📘 Commentaire biblique de l’abbé Léon Hamain


Première lecture : Romains 5, 12-21

DE LA LETTRE AUX ROMAINS

Texte

12 Voilà pourquoi, de même que par un seul homme le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort, et qu’ainsi la mort a passé en tous les hommes, du fait que tous ont péché -;
13 car jusqu’à la Loi il y avait du péché dans le monde, mais le péché n’est pas imputé quand il n’y a pas de loi ;
14 cependant la mort a régné d’Adam à Moïse même sur ceux qui n’avaient point péché d’une transgression semblable à celle d’Adam, figure de celui qui devait venir…
15 Mais il n’en va pas du don comme de la faute. Si, par la faute d’un seul, la multitude est morte, combien plus la grâce de Dieu et le don conféré par la grâce d’un seul homme, Jésus Christ, se sont-ils répandus à profusion sur la multitude.
16 Et il n’en va pas du don comme des conséquences du péché d’un seul : le jugement venant après un seul péché aboutit à une condamnation, l’œuvre de grâce à la suite d’un grand nombre de fautes aboutit à une justification.
17 Si, en effet, par la faute d’un seul, la mort a régné du fait de ce seul homme, combien plus ceux qui reçoivent avec profusion la grâce et le don de la justice régneront-ils dans la vie par le seul Jésus Christ.
18 Ainsi donc, comme la faute d’un seul a entraîné sur tous les hommes une condamnation, de même l’œuvre de justice d’un seul procure à tous une justification qui donne la vie.
19 Comme en effet par la désobéissance d’un seul homme la multitude a été constituée pécheresse, ainsi par l’obéissance d’un seul la multitude sera-t-elle constituée juste.
20 La Loi, elle, est intervenue pour que se multipliât la faute ; mais où le péché s’est multiplié, la grâce a surabondé :
21 ainsi, de même que le péché a régné dans la mort, de même la grâce régnerait par la justice pour la vie éternelle par Jésus Christ notre Seigneur.

Commentaire

1. Situation

La Lettre aux Romains est la plus longue, la plus importante et la mieux structurée des lettres de Paul.

Son interprétation a été décisive dans les grands moments de crise de l’Eglise, surtout au 5ème siècle (face à l’hérésie du moine Pélage : l’homme gagne son salut par son effort personnel), et au 16ème siècle (Luther et Calvin se séparent de Rome).

C.est à partir de leur relecture de la Lettre aux Romains que les Réformés et les Luthériens du 16ème siècle ont formulé leurs thèses sur le salut de Dieu par la grâce acceptée dans la foi.

Cette lettre a été écrite par Paul lui-même (en la dictant à un secrétaire-écrivain) au printemps de 57 ou de 58, et probablement depuis Corinthe. On n’a jamais mis en doute son authenticité.

Paul estime avoir terminé son oeuvre apostolique en Orient. Il forme donc le projet de passer par Rome pour aller en Espagne (15, 19 - 31).Il envoie donc d’avance aux chrétiens de Rome ce qui représente le coeur de sa prédication et de son Evangile.

En effet, cette Lettre aborde en profondeur les points les plus centraux du message chrétien : la puissance du salut de Dieu, présenté comme une grâce à recevoir dans la foi, pour en être transformé. C’est une vie avec le Christ ressuscité, mais marquée par l’événement suprême du dessein de salut de Dieu que constituent enemble la prédication, le témoignage, la mort et la résurrection de Jésus. L’Esprit Saint que nous avons reçu insère en nous toute la richesse de vie et de nouveauté, qui est le fruit de cet événement unique.

Cet enseignement à la fois général, et sans doute adapté à des circonstances particulières de l’Eglise de Rome, se réalise en deux parties : - l’une doctrinale (1 - 11), - l’autre exhortative, pour encourager à une manière de vivre avec et selon le Christ, et qui traite de différents aspects de notre existence humaine (12 - 16).

La partie proprement doctrinale de la Lettre de Paul aux Romains (1, 16 - 11, 36), qui commence dès la fin des présentations (1, 1 - 15), est toute entière consacrée à la Bonne Nouvelle ou l’Evangile de Dieu qui nous vient de notre Seigneur Jésus le Christ, et elle se développe en trois thèmes : - La justice de Dieu nous est révélée par l’Evangile comme force de justice pour qui l’accueille avec foi (1, 16 - 4, 25), - L’amour de Dieu assure le salut à ceux qui sont justifiés par la foi (5, 1 - 8, 39), - Cette réalisation du salut de Dieu n’est pas en contradiction avec la promesse de Dieu faite jadis à Israël (9, 1 - 11, 36)

A côté de cette répartition de cette Lettre en deux parties, comme il vient d’être indiqué, on peut tout aussi bien n’y voir, d’un bout à l’autre que le développement, en trois temps successifs, d’une seule idée force très prégnante : - la justice miséricordieuse de Dieu se manifeste dans la manière selon laquelle Dieu traite les Juifs et les paiens (1 - 8), - la justice miséricordieuse de Dieu se manifeste dans la manière dont Dieu traite le peuple d’Israël (9 - 11), - la justice miséricordieuse de Dieu se manifeste dans la vie de ceux qui croient au Christ. (12 - 15).


Selon le premier découpage de cette Lettre, que nous continuons de suivre, Paul développe ensuite une 2ème série d’arguments autour d’un 2ème thème : L’amour de Dieu assure le salut à ceux qui sont justifiés par la foi (5, 1 - 8, 39).

Ce thème est successivement : annoncé (le chrétien, justifié par la foi, réconcilié à Dieu, sera sauvé : 5, 1 - 11), puis expliqué (la vie chrétienne apporte une triple libération : du péché et de la mort, en 5, 1 - 11, de l’homme lui-même, désormais uni au Christ, en 6, 1 - 23, de la Loi, en 7, 1 - 25), enfin développé (la vie chrétienne est vie dans l’Esprit, destinée à la gloire, selon la force de l’Esprit qui fait de nous des enfants de Dieu, dont nous devons chanter l’amour indéfectible : 8, 1 - 39).

2. Message

Depuis ses origines, toute l’humanité a été marquée par le péché, et Paul résume, ou, mieux, “récapitule” tous les humains de tous les temps en “Adam”, le premier homme, en se référant au récit de la Genèse qui nous relate la faute de l’homme et de la femme créés par Dieu (Genèse, 3).

Si bien que Paul peut ainsi, à la figure absolument unique du Christ, et de lui seul, qui, une fois pour toutes, a accompli le dessein de Dieu, qui, en lui, a sauvé l’humanité entière, opposer la figure d’Adam, en qui il résume, ou rassemble en quelque sorte, toute l’humanité pécheresse.

Du même coup, le contraste entre les deux situations, liées à ces deux figures du Christ et d’Adam, apparaît on ne peut plus nettement : face au péché, qui nous rend incapables d’entrer dans la vie éternelle du Royaume de Dieu, incapacité qui, laissée à elle-même, ne peut nous éviter la mort spirituelle définitive (que symbolise notre mort physique), nous est présenté par le Christ le don gratuit de la grâce de Dieu, qui nous rend justes devant Dieu.

En conséquence, la vie éternelle nous est ainsi offerte à la place de la mort, la justice à la place du péché, la justification à la place de la condamnation, le stayut de “juste” à la place de celui de “pécheur”.

Mais ce parallélisme est totalement inégal, le don de la grâce de Dieu étant incomparablement supérieur au péché des hommes, si grave ou si abondant soit-il. Le don de Dieu est surabondant, inépuisable, au-delà de toute mesure, ce que soulignent l’expression “combien plus”, ainsi que les mots qui traduisent l’idée “d’abondance” et de “surabondance”, répétés à plusieurs reprises.

3. Decouvertes

Paul avait trouvé un “prototype” de la justification par la foi dans le personnage d’Abraham (Romains, 4). Il vient de nous préciser que le Christ nous a obtenu cette justification par sa mort, qui nous a réconciliés avec Dieu (Romains, 5, 1 - 11).

Mais, comment le Christ peut-il ainsi sauver tous les autres hommes ? A la condition que l’engagement unique de l’unique personne de Jésus le Christ puisse, pour être transmis à tous, inclure, contenir en quelque sorte, “récapituler” l’engagement de tous ceux et toutes celles avec qui il partage la même condition humaine. En ce sens, le Christ est “l’archétype” d’une nouvelle humanité sauvée où tous sont admis à recevoir, dans la foi, son attitude d’obéissance.

A titre de “contre-exemple”, Paul fait appel à “Adam”, dont il constate que tous les hommes participent à la désobéissance initiale, racontée en Genèse, 3, du fait qu’ils sont tous réellement pécheurs (Romains, 3, 21 - 23). S’il en est ainsi, à plus forte raison, continue Paul, combien plus l’humanité entière peut-elle avoir part à l’obéissance de Jésus le Christ, le Fils même de Dieu (1 Corinthiens, 15, 45 - 49).

Paul ne propose pas ici une théorie de la transmission (biologique ou autre), d’une génération à l’autre, du péché d’Adam, raconté en Genèse, 3 (à noter qu’il ne parle jamais ici d’Eve, associée à ce péché, dont elle est l’incitatrice, du couple initial, que nous présente la Bible).

La mort physique, qui est le lot de tous les humains de tous les temps, est le signe de la situation de mort que crée le péché, et qui prive les hommes de l’avenir de vie et de bonheur sans fin prévu par Dieu (Genèse, 3, 3)

Dans cette perspective, la résurrection du Christ retourne cette situation de mort vécue le premier par Adam : si par un seul homme est venue cette situation de “mort”, il en va de même pour la situation, ou l’état de “résurrection”, qui nous vient du Christ ressuscité (1 Corinthiens, 15, 21 - 22). Conséquence de ce renversement total, l’ordre de la création est restauré (Romains, 8, 18 - 23).

La Loi, promulguée ensuite par Moïse, n’a servi qu’à augmenter la culpabilité des hommes : en effet, Adam n’avait à obéir qu’à une seule interdiction, alors que la Loi compte 613 commandements ou obligations, multipliant d’autant la possibilité de la transgression.

Situé entre Adam et le Christ dans l’histoire du salut, dont la création est le premier acte, Moïse, le promulgateur de la Loi, n’est pas présenté par Paul comme celui qui aurait apporté une réponse au péché d’Adam. Moïse n’a pas libéré l’homme du péché et ne l’a pas ouvert à une vie éternelle.

Il est vrai que la notion même de “vie éternelle” ou de “résurrection” est postérieure de nombreux siècles à la promulgation de la Loi. Même si la Loi a été considérée comme un don de Dieu, du fait qu’elle était liée au don de l’Alliance fait par Dieu à son Peuple au Sinaï, la question que pose à Jésus le jeune homme riche de Luc, 10, 25 : “que dois-je faire pour avoir la vie éternelle ?” ne pouvait trouver de réponse dans la Loi, car c’est seulement en suivant Jésus, avec une foi confiante et agissante, qu’on peut y parvenir. Ce qui revient, certes, à vivre selon l’Alliance avec Dieu, mais… non plus l’ancienne Alliance, car Jésus l’a remplacée par une toute Nouvelle Alliance, conclue et achevée par lui en sa mort-résurrection et transmise par le don de son Esprit Saint.

4. Prolongement

19 Si c’est pour cette vie seulement que nous avons mis notre espoir dans le Christ, nous sommes les plus à plaindre de tous les hommes.

20 Mais non ; le Christ est ressuscité d’entre les morts, prémices de ceux qui se sont endormis.

21 Car, la mort étant venue par un homme, c’est par un homme aussi que vient la résurrection des morts.

22 De même en effet que tous meurent en Adam, ainsi tous revivront dans le Christ.

23 Mais chacun à son rang : comme prémices, le Christ, ensuite ceux qui seront au Christ, lors de son Avènement.

45 C’est ainsi qu’il est écrit : le premier homme, Adam, a été fait âme vivante ; le dernier Adam, esprit vivifiant.

46 Mais ce n’est pas le spirituel qui paraît d’abord ; c’est le psychique, puis le spirituel.

47 Le premier homme, issu du sol, est terrestre, le second, lui, vient du ciel.

48 Tel a été le terrestre, tels seront aussi les terrestres ; tel le céleste, tels seront aussi les célestes.

49 Et de même que nous avons porté l’image du terrestre, nous porterons aussi l’image du céleste.

Prière

Seigneur Jésus, devant ce mystère inouï et ineffable de notre salut, qui nous apporte de don incomparable de la vie divine que tu nous partages, je ne puis que me tourner vers le Père, par toi, dans l’Esprit Saint qui demeure en moi, et redire la prière de ton Apôtre Paul :

Évangile : Luc 12, 35-38

DE L’EVANGILE DE LUC

Texte

35 “Que vos reins soient ceints et vos lampes allumées.
36 Soyez semblables, vous, à des gens qui attendent leur maître à son
retour de noces, pour lui ouvrir dès qu’il viendra et frappera.
37 Heureux ces serviteurs que le maître en arrivant trouvera en train de
veiller! En vérité, je vous le dis, il se ceindra, les fera mettre à table et, passant
de l’un à l’autre, il les servira.
38 Qu’il vienne à la deuxième ou à la troisième veille, s’il trouve les
choses ainsi, heureux seront-ils !”

Commentaire

1. Situation

Luc est l’auteur d’une oeuvre en deux volumes qui se suivent, et sont écrits pour être lus en suivant : l’Evangile, et les Actes des Apôtres. Luc nous est régulièrement présenté comme disciple et accompagnateur de Paul, bien que nous ne trouvions rien dans son oeuvre des grands thèmes théologiques développés dans les Epîtres de Paul.

Luc a écrit ses 2 Livres entre les années 80 et 90 de notre ère, soit plus de 50 ans après la mort de Jésus, 30 ans après les lettres authentiques de Paul, et quelque 20 ans après l’Evangile de Marc. Ce qui ne veut pas dire que les traditions qu’il reprend ne sont pas aussi anciennes que celles de ceux qui ont écrit avant lui. Cela indique toutefois qu’il s’adresse à des communautés chrétiennes déjà différentes, pour leur annoncer la Bonne Nouvelle de Jésus.

Son Evangile se déroule en huit étapes :

  • un Prologue (Luc, 1, 1 - 4) au destinataire de cet Evangile, un certain Théophile, dont nous ne savons rien par ailleurs, Prologue auquel fait écho le Prologue des Actes des Apôtres (Actes, 1, 1 - 5).
  • un résumé de toute la Bonne Nouvelle de Jésus, en qui toutes les promesses de Dieu sont accomplies, autour du thème de son Enfance (Luc, 1, 5 - 2, 52).
  • la préparation de son ministère public (Luc, 3, 1 - 4, 13).
  • le ministère de Jésus en Galilée (Luc, 4, 14 - 9, 50).
  • le voyage de Jésus vers Jérusalem (Luc, 9, 51 - 19, 27).
  • le rejet de Jésus par Jérusalem (Luc, 19, 28 - 21, 38).
  • le dernier repas de Jésus et sa mise au rang des pécheurs dans sa condamnation et son éxécution (Luc, 22, 1 - 23, 56a).
  • la victoire décisive de Jésus, sa promesse de l’Esprit et son ascension (Luc, 23, 56b - 24, 53).

Jésus a terminé sa mission en Galilée, et, depuis Luc, 9, 51, il a pris avec ses disciples le chemin de Jérusalem. Cette montée vers la ville sainte, où il sera rapidement, après quelque temps, arrêté et condamné à la croix, constitue une partie très importante de l’Evangile, qui s’étale sur 10 chapitres, et durant laquelle Luc nous montre Jésus en train de former ses disciples, à mesure qu’il réagit à toutes les situations qu’il rencontre.

L’on divise habituellement toute cette marche en 3 séries d’instructions que Jésus donne de diverses façons à l’ensemble de ses disciples :

  • la 1ère série d’instructions se déroule de 9, 51 à 13, 21,
  • la 2ème série de 13, 22 à 17, 10,
  • la 3ème, de 17, 11 à 19, 27.

Toutes ces instructions ne visent qu’un seul thème : quel est le sens de notre chemin à parcourir avec Jésus, de ce qu’on appelle “la Voie” chrétienne, ou la “route avec le Christ” ?

Notre page d’Evangile fait toujours partie de la première série de ces instructions en paroles et en actes. Jésus a commencé d’indiquer à ceux qui l’entourent comment faire face aux diverses oppositions et tentations qu’ils rencontreront dans leur ministère (12, 1 - 59) : quoi qu’il arrive, il faut confesser ouvertement que Jésus est le Fils de l’homme (12, 1

  • 12), il faut demeurer très prudent et vigilant face aux biens de ce monde, que Jésus n’est pas chargé de gérer dans sa mission (12, 13 - 21), il faut se maintenir libre et sans inquiétude face aux problèmes de subsistance (12, 22 - 32), il faut distribuer ses biens en aumônes (12, 33 -34).

Ainsi en arrivons-nous à notre passage, qui fait partie d’un ensemble de paraboles sur la vigilance (12, 35 - 48).

2. Message

Ces paraboles sur la vigilance des serviteurs sont interprétées par Luc comme visant surtout la vie des communautés d’Eglise après la résurrection.

Pour lui, le mot “serviteur” désigne, le plus souvent, celui qui rend service à la communauté chrétienne, ou qui est chargé de le faire avec plus ou moins de responsabililtés. C’est dire que cette page nous est, semble-t-il, adressée directement.

Pour cette même raison, cette vigilance doit s’exercer dans la période “intermédiaire” entre la résurrection-ascension de Jésus (son départ) et son retour (lié à la fin ultime des temps).

Pour celui qui sera trouvé en train de veiller lors de ce retour du Seigneur, il y aura un renversement des rôles : celui qui doit servir sera servi par son Maître. Telle est l’annonce et l’image de l’absolue gratuité de Dieu. Le serviteur fidèle et vigilant siègera au banquet eschatologique de la fin ultime des temps.

Ce qui est demandé aux disciples c’est au moins d’accueillir ou de se mettre en situation d’accueil du don de Dieu, toujours immérité, toujours généreux, “au delà de tout ce qu’on peut imaginer ou concevoir” (Ephésiens, 3, 20 - 21).

3. Decouvertes

Au verset 35 : la traduction littérale est bien: “que vos reins soient ceints et vos lampes allumées”.

C’est là la tenue de travail et la tenue de voyage. On relève les pans de sa robe dans sa ceinture pour travailler.

C’est également la tenue de la Pâque pour les Juifs qui attendent ainsi le passage du Seigneur (Exode 12, 11) ou la venue du Messie.

4. Prolongement

N’oublions pas que si nous sommes tous des serviteurs, nous le sommes d’un Maître qui s’est présenté come “Serviteur de tous” (Luc, 22, 24 - 27), et qui a accepté de vivre le terme suprême de sa mission comme “Serviteur souffrant”, en étant traité et condamné comme un esclave par Pilate et Hérode, le vendredi de sa mort sur la croix (Luc, 23, 6 - 25).

N’hésitons pas à relire cette partie importante du récit de la passion de Jésus. Voici le texte où Jésus se définit “Serviteur” la veille de sa mort :

24 Il s’éleva aussi entre eux une contestation : lequel d’entre eux pouvait être tenu pour le plus grand ‘!

25 Il leur dit : ” Les rois des nations dominent sur elles, et ceux qui exercent le pouvoir sur elles se font appeler Bienfaiteurs.

26 Mais pour vous, il n’en va pas ainsi. Au contraire, que le plus grand parmi vous se comporte comme le plus jeune, et celui qui gouverne comme celui qui sert.

27 Quel est en effet le plus grand, celui qui est à table ou celui qui sert ? N’est-ce pas celui qui est à table ? Et moi, je suis au milieu de vous comme celui qui sert !

Prière

*Seigneur Jésus, même si, en fin de compte, nous ne sommes, face à toi et au Père, que des serviteurs “quelconques”, tu nous ne nous en demandes pas moins de nous comporter en serviteurs de ton Royaume, de ton Evangile, de ta vie au coeur de nos frères et soeurs et de nos communautés, en nous chargeant d’une mission de vigilance permanente, en ton Nom, sur tous ceux et toutes celles auprès de qui nous sommes placés dans notre histoire : donne-moi de savoir t’imiter dans la qualité de ton service, de ne jamais refuser de répondre à une demande ou à une sollicitation qui m’est faite, de toujours penser d’abord à mettre debout et valoriser toute personne que je rencontre, en qui je reconnais un “frère” ou une “soeur”, créé(e) à l’image de Dieu, et auprès de qui le Père m’appelle à reproduire ton image. AMEN.

21.10.2003.*


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