📘 Commentaire biblique de l’abbé Léon Hamain


Première lecture : Galates 1, 13-24

DE LA LETTRE AUX GALATES

Texte

13 Vous avez certes entendu parler de ma conduite jadis dans le judaïsme, de la persécution effrénée que je menais contre l’Église de Dieu et des ravages que je lui causais,
14 et de mes progrès dans le judaïsme, où je surpassais bien des compatriotes de mon âge, en partisan acharné des traditions de mes pères.
15 Mais quand Celui qui dès le sein maternel m’a mis à part et appelé par sa grâce daigna
16 révéler en moi son Fils pour que je l’annonce parmi les païens, aussitôt, sans consulter la chair et le sang,
17 sans monter à Jérusalem trouver les apôtres mes prédécesseurs, je m’en allai en Arabie, puis je revins encore à Damas.
18 Ensuite, après trois ans, je montai à Jérusalem rendre visite à Céphas et demeurai auprès de lui quinze jours :
19 je n’ai pas vu d’autre apôtre, mais seulement Jacques, le frère du Seigneur :
20 et quand je vous écris cela, j’atteste devant Dieu que je ne mens point.
21 Ensuite je suis allé en Syrie et en Cilicie,
22 mais j’étais personnellement inconnu des Eglises de Judée qui sont dans le Christ ;
23 on y entendait seulement dire que le persécuteur de naguère annonçait maintenant la foi qu’alors il voulait détruire ;
24 et elles glorifiaient Dieu à mon sujet.

Commentaire

1. Situation

La Lettre aux Galates, envoyée à plusieurs Eglises de Galatie, est la plus passionnée des lettres de Paul, car l’apôtre y défend âprement la vérité de l’Evangile (2, 5), et sa présentation de la vérité de Dieu en Jésus Christ (1, 12).

Cette Lettre se situe dans le contexte du combat mené, et gagné, à la longue au moins, par Paul dans l’Eglise primitive, pour que l’on n’impose pas aux païens devenus chrétiens la circoncision Juive et la Loi de Moïse comme partie intégrante de la Bonne Nouvelle de Jésus. Cela n’a cependant pas empêché des opposants aux positions de Paul sur ce point d’intervenir, derrière lui en son absence, dans les Eglises évangélisées par Paul pour contredire son enseignement et semer le trouble dans les communautés.

D’une façon générale, on pense que cette Lettre a été écrite entre 49 et 58, mais on la situe majoritairement autour des années 49 - 53, cette dernière date semblant la plus probable.

Après une introduction (1, 1 - 9), trois grandes sections se détachent : - témoignage personnel de Paul sur sa conversion et les débuts de son apostolat (1, 10 - 2, 21), - argument central de la Lettre sur la valeur de l’Evangile annoncé par Paul (3, 1 à 4, 11 ou 4, 30, ou encore 5, 1, selon les commentateurs), - une série d’exhortations morales, qui se terminent en , 6, 10. Vient finalement une conclusion (6, 11 - 18).

A noter que les Galates, comme leur nom l’indique, étaient des tribus d’origine celtique, sinon gauloise.

2. Message

Paul nous relate ici son cheminement initial de croyant et d’apôtre. D’abord persécuteur de l’Eglise, puis saisi par Dieu, pour qu’il soit le témoin et le héraut de Jésus Christ.

Immédiatement, sa vie change pour répondre à l’appel du Seigneur, qu’il interprète comme éminemment personnel. C’est seulement dans un second temps qu’il prend contact avec Pierre et l’Eglise-Mère de Jérusalem.

Paul a vraiment été saisi par grâce.

3. Decouvertes

Pourquoi Paul a-t-il jugé bon de partager aux Galates tous ces détails sur sa conversion et les débuts de son ministère ? Probablement pour répondre à de faux bruits que ses adversaires avaient fait courir à son sujet.

De même, son insistance sur son activité dans le “judaïsme” (mot seulement employé, ici, à deux reprises, dans tout le Nouveau Testament) veut peut-être montrer qu’il est aussi, sinon plus, compétent en ce domaine que ses opposants qui cherchent, contre lui, à réimposer les pratiques Juives aux Galates chrétiens.

Sans doute Paul a-t-il persécuté les chrétiens parce qu’ils proclamaient “Messie” un homme “maudit selon la Loi” (Galates, 3, 13). Avec sa conversion, il a pris conscience qu’en persécutant “l’Eglise de Dieu”, comme il l’appelle, il avait agi contre Dieu.

Il montre bien que c’est Dieu, de sa propre initiative, qui lui a révélé Jésus son Fils, en lui donnant mission de le proclamer chez les païens. En mentionnant qu’il est “revenu” à Damas, Paul laisse entendre que sa conversion a eu lieu près de Damas, comme le précise Luc, en Actes, 9.

Paul nous dit avoir été en contact avec Pierre à Jérusalem pendant 15 jours, mais cela ne l’empêche pas de maintenir qu’il a reçu son Evangile directement du Seigneur, même si l’on peut penser que Pierre lui a fait part de détails sur la vie et le ministère concrets de Jésus.

Paul demeure donc indépendant des chefs de l’Eglise qui sont à Jérusalem, et il maintiendra toujours cette indépendance. Le fait qu’il nous mentionne que les Eglises de Judée ne le connaissaient pas montre que son ministère ne s’est pas déroulé dans la sphère d’influence de l’Eglise de Jérusalem.

4. Prolongement

C’est donc pour défendre sa présentation de la Bonne Nouvelle de Jésus, contredite par des opposants chrétiens Judaïsants, que Paul parle de sa vie personnelle.

Dans la mesure où nous adhérons au Christ avec une foi sincère, nous cherchons à faire la volonté de Dieu, selon le “OUI” de Jésus , en son obéissance. Dieu nous appelle et nous envoie selon son projet. Notre vocation coïncide avec notre mission. En conséquence, si nous sommes amenés, nous aussi, à témoigner de notre vie chrétienne et de notre relation personnelle au Christ dans la foi, ce doit être seulement pour le bénéfice de la mission qui nous a été confiée.

Prière

*Seigneur Jésus, comme ton apôtre Paul le dit de lui-même et de nous, Dieu ton Père nous a mis à part, en toi, des avant la création du monde, pour que, dans sa bienveillance, nous devenions, par toi, ses fils adoptifs, et que, saisis par la grâce de ton salut, nous soyons appelés à témoigner de ta bonne nouvelle : apprends-moi à toujours, non seulement me référer à toi, mais à t’annoncer en toutes circonstances, par ma manière d’être, mes choix, mes engagements, mes paroles, ma prière, aide-moi à rendre compte de l’espérance qui est en moi, et à ne jamais oublier que je dois vivre pour toi d’abord, dans la force de ton Esprit, qui me rend capable de reproduire ton image, et d’interpeller le monde entier. AMEN.

08.10.2002.*

Évangile : Luc 10, 38-42

DE L’EVANGILE DE LUC

Texte

38 Comme ils faisaient route, il entra dans un village, et une femme, nommée Marthe, le reçut dans sa maison.
39 Celle-ci avait une sœur appelée Marie, qui, s’étant assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa parole.
40 Marthe, elle, était absorbée par les multiples soins du service. Intervenant, elle dit : ” Seigneur, cela ne te fait rien que ma sœur me laisse servir toute seule ? Dis-lui donc de m’aider. “
41 Mais le Seigneur lui répondit : ” Marthe, Marthe, tu te soucies et t’agites pour beaucoup de choses ;
42 pourtant il en faut peu, une seule même. C’est Marie qui a choisi la meilleure part ; elle ne lui sera pas enlevée. “

Commentaire

1. Situation

Luc est l’auteur d’une oeuvre en deux volumes qui se suivent, et sont écrits pour être lus en suivant : l’Evangile, et les Actes des Apôtres. Luc nous est régulièrement présenté comme disciple et accompagnateur de Paul, bien que nous ne trouvions rien dans son oeuvre des grands thèmes théologiques développés dans les Epîtres de Paul.

Luc a écrit ses 2 Livres entre les années 80 et 90 de notre ère, soit plus de 50 ans après la mort de Jésus, 30 ans après les lettres authentiques de Paul, et quelque 20 ans après l’Evangile de Marc. Ce qui ne veut pas dire que les traditions qu’il reprend ne sont pas aussi anciennes que celles de ceux qui ont écrit avant lui. Cela indique toutefois qu’il s’adresse à des communautés chrétiennes déjà différentes, pour leur annoncer la Bonne Nouvelle de Jésus.

Son Evangile se déroule en huit étapes :

  • un Prologue (Luc, 1, 1 - 4) au destinataire de cet Evangile, un certain Théophile, dont nous ne savons rien par ailleurs, Prologue auquel fait écho le Prologue des Actes des Apôtres (Actes, 1, 1 - 5).
  • un résumé de toute la Bonne Nouvelle de Jésus, en qui toutes les promesses de Dieu sont accomplies, autour du thème de son Enfance (Luc, 1, 5 - 2, 52).
  • la préparation de son ministère public (Luc, 3, 1 - 4, 13).
  • le ministère de Jésus en Galilée (Luc, 4, 14 - 9, 50).
  • le voyage de Jésus vers Jérusalem (Luc, 9, 51 - 19, 27).
  • le rejet de Jésus par Jérusalem (Luc, 19, 28 - 21, 38).
  • le dernier repas de Jésus et sa mise au rang des pécheurs dans sa condamnation et son éxécution (Luc, 22, 1 - 23, 56a).
  • la victoire décisive de Jésus, sa promesse de l’Esprit et son ascension (Luc, 23, 56b - 24, 53).

Jésus a terminé sa mission en Galilée, et, depuis Luc, 9, 51, il a pris avec ses disciples le chemin de Jérusalem.

Cette “montée” de Jésus à Jérusalem en compagnie de ses disciples représente, en fait, un long temps d’instruction et de formation que Jésus leur propose. L’on divise habituellement toute cette marche en 3 séries d’instructions que Jésus donne de diverses façons à l’ensemble de ses disciples :

  • la 1ère série d’instructions se déroule de 9, 51 à 13, 21,
  • la 2ème série de 13, 22 à 17, 10,
  • la 3ème, de 17, 11 à 19, 27.

Toutes ces instructions ne visent qu’un seul thème : quel est le sens de notre chemin à parcourir avec Jésus, de ce qu’on appelle “la Voie” chrétienne, ou la “route avec le Christ” ?

Notre page d’Evangile fait ainsi partie de la première série de ces instructions en paroles et en actes. Maintenant, nous nous trouvons, avec Jésus, lorsqu’il entre dans un village et qu’une femme nommée Marthe le reçoit dans sa maison : quel enseignement “situé” Jésus va-t-il nous donner à cette occasion ?

2. Message

S’agit-il de l’accueil varié que nous avons à réserver à Jésus dans les différents moments de notre vie, où nous pouvons le rencontrer aujourd’hui ?

On le penserait volontiers, et beaucoup de commentaires, depuis des siècles, ont essayé de comparer l’attitude de ces 2 femmes que rencontre Jésus dans cette maison : l’une, active et réaliste, s’affairant à la réalisation d’une réception en bonne et due forme, selon les règles de l’hospitalité orientale, l’autre, apparemment plus attentive à s’occuper personnellement de l’hôte qui arrive, en l’accompagnant et l’écoutant. L’épisode paraît bien entièrement centré sur la parole de Jésus qui le conclut.

A supposer que Marthe et Marie soient des amis proches de Jésus, il est cependant très clair, aussi bien dans l’Evangile de Luc que dans tous les autres Evangiles ou tous les autres textes du Nouveau Testament, que rien ne nous est jamais dit sur la “vie privée” ou relationnelle de Jésus : allons relire la première parole de Jésus enfant quand il est retrouvé après trois jours dans le Temple, au terme de l’Evangile de l’Enfance de Luc (2, 49 - 50) : il ne s’agit pas de relation familiale, mais de la mission de Jésus.

Plus tard, lorsqu’on fait savoir à Jésus que sa mère et ses “frères” le cherchent, que répond-il de nouveau, si ce n’est une vérité concernant sa mission et son Evangile (Luc 8, 20 - 21) ? Une femme vient-elle un jour à s’écrier devant Jésus : “Heureuse celle qui t’a porté et allaité !”, avons-nous lu sa réponse (Luc, 11, 27 - 28) ?

Lorsque Luc nous raconte la présence de Jésus à deux repas chez des Pharisiens, cela se passe toujours plutôt mal, car il profite de la situation pour mettre en question les comportements de ses hôtes et les inviter à d’autres attitudes : cela vaut vraiment la peine de relire Luc, 7, 36 - 49 et Luc, 14, 1 - 24.

Dans toutes ces occasions, Jésus ne cherche qu’à annoncer la Bonne Nouvelle du Royaume, compte tenu de la situation dans laquelle il se trouve, de l’occasion qui lui est fournie. La scène de sa réception chez Marthe et Marie n’échappe pas à cette règle : nous n’assistons pas à un accueil ordinaire d’un ami par des amis, mais, une fois de plus, comme en chaque circonstance, Jésus se donne à découvrir en sa mission, en sa dimension “autre” : il faut donc l’accueillir tel qu’il veut l’être dans le cadre de sa mission, de son Evangile du Royaume. et, de ce point de vue, la version de sa réponse à Marthe : “une seule chose est nécessaire”, s’impose. Jésus vient en”porteur”de la Parole de Dieu.

Et, de même que dans l’épisode de sa rencontre avec une femme de Samarie au chapitre 4 de l’Evangile de Jean, il disait à ses disciples qui l’invitaient à manger du pain qu’ils avaient été chercher :“J’ai à manger une nourriture que vous ne connaissez pas” (Jean, 4, 32 - 34), il répond en substance à Marthe : “le genre d’accueil que j’attends, c’est celui de la foi en ma mission, en ma parole, et ce que fait Marie, en m’écoutant, va dans le bon sens”. Cela ne veut pas donner raison à Marie ou condamner Marthe, mais montrer qu’il se situe “autrement”, que son passage concerne uniquement la Parole de Dieu sur le Royaume qu’il annonce, et, qu’en résumé, il faut “se convertir et croire à la l’Evangile”.

Une fois de plus, Jésus est “ailleurs”, il “surprend”, il “met en question”, voire il “choque”. Les détails ordinaires de sa vie d’homme de son temps, avec ses relations familiales et amicales, son train de vie, son style personnel d’existence, sa vie “privée”, rien de cela ne nous est rapporté dans l’Evangile : on ne nous en parle indirectement que lorsque Jésus utilise de telles occasions pour nous annoncer sans détour le Règne de Dieu.

3. Decouvertes

La dernière parole de Jésus peut prendre des tonalités diverses selon la version retenue pour le sens de la première partie du verset 42 :

  • une première leçon propose : “il est besoin de peu de choses ” : pour le repas ? le menu ? Jésus serait-il donc un ascète ? Pourtant, il a dit lui-même plus haut (Luc, 7, 33 - 34) qu’on lui reprochait, parce qu’il mangeait et buvait normalement, d’être un “glouton et un ivrogne”, à la différence de Jean Baptiste.

  • Selon une deuxième leçon : “il est besoin de peu de choses, même d’une seule”, Jésus accepterait le zèle de Marthe pour bien l’accueilir, tout en l’invitant à une certaine modération.

  • Notons également que cetrains témoins du texte suppriment simplement cette première partie du verset 42, ce qui a ramené la remarque suivante de Jésus “Marie a choisi la meilleure part”, à une comparaison entre les deux attitudes différentes des deux soeurs, Jésus prenant partie nettement en faveur de Marie. Et, comme ces deux soeurs semblaient ainsi faire de leur mieux, selon leur caractère ou leur “charisme”, pour accueillir Jésus, on les a identifiées à deux types de vie ou de style religieux : la vie active des disciples, d’une part, représentée par Marthe, et la vie contemplative des disciples, personnifiée ici par Marie, et qui aurait manifestement la faveur de Jésus, ce qui a conduit un certain nombre de théologiens de la vie spirituelle à déclarer que la vie “contemplative” était d’une niveau supérieur à la vie “active”, ou encore que la vie du moine l’emportait sur la vie de l’apôtre. On ne compte pas le nombre d’études et d’articles qui ont été écrits sur ce thème.

  • La TOB a retenu la version ci-après : “Il est besoin d’une seule chose”, ou “Une seule chose est nécessaire” (TOB, Luc, 10, 42, note “t”), avec l’explication suivante : “la plupart (des témoins du texte) lisent le texte ici proposé. Celui-ci a l’avantage de donner à l’épisode sa conclusion la plus profonde : la parole de Jésus passe avant tout souci temporel (cf. 12, 31, et, dans l’oeuvre de Luc, le texte comparable d’Actes,6, 2).

L’universalisme de Luc en cette scène : Jésus agit ici de façon contraire aux normes culturelles Juives de l’époque, et cela de trois façons : il se trouve seul avec des femmes qui ne sont pas de sa parenté, une femme le sert, et il donne son enseignement à une femme dans la propre maison de celle-ci.

Luc, à travers cet épisode, vise sans doute une situation de l’Eglise de son temps, où existaient des communautés “domestiques” : souvent des femmes accueillaient l’Eglise, c’est-à-dire la communauté locale, dans leur maison. A noter que Paul nous dit la même chose à propos de ses amis Priscille et Aquila, en Rom., 16, 3 - 5.

Les deux soeurs sont probablement les mêmes qu’en Jean, 11, 1 - 40 et 12, 1 - 3, car elles sont décrites avec les mêmes traits : Marthe est toute dévouée au service en sa qualité de “maîtrese de maison” (Jean, 11, 20 et 12, 2), et Marie y est également prosternée aux pieds de Jésus (11, 32 et 12, 3). Il n’est pas question ici de leur frère Lazare, dont l’Evangile de Jean nous précise que Jésus était son ami, comme d’ailleurs l’ami des deux soeurs (Jean, 11, 3 - 5).

De même, on voit mal Jésus les visiter à cette présente date, car, selon Luc, il n’est toujours qu’au début de sa montée vers Jérusalem, alors qu’en Jean, Marthe, Marie et Lazare, sont de Béthanie, tout près de Jérusalem (TOB, Jean, 11, 1, note “u”). Il faut savoir que Luc n’a pas non plus toujours une vue précise de la géographie de la Palestine, et qu’il fait à l’occasion des erreurs topographiques importantes.

4. Prolongement

A relire de près tout le Nouveau Testament, nous constatons que Jésus participe à deux sortes de repas :

  • les repas où il annonce et propose son Evangile, comme celui de notre page et bien d’autres en Luc.
  • les repas où il annonce son mystère pascal et où il se fait reconnaître, et donc se révèle, comme le Sauveur qui accomplit définitivement le plan de Dieu : nous pouvons citer à ce propos son dernier repas avant sa mort, où il nous laisse les gestes eucharistiques pour “faire mémoire” de son “Heure” de passage au Père en sa mort-résurrection-ascension-don de l’ Esprit.
  • de même, son repas de Ressuscité avec les disciple d’Emmaüs, où il se comporte en chef de maison qui accomplit les gestes solennels de la bénédiction , et se fait alors reconnaître (Luc, 24, 13 - 32).
  • Citons également tous nos repas communautaires, liturgiques ou non, où il se rend présent, car nous y sommes rassemblés en son Nom (Matthieu, 18, 20).

Un très beau texte de l’Apocalypse du Nouveau Testament nous résume ce “passage” de Jésus, Parole et Vie, en nos communautés de table et de convivialité de croyants :

20 Voici, je me tiens à la porte et je frappe ; si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui pour souper, moi près de lui et lui près de moi.

A nous d’écouter de nouveau et de transmettre la Parole que nous avons entendue et relue dans notre Bible. En effet, Jésus contient, transmet et “est”, au sens fort de ce terme, lui-même tout entier la Parole du Père (Jean, 1, 1 - 18). Nous l’avons rencontré dans sa proximité et nous avons à en porter témoignage, à transmettre ce que nous avons reçu :

1 Ce qui était dès le commencement, ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé, ce que nos mains ont touché du Verbe de vie ;

2 - car la Vie s’est manifestée : nous l’avons vue, nous en rendons témoignage et nous vous annonçons cette Vie éternelle, qui était tournée vers le Père et qui nous est apparue

3 ce que nous avons vu et entendu, nous vous l’annonçons, afin que vous aussi soyez en communion avec nous. Quant à notre communion, elle est avec le Père et avec son Fils Jésus Christ.

4 Tout ceci, nous vous l’écrivons pour que notre joie soit complète.

Ecouter la Parole en qualité de disciples qui accueillent toujours ainsi le passage de Jésus, c’est nous engager à témoigner de cette Parole reçue, à la relire dans notre Bible et à la redire en toutes circonstances, à temps et à contretemps, sans jamais nous lasser (2 Timothée, 4, 1 - 4).

Prière

*Seigneur Jésus, apprends-moi de nouveau à toujours d’abord t’accueillir tel que tu es, dans ta proximité très grande et ton altérité surprenante, rends-moi plus ouvert à ta Parole et à la découverte de tes attitudes et comportements, afin que, dans la force de ton Esprit Saint, je parvienne à t’imiter de plus près. AMEN.

08.10.2003.*


La Bible commentée · Liturgie du jour