📘 Commentaire biblique de l’abbé Léon Hamain
Première lecture : Romains 8, 1-11
DE LA LETTRE AUX ROMAINS
Texte
1 Il n’y a donc plus maintenant de condamnation pour ceux qui sont dans le Christ Jésus.
2 La loi de l’Esprit qui donne la vie dans le Christ Jésus t’a affranchi de la loi du péché et de la mort.
3 De fait, chose impossible à la Loi, impuissante du fait de la chair, Dieu, en envoyant son propre Fils avec une chair semblable à celle du péché et en vue du péché, a condamné le péché dans la chair,
4 afin que le précepte de la Loi fût accompli en nous dont la conduite n’obéit pas à la chair mais à l’esprit.
5 En effet, ceux qui vivent selon la chair désirent ce qui est charnel ; ceux qui vivent selon l’esprit, ce qui est spirituel.
6 Car le désir de la chair, c’est la mort, tandis que le désir de l’esprit, c’est la vie et la paix,
7 puisque le désir de la chair est inimitié contre Dieu : il ne se soumet pas à la loi de Dieu, il ne le peut même pas,
8 et ceux qui sont dans la chair ne peuvent plaire à Dieu.
9 Vous, vous n’êtes pas dans la chair mais dans l’esprit, puisque l’Esprit de Dieu habite en vous. Qui n’a pas l’Esprit ne lui appartient pas,
10 mais si le Christ est en vous, bien que le corps soit mort déjà en raison du péché, l’Esprit est vie en raison de la justice.
11 Et si l’Esprit de Celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts habite en vous, Celui qui a ressuscité le Christ Jésus d’entre les morts donnera aussi la vie à vos corps mortels par son Esprit qui habite en vous.
Commentaire
1. Situation
La Lettre aux Romains est la plus longue, la plus importante et la mieux structurée des lettres de Paul.
Son interprétation a été décisive dans les grands moments de crise de l’Eglise, surtout au 5ème siècle (face à l’hérésie du moine Pélage : l’homme gagne son salut par son effort personnel), et au 16ème siècle (Luther et Calvin se séparent de Rome).
C’est à partir de leur relecture de la Lettre aux Romains que les Réformés et les Luthériens du 16ème siècle ont formulé leurs thèses sur le salut de Dieu par la grâce acceptée dans la foi.
Cette lettre a été écrite par Paul lui-même (en la dictant à un secrétaire-écrivain) au printemps de 57 ou de 58, et probablement depuis Corinthe. On n’a jamais mis en doute son authenticité.
Paul estime avoir terminé son oeuvre apostolique en Orient. Il forme donc le projet de passer par Rome pour aller en Espagne (15, 19 - 31).Il envoie donc d’avance aux chrétiens de Rome ce qui représente le coeur de sa prédication et de son Evangile.
En effet, cette Lettre aborde en profondeur les points les plus centraux du message chrétien : la puissance du salut de Dieu, présenté comme une grâce à recevoir dans la foi, pour en être transformé. C’est une vie avec le Christ ressuscité, mais marquée par l’événement suprême du dessein de salut de Dieu que constituent enemble la prédication, le témoignage, la mort et la résurrection de Jésus. L’Esprit Saint que nous avons reçu insère en nous toute la richesse de vie et de nouveauté, qui est le fruit de cet événement unique.
Cet enseignement à la fois général, et sans doute adapté à des circonstances particulières de l’Eglise de Rome, se réalise en deux parties : - l’une doctrinale (1 - 11), - l’autre exhortative, pour encourager à une manière de vivre avec et selon le Christ, et qui traite de différents aspects de notre existence humaine (12 - 16).
La partie proprement doctrinale de la Lettre de Paul aux Romains (1, 16 - 11, 36), qui commence dès la fin des présentations (1, 1 - 15), est toute entière consacrée à la Bonne Nouvelle ou l’Evangile de Dieu qui nous vient de notre Seigneur Jésus le Christ, et elle se développe en trois thèmes : - La justice de Dieu nous est révélée par l’Evangile comme force de justice pour qui l’accueille avec foi (1, 16 - 4, 25), - L’amour de Dieu assure le salut à ceux qui sont justifiés par la foi (5, 1 - 8, 39), - Cette réalisation du salut de Dieu n’est pas en contradiction avec la promesse de Dieu faite jadis à Israël (9, 1 - 11, 36)
A côté de cette répartition de cette Lettre en deux parties, comme il vient d’être indiqué, on peut tout aussi bien n’y voir, d’un bout à l’autre que le développement, en trois temps successifs, d’une seule idée force très prégnante : - la justice miséricordieuse de Dieu se manifeste dans la manière selon laquelle Dieu traite les Juifs et les paiens (1 - 8), - la justice miséricordieuse de Dieu se manifeste dans la manière dont Dieu traite le peuple d’Israël (9 - 11), - la justice miséricordieuse de Dieu se manifeste dans la vie de ceux qui croient au Christ. (12 - 15).
Selon le premier découpage de cette Lettre, que nous continuons de suivre, Paul développe ensuite une 2ème série d’arguments autour d’un 2ème thème : L’amour de Dieu assure le salut à ceux qui sont justifiés par la foi (5, 1 - 8, 39).
Ce thème est successivement : annoncé (le chrétien, justifié par la foi, réconcilié à Dieu, sera sauvé : 5, 1 - 11), puis expliqué (la vie chrétienne apporte une triple libération : du péché et de la mort, en 5, 12 - 21, de l’homme lui-même, désormais uni au Christ, en 6, 1 - 23, de la Loi, en 7, 1 - 25), enfin développé (la vie chrétienne est vie dans l’Esprit, destinée à la gloire, selon la force de l’Esprit qui fait de nous des enfants de Dieu, dont nous devons chanter l’amour indéfectible : 8, 1 - 39).
Notre passage se situe au niveau du développement positif de ce 2ème thème sur l’amour de Dieu qui nous assure le salut, dont il nous précisé dans ce dernier point de l’argumentation de Paul, que ce salut est gratification d’une vie nouvelle dans l’Esprit.
2. Message
A partir du moment où nous nous ouvrons, par la foi, à la grâce que Dieu nous donne, et qui nous a été obtenue par la mort-résurrection du Christ, nous sommes dans le Christ Jésus, sous la maîtrise de l’Esprit, qui nous libère de la loi du péché et de la mort.
Tel est l’effet de la mission de Jésus Christ, envoyé dans le monde, et qui a vaincu le péché et la mort, au niveau de l’homme intérieur, accomplissant (la grande prophétie de Jérémie :“je mettrai ma loi au fond de leurs coeurs” (31, 31 - 35).
Car l’Esprit Saint, en transformant notre être profond, nous délivre de l’emprise de notre faiblesse et incapacité (la “chair”), qui nous pousse vers des réalités de faiblesse et de péché, en nous appuyant et repliant sur nous-mêmes. Alors que notre dimension de “chair” est absolument incapable de se soumettre aux exigences de la volonté du Dieu, et ne peut donc que tendre à se révolter contre Dieu, et donc vers la mort, l’Esprit qui habite en nous, tend vers la vie, la paix, et les réalités spirituelles.
En étant maintenant sous l’emprise de l’Esprit qui habite en nous, nous appartenons au Christ, qui nous rend justes, et nous sommes appelés à recevoir dans nos corps mortels la vie de Ressuscité, qui est actuellement celle de Jésus, car l’Esprit qui est et agit en nous, c’est l’Esprit de Celui qui a ressuscité Jésus, le Père, qui a envoyé Jésus, dont l’Esprit Saint actualise la présence en en continuant aujourd’hui la mission.
3. Decouvertes
Après sa description du domaine de la mort et du péché , dont la Loi ne permet pas de s’échapper, Paul nous parle de l’autre type d’existence, auquel il avait déjà fait allusion en 7, 6, la “nouvelle vie dans l’Esprit”, dont font l’expérience ceux qui ont été libérés du système religieux de la Loi.
La description que Paul nous en propose en 8, 1 - 17, est riche de nombreux thèmes que l’on retrrouve dans de nombreux autres écrits de Pzul.
Libérés de la Loi, nous vivons hors d’atteinte des condamantaions attachées à la non-observance de la Loi, car nous sommes entrés dans un autre système religieux, celui de l’Esprit qui nous fait vivre dans le christ Jésus, tout-à-fait à l’opposé de l’autre système, celui de la Loi, lié au péché et à la mort.
Le mot “vie” signifie ici une nouvelle qualité d’existence déjà offerte aujourd”hui et appelée à devenir, dans l’avenir une existence éternelle avec Dieu. Et c’est l’Esprit qui donne de bénéficier de ces deux dimensions de cette nouvelle qualité de vie selon le Christ : dès maintenant, il habite dans le coeur des croyants (8, 9) et les rend capables de remplir les exigences normales de la Loi de Dieu (8, 4), de faire mourir en eux les actions de l’homme laissé à lui-même en sa faiblesse (8, 14).
L’Esprit témoigne à l’intérieur de l’être des croyants qu’ils sont enfants de Dieu (8; 16), intercède pour eux en soupirs ineffables (8, 26), et c’est dans ce même Esprit que Dieu va ressusciter les croyants pour une vie éternelle (8, 11)
Ainsi, avec ce don de l’Esprit c’est vraiment une époque nouvelle qui commence, entièrement fondée sur la grâce de Dieu.
4. Prolongement
Il apparaît clairement ici que Paul unit très fortement l’action du Christ ressuscité et celle de l’Esprit Saint. L’Esprit est, si l’on ose parler ainsi, “l’agent intérieur de Dieu” et du Christ présent à jamais par lui au coeur de nos vies, et, tout en étant différent de Jésus, il nous permet l’accès à Jésus et au Père :
3 C’est pourquoi, je vous le déclare : personne, parlant avec l’Esprit de Dieu, ne dit : ” Anathème à Jésus ”, et nul ne peut dire : ” Jésus est Seigneur ”, s’il n’est avec l’Esprit Saint.
Bien qu’ayant un langage très différent, Jean montre bien cette dimension de complémentarité et d’unité entre Jésus et l’Esprit qu’il désinge comme son successdeur après son retour au Père :
37 Le dernier jour de la fête, le grand jour, Jésus, debout, s’écria : ” Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi, et qu’il boive,
38 celui qui croit en moi ! ” selon le mot de l’Écriture : De son sein couleront des fleuves d’eau vive.
39 Il parlait de l’Esprit que devaient recevoir ceux qui avaient cru en lui ; car il n’y avait pas encore d’Esprit, parce que Jésus n’avait pas encore été glorifié.
25 Je vous ai dit cela tandis que je demeurais près de vous.
26 Mais le Paraclet, l’Esprit Saint, que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout et vous rappellera tout ce que je vous ai dit.
26 Lorsque viendra le Paraclet, que je vous enverrai d’auprès du Père, l’Esprit de vérité, qui vient du Père, il me rendra témoignage.
7 Cependant je vous dis la vérité : c’est votre intérêt que je parte ; car si je ne pars pas, le Paraclet ne viendra pas vers vous ; mais si je pars, je vous l’enverrai.
13 Mais quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous introduira dans la vérité tout entière ; car il ne parlera pas de lui-même, mais ce qu’il entendra, il le dira et il vous dévoilera les choses à venir.
14 Lui me glorifiera, car c’est de mon bien qu’il recevra et il vous le dévoilera.
“Gloire au Père, par le Fils, dans l’Esprit” : c’est ainsi que nous prions Dieu, en l’Esprit qui demeure en nous, par le seul chemin vers le Père, qui est le Christ, auquel nous disons notre “OUI” de confiance, dans la foi.
Prière
*Seigneur Jésus, tu nous as donné ton Esprit au moment où, Ressuscité des morts, tu as rejoins le Père, afin qu’il rende présente ton action de salut dans le coeur des croyants et au sein des communautés de tes disciples, tout au long de l’histoire des hommes et jusqu’à son terme : aide-moi à me laisser sans cesse de nouveau saisir par ton Esprit et à me laisser conduire par lui, dans l’expression de la charité qu’il m’inspire, ainsi que de la prière qu’il murmure en moi, puisque désormais il demeure en moi. AMEN.
25.10.2003.*
Évangile : Luc 13, 1-9
DE L’EVANGILE DE LUC
Texte
1 En ce même temps survinrent des gens qui lui rapportèrent ce qui était arrivé aux Galiléens, dont Pilate avait mêlé le sang à celui de leurs victimes.
2 Prenant la parole, il leur dit : ” Pensez-vous que, pour avoir subi pareil sort, ces Galiléens fussent de plus grands pécheurs que tous les autres Galiléens ?
3 Non, je vous le dis, mais si vous ne vous repentez pas, vous périrez tous pareillement.
4 Ou ces dix-huit personnes que la tour de Siloé a tuées dans sa chute, pensez-vous que leur dette fût plus grande que celle de tous les hommes qui habitent Jérusalem ?
5 Non, je vous le dis ; mais si vous ne voulez pas vous repentir, vous périrez tous de même. “
6 Il disait encore la parabole que voici : ” Un homme avait un figuier planté dans sa vigne. Il vint y chercher des fruits et n’en trouva pas.
7 Il dit alors au vigneron : “Voilà trois ans que je viens chercher des fruits sur ce figuier, et je n’en trouve pas. Coupe-le ; pourquoi donc use-t-il la terre pour rien ?“
8 L’autre lui répondit : “Maître, laisse-le cette année encore, le temps que je creuse tout autour et que je mette du fumier.
9 Peut-être donnera-t-il des fruits à l’avenir… Sinon tu le couperas”. “
Commentaire
1. Situation
Luc est l’auteur d’une oeuvre en deux volumes qui se suivent, et sont écrits pour être lus en suivant : l’Evangile, et les Actes des Apôtres. Luc nous est régulièrement présenté comme disciple et accompagnateur de Paul, bien que nous ne trouvions rien dans son oeuvre des grands thèmes théologiques développés dans les Epîtres de Paul.
Luc a écrit ses 2 Livres entre les années 80 et 90 de notre ère, soit plus de 50 ans après la mort de Jésus, 30 ans après les lettres authentiques de Paul, et quelque 20 ans après l’Evangile de Marc. Ce qui ne veut pas dire que les traditions qu’il reprend ne sont pas aussi anciennes que celles de ceux qui ont écrit avant lui. Cela indique toutefois qu’il s’adresse à des communautés chrétiennes déjà différentes, pour leur annoncer la Bonne Nouvelle de Jésus.
Son Evangile se déroule en huit étapes :
- un Prologue (Luc, 1, 1 - 4) au destinataire de cet Evangile, un certain Théophile, dont nous ne savons rien par ailleurs, Prologue auquel fait écho le Prologue des Actes des Apôtres (Actes, 1, 1 - 5).
- un résumé de toute la Bonne Nouvelle de Jésus, en qui toutes les promesses de Dieu sont accomplies, autour du thème de son Enfance (Luc, 1, 5 - 2, 52).
- la préparation de son ministère public (Luc, 3, 1 - 4, 13).
- le ministère de Jésus en Galilée (Luc, 4, 14 - 9, 50).
- le voyage de Jésus vers Jérusalem (Luc, 9, 51 - 19, 27).
- le rejet de Jésus par Jérusalem (Luc, 19, 28 - 21, 38).
- le dernier repas de Jésus et sa mise au rang des pécheurs dans sa condamnation et son éxécution (Luc, 22, 1 - 23, 56a).
- la victoire décisive de Jésus, sa promesse de l’Esprit et son ascension (Luc, 23, 56b - 24, 53).
Jésus a terminé sa mission en Galilée, et, depuis Luc, 9, 51, il a pris avec ses disciples le chemin de Jérusalem. Cette montée vers la ville sainte, où il sera rapidement, après quelque temps, arrêté et condamné à la croix, constitue une partie très importante de l’Evangile, qui s’étale sur 10 chapitres, et durant laquelle Luc nous montre Jésus en train de former ses disciples, à mesure qu’il réagit à toutes les situations qu’il rencontre.
L’on divise habituellement toute cette marche en 3 séries d’instructions que Jésus donne de diverses façons à l’ensemble de ses disciples :
- la 1ère série d’instructions se déroule de 9, 51 à 13, 21,
- la 2ème série de 13, 22 à 17, 10,
- la 3ème, de 17, 11 à 19, 27.
Toutes ces instructions ne visent qu’un seul thème : quel est le sens de notre chemin à parcourir avec Jésus, de ce qu’on appelle “la Voie” chrétienne, ou la “route avec le Christ” ?
Donc au cours de cette montée vers Jérusalem (9, 51 - 19, 27), lors de la première série d’instructions qu’il donne à ses disciples (9, 51 - 13, 21), Jésus, juste après leur avoir indiqué comment faire face aux diverses oppositions et tentations qu’ils rencontreront dans leur ministère (12, 1 - 59), en vient à proposer un nouveau message à ceux qui le suivent et l’accompagnent : tous doivent se convertir et demander pardon à Dieu de leurs fautes. Et notre passage pour ce samedi coïncide exacement avec toute l’étendue de ce nouveau message (13, 1 - 9).
2. Message
Cette page, qu’on ne trouve que dans l’Evangile de Luc, apprend aux disciples que Jésus est rempli de compassion sans pour autant renoncer à une analyse lucide et vraie des situations. Jésus souligne la nécessité qu’ont les pécheurs de se convertir avant qu’il ne soit trop tard.
Le massacre des Galiléens par Pilate, qu’on lui rapporte, ou l’écroulement de la tour de Siloé, que lui-même cite, sont des catastrophes qui ont atteint des victimes qui n’étaient ni plus responsables, ni plus pécheurs que les autres hommes ou femmes.
Jésus se sert cependant de l’exemple de ces accidents mortels pour inviter ceux qui en ont eu connaissance à se repentir et à se tenir ainsi prêts pour le jugement de Dieu, qui concerne tout être humain, sans être lié le moins du monde à de tels événements.
La parabole du figuier qui ne porte pas de fruit, mais auquel un sursis est accordé, est, d’une part. une parabole de compassion : tout disciple peut trébucher ou se trouver insuffisant, et, en ce cas, une chance supplémentaire lui est offerte de se convertir.
Mais c’est aussi une parabole de crise, qui invite tous les disciples à porter au plus vite du fruit en vue du Royaume de Dieu.
3. Decouvertes
Jésus s’oppose ici à la conception, encore courante chez beaucoup de gens de son époque, de la rétribution temporelle. De ce point de vue, les catastrophes sont considérées comme des châtiments divins qui atteignent des pécheurs. Et, du même coup, ceux qui en ont été épargnés se croient rassurés sur leur propre justice. Jésus refuse absolument un tel raisonnement.
Même si cet incident particulier d’un massacre de Juifs par Pilate n’est pas attresté ailleurs, on sait suffisamment que Pilate n’a pas hésité à intervenir de façon sanglante à Jérusalem durant le temps de son mandat.
Notons que Jésus ne manifeste aucun signe de haine ou de vengeance lorsqu’il apprend ce geste de cruauté de Pilate à l’encontre de ses coreligionnaires Juifs.
Le thème de l’arbre improductif menacé de destruction se trouve également en 3, 8 - 9 (dans les paroles de Jean Baptiste), et en 6, 43 - 44 (un bon arbre porte de bons fruits).
4. Prolongement
Dans l’Evangile de Jean, au chapitre 9, 2 - 3, Jésus répond on ne peut plus nettement à ses disciples qui lui demandent qui a péché pour que cet aveugle-né soit né aveugle: Personne n’a péché.
Pour Jésus, tout événement est un appel à se situer dans le plan et le projet de Dieu, soit en lui rendant grâces, soit dans le repentir.
Dieu n’est certes pas “dans” l’événement, mais il est à côté de nous et en nous, au moment où nous rencontrons les événements de notre histoire ou de l’histoire des hommes et du monde.
Prière
*Seigneur Jésus, tu nous invites à un regard de vérité, d’une part sur les événements qui peuvent nous nuire, et dont tu nous assures qu’ils ne sont pas à interpréter comme des châtiments divins, et d’autre part, sur nous-mêmes, qui avons sans cesse à nous retourner vers Dieu dans une démarche de conversion permanente, quelles que soient les situations que nous rencontrons : apprends-moi à vivre toujours en présence de Dieu qui, par toi, dans l’Esprit Saint, m’accompagne dans toutes mes démarches, et en toutes occasions, et donne-moi d’entendre, en présence de tout événement, cette urgence de me convertir aux valeurs du Royaume de Dieu que tu nous fais découvrir dans ton Evangile. AMEN.
25.10.2003.*