prédictions désormais réalisées du Livre de Daniel.
Dans le chapitre 3, consacré à la mission de Jean-Baptiste racontée jusqu’à son terme, et à la présentation du baptème de Jésus comme occasion d’une vision-révélation qui lui fait découvrir que l’Esprit de Dieu repose sur lui et que Dieu le reconnaît pleinement comme son Fils, Luc nous propose également une généalogie humaine de Jésus, qui le fait remonter jusqu’au premier homme, Adam.
Dès le début du chapitre 4, Luc nous raconte comment Jésus, après avoir repoussé victorieusement les tentations du Diable au désert, commence, poussé par l’Esprit, sa prédication en Galilée (4, 1 - 15), et arrive en son village de Nazareth, où nous le rejoignons aujourd’hui.
2. Message
Ce passage de Jésus en son village de Nazareth est, en fait, présenté par Luc comme un prologue résumant tout son ministère en ses phases successives. On s’est, à propos de ce texte, demandé, à juste titre, si Luc n’avait pas joint plusieurs passages de Jésus à Nazareth en un seul épisode, car on imagine difficilement que tout ce cheminement, depuis l’accueil jusqu’au rejet de Jésus, ait pu se dérouler en une seule matinée de sabbat.
Trois réactions des gens de Nazareth se succèdent ici, en effet : - d’abord, l’accueil (4, 16 - 22b), - ensuite, le questionnement rempli de doute et d’hésitation (4, 22c - 27), - finalement, le rejet total jusqu’à la tentative de meurtre (4, 28 - 30).
Nous retrouvons, ainsi résumées, les trois grandes étapes du ministère de Jésus : - succès initial, - contestation, - rejet final et définitif. Dans ce contexte, les versets 29 - 30 annoncent déjà symboliquement la mort-résurrection de Jésus : quand on veut le précipiter dans l’abîme, il passe au milieu de ses adversaires, “allant son chemin”. Suggestion d’autant plus forte et symbolique que l’escarpement de la colline du verset 29 n’existe pas à Nazareth (voir TOB, Luc, 4, 29, note “k”). Suggestion symbolique dans la mesure également où le ministère de Jésus ne pourra s’achever qu’à Jérusalem, ce sur quoi Luc va insister fortement dans la suite de l’Evangile où il consacrera 10 chapitres à une lente et longue montée de Jésus à Jérusalem (voir aussi TOB, Luc, 4, 30, note “l”).
Au cours de cette visite à Nazareth, Jésus laisse à ses compatriotes, et à nous tous, un double message : d’abord, que le texte de la troisième partie du Livre d’Isaïe (61, 1 et 58, 6), qu’il vient de lire publiquement, est accompli par sa seule présence et venue, - ensuite, qu’il n’est pas venu distribuer à tous vents des bienfaits de ce monde par des miracles qui lui font bonne réputation, mais annoncer, à partir des signes qu’il pose, la présence d’une “autre” réalité, liée à lui-même et à sa mission, qui est celle du Royaume de Dieu qui appelle à la conversion, et est ouvert à toutes les nations de la terre.
Ce qui veut dire que les gens de son village ne le connaissent pas en sa réalité profonde, et qu’ils ne peuvent prétendre le récupérer.
3. Decouvertes
Les versets 16 - 21 nous racontent le déroulement d’une célébration du sabbat dans une synagogue, et au cours de laquelle Jésus, en tant que laïc, se lève (comme, semble-t-il, il en avait l’habitude avant de commencer son ministère) et lit un texte de la Bible qu’il trouve sans le choisir.
Ce texte d’Isaïe, qui est en fait composé de deux éléments différents de la 3ème partie du Livre d’Isaïe (ou, comme on le dit moins maintenant, du 3ème Isaïe, le livre d’Isaïe, dans cette vue, étant perçu comme couvrant trois générations de prophètes de la même école : 1 - 39; 40 - 55; 56 - 66), parle de l’année jubilaire, qui revient tous les 50 ans comme une année de grâce et de libération, selon le Livre du Lévitique, 25, 10 - 13.
En proclamant ce texte comme “accompli” Jésus indique que son apparition fait du Jubilé une dimension permanente du Royaume qu’il inaugure comme achèvement définitif du plan de salut de Dieu. Cette “année d’accueil” par le Seigneur est maintenant une donnée permanente de la vie des croyants : avec Jésus qui vient, “l’Emmanuel”, Dieu est vraiment toujours avec nous.
Jésus semble reprendre un dicton populaire lorsqu’il déclare qu’aucun prophète ne se trouve accueilli en sa patrie. Cependant, le commentaire qu’il en propose en rappelant les comportements des prophètes Elie et Elisée aux versets 25 - 27, en deux strophes poétiques, indique bien que l’envoyé de Dieu n’est pas la propriété d’aucune communauté, mais n’est là que pour accomplir la mission que lui a confiée le Seigneur.
4. Prolongement
Avec la mort-résurrection de Jésus et le don de son Esprit, nous croyons que Dieu vient, en Jésus, demeurer parmi nous, mais c’est pour nous inviter à “aller notre chemin” comme lui et avec lui, en sortant de nous-mêmes, en nous quittant nous-mêmes, en nous dépossédant de nous-mêmes, dans la foi de celui ou de celle qui se laisse conduire pour vivre le don de soi et le service croissant de ses frères et de ses soeurs, à la manière de Jésus.
Prière
*Seigneur Jésus, notre existence en toi n’a de sens que dans la mesure où nous te laissons agir en nous par ton Esprit Saint, nous qui avons, par notre baptême, été plongés dans ta mort et ta résurrection, pour renaître à une vie nouvelle, et c’est donc en te regardant vivre, agir, et annoncer par ta Parole, le Règne de Dieu, que nous découvrons la “clé”, et le résumé authentique, de notre vie par toi, avec toi et en toi : renouvelle en moi cette conscience de ta présence permanente au plus profond de moi-même, avec ton appel à ne vivre en tous domaines que pour toi, et en reproduisant au mieux tes gestes, tes paroles et tes actions. AMEN.
01.09.2003.*