📘 Commentaire biblique de l’abbé Léon Hamain
Première lecture : Colossiens 1, 24 – 3, 17
DE LA LETTRE DE PAUL AUX COLOSSIENS
Texte
24 Je me réjouis maintenant dans mes souffrances pour vous; et ce qui manque aux souffrances de Christ, je l’achève en ma chair, pour son corps, qui est l’Église.
25 C’est d’elle que j’ai été fait ministre, selon la charge que Dieu m’a donnée auprès de vous, afin que j’annonçasse pleinement la parole de Dieu,
26 le mystère caché de tout temps et dans tous les âges, mais révélé maintenant à ses saints,
27 à qui Dieu a voulu faire connaître quelle est la glorieuse richesse de ce mystère parmi les païens, savoir: Christ en vous, l’espérance de la gloire.
28 C’est lui que nous annonçons, exhortant tout homme, et instruisant tout homme en toute sagesse, afin de présenter à Dieu tout homme, devenu parfait en Christ.
29 C’est à quoi je travaille, en combattant avec sa force, qui agit puissamment en moi.
1 Je veux, en effet, que vous sachiez combien est grand le combat que je soutiens pour vous, et pour ceux qui sont à Laodicée, et pour tous ceux qui n’ont pas vu mon visage en la chair,
2 afin qu’ils aient le coeur rempli de consolation, qu’ils soient unis dans la charité, et enrichis d’une pleine intelligence pour connaître le mystère de Dieu, savoir Christ,
3 mystère dans lequel sont cachés tous les trésors de la sagesse et de la science.
4 Je dis cela afin que personne ne vous trompe par des discours séduisants.
5 Car, si je suis absent de corps, je suis avec vous en esprit, voyant avec joie le bon ordre qui règne parmi vous, et la fermeté de votre foi en Christ.
6 Ainsi donc, comme vous avez reçu le Seigneur Jésus Christ, marchez en lui,
7 étant enracinés et fondés en lui, et affermis par la foi, d’après les instructions qui vous ont été données, et abondez en actions de grâces.
8 Prenez garde que personne ne fasse de vous sa proie par la philosophie et par une vaine tromperie, s’appuyant sur la tradition des hommes, sur les rudiments du monde, et non sur Christ.
9 Car en lui habite corporellement toute la plénitude de la divinité.
10 Vous avez tout pleinement en lui, qui est le chef de toute domination et de toute autorité.
11 Et c’est en lui que vous avez été circoncis d’une circoncision que la main n’a pas faite, mais de la circoncision de Christ, qui consiste dans le dépouillement du corps de la chair:
12 ayant été ensevelis avec lui par le baptême, vous êtes aussi ressuscités en lui et avec lui, par la foi en la puissance de Dieu, qui l’a ressuscité des morts.
13 Vous qui étiez morts par vos offenses et par l’incirconcision de votre chair, il vous a rendus à la vie avec lui, en nous faisant grâce pour toutes nos offenses;
14 il a effacé l’acte dont les ordonnances nous condamnaient et qui subsistait contre nous, et il l’a détruit en le clouant à la croix;
15 il a dépouillé les dominations et les autorités, et les a livrées publiquement en spectacle, en triomphant d’elles par la croix.
…
1 Si donc vous êtes ressuscités avec Christ, cherchez les choses d’en haut, où Christ est assis à la droite de Dieu.
2 Affectionnez-vous aux choses d’en haut, et non à celles qui sont sur la terre.
3 Car vous êtes morts, et votre vie est cachée avec Christ en Dieu.
4 Quand Christ, votre vie, paraîtra, alors vous paraîtrez aussi avec lui dans la gloire.
5 Faites donc mourir les membres qui sont sur la terre, l’impudicité, l’impureté, les passions, les mauvais désirs, et la cupidité, qui est une idolâtrie.
6 C’est à cause de ces choses que la colère de Dieu vient sur les fils de la rébellion,
7 parmi lesquels vous marchiez autrefois, lorsque vous viviez dans ces péchés.
8 Mais maintenant, renoncez à toutes ces choses, à la colère, à l’animosité, à la méchanceté, à la calomnie, aux paroles déshonnêtes qui pourraient sortir de votre bouche.
9 Ne mentez pas les uns aux autres, vous étant dépouillés du vieil homme et de ses oeuvres,
10 et ayant revêtu l’homme nouveau, qui se renouvelle, dans la connaissance, selon l’image de celui qui l’a créé.
11 Il n’y a ici ni Grec ni Juif, ni circoncis ni incirconcis, ni barbare ni Scythe, ni esclave ni libre; mais Christ est tout et en tous.
12 Ainsi donc, comme des élus de Dieu, saints et bien-aimés, revêtez-vous d’entrailles de miséricorde, de bonté, d’humilité, de douceur, de patience.
13 Supportez-vous les uns les autres, et, si l’un a sujet de se plaindre de l’autre, pardonnez-vous réciproquement. De même que Christ vous a pardonné, pardonnez-vous aussi.
14 Mais par-dessus toutes ces choses revêtez-vous de la charité, qui est le lien de la perfection.
15 Et que la paix de Christ, à laquelle vous avez été appelés pour former un seul corps, règne dans vos coeurs. Et soyez reconnaissants.
16 Que la parole de Christ habite parmi vous abondamment; instruisez-vous et exhortez-vous les uns les autres en toute sagesse, par des psaumes, par des hymnes, par des cantiques spirituels, chantant à Dieu dans vos coeurs sous l’inspiration de la grâce.
17 Et quoi que vous fassiez, en parole ou en oeuvre, faites tout au nom du Seigneur Jésus, en rendant par lui des actions de grâces à Dieu le Père.
Commentaire
1. Situation
La lettre aux Colossiens est considérée comme “Deutéro-Paulinienne”, c’est-à-dire composée après la mort de Paul, entre 70 et 80 par quelqu’un bien au fait de la tradition de Paul, et appartenant probablement à une “école” de la tradition Paulinienne, qu’on situe volontiers dans la région d’Ephèse.
En effet, le stvle de cette lettre est différent de celui des lettres considérées comme ayant été écrites par Paul lui-même : nous constatons ici un style non plus de débat et de discussion, mais de genre “hymnique” et “liturgique”, et le maniement de la langue grecque y est également autre.
Nous y trouvons, de même, de nouveaux développements théologiques : - d’abord sur le Cllrist : le grand hymne de Colossiens, 1, 15 - 20, qui marque toute cette lettre, ainsi que d’autres aspects, qu’on ne trouve pas dans les lettres attribuées à Paul lui-même, tels que le Christ est à situer dans le mystère de Dieu (1, 27; 2, 2 - 3), que le Christ pardonne les péchés (1, 13 - 14; 3, 13), qu’il est victorieux sur toute les puissances existantes (2, 11 -13), - ensuite, sur la conception de la fin des temps, l’eschatologie, décrite ici comme nous apportant déjà les choses “d’en haut” dans la réalité présente (3, 1 - 2), avec l’affirmation conjointe que les croyants sont déjà ressuscités avec le Christ (2, 12 et 3, 1), - enfin, à propos de la conception de l’Eglise, non plus principalement comme chaque Eglise locale, mais comme une “entité universelle”, le “Corps dont le Christ est la Tête” (1, 18 - 24; 2, 19; 3, 15), ce qui implique que les chrétiens doivent être toujours reliés au Christ-Tête.
Ces idées nouvelles n’annulent pas les points essentiels de la théologie de Paul, connus par ses lettres authentiques, mais coexistent bien avec elles et les précisent.
Cette lettre a pour but de renforcer la foi de la communauté de Colosses (ville située au Sud de la Phrygie), et de corriger des erreurs qui circulent (sur la “philosophie”, les “anges”, les “fêtes”, les “nouvelles lunes et sabbats” : 2, 4. 8. 16. 18 - 21), et peut-être des idées liées aux cultes païens ou aux religions “à mystères”, en vogue à cette époque.
On admet généralement que cette lettre a servi d’armature à la lettre aux Ephésiens, qui l’aurait développée.
Cette lettre aux Colossiens est très soigneusement composée avec des blocs d’ “idées chrétiennes traditionnelles” (hymne : 1, 15 - 20; catéchèse baptismale : 2, 6 - 15; listes de vices et de vertus : 3, 5 - 17; code de vie domestique : 3, 18 - 4, 1 ), soigneusement intégrées selon le plan suivant :
- un ensemble de prière et d’action de grâces (1, 3 - 23),
- un ensemble concernant le ministère de Paul (1, 24 - 2, 5),
- un ensemble sur la vie dans le Corps du Christ, comme lieu d’enseignement (2, 6 -15),
- un ensemble sur la vie dans le Corps du Christ, comme lieu de pratique (3, 5 - 4, 6).
Notre page se situe dans le 1er de ces ensembles, et juste avant que commence la grande hymne christologique de 1, 15 - 20.
2. Message
Paul est au service du mystère du Christ qui est maintenant révélé et présent au milieu du peuple des croyants comme espérance de la gloire. Ce service s’exprime dans l’aide qu’il apporte aux chrétriens pour les conduire à la perfection de leur réponse de foi, sous la forme d’annonce de ce mystère, d’instruction concernant son accueil, d’avertissements sur l’attitude qui doit s’ensuivre pour les croyants disciples du Christ.
Ce service est source de grandes souffrances pour Paul qui vit comme un combat personnel et très éprouvant le combat que doivent mener les chrétiens qu’il évangélise, pour qu’ils soient remplis de courage, unis dans l’amour et riches de la connaissance reçue du mystère du Christ.
Et Paul de détailler les enjeux de leur adhésion au Christ : s’ils doivent bien s’enraciner en lui, se construire sur lui avec une foi ferme et débordante d’action de grâce, c’est dans un environnement de forces hostiles, forces que les païens reconnaissent comme les gérants de l’univers. Face à cela, il leur faut d’autant plus choisir le Christ dont la rencontre les a transformés lorsqu’ils ont été baptisés en sa mort et sa résurrection, ce qui leur a assuré l’entrée dans une vie nouvelle qui leur donne en partage la richesse divine du Christ.
Paul - ou toujours celui qui s’exprime en et sous son nom - est ainsi conduit à réaffirmer toute la plénitude du Christ en quelques formules fortes et uniques, le Christ en qui, selon lui, “sont cachés tous les trésors de la sagesse et de la science”, le Christ en qui “habite corporellement la plénitude de la divinité”, le Christ qui a vaincu et dépouillé les puissances adverses, le Christ qui fait alliance personnelle avec chacun des croyants, en les délivrant de leurs péchés et en les sortant de leur égoïsme, le Christ dans la passion duquel Paul se dit actuellement intérieurement engagé en la rendant visible et présente en lui dans les souffrances qu’il endure ainsi pour l’Eglise.
Cela ne l’empêche pas, bien au contraire, d’inviter les Colossiens à centrer toute leur vie sur leur participation à la résurrection du Christ, comme il le fait au chapitre 3 de cette Lettre. Il leur faut être avec le Christ ressuscité, et là même où il est, au niveau des choses d’en haut, emportés dans le dynamisme personnel du Ressuscité, devenus “hommes nouveaux” chargés de traduire en leurs comportements humains, et dans tous les secteurs de leurs vies, cette transformation radicale qu’ils ont reçue gratuitement.
Cette transfiguration en Christ doit pouvoir être perçue dans tous leurs agissements personnels et communautaires, et particulièrement dans l’accueil de toutes les personnes selon une réelle égalité, ce qu’exprime cette belle formule de 3, 11, chère à l’apôtre Paul qui l’ a répétée 3 ou 4 fois au fil de ses diverses lettres : “Il n’y a ici ni Grec ni Juif… etc.”, la fraternité authentique révélant en chacune et chacun une image du Christ, manifestant le mystère du Christ qui les habite tous : “Christ est tout et en tous”.
En conséquence, après avoir fait mourir en eux tout ce qui est contraire à cette vie nouvelle, et fait le choix de la vérité de “l’homme nouveau ainsi défini”, qu’ils sont devenus, les Colossiens sont invités à produire les signes distinctifs de leur vie nouvelle reçue du Christ, dans leurs relations communautaires : charité, humilité, douceur, pardon, paix dans l’amour, rayonnement de leur écoute de la Parole de Dieu. En un mot, tout situer de leurs paroles et de leurs actions dans leur relation fondamentale à Dieu notre Père, qui nous permet de vivre en un seul corps avec le Seigneur Jésus Christ et tous nos frères.
3. Decouvertes
A propos de la phrase : “Je me réjouis maintenant dans mes souffrances pour vous; et ce qui manque aux souffrances de Christ, je l’achève en ma chair, pour son corps, qui est l’Église”, voir également Galates, 2, 20 et 2 Corinthiens, 4, 10 - 11. On a écrit beaucoup de choses à ce propos, sans compter que certaines traductions de cette phrase laissent à désirer. Paul ne fait pas ici allusion à la personne historique de Jésus. Les souffrances de Paul sont celles du Christ, du fait que Paul est membre du corps du Christ qui est l’Eglise. D’autre part, les souffrances de Paul révèlent la réalité présente de la grâce obtenue par, et dans, l’obéissance du Christ jusqu’à sa mort en croix, grâce transmise par l’Esprit Saint aux membres du Corps total du Christ.
La réalité de la mission de Jésus nous est ici présentée comme un “mystère”, celui de l’action de salut de Dieu (voir Ephésiens, 3, 1 - 9).
Jésus est la vérité du Christ : la dimension historique de sa mission terrestre, préalablement à sa résurection et à son exaltation dans la gloire, est fondamentale pour la réalité de notre salut (Ephésiens, 4, 21).
Paul utilise le terme de “circoncision” en lui donnant ici le sens d’appartenance au Christ, sans aucun rapport avec le rite Juif d’admission. L’auteur s’adresse principalement en cette Lettre à des chrétiens issus du paganisme, et donc n’ayant pas pratiqué la circoncision en vigueur en Israël. Pour les juifs devenus chrétiens, la circoncision reçue auparavant, tout en demeurant le signe de leur appartenance au peuple et au Dieu d’Israël, est dépassée et achevée dans le lien nouveau qui unit le croyant au Christ Jésus dans la foi qui agit par l’amour.
L’infidélité et la désobéissance de l’humanité à la volonté de Dieu, est présentée ici comme un document initial d’engagement transformé en un acte public d’accusation que le Christ est venu supprimer par sa mort sur la croix.
Après avoir montré aux Colossiens les implications de leur “mort avec le Christ” (2, 20), Paul leur détaille dans le chapitre 3 toutes les conséquences de leur participation à la résurrection du Christ, réalité inaugurée, sans être pour lr moment achevée.
4. Prolongement
Ce long texte de la Lettre aux Colossiens nous invite à entrer dans le cheminement que Paul nous relate ici, notre redécouverte, toujours à approfondir, de notre existence présente de déjà “ressuscités avec le Christ”, comme “autre” dimension de notre attitude de “mort avec le Christ”, en nous associant à ce qu’il a vécu en sa passion, et en refusant les tentations de suffisance, de recherche de nous-mêmes, ou de connaissances mystérieuses et élitistes nous coupant de nos frères et soeurs.
Nous avons sans cesse à refaire le point sur notre “authenticité” de disciples attachés au Christ dans la participation à sa Parole et dans la reproduction de ses comportements porteurs de la vérité et de la miséricorde de Dieu qui nous sauve, par lui, et en lui.
Prière
*Seigneur Jésus, apprends-nous, par ta présence en nos coeurs en ton *Esprit Saint, à ne jamais oublier que nous sommes déjà saisis dans ton mystère pascal de résurrection, et que nous avons à vivre sans cesse, et de plus en plus, selon cette dignité de “l’Homme Nouveau”, configurés à toi, et appelés à rendre visible ta mission et tes comportemsnts, ainsi qu’à rendre audible ton message aux hommes et femmes de notre temps. AMEN.
08.09.2005.*
Évangile : Luc 6, 6-11
DE L’EVANGILE DE LUC
Texte
6 Il arriva, un autre jour de sabbat, que Jésus entra dans la synagogue, et qu’il enseignait. Il s’y trouvait un homme dont la main droite était sèche.
7 Les scribes et les pharisiens observaient Jésus, pour voir s’il ferait une guérison le jour du sabbat: c’était afin d’avoir sujet de l’accuser.
8 Mais il connaissait leurs pensées, et il dit à l’homme qui avait la main sèche: Lève-toi, et tiens-toi là au milieu. Il se leva, et se tint debout.
9 Et Jésus leur dit: Je vous demande s’il est permis, le jour du sabbat, de faire du bien ou de faire du mal, de sauver une personne ou de la tuer.
10 Alors, promenant ses regards sur eux tous, il dit à l’homme: Étends ta main. Il le fit, et sa main fut guérie.
11 Ils furent remplis de fureur, et ils se consultèrent pour savoir ce qu’ils feraient à Jésus.
Commentaire
1. Situation
Luc est l’auteur d’une oeuvre en deux volumes qui se suivent, et sont écrits pour être lus en suivant : l’Evangile, et les Actes des Apôtres. Luc nous est régulièrement présenté comme disciple et accompagnateur de Paul, bien que nous ne trouvions rien dans son oeuvre des grands thèmes théologiques développés dans les Epîtres de Paul.
Luc a écrit ses 2 Livres entre les années 80 et 90 de notre ère, soit plus de 50 ans après la mort de Jésus, 30 ans après les lettres authentiques de Paul, et quelque 20 ans après l’Evangile de Marc. Ce qui ne veut pas dire que les traditions qu’il reprend ne sont pas aussi anciennes que celles de ceux qui ont écrit avant lui. Cela indique toutefois qu’il s’adresse à des communautés chrétiennes déjà différentes, pour leur annoncer la Bonne Nouvelle de Jésus.
Son Evangile se déroule en huit étapes :
- un Prologue (Luc, 1, 1 - 4) au destinataire de cet Evangile, un certain Théophile, dont nous ne savons rien par ailleurs, Prologue auquel fait écho le Prologue des Actes des Apôtres (Actes, 1, 1 - 5).
- un résumé de toute la Bonne Nouvelle de Jésus, en qui toutes les promesses de Dieu sont accomplies, autour du thème de son Enfance (Luc, 1, 5 - 2, 52).
- la préparation de son ministère public (Luc, 3, 1 - 4, 13).
- le ministère de Jésus en Galilée (Luc, 4, 14 - 9, 50).
- le voyage de Jésus vers Jérusalem (Luc, 9, 51 - 19, 27).
- le rejet de Jésus par Jérusalem (Luc, 19, 28 - 21, 38).
- le dernier repas de Jésus et sa mise au rang des pécheurs dans sa condamnation et son éxécution (Luc, 22, 1 - 23, 56a).
- la victoire décisive de Jésus, sa promesse de l’Esprit et son ascension (Luc, 23, 56b - 24, 53).
Nous continuons d’accompagner ici Jésus au cours de son ministère public en Galilée.
2. Message
Une fois de plus, Jésus effectue une guérison un jour de sabbat.
Comme ce n’est pas la première fois, et que ce comportement est condamné par les scribes et les Pharisiens, Jésus est minutieusement surveillé par ses adversaires, et il le sait.
L’accent est mis ici sur son attitude provoquante : Jésus prend toutes ses responsabilités sur la question du sabbat : il fait venir le paralysé devant tout le monde, puis il pose une question publique qui stipule toutes les dimensions de la situation. Il s’agit en effet pour lui de choisir entre le bien à faire à une personne ou le respect de la lettre d’une règlementation.
Comme personne ne répond à son interrogation, Jésus traduit son choix en action et guérit le paralysé.
On ne peut pas ne pas remarquer la grande autorité avec laquelle Jésus intervient, non seulement en mettant ouvertement le problème sur la table, mais en donnant à deux reprises des ordres très nets à l’homme paralysé, qui, en lui obéissant, fait publiquement le choix de le suivre.
En agissant ainsi, Jésus, qui affirme, en le réalisant pratiquement dans la circonstance présente, ce qu’il dira à d’autres moments, à savoir que “le sabbat est pour l ‘homme et non l’homme pour le sabbat”, s’est donc démarqué on ne peut plus clairement face à ses adversaires, qui, dans la mesure où ils refusent de le suivre, vont donc le condamner aussi clairement et même envisager sa perte, tant pour eux la distance prise par Jésus par rapport à ce qu’ils estiment être la tradition authentique, leur paraît inadmissible et insupportable.
3. Decouvertes
Dès le début de son ministère, Jésus annonce et pratique la nouveauté du Royaume de Dieu qu’il est envoyé proclamer et inaugurer.
Sa position sur le rôle du sabbat est un aspect important de sa situation devant toute la Loi de Moïse, telle qu’elle a été détaillée en plus de 600 prescriptions. En fait il ne fera que manifester , autant par ses paroles que toutes ses manières d’agir que “la Loi est pour l’homme et non l’homme pour la Loi”
Cela, joint à sa relativisation du Temple et du culte public en regard au culte en esprit et en vérité qu’il promeut, joint également à sa révélation de la primauté de la miséricorde sur le jugement et le sacrifice, dans ses rencontres tout aussi contestées des publicains, des prostituées et des autres pécheurs publics.
Telle est cette nouveauté radicale dont il témoigne avec une autorité qui implique qu’il parle et agit au nom de Dieu, et qui lui vaudra le rejet absolu des responsables de son peuple et le conduira à la croix.
Paul, après la résurrection de Jésus, appliquera cette attitude du Seigneur, dans tout son enseignement concernant le salut par la foi et non par les oeuvres de la Loi, comme dans son refus de soumettre les chrétiens issus du paganisme à la circonncision et aux règlementations de la Loi Juive.
4. Prolongement
Paul a montré la même clarté et la même vigueur pour défendre ce qu’ il avait compris et reçu de l’Evangile de Jésus :
Galates
1.6 Je m’étonne que vous vous détourniez si promptement de celui qui vous a appelés par la grâce de Christ, pour passer à un autre Évangile.
1.7 Non pas qu’il y ait un autre Évangile, mais il y a des gens qui vous troublent, et qui veulent renverser l’Évangile de Christ. .
1.8 Mais, quand nous-mêmes, quand un ange du ciel annoncerait un autre Évangile que celui que nous vous avons prêché, qu’il soit anathème! .
1.9 Nous l’avons dit précédemment, et je le répète à cette heure: si quelqu’un vous annonce un autre Évangile que celui que vous avez reçu, qu’il soit anathème! .
1.10 Et maintenant, est-ce la faveur des hommes que je désire, ou celle de Dieu? Est-ce que je cherche à plaire aux hommes? Si je plaisais encore aux hommes, je ne serais pas serviteur de Christ. .
1.11 Je vous déclare, frères, que l’Évangile qui a été annoncé par moi n’est pas de l’homme; .
1.12 car je ne l’ai ni reçu ni appris d’un homme, mais par une révélation de Jésus Christ.
Ephésiens
2.4 Mais Dieu, qui est riche en miséricorde, à cause du grand amour dont il nous a aimés,
2.5 nous qui étions morts par nos offenses, nous a rendus à la vie avec Christ (c’est par grâce que vous êtes sauvés);
2.6 il nous a ressuscités ensemble, et nous a fait asseoir ensemble dans les lieux célestes, en Jésus Christ, 2.4
2.7 afin de montrer dans les siècles à venir l’infinie richesse de sa grâce par sa bonté envers nous en Jésus Christ.
2.8 Car c’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu.
2.9 Ce n’est point par les oeuvres, afin que personne ne se glorifie.
2.10 Car nous sommes son ouvrage, ayant été créés en Jésus Christ pour de bonnes oeuvres, que Dieu a préparées d’avance, afin que nous les pratiquions.
2.11 C’est pourquoi, vous autrefois païens dans la chair, appelés incirconcis par ceux qu’on appelle circoncis et qui le sont en la chair par la main de l’homme,
Prière
*Seigneur Jésus, tu as fait preuve d’un très grand courage en prenant tous les risques pour aller jusqu’au bout de la vérité de ta mission, et tu as pu con fesser devant Pilate le jour de ta mort sur la croix, que tu “n’étais venu en ce monde que pour rendre témoignage à la vérité” : donne-moi “d’être de la vérité”, et donc d’entendre ta voix, et mettre toujours ta Parole en pratique dans la force de ton Esprit, et dans l’accueil au plus profond de moi-même de ta venue avec le Père pour y demeurer. AMEN.
06.09.2004.*