📘 Commentaire biblique de l’abbé Léon Hamain
Première lecture : Romains 3, 21-29
DE LA LETTRE AUX ROMAINS
Texte
21 Mais maintenant, sans la Loi, la justice de Dieu s’est manifestée, attestée par la Loi et les Prophètes,
22 justice de Dieu par la foi en Jésus Christ, à l’adresse de tous ceux qui croient - car il n’y a pas de différence :
23 tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu -
24 et ils sont justifiés par la faveur de sa grâce en vertu de la rédemption accomplie dans le Christ Jésus :
25 Dieu l’a exposé, instrument de propitiation par son propre sang moyennant la foi ; il voulait montrer sa justice, du fait qu’il avait passé condamnation sur les péchés commis jadis
26 au temps de la patience de Dieu ; il voulait montrer sa justice au temps présent, afin d’être juste et de justifier celui qui se réclame de la foi en Jésus.
27 Où donc est le droit de se glorifier ? Il est exclu. Par quel genre de loi ? Celle des œuvres ? Non, par une loi de foi.
28 Car nous estimons que l’homme est justifié par la foi sans la pratique de la Loi.
29 Ou alors Dieu est-il le Dieu des Juifs seulement, et non point des païens ? Certes, également des païens !
Commentaire
1. Situation
La Lettre aux Romains est la plus longue, la plus importante et la mieux structurée des lettres de Paul.
Son interprétation a été décisive dans les grands moments de crise de l’Eglise, surtout au 5ème siècle (face à l’hérésie du moine Pélage : l’homme gagne son salut par son effort personnel), et au 16ème siècle (Luther et Calvin se séparent de Rome).
C.est à partir de leur relecture de la Lettre aux Romains que les Réformés et les Luthériens du 16ème siècle ont formulé leurs thèses sur le salut de Dieu par la grâce acceptée dans la foi.
Cette lettre a été écrite par Paul lui-même (en la dictant à un secrétaire-écrivain) au printemps de 57 ou de 58, et probablement depuis Corinthe. On n’a jamais mis en doute son authenticité.
Paul estime avoir terminé son oeuvre apostolique en Orient. Il forme donc le projet de passer par Rome pour aller en Espagne (15, 19 - 31).Il envoie donc d’avance aux chrétiens de Rome ce qui représente le coeur de sa prédication et de son Evangile.
En effet, cette Lettre aborde en profondeur les points les plus centraux du message chrétien : la puissance du salut de Dieu, présenté comme une grâce à recevoir dans la foi, pour en être transformé. C’est une vie avec le Christ ressuscité, mais marquée par l’événement suprême du dessein de salut de Dieu que constituent enemble la prédication, le témoignage, la mort et la résurrection de Jésus. L’Esprit Saint que nous avons reçu insère en nous toute la richesse de vie et de nouveauté, qui est le fruit de cet événement unique.
Cet enseignement à la fois général, et sans doute adapté à des circonstances particulières de l’Eglise de Rome, se réalise en deux parties : - l’une doctrinale (1 - 11), - l’autre exhortative, pour encourager à une manière de vivre avec et selon le Christ, et qui traite de différents aspects de notre existence humaine (12 - 16).
La partie proprement doctrinale de la Lettre de Paul aux Romains (1, 16 - 11, 36), qui commence dès la fin des présentations (1, 1 - 15), est toute entière consacrée à la Bonne Nouvelle ou l’Evangile de Dieu qui nous vient de notre Seigneur Jésus le Christ.
Paul développe d’abord une 1ère série d’arguments autour d’un 1er thème, et que l’on peut intituler ainsi : “La justice de Dieu nous est révélée par l’Evangile comme force de justice pour qui l’accueille avec foi” (1, 16 - 4, 25).
Ce thème est successivement : annoncé (l’Evangile comme source du salut, pour tous, révélant la justice de Dieu : 1, 16 - 17), puis expliqué de façon négative (sans cet Evangile de Dieu, la colère de Dieu se manifeste à l’encontre de tous les êtres humains (1, 18 - 3, 20).
Ce thème sera ensuite développé de façon positive (la justice de Dieu est révélée par le Christ, et reçue dans la foi : 3, 21 - 31), avant d’être illustré par l’exemple d’Abraham (qui a été rendu juste par la foi : 4, 1 - 25).
2. Message
Alors que les Juifs affirment que Dieu sauve celui qui obéit à la Loi, et qui, ainsi, d’une certaine façon, “mérite” son salut, Paul déclare le changement radical qu’a apporté la mission de Jésus : désormais la justice miséricordieuse de Dieu est donnée à ceux qui ont foi en Jésus.
En effet, Jésus a réalisé l’accomplissement du dessein de salut de Dieu en mourant sur la croix, et en révélant ainsi, par son obéissance, le pardon de Dieu pour ceux qui croient en lui.
Selon Paul, la Loi n’a servi qu’à révéler le péché, car l’histoire d’Israël démontre que les Juifs n’ont pas réussi à obéir à la Loi.
De fait, nous sommes incapables, par nous-mêmes, d’obéir vraiment à ce que le Seigneur attend de nous, et c’est pourquoi Paul constate que tous ont péché, et qu’en conséquence, c’est par la seule grâce de Dieu, qui nous fait gratuitement don de l’obéissance du Christ, que nous pouvons être sauvés.
Dieu, qui avait montré sa patience tout au long de l’histoire d’Israël, nous communique ainsi sa justice miséricordieuse après avoir envoyé son Fils vivre pleinement, et communiquer à tous ceux qui se remettent à lui en pleine confiance, le “OUI” que Dieu attend de nous.
Si donc Dieu nous rend justes, ce n’est pas à cause de nos oeuvres ou de mérites obtenus de notre part, mais par la mort de Jésus sur la croix (où l’a conduit son obéissance jusqu’au bout). En adhérant à Jésus par la foi, qui est remise de nous-mêmes à lui en toute confiance, nous nous livrons à la justice miséricordieuse de Dieu, qui nous accorde sa grâce.
Le don de Dieu est donc totalement gratuit, il suppose que nous renoncions à mettre notre confiance en nous-mêmes pour notre salut, et abandonnions tout orgueil.
3. Decouvertes
Cette page fait partie d’un ensemble (3, 21 - 31) qui peut s’intituler : “la révélation de la justice miséricordieuse de Dieu”.
On a dit également que les cversets 21 - 26 de ce chapitre 3 sont le coeur de cette Lettre de Paul aux Romains.
La justice miséricordieuse de Dieu (son pardon, sa grâce, sa fidélité, sa miséricorde), nous est révélée dans le Christ, particulièrement dans la mort du Christ, offrande pour le péché.
Tel est le plan de Dieu, annoncé par les Livres bibliques de la Loi et des Prophètes, ainsi que par certains psaumes, comme en témoigne le psaume 143, 1. 11 - 12.
Ainsi, là où il y avait jadis pratique de la Loi, il y a maintenant remise de soi à Dieu, qui nous fait grâce par le Christ qui nous a sauvés en mourant pour nous.
Si Paul affirme que la mort de Jésus a changé définitivement et du tout au tout la situation de l’humanité, il ne nous fournit pas d’explications plus détaillées sur la manière selon laquelle cela s’est réalisé. Dans 1 Corinthiens, 15 , 3, il nous transmet ce qu’il a lui-même reçu, à savoir que Christ est “mort pour nos péchés” selon les Ecritures.
Cette expression “mort pour nos péchés” fait probablement allusion à la pratique des sacrifices Juifs dans l’Ancienne Alliance, mais peut faire appel tout autant à l’efficacité des martyrs d’Israël, dont nous parlent les Livres des Maccabées (voir aussi Isaïe, 52, 13 - 53, 12). Dans le Nouveau Testament, elle signifie le changement réalisé par Dieu, à son initiative, en envoyant son Fils nous libérer du péché.
Le verset 24, qui souligne que c’est par le don de la grâce de Dieu que nous sommes justifiés, résume la partie centrale de toute la théologie de Paul (voir aussi Ephésiens, 2, 5 - 11). Notre salut est pur don, et non pas récompense.
A noter que Paul, hormis l’affirmation de la mort de Jésus pour nous sur la croix, ne nous donne pas de précisions sur le “comment” de cette justification par grâce, pas plus qu’il ne nous explique comment la patience de Dieu manifestait sa justice alors qu’il condamnait les péchés d’autrefois (verset 25). Etait-ce en les effaçant, comme le précisent certaines traductions ? Ce qui est clair pour Paul, c’est que la mort de Jésus est l’événement décisif qui procure le salut à toute l’humanité.
Quand Paul nous parle de la foi, c’est de la foi au Christ : c’est notre réponse à Jésus qui compte. Pour Paul, Dieu était dans le Christ, ce qui indique que “croire en Dieu”, c’est, en même temps et de façon inséparable, croire au Christ.
Au verset 27, Paul oppose la loi des oeuvres à la loi de la foi. Il emploie alors le mot “Loi” comme équivalent de “système religieux”, sans doute celui des Juifs, mais pas exclusivement. En ce sens, le mot “Loi” est différent des dix paroles du Décalogue, dont la pratique doit révéler que notre foi qui agit par la charité (Galates, 5, 6) se traduit par l’amour de Dieu et l’amour du prochain.
4. Prolongement
Des textes de prophètes de l’Ancien Testament sont déjà tournés vers cet accomplissement qu’a vécu Jésus et qui nous est transmis par pure grâce de Dieu, dans l’Esprit Saint, à recevoir dans la foi en Jésus qui nous sauve :
31 Voici venir des jours oracle de Yahvé où je conclurai avec la maison d’Israël et la maison de Juda une alliance nouvelle.
32 Non pas comme l’alliance que j’ai conclue avec leurs pères, le jour où je les pris par la main pour les faire sortir du pays d’Egypte mon alliance qu’eux-mêmes ont rompue bien que je fusse leur Maître, oracle de Yahvé!
33 Mais voici l’alliance que je conclurai avec la maison d’Israël après ces jours-là, oracle de Yahvé. Je mettrai ma Loi au fond de leur être et je l’écrirai sur leur cœur. Alors je serai leur Dieu et eux seront mon peuple.
34 Ils n’auront plus à instruire chacun son prochain, chacun son frère, en disant : “Ayez la connaissance de Yahvé!” Car tous me connaîtront, des plus petits jusqu’aux plus grands oracle de Yahvé parce que je vais pardonner leur crime et ne plus me souvenir de leur péché.
23 Je sanctifierai mon grand nom qui a été profané parmi les nations au milieu desquelles vous l’avez profané. Et les nations sauront que je suis Yahvé - oracle du Seigneur Yahvé - quand je ferai éclater ma sainteté, à votre sujet, sous leurs yeux.
24 Alors je vous prendrai parmi les nations, je vous rassemblerai de tous les pays étrangers et je vous ramènerai vers votre sol.
25 Je répandrai sur vous une eau pure et vous serez purifiés; de toutes vos souillures et de toutes vos ordures je vous purifierai.
26 Et je vous donnerai un cœur nouveau, je mettrai en vous un esprit nouveau, j’ôterai de votre chair le cœur de pierre et je vous donnerai un cœur de chair.
27 Je mettrai mon esprit en vous et je ferai que vous marchiez selon mes lois et que vous observiez et pratiquiez mes coutumes.
28 Vous habiterez le pays que j’ai donné à vos pères. Vous serez mon peuple et moi je serai votre Dieu.
29 Je vous sauverai de toutes vos souillures…
Prière
*Seigneur Jésus, puisque nul ne peut te proclamer “Seigneur”, ni reconnaître que Dieu est “Père” sans la puissance de ton Esprit Saint donné à tous ceux qui se tournent vers toi dans une confiance totale avec un coeur de pauvre : crée en moi davantage ce coeur détaché de moi-même, apprends-moi à me remettre totalement à toi, mon Sauveur, avec un esprit d’abandon et de disponibilité, qui anime tous mes comportements et attitudes. AMEN.
16.10.2003.*
Évangile : Luc 11, 47-54
DE L’EVANGILE DE LUC
Texte
47 ” Malheur à vous, parce que vous bâtissez les tombeaux des prophètes, et ce sont vos pères qui les ont tués !
48 Vous êtes donc des témoins et vous approuvez les actes de vos pères ; eux ont tué, et vous, vous bâtissez !
49 ” Et voilà pourquoi la Sagesse de Dieu a dit : Je leur enverrai des prophètes et des apôtres ; ils en tueront et pourchasseront,
50 afin qu’il soit demandé compte à cette génération du sang de tous les prophètes qui a été répandu depuis la fondation du monde,
51 depuis le sang d’Abel jusqu’au sang de Zacharie, qui périt entre l’autel et le Temple. Oui, je vous le dis, il en sera demandé compte à cette génération.
52 ” Malheur à vous, les légistes, parce que vous avez enlevé la clef de la science ! Vous-mêmes n’êtes pas entrés, et ceux qui voulaient entrer, vous les en avez empêchés ! “
53 Quand il fut sorti de là, les scribes et les Pharisiens se mirent à lui en vouloir terriblement et à le faire parler sur une foule de choses,
54 lui tendant des pièges pour surprendre de sa bouche quelque parole.
Commentaire
1. Situation
Luc est l’auteur d’une oeuvre en deux volumes qui se suivent, et sont écrits pour être lus en suivant : l’Evangile, et les Actes des Apôtres. Luc nous est régulièrement présenté comme disciple et accompagnateur de Paul, bien que nous ne trouvions rien dans son oeuvre des grands thèmes théologiques développés dans les Epîtres de Paul.
Luc a écrit ses 2 Livres entre les années 80 et 90 de notre ère, soit plus de 50 ans après la mort de Jésus, 30 ans après les lettres authentiques de Paul, et quelque 20 ans après l’Evangile de Marc. Ce qui ne veut pas dire que les traditions qu’il reprend ne sont pas aussi anciennes que celles de ceux qui ont écrit avant lui. Cela indique toutefois qu’il s’adresse à des communautés chrétiennes déjà différentes, pour leur annoncer la Bonne Nouvelle de Jésus.
Son Evangile se déroule en huit étapes :
- un Prologue (Luc, 1, 1 - 4) au destinataire de cet Evangile, un certain Théophile, dont nous ne savons rien par ailleurs, Prologue auquel fait écho le Prologue des Actes des Apôtres (Actes, 1, 1 - 5).
- un résumé de toute la Bonne Nouvelle de Jésus, en qui toutes les promesses de Dieu sont accomplies, autour du thème de son Enfance (Luc, 1, 5 - 2, 52).
- la préparation de son ministère public (Luc, 3, 1 - 4, 13).
- le ministère de Jésus en Galilée (Luc, 4, 14 - 9, 50).
- le voyage de Jésus vers Jérusalem (Luc, 9, 51 - 19, 27).
- le rejet de Jésus par Jérusalem (Luc, 19, 28 - 21, 38).
- le dernier repas de Jésus et sa mise au rang des pécheurs dans sa condamnation et son éxécution (Luc, 22, 1 - 23, 56a).
- la victoire décisive de Jésus, sa promesse de l’Esprit et son ascension (Luc, 23, 56b - 24, 53).
Jésus a terminé sa mission en Galilée, et, depuis Luc, 9, 51, il a pris avec ses disciples le chemin de Jérusalem. Cette montée vers la ville sainte, où il sera rapidement, après quelque temps, arrêté et condamné à la croix, constitue une partie très importante de l’Evangile, qui s’étale sur 10 chapitres, et durant laquelle Luc nous montre Jésus en train de former ses disciples, à mesure qu’il réagit à toutes les situations qu’il rencontre.
L’on divise habituellement toute cette marche en 3 séries d’instructions que Jésus donne de diverses façons à l’ensemble de ses disciples :
- la 1ère série d’instructions se déroule de 9, 51 à 13, 21,
- la 2ème série de 13, 22 à 17, 10,
- la 3ème, de 17, 11 à 19, 27.
Toutes ces instructions ne visent qu’un seul thème : quel est le sens de notre chemin à parcourir avec Jésus, de ce qu’on appelle “la Voie” chrétienne, ou la “route avec le Christ” ?
Notre page d’Evangile fait toujours partie de la première série de ces instructions en paroles et en actes.
2. Message
Cette page est inséparable des deux qui l’on précédée dans nos lectures liturgiques d’Eglise Catholique Romaine. Elle fait partie du même épisode de la montée de Jésus vers Jérusalem.
Invité à prendre son repas chez un Pharisien, Jésus, après avoir reproché à son hôte et ses amis de ne s’intéresser qu’aux pratiques légales extérieures et non pas à l’attitude intérieure de leur coeur (11, 37 - 41), se met à les déclarer, à plusieurs reprises, “malheureux” (11, 42 - 54).
Il leur indique chaque fois la raison de cette qualification qu’il leur adresse :
- ils sacrifient des valeurs essentielles, telles que la justice et l’amour, alors qu’il appliquent la Loi dans le calcul de détails insignifiants,
- ils revendiquent partout les premières places,
- comme ils dissimulent leurs pratiques douteuses, il sont comme des tombeaux cachés qu’on ne remarque pas et auprès desquels on se souille,
- quand ils sont docteurs de la Loi, ils chargent les hommes de fardeaux accablants, qu’ils ne prennent pas eux-mêmes la peine de toucher du bout du doigt.
Jésus reproche enfin aux docteurs de la Loi de manquer de cohérence : pourquoi se donnent-ils bonne conscience en bâtissant des tombeaux aux prophètes que leurs pères ont persécutés, alors qu’ils se révèlent, dans leur attitude vis-à-vis de lui, Jésus, aussi incapables que leurs pères à discerner les prophètes de leur temps, et incapables, de ce fait, de découvrir sa mission ?
Comme ils sont maîtres en Israël et se font des disciples, par leurs agissements et comportements, loin d’éclairer ceux qui les suivent et de leur donner la “clé” de la connaissance, ils les empêchent de marcher vers la vérité qu’ils recherchent, parce qu’ils ne l’ont pas eux-mêmes trouvée. (11, 47 - 54).
3. Decouvertes
En participant à ce repas chez ce Pharisien, Jésus anticipe la convivialité du Royaume de Dieu, et montre, par son enseignement, comment ces repas sont - ou ne sont pas -, vu le comportement des convives qu’il y rencontre, signes de ce repas de la fin des temps.
Même si Luc nous montre Jésus lancer ici ses plus vives critiques à l’encontre des Pharisiens, cela se fait directement en présence de ces gens concernés, à la différence de Matthieu, 23, où Jésus adresse de semblables propos très rudes contre les Pharisiens à la foule et à ses disciples.
Même si la fin de notre page fait état d’une réaction très agressive des Pharisiens à l’égard de Jésus après ce repas, la suite de l’Evangile de Luc nous indiquera que les relations entre Jésus et ces gens ne sont pas rompues, puisqu’il lui arrivera encore de manger à la table de Pharisiens (Luc, 14).
Jésus reproche aux Pharisiens leur double jeu lorsqu’ils construisent des tombeaux en mémoire des prophètes, dans la mesure où ils manifestent par ailleurs la même attitude qu’ils semblent ainsi reprocher à leurs ancêtres.
En ce sens leur rejet prochain de Jésus, sera le point culminant du rejet de tous les prophètes constaté dans toute l’histoire d’Israël, dont ils seront alors tenus pour responsables, pour l’avoir repris et assumé à son terme et à ce point.
4. Prolongement
Face à ces souvenirs de la manière dont Jésus fut accueilli par les hommes pieux et religieux de son pays qu’étaient les Pharisiens et les docteurs de la Loi, nous entendons Paul nous rappeler l’essentiel de notre démarche de foi, comme prise en compte avec un coeur de pauvre, de ce que nous avons reçu, à notre tour, du témoignage sur Jésus que nous ont transmis depuis 2000 ans, tous ceux qui, à la suite des premiers disciples et de Paul, l’ont suivi :
8 Que dit-elle donc (la justice qui vient de la foi) ? La parole est tout près de toi, sur tes lèvres et dans ton cœur, entends : la parole de la foi que nous prêchons.
9 En effet, si tes lèvres confessent que Jésus est Seigneur et si ton cœur croit que Dieu l’a ressuscité des morts, tu seras sauvé.
10 Car la foi du cœur obtient la justice, et la confession des lèvres, le salut.
11 L’Écriture ne dit-elle pas : Quiconque croit en lui ne sera pas confondu ?
12 Aussi bien n’y a-t-il pas de distinction entre Juif et Grec : tous ont le même Seigneur riche envers tous ceux qui l’invoquent.
13 En effet, quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé.
14 Mais comment l’invoquer sans d’abord croire en lui ? Et comment croire sans d’abord l’entendre ? Et comment entendre sans prédicateur ?
15 Et comment prêcher sans être d’abord envoyé ? selon le mot de l’Écriture : Qu’ils sont beaux les pieds des messagers de bonnes nouvelles !
16 Mais tous n’ont pas obéi à la Bonne Nouvelle. Car Isaïe l’a dit : Seigneur, qui a cru à notre prédication ?
17 Ainsi la foi naît de la prédication et la prédication se fait par la parole du Christ.
9 mais, selon qu’il est écrit, nous annonçons ce que l’œil n’a pas vu, ce que l’oreille n’a pas entendu, ce qui n’est pas monté au cœur de l’homme, tout ce que Dieu a préparé pour ceux qui l’aiment.
10 Car c’est à nous que Dieu l’a révélé par l’Esprit ; l’Esprit en effet sonde tout, jusqu’aux profondeurs de Dieu.
11 Qui donc entre les hommes sait ce qui concerne l’homme, sinon l’esprit de l’homme qui est en lui ? De même, nul ne connaît ce qui concerne Dieu, sinon l’Esprit de Dieu.
12 Or, nous n’avons pas reçu, nous, l’esprit du monde, mais l’Esprit qui vient de Dieu, pour connaître les dons gracieux que Dieu nous a faits.
13 Et nous en parlons non pas avec des discours enseignés par l’humaine sagesse, mais avec ceux qu’enseigne l’Esprit, exprimant en termes spirituels des réalités spirituelles.
14 L’homme psychique n’accueille pas ce qui est de l’Esprit de Dieu : c’est folie pour lui et il ne peut le connaître, car c’est spirituellement qu’on en juge.
15 L’homme spirituel, au contraire, juge de tout, et lui-même n’est jugé par personne.
16 Qui en effet a connu la pensée du Seigneur, pour pouvoir l’instruire ? Et nous l’avons, nous, la pensée du Christ.
Prière
*Seigneur Jésus, tu nous appelles de nouveau chaque jour sur ton chemin de lumière, de vériité et d’amour : renouvelle sans cesse en moi la force de ton Esprit, qui me permet de te suivre vraiment dans la confiance toujours jeune du disciple qui vient de te redécouvrir dans ton originalité insurpassable et jamais totalement perçue, tellement elle nous dépasse en sa richesse unique. AMEN.
16.10.2003.*